Hey ! Comment ça va ici ? J'ai été affreusement longue, je m'en excuse. Bon, j'ai un petit chapitre pour me faire pardonner ! J'espère qu'il vous plaira. L'écriture risque de revenir vu que je suis en vacances…

Merci à ceux qui me lisent, et reviews pleeeeeeeease !

Quelques jours plus tard, alors que dans l'obscurité de leur chambre, Frodo et Sam commençaient à sombrer dans un sommeil bercé de caresses, l'ancien porteur de l'Anneau fut soudain pris d'une violente douleur. Il pâlit, se cambra, sa respiration était haletante. Sam s'agenouilla près de lui et essaya de l'apaiser, mais Frodo se débattit avec force, blessant presque son compagnon.

- Frodo ! Frodo ! Du calme ! Que se passe-t-il ? demanda Sam affolé.

Mais Frodo ne répondit pas, il avait de violentes convulsions et ses yeux roulaient dans leurs orbites. Puis tout cessa, il quitta précipitamment le lit mais tomba à genoux au milieu de la chambre. Sam courut jusqu'à lui et le trouva en train de vomir, le visage contorsionné de douleur.

Le jardinier se rua dans la cuisine, trouva une bassine et la tendit à l'autre Hobbit. Lorsqu'il eut fini et qu'il se fut nettoyé un peu, Sam l'aida à se relever et l'emmena jusqu'à la salle de bain.

- Vous allez mieux ? demanda-t-il maladroitement.

Frodo hocha la tête. Sam le prit doucement dans ses bras et lui caressa les cheveux. Il réalisa que Frodo sanglotait doucement.

- Que s'est-il passé ? demanda Sam après un moment.

- J'ai… j'ai revu… Cirith Ungol.

Sam frémit à ce nom. Il demanda gentiment ce qu'il avait vu, ce qu'il s'était passé, et Frodo ne voulu pas répondre tout de suite.

Sam le conduisit à nouveau dans la chambre, l'installa précautionneusement dans leur lit, nettoya le sol (malgré les protestations de Frodo qui disait qu'il pouvait le faire), lui apporta un verre d'eau et s'assit à côté de lui. Et prenant la main de Sam, Frodo commença à lui raconter ses tourments, remontant à bientôt plus de huit ans de ça…

- Lorsque je suis revenu à moi, j'étais… nu et attaché… les mains dans le dos. Ils… ils m'ont battu… Ils m'ont fait boire un liquide infect et… ça a duré des semaines… J'étais si faible qu'ils m'ont détaché… et je ne pouvais rien faire malgré tout… Jusqu'à ce que… que les orques prennent la fuite, après le chute de Sauron.

Frodo essaya de calmer sa respiration. Sam le prit sur ses genoux et écarta les mèches de son front. Toutes ces confessions le rendaient malade, fou de culpabilité, mais il laissait parler Frodo, ne voulant surtout pas l'ennuyer avec ses propres malheurs qui n'avaient rien de comparable…

- C'est à cause de leur sale nourriture que je suis devenu… comme tu m'as trouvé, et aussi du manque de nourriture, plus tard… pendant le voyage de retour. Mais… mes blessures… le fouet… elles se sont guéries. Avant d'avoir assez de force pour revenir… je suis resté longtemps dans la tour.

Sam sentait son coeur battre la chamade, il se sentait si mal, si coupable… Mais il le laissait encore parler, de sa voix faible et tremblante. Il sentait le dos de Frodo contre sa poitrine, et il continuait de lui caresser les cheveux d'une main, l'autre bras passé autour de la taille du malade.

- Je ne sais pas combien d'années se sont écoulées entre… la chute de Sauron et mon départ de la tour… Mais pendant tout ce temps… je me suis nourri de leur nourriture empoisonnée… et j'ai bu leur eau croupie… Il n'y avait que ténèbre… et personne ne m'a trouvé.

- Mais la tour ne s'était-elle pas effondrée ? demanda Sam, ravalant ses larmes avec difficulté.

- Si… c'est vrai… mais comme j'étais tout en haut, je… j'ai été épargné.

- C'est… probablement pour ça que… que personne ne vous a trouvé, ils pensaient que personne n'avait pu survivre là-bas…

La voix de Sam tressaillit et il n'y tint plus, serrant Frodo fort contre lui, il éclata en sanglots.

- Oh, Frodo, je suis tellement désolé ! Je donnerais tout ce que j'ai pour que rien de ceci ne se soit passé, pour faire en sorte que vous n'ayez pas subi tout ça ! Je m'en veux tellement… C'est ma faute, je suis désolé…

Frodo sentit les larmes de Sam glisser dans son cou. Il se retourna lentement, enjambant maladroitement le giron de Sam. Doucement, il posa une main sur sa joue.

- Sam, soupira-t-il, tu te souviens de ce que Gandalf disait ? « Tout ce que nous pouvons décider, c'est que faire du temps qui nous a été imparti » Sam, je sais que tu as voulu me chercher, que tu m'aurais cherché jusqu'à ta mort si tu l'avais pu… Mais faisant cela, tu aurais causé la ruine de tous, oubliant la quête, l'Anneau… Tu as fait ce qu'il fallait, tu as terminé la mission… Moi je n'aurais certainement pas pu… Et puis, quand on m'a déclaré perdu à jamais, tu as fait ce qu'il fallait, tu as…

- Non ! s'exclama Sam, je n'y croyais pas, je n'y ait jamais cru ! Et n'avais-je pas raison ? J'aurais du vous chercher à nouveau ! Retourner chaque pierre de Mordor s'il le fallait !

- Sam… tu as fait le bon choix, tu as continué de vivre…

- Et vous ? Vous étiez mort aux yeux de tous ! C'est terriblement injuste !

- Aux yeux de tous… mais pas aux tiens. Et c'est ce qui compte le plus. Je ne peux pas nier que je t'en ai voulu, au début. Je t'ai attendu, mais j'étais malade et fou. Je te voyais arriver, sur un grand aigle, comme dans les histoires de Bilbo, et tu portais une armure toute en mithril. Tu me prenais dans tes bras, me jurais un amour éternel, et on revenait vivre à Cul-de-Sac, avec Bilbo… Ce n'était que le délire d'un fou qui n'a pas accompli ce qu'il veut et qui sent la mort venir sur lui. D'autres fois, je te voyais arriver, et je te disais que je t'aimais, et tu repartais aussitôt, sur ton grand aigle, me laissant seul. Tu vois, j'ai tout imaginé, tout souhaité, même que tu viennes me tuer de tes propres mains. Je pensais que tu étais mort, ou que tu m'avais volontairement abandonné.

Si je t'en ai voulu au début, c'est que tout se brouillait dans mon esprit. Mais aujourd'hui je sais, tout est clair. Tu as fait ce que tu as pu, ce qu'il fallait. Et tout est pour le mieux maintenant.

Frodo fit une pose, laissant à Sam le temps de rassembler ses idées.

- A mes blessures physiques, venait s'ajouter la souffrance de t'aimer sans être aimé en retour. C'est ce que je croyais, ce que tu croyais aussi. Tu comprends Sam ?

- Mais… cela n'excuse pas ma lâcheté !

- Lâcheté ? Lâcheté de celui qui a sauvé la Terre du Milieu ? De celui qui m'a sauvé, qui continue à le faire chaque jour ? Ne parlons plus de cela s'il te plait…

Sam acquiesça, à contrecœur. Frodo, comme pour lui prouver qu'il était sincère, qu'il ne lui en voulait pas, qu'il l'aimait, le serra dans ses bras, avec les quelques forces qu'il lui restaient. Mais il était épuisé et il s'allongea doucement, attirant Sam avec lui. Et ils s'endormirent ainsi, enlacés dans les bras l'un de l'autre.