Les personnages de cette fanfiction sont propriété de Stephenie Meyer. Je respecte le copyright et le nom déposé de chaque marque citée. Cette histoire n'a pas de but lucratif.

- THE BOY NEXT DOOR –

2. Feeling Good

Edward Cullen. C'était son nom. Et il m'avait humiliée devant toute la classe de littérature, chose qui n'était jamais arrivée auparavant ; car suite à mon petit commentaire sur le style de Reynolds, Cullen me rétorqua, tout bonnement : « Au contraire, je pense que l'histoire d'amour a tout à fait sa place dans le récit, et qu'elle ne sature en aucun cas l'importance de la guerre aux yeux de Franz. »

Je lui fis un regard de fruit confit, auquel il ajouta, avec un petit air hautain : « Et… au cas où tu ne l'aurais pas compris, leur histoire est une métaphore, et l'oiseau de Gabrielle représente la mort. Comme leur relation avance au gré de la guerre, il est sans doute nécessaire de faire le rapprochement. À moins, bien sûr… que tu n'aies quelque chose contre l'amour, Swan ? »

Il avait été si arrogant que j'en eus presque un frisson d'horreur. M. Mosby se tourna vers moi, un petit sourire aux lèvres. « Quelque chose à ajouter, Mlle Swan ? »

J'eus envie de lancer une réplique sanglante, bien trouvée, mais rien ne me vint. Alors, d'un ton sec, je répondis un bref : « Non. » Et la classe se baigna dans le silence à nouveau.

Cullen m'avait fixée tout ce temps avec une attention particulière, ce qui eut le don de me faire perdre quelques couleurs, mais aussitôt que le sujet fut clos, je me retournai, me délivrant de cette torture. Ah, ce que je le détestais ! De quel droit s'introduisait-il dans un débat qui ne le concernait en rien ? Il n'était même pas là, quand le livre nous a été conseillé !

Quand la cloche sonna, je n'attendis pas qu'Angela me rejoigne et filai à toute allure vers les toilettes des filles. C'était là que j'avais l'intention de passer le déjeuner. Hors de question de me farcir Cullen à la cafétéria.

Je m'étais cloîtrée dans une cabine quand des bruits de talons se firent entendre à l'entrée.

- Vous pensez qu'Emmett apportera les boissons ?

- Totalement ! Il est carrément dingue de toi, ça se voit dans ses yeux ! Et c'est le plus grand honneur que d'être invité aux soirées privées de Lauren Mallory.

- C'est clair.

Emmett ? Qui c'est, encore ? me demandai-je. Avec la chance que j'ai, ce devait sûrement être un Cullen. Le blond, peut-être.

- Et Edward, ah, Edward…

- Edwaaaaard…

Elles soupiraient en cœur. J'eus soudain une envie oppressante de vomir. Dieu soit loué, j'avais une cuvette à portée de main. Edward ? Franchement, ouvrez les yeux !

Il fallait que je leur dise. Il fallait que je leur explique qu'Edward Cullen n'était pas celui qu'elles croyaient. Il était vil, insolent, et c'était mon voisin. Le mien. Mais évidemment, je ne pouvais pas le faire, car les deux filles qui venaient d'entrer n'étaient pas mes amies, ni même de simples connaissances. Il s'agissait de Lauren Mallory et Jessica Stanley, les deux reines de Phoenix High School, élues à l'unanimité par les lèche-bottes qui leur servent d'amies. Elles étaient inséparables, et toujours sur le coup. C'est pourquoi je n'étais pas surprise de voir qu'elles avaient eu le temps de bavarder avec un Cullen – peut-être deux – et l'inviter à une fête en si peu de temps.

- On ne devrait pas dire ça, gloussa l'une d'entre elles.

- Ah, ouais, c'est vrai… Edward appartient à Tanya. J'avais oublié.

Edward appartient à Tanya ? Mais qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ?

Je n'eus pas le temps de réfléchir à ça, tandis que la même voix se fit entendre à nouveau :

- Tant pis, il me restera Mike… Ah, je meurs de faim !

- Moi aussi. On y va ?

Puis la porte claqua bruyamment. En parlant de manger, j'avais faim, moi aussi. J'attendis de ne plus entendre leurs pas résonner dans les couloirs, et sortis, le ventre creux. Pendant que je marchais en direction de la cafétéria, une seule pensée occupait mon esprit. Ne pas croiser Cullen. Ne pas croiser Cullen. Ne pas croiser Cullen. Si croisement il y a, l'ignorer froidement.

Une main se posa sur mon épaule ; mon sang se glaça.

- Je t'ai cherchée partout !

La voix d'Angela me rassura énormément. J'en laissai presque échapper un soupir de soulagement.

- Tanya est passée à l'attaque… ça promet.

Je compris instantanément ce qu'elle voulait dire. « Passer à l'attaque » signifiait qu'elle allait suivre Cullen partout où il irait, le flattant à tout va, puis ils sortiraient ensemble dans les semaines qui suivent. C'était la Prophétie Suprême, personne ne pouvait échapper à Tanya Denali. Et je n'aimais pas cette idée. Pas du tout.

--- oOo ---

Faire la queue en attendant qu'on me serve n'a jamais été mon fort. J'ai fait plusieurs fois tomber mon plateau alors que celui-ci ne chancelait pas d'un millimètre, et souvent sur les mauvaises personnes. Surtout sur Rosalie Hale, qui d'ailleurs me regardait avec insistance, se trouvant juste à mes côtés.

- Tu vas encore m'asperger de sauce tomate ? grinça-t-elle en me toisant du coin de l'œil.

Elle portait une chemise Lacoste rose bébé, que j'eus soudain envie de voir tâchée de rouge pétant. Je bouillonnais. Rosalie Hale n'était pas classable parmi les « reines du lycée » mais n'était pas loin. Son genre était juste différent. Loin de courir derrière les garçons, elle était plutôt de celles qui couraient pour leur échapper. Mais elle n'en était pas moins une garce.

Tout à coup, elle se mit à me dévisager de haut en bas. Lorsque son regard rencontra mes vieilles baskets, un sourire narquois apparut sur ses lèvres.

- Sublimes, tes chaussures.

C'était la goutte de trop. Je sentis mes veines pulser contre mes tempes, et la réplique sanglante que je cherchais arriva dans ma bouche sans que je puisse décider si je voulais la dire ou non.

- Sublime, ton maquillage, t'as couché avec un drag queen ?

La bouche de Rosalie s'ouvrit en un O parfait, sans qu'aucun son n'en sorte. Elle virait au rouge – comme si je venais de lui lancer un pot entier de sauce tomate au visage.

Puis un ricanement parvint à mes oreilles. C'était le ricanement. Cullen. Il était là, et je ne l'avais pas vu – comment avais-je pu ? – se placer derrière moi. Quand je me tournai vers lui, son rictus se transforma en éclat de rire.

Rosalie souleva son plateau et tourna les talons, marmonnant. Cullen était toujours planté là, hilare – et magnifique – et je remarquai que d'autres élèves s'étaient joints à lui. Apparemment, je venais de sortir la vanne de l'année.

Rosalie titubait en direction des autres tables quand ce qui ne devait pas arriver – jamais – arriva. Elle se retourna brusquement, et son plateau se heurta au torse du garçon derrière elle, le Cullen brun et très musclé. Son verra tomba violemment au sol et se fendit en mille morceaux dans un son strident. Un autre son s'en suivit, moins bruyant cette fois-ci, et Rosalie poussa un grognement de rage.

- Je rêve ! Non, ce n'est pas vrai, oh !

Elle pivota vers moi, me lançant un regard meurtrier, et je vis la tâche gigantesque sur sa chemise. Rouge. Rouge pétant, plus précisément. Le garçon brun retenait difficilement son rire, ce qui fit Rosalie exploser de colère. Elle laissa tomber son plateau et fondit sur lui le poing levé, comme si elle voulait en finir avec le malheureux – elle en était franchement capable – mais il ne bougea pas d'un millimètre, l'expression de son visage demeurant la même. Un toussotement appuyé se fit soudain entendre derrière eux, et je sus que ça n'allait donner rien de bon. C'était Miss Campbell, une des surveillantes du lycée. Elle n'était pas vraiment très aimable, c'est pourquoi les élèves de Phoenix High avaient un peu peur d'elle. Que dis-je, un peu ? Beaucoup.

Miss Campbell croisa ses bras et se tint droite.

- Je peux savoir ce qui se passe, ici ?

Rosalie ouvrit la bouche mais le Cullen musclé la devança.

- Cette fille est devenue folle à l'instant, dit-il en pointant un doigt sur Rosalie.

Miss Campbell jeta un regard sur celle qui venait de pousser une exclamation.

- Je n'y crois pas ! tonna Rosalie. Je vais te tuer, toi ! Te tuer !

Elle s'apprêtait à lever la main sur lui de nouveau quand la surveillante la stoppa dans ses gestes.

- Bien, vous vous expliquerez tous les deux en retenue demain soir.

Rosalie et le frère d'Edward étaient interloqués. Elle passa une main dans ses cheveux tandis que le Cullen levait les mains au ciel.

- C'est ridicule ! dit-il, et Rosalie semblait – pour une fois - être tout à fait d'accord avec lui.

Miss Campbell se délectait de chaque parole prononcée par les deux rebelles.

- Pour cette remarque, vos heures seront doublées.

Rosalie attrapa l'avant-bras de la surveillante en signe de détresse. Et c'était bien le cas de le dire, parce que Rosalie Hale n'avait jamais été en retenue de toute sa scolarité. Imaginez le choc.

- Non, s'il vous plaît, non…

Sa voix n'était plus qu'un murmure suppliant. Je ne l'avais jamais vue comme ça.

- Assez, siffla Miss Campbell, ça suffit. Maintenant taisez-vous avant que je ne parle personnellement à vos parents de votre attitude.

Rosalie la lâcha – visiblement à contrecœur – et poussa un long soupir. Le Cullen haussa les épaules tandis qu'il souriait de nouveau. Il se tourna vers Rosalie et passa un bras autour de ses épaules.

- Allez, ça va être marrant, fit-il en la secouant légèrement.

Ciel, ce que je n'aurais pas aimé être à sa place.

Angela, qui était à table, me regardait comme qui dirait « Je ne comprends rien, il faudra que tu m'expliques plus tard ! », mais j'étais trop occupée à éviter le regard de Cullen pour penser à ça.

Quand mon repas fut servi, je me dirigeai en vitesse vers la table où Angela m'attendait, seule. Eh oui, n'étant pas classées parmi les « élèves à fréquenter », nos repas s'étaient toujours – ou presque – faits à deux ; ce qui nous avait valu, l'année dernière, le surnom de lesbiennes de service. Enfin bref, j'engloutis mon assiette en un rien de temps, absorbée dans mes réflexions.

Tout était passé trop vite. L'arrivée des Cullen, le cours de littérature, les toilettes féminines, et puis ça. Le coup de grâce. Cullen n'avait pas pu faire basculer ma vie à ce point-là en si peu de temps, tout de même ! …Si ?

--- oOo ---

Le soleil brillait encore haut dans le ciel quand je rentrai chez moi, mais il ne faisait plus aussi chaud, du moins, j'en avais l'impression. Non pas que ce soit inhabituel… Je pensais juste transpirer un peu plus sur le trajet car, oui, je suis l'une des seules personnes au lycée n'ayant pas de voiture, et revenant à la maison tous les jours à pied on en bus scolaire. Angela dit ne pas pouvoir me déposer car le détour est trop long et nous perdrions du temps, mais en réalité, je crois que c'est seulement une paresseuse de première. Enfin… loin de moi l'envie de revenir sur ce sujet, nous y avons retouché au début de cette année scolaire et ça nous a valu deux semaines de disputes incessantes.

- Alors, ta journée ? me demanda mon père depuis le salon.

Il était assis devant le journal télé, les pieds posés sur la table basse.

- Bien, mentis-je.

Je n'avais pas envie de m'étendre là-dessus. Et puis, mon père était sûrement le dernier à se soucier de mes affaires personnelles - même scolaires, je dirais.

En entrant dans la cuisine, je m'attendais à sentir la bonne odeur d'une soupe de légumes préparée par ma mère – c'était le repas habituel du lundi -, seulement, la porte était déjà grande ouverte. Elle ne donnait sur rien, la pièce était vide, et il restait encore de la vaisselle à faire. Je savais pertinemment ce que ça voulait dire, mais décidai d'en parler tout de même à mon père, pour la forme :

- Maman est partie ?

- Ouais ! me cria-t-il du salon.

Ce qui signifiait, entre autres, que j'allais devoir préparer le dîner toute seule. Mais je m'y mettrais plus tard ; pour l'instant, je voulais juste prendre une bonne douche et finir mes devoirs.

Je montai les escaliers mollassonne. Je savais que ma mère ne tarderait pas à m'appeler sur mon portable, pour me répéter à quel point Charlie était un goujat, et qu'elle ne reviendrait pas. C'en était presque lassant.

Je me glissai en vitesse sous la douche, sans prendre le temps d'ouvrir la fenêtre – je ne voulais pas savoir si Cullen était là – et laissai l'eau couler sur mon visage, me rafraîchissant.

En sortant, je m'habillai avec lenteur, enfilant mon t-shirt à l'effigie de The Clash – un peu… bon, d'accord, beaucoup trop grand pour moi -, et un vieux short en jean troué. Je m'affalai sur mon lit, fermant les yeux. Quand je les rouvris, la nuit était déjà tombée. Je m'étais endormie !

La température était restée la même, mais ma chambre était plongée dans le noir le plus complet. Je trouvai à tâtons l'interrupteur près de la porte – non sans me cogner le haut du crâne contre l'étagère installée stratégiquement au-dessus de mon lit - et remarquai que je n'avais même pas pris la peine de me mettre sous la couette, ni même de fermer la porte. J'étais un cas désespéré.

Je descendis au rez-de-chaussée, et ne me surprit pas de voir mon père au même endroit. Le programme de la télévision avait changé, cependant. C'était un vieux film, et à l'image, j'aurais dit datant des années 80.

- Tu regardes quoi ? lui demandai-je en entrant dans le salon.

- Scarface.

- Hum.

J'avais perçu une conversation entre garçons peu de temps avant, au lycée, à propos de ce film. Ils le qualifiaient comme l'oeuvre du siècle, le meilleur de tous les temps, et autres hyperboles. Ce n'était pas franchement mon genre – je suis plus branchée film expérimental et reportage -, mais j'avais envie de passer un peu de temps avec mon père. Je pris donc place à ses côtés.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? m'enquis-je.

- Il est en train de parvenir au sommet de l'Empire de la cocaïne, me répondit-il sans détacher les yeux de l'écran.

Ça avait l'air d'être intéressant. En effet, le protagoniste portait bien son nom : son visage était fendu d'une longue cicatrice partant du coin de son visage, descendant jusqu'à sa joue. Il possédait néanmoins un certain charisme… malgré son accent à couper au couteau.

Mon père et moi regardâmes le reste du film en silence. Pendant le générique de fin, il se leva, se grattant légèrement le bas du dos.

- Je commande des pizzas ?

Sa voix traduisait une certaine appréhension de ma réaction. Il savait que j'aimais cuisiner, mais une certaine part de lui n'avait pas envie de manger ma nourriture, visiblement.

- Si tu veux, rétorquai-je en haussant les épaules.

J'allais remonter dans ma chambre quand il ajouta :

- Ah, au fait, sors les poubelles, s'il te plaît.

« Oui, Maître ! » eus-je envie de dire en allant chercher les sacs dans la cuisine. Je ne pris même pas la peine de me chausser – les bennes n'étaient qu'à quelques pas – et sortis rapidement de la maison, me retenant de claquer la porte derrière moi.

Une brise caressait mes cheveux. C'était la pleine lune, ce soir. La rue était vide et silencieuse. Silencieuse… ou presque. En m'approchant un peu plus de la maison des Cullen, je me rendis compte qu'un bruit étouffé provenait de chez eux. Je jetai vite les poubelles, et m'approchai du soupirail – la source apparente. Ce n'était pas du bruit, c'était de la musique. Les étranges cognements sourds étaient en réalité des battements en rythme. Plus j'avançais et plus la sonorité devenait claire. J'entendis une basse résonner, puis une guitare, et une voix. Cette voix ! Je la connaissais forcément, c'était logique, évident, mais je ne voulais pas le croire. Il fallait que je le voie de mes propres yeux.

M'allongeant tout le long de la petite allée d'herbe, j'essayai de capter du regard quelque chose, mais les trous du soupirail n'étaient pas assez grands. En changeant un peu de position, je parvins à apercevoir des cheveux noirs. La voix retentit à nouveau. Je décalai un peu ma tête, et pus enfin y voir clair. Le chanteur venait de se passer une main dans les cheveux, les coiffant de ses doigts. Et ce chanteur n'était autre que Cullen. Edward. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine, et ses battements s'accélérèrent. J'avais toujours autant de mal à le croire. Était-il vraiment en train de chanter ? N'étais-je pas simplement en train de faire un de ces rêves étranges qui ressemblent drôlement à la réalité ?

Il entama le refrain, que je reconnus de suite. Il chantait Feeling Good, le fameux standard du jazz de Nina Simone, dont ma mère était fan. C'était incroyable, ils en avaient fait une version rock ! Non, ce qui était le plus étonnant, c'est que c'était franchement réussi. Edward était envoûtant. C'était comme si chaque parole sortie de ses lèvres prenait une toute autre signification, comme s'il en donnait tout son sens. Oh, combien j'aurais aimé qu'il chante pour moi. Peut-être un jour… Non, il ne fallait pas que je me fasse autant d'illusions. S'il y avait bien un conseil de mon père que je suivais au pied de la lettre, c'était « ne jamais viser trop haut, espérer un tant soit peu, et laisser venir les surprises. » Bonnes ou mauvaises, aimais-je rajouter.

J'ignore combien de temps je suis restée là, à écouter la voix captivante d'Edward, peut-être le temps de trois ou quatre chansons. Après ça, lui et ses frères posèrent leurs instruments et le père de famille – à la Mercedes – entra dans la pièce. Ils échangèrent quelques mots que je ne compris pas, puis l'un des frères – le blond – avança dans ma direction. Je remarquai alors plusieurs cicatrices sur son visage, profondes mais dissimulées – ce qui me fit l'associer aussitôt à Scarface, roi de la cocaïne – et ses grands yeux bleus qui s'écarquillèrent en me voyant. Je n'eus pas le temps de partir en courant, et il se rendit compte de ma présence avant que je ne puisse imiter l'arbuste. Il se stoppa net, pendant un instant, puis fit le même geste étrange que son frère m'avait fait la veille. Il sourit.

Du regard, je le suppliai de garder le silence, espérant qu'il aie une quelconque habilité à lire dans mes pensées ou quelque chose dans le style. Il hocha simplement la tête, puis me tourna le dos.

Je me levai, les membres engourdis, me massant un peu la nuque. Mon t-shirt s'était sali de terre et mon short avait perdu quelques fils ; sans parler de mes pieds, nus, qui me faisaient mal et me donnaient très froid en même temps.

Je rentrai chez moi sans rien dire. J'entendais au loin mon père crier au téléphone, devant sans doute parler avec Maman.

En montant les escaliers, je me perdis à nouveau dans mes pensées. Seigneur, qu'est-ce qu'il venait de se passer, au juste ?

Je croisai les doigts pour que tout n'ait été qu'un simple rêve - ou plutôt un cauchemar pour la partie où Scarface m'aperçut – qui prendrait fin à mon réveil.

Il ne fallait plus que je pense à Cullen. Plus jamais. Lui et sa famille n'étaient pas comme les autres gens normaux, ils étaient comme Bob Stevenson - …bon, peut-être pas à ce point –, d'un monde différent du mien. Cullen était trop bien pour moi. Sa beauté était insultante. Il ne fallait plus que je le voie, que je lui parle, que j'ouvre la bouche en sa présence. À présent, il n'existait plus. Je ferais l'effort de l'ignorer pour toujours. En tout cas… jusqu'à la fin de la semaine.


_______________________________________

Question de la semaine : Quelle est votre blague débile préférée ?

Question de la semaine n°2 (parce que celle du premier chapitre n'a pas été corrigée) : Quel est votre roman à l'eau de rose préféré ?

Note : Alors, vous avez pensé quoi de ce chapitre ? On espère que vous avez aimé… Surtout, un GRAND MERCI pour toutes ces reviews pour le chapitre 1, on arrivait pas à le croire ! Ce serait cool si vous répondiez aux questions de la semaine, on aimerait en savoir un peu plus sur nos lecteurs, après tout, c'est pour vous qu'on écrit ! ^^ Et reviews reviews reviews pour ce chapitre ! A bientôt !

Estelle & Samantha