Bien le bonjour! Je me suis décidée à entrer dès aujourd'hui dans le vif du sujet! C'est un court chapitre qui, je l'espère, vous fera agréablement patienter jusqu'à la fin de la fin de mes exams! Comme je l'ai déjà dit, je reprendrai activement l'écriture à la fin de la semaine!

Enjoy! Et n'oubliez pas le petit bouton bleu!


Bella POV.

« Bonjour, je suis Isabella Swan. J'ai 25 ans et j'entame ma première année en tant qu'externe aux urgences !»

Trop formel, trouve autre chose !

« Je m'appelle Isabella Swan, mais je préfère Bella, j'ai 25 ans et je viens d'arriver pour débuter ma première année d'externat aux urgences ! »

Respire ma fille et évite de faire des phrases de trois kilomètres !

« Salut, moi c'est Bella, je suis la nouvelle externe urgentiste. »

Parfait tu la tiens, n'oublie pas de sourire en prime pour paraître plus agréable ! Super !

Beaucoup aurait sans doute trouvé absurde de discourir pour soi même devant le miroir d'une salle de bain, mais cela m'était nécessaire. Je n'étais effectivement guère à l'aise avec les interactions sociales, sauf lorsqu'il s'agissait d'un sujet que je maîtrisai parfaitement. C'est donc pour cette raison que je me trouvais à ce moment-même face à mon reflet, tendant une poignée de main à mon autre moi.

Dring dring.

Le bruit assourdissant de l'interphone coupa court à mes réflexions et je me précipitai pour y répondre.

« Bella ? »

Qui d'autre !

« Oui Char… papa.

-Tu es prête ?

-Bien sur, j'arrive tout de suite ! »

J'enfilai à la hâte les escarpins que m'avait gentiment prêtés Angela et ma veste, me saisis de mon sac à mains et filai rejoindre Charlie.

Charlie n'était autre que mon père, vous l'auriez compris. Nous nous ressemblions sous bien des aspects : aussi associables l'un que l'autre, et tous deux férus de travail. Il m'avait beaucoup soutenue durant mes études, aussi, si je débutais ma première année d'internat le jour suivant, il en était en grande partie responsable. J'étais venue m'installer chez lui lors de mon entrée au lycée. Ma mère s'était remarié avec un joueur de base-ball de seconde zone, Phil, alors que j'avais dix ans. Aussi, nous avions de nombreuses fois déménagé, ne me permettant pas de me lier d'amitié avec les enfants de mon âge. J'avais toujours été « la nouvelle », celle que tout le monde reluque comme si elle venait d'une autre planète, ce qui avait sans conteste contribué à me rendre taciturne. Pour mon seizième anniversaire, je décidai de m'exiler dans la petite bourgade de Forks afin que mon adorable mère puisse accompagner Phil dans ses déplacements sans se préoccuper de moi. Le lycée n'avait pas non plus été une période concluante de ma vie, je préférais taire à mes parents les moqueries incessantes dont j'avais été l'objet. L'intelligence, le travail et le respect envers les professeurs ne faisaient pas l'unanimité au sein de mes camarades. Seule mon entrée à la faculté de médecine m'avait permis de m'exprimer pleinement et de ne plus être la bête de foire comme les gens disent. J'y avais rencontré Angela Weber, une jeune fille toute aussi réservée que moi et d'une tolérance rare. Rapidement, nous étions devenues les meilleures amies du monde, nous entraidant et partageant d'agréables moments de détente.

« Stressée ? »

Sans que je ne les contrôle, mes doigts tortillaient nerveusement la nappe immaculée et hors de prix qui habillait la table. Charlie avait vu les choses en grand ce soir. Il m'avait invité dans l'un de ces restaurants où vous n'osez manger votre plat tant celui-ci est digne d'une œuvre d'art. Mon père semblait aussi mal à l'aise que moi dans ce décor somptueux, néanmoins il avait insisté sur le fait qu'un grand jour tel que celui-ci mérite un repas en grandes pompes. A en juger par ses regards gênés et son air ennuyé devant les nombreux couverts qui bordaient l'assiette, il regrettait sans doute mon idée d'aller dîner dans l'auberge qu'avait ouverte Sam et sa compagne, Emily.

« Tu n'as pas à t'en faire, je suis certain que tu les blufferas tous ! Tu es ma petite fille n'oublie pas ! Et puis jusqu'à ce jour, tu as toujours excellé en tout, je ne vois pas pourquoi ça changerait ! »

J'étais émue par ses paroles. Mon père était aussi gauche que moi pour exprimer ses sentiments, néanmoins je pouvais lire dans ses yeux la fierté qu'il éprouvait à me voir débuter ma résidence.

Bip bip bip bip biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip.

Je me retournai dans mon lit, plaquant mes deux mains sur mes oreilles afin de me protéger de cette agression matinale. Mon portable s'engagea à son tour dans cette lutte acharnée pour me tirer des bras de Morphée. A regret je quittai la chaleur de mes draps, jetant un coup d'œil aux chiffres rouges criards qui indiquaient 6H30. L'inconvénient avec la voie que j'avais choisie : des horaires indus et des heures de garde à en revendre. Bien que je ne fusse pas paresseuse, j'éprouvais tout de même quelques difficultés à me lever aux aurores. Les yeux embrumés et les cheveux s'apparentant à un nid de corneille, je me glissai sous une douche froide et revigorante. Il me fallait au moins ça pour effacer les dernières traces de sommeil qui subsistaient. Une fois cette tâche accomplie, j'ingurgitais un verre de jus d'orange pressé et par là-même ma dose de vitamine C quotidienne. Je tentai ensuite de discipliner mes boucles brunes, en vain. J'optai alors pour la solution de facilité et les attachai en un chignon sommaire. J'allongeai ensuite mes cils avec une légère touche de mascara, et maquillai mes yeux chocolat d'un fard à paupières rose poudré. Travailler dans un hôpital et vouloir ressembler à un top model n'allaient pas de paire. De plus, je n'avais jamais réellement soigné mon look, au grand dam de ma mère qui me reprochait souvent de ne pas être assez féminine.

Je répétai une dernière fois mon discours de présentation avant de m'engouffrer dans les rues de Seattle.

Quelques minutes plus tard, je retrouvai Angela devant l'imposant hôpital public. Cette dernière m'avouait également être anxieuse à l'idée de découvrir l'équipe avec laquelle nous travaillerions ainsi que nos supérieurs. Pour ma part, je n'avais en tête qu'un seul nom lu sur un contrat: docteur Edward Cullen.

Edward POV.

Merci pour cette nuit.

Je travaille tôt.

J'ai ton numéro, je t'appellerai.

E.

Je fonctionnai toujours ainsi, déposant un billet doux à côté de la jeune femme auprès de laquelle j'avais passé la nuit. Bien entendu, lui laisser croire que nous nous reverrions n'était qu'un mensonge éhonté, mais je ne me souciai plus de ce genre de choses. J'avais effectivement fait mes preuves en tant que célibataire convoité, et chaque soir je trouvais une nouvelle fille pour satisfaire mes désirs. Ce mode de vie que je menais n'était pas du goût de mon entourage. Je passais pour le salaud de service et je n'étais jamais accompagné lors des repas de famille, à l'inverse de mon frère Emmett et de ma sœur Alice, qui avaient déjà un quotidien bien rangé et une relation durable avec leurs partenaires respectifs Rosalie et Jasper. J'étais le vilain petit canard en somme et mes parents, bien qu'ils ne fassent aucun commentaire, parvenaient difficilement à comprendre cette attitude.

« Nous ne l'avons pas élevé ainsi. » Les avais-je entendu dire à ma sœur, alors que celle-ci venait un jour leur rapporter qu'elle s'inquiétait pour ma vie sentimentale. Concernant mon bulletin scolaire et ma vie professionnelle, ils avaient toujours été fiers de moi. On me présentait souvent comme le petit prodige qui a suivi les traces de son respectable père, chef de service d'un grand hôpital. A mon tour je m'étais engagé dans cette voie, celle de soigner et d'aider les plus démunis et aujourd'hui, à tout juste 33 ans, j'avais un bel avenir de médecin urgentiste devant moi. J'étais effectivement brillant dans mon travail car je ne m'impliquai jamais émotionnellement, que ce soit avec les patients ou mes collègues.

Ayant ravalé mes états d'âme, je jetai un dernier regard sur ma nouvelle-ex conquête, une blonde plantureuse et superficielle comme je les aimais. La plupart des filles avec lesquelles je couchais n'avait en guise d'un cerveau qu'un petit pois. Celle d'hier soir dérogeait quelque peu à la règle puisqu'elle avait essayé d'entamer une conversation sur les maladies sexuellement transmissibles ou quelque chose de ce genre. Heureusement, mon sex appeal et mes mains expertes avaient tôt fait de réprimer ses envies de philosophie et elle s'était livrée à moi telle une dinde farcie sur un plateau d'argent. Après m'être habillé rapidement, je quittai l'appartement de mon amante, dont j'avais oublié le nom.

6 heures. Les rues de Seattle étaient désertes. Le Soleil de septembre mettait en lumière les quelques épaves de bouteille, traînant ici et là, tandis que les derniers fêtards rentraient chez eux. J'enviai ces pauvres diables qui traversaient la vie comme on emprunte un pont, non conscients des tumultueux torrents se déchaînant sous leurs pieds. La misère du monde faisait partie de mon quotidien. Je la rencontrais tous les jours, aux urgences, la soignais, l'apprivoisais, me jouant de ce qu'elle nous imposait physiquement à nous autres, mortels. J'en avais vu de toutes les couleurs : des femmes battues à mort, des accidents de la voie publique causés par des chauffard ivres, des enfants blessés à cause de l'inattention de leurs parents, des suicidaires et j'en passe. Néanmoins plus rien ne m'atteignait. Bon nombre de mes patients m'avaient reproché d'être froid, sans cœur. J'en riais secrètement, effaré qu'ils me jugent sans me connaître et sans comprendre les raisons de cela. Dans mon métier, seuls primaient l'efficacité et le sang froid. Selon moi, la pitié et l'indécision n'avaient pas leurs places dans les blocs opératoires. Un instant d'apitoiement pouvait s'avérer être fatal, aussi, j'avais banni ce sentiment comme tant d'autres d'ailleurs.

« Bonjour docteur Cullen. Vous êtes attendu dans le bureau du directeur.

-Entendu, merci Sonia. »

Je soupirai de mécontentement. Qu'avais-je donc encore fait de travers pour que mon père veuille s'entretenir avec moi ? Avais-je une fois de plus négligé les sentiments d'un patient ? Contesté une décision selon moi inappropriée ?

Je prenais le temps de frapper, mon père m'avait explicitement demandé de l'appeler Docteur Cullen au travail et spécifié qu'aucun passe droit ne me serait accordé. Après tout, ce petit rituel me plaisait : je ne mélangeais jamais vie privée et vie professionnelle.

« Entrez. Bonjour Docteur Cullen !

-Bonjour chef. »

Une fois la porte refermée, le masque tombait.

« Fils, j'espère que tu n'as pas oublié que nous accueillons aujourd'hui les nouveaux externes ? »

C'était donc ça qui m'avait irrité durant toute la semaine : un changement d'équipe et de nouveaux arrivants. Je secouai négativement la tête. Demi-mensonge.

« Bien, j'aimerais que tu aie un débriefing avec eux lors de leur arrivée étant donné que le docteur Smith est sur une grosse opération. »

Cette perspective ne m'enchantait guère, mais je n'avais pas mon mot à dire. Lorsque le chef Carlisle a parlé, les employés s'exécutent !

« Quand débarque l'armada ? »

Mon père, vêtu de sa blouse immaculé, fronça les sourcils.

Et voilà bien joué Edward tu vas encore recevoir un sermon de papa Cullen concernant ton manque de tact !

« Edward, je voudrais… non j'exige que tu fasse preuve d'un peu de diplomatie à leur égard ! Ce ne sont ni tes toutous, ni des incapables, me suis-je bien fait comprendre ? »

J'esquissai un salut militaire accompagné d'un « chef oui chef ! », manière de lui dire que j'en avais terminé avec notre petite entrevue.

La journée allait être longue…