Les personnages de cette fanfiction sont propriété de Stephenie Meyer. Nous respectons le copyright et le nom déposé de chaque marque citée. Cette histoire n'a pas de but lucratif.
- THE BOY NEXT DOOR –
4. Fièvre
Je me l'étais promis. Je m'en souvenais parfaitement bien : ignorer Edward Cullen, le rayer de ma vie. C'est ce que j'étais censée faire. Ce n'était pourtant pas si difficile, il n'y était entré que depuis seulement quelques jours ! Alors bon sang, que diable faisais-je chez lui à cette heure-ci ? Ce n'était pas comme si nous étions amis. Nous n'étions rien – même si j'avais eu l'impression que nous étions tout, lorsque nous avions écouté Debussy – et il n'y avait aucune raison pour que je reste, mon devoir était accompli. Je devais simplement lui passer les derniers cours de littérature, saluer sa famille pour la forme, et basta. Pas de « Tu veux venir dans ma chambre ? » ; pas de pianistes envoûtants, pas d'invitation à dîner ! Qu'étais-je censée répondre à Esmée ? « Non, Mme Cullen, je suis vraiment navrée mais je me suis juré d'ignorer froidement votre fils. » ?
Tout ça était ridicule. J'étais ridicule.
Tant pis, j'essayerais de l'ignorer pendant le repas.
Incapable de trouver une échappatoire, je suivis Edward et Emmett et descendis les escaliers derrière eux. En entrant dans la salle à manger – combinée à la cuisine – une odeur alléchante de pâtes et de viande parvint à mes narines.
- Mangiamo italiano, sta sera !
Esmée servait généreusement Emmett – qui s'était installé à table à une vitesse surhumaine – quand elle dit ces paroles. Il me semblait que c'était de l'italien, mais j'étais loin d'en être sûre. La mère de famille ouvrit un large sourire lorsqu'Edward tira une chaise en m'invitant à m'asseoir.
- Ti piacciono le paste ?
Oh, non. Elle venait de s'adresser à moi.
Elle me parlait italien. Ciel, elle était vraiment en train de me parler italien !
- Euh…
Le sourire d'Esmée s'allongea. Carlisle s'installa en bout de table. Ses bras se croisèrent, puis il se tourna légèrement vers moi :
- Alors Bella, ça se passe comment au lycée ?
Super, pensai-je, si on omet le fait que je ne fais que m'attirer des ennuis à une vitesse fulgurante.
- Plutôt bien, me contentai-je de répondre.
Il sourit, visiblement satisfait.
- Mon fils n'est pas trop… agaçant ?
Edward s'étouffa à cette question. Il porta sa serviette à sa bouche, et ses yeux commençaient à se mouiller – je manquai d'éclater de rire lorsque je le remarquai – quand Carlisle s'installa plus confortablement sur son siège.
- Je suppose que vous parlez d'Edward, dis-je en voyant Esmée poser une assiette remplie de pâtes devant moi. Il est…
Je la remerciai en lui adressant un sourire agrémenté d'un petit « Merci ! » et finis ma réponse en regardant Carlisle.
- Il est très sympathique.
- Voyons, Emmett !
Esmée tapota le crâne de son fils, qui avait commencé à manger avant les autres.
- Hé, je ne suis pas comme vous, moi ! se défendit-il, la bouche pleine. Je dois respecter un régime alimentaire spécifique et manger à des horaires très précis. Alors, pendant que vous blablatez…
Lorsque nous fûmes tous assis, une personne manquait à l'appel, quand bien même une assiette – vide – était posée à sa place.
- Où est Jasper ? demandai-je à Esmée, sans penser que j'aurais pu être déplacée (certaines normes d'éducation quittent tout simplement mon esprit parfois).
La mère de famille échangea un regard entendu avec Carlisle.
- Je ne pense pas qu'il mangera avec nous ce soir, dit-elle – le ton de sa voix changeant quelque peu -, les déménagements ne sont pas… sa tasse de thé. Il aime bien être seul.
Même Emmett, qui souriait depuis des lustres, devint sérieux. Son visage se ferma pendant quelques secondes, puis reprit une expression plus joviale lorsqu'Edward ajouta :
- Ça ne durera pas longtemps, Jas adore les pâtes.
Le reste du dîner se déroula dans une ambiance plutôt confortable – était-ce le mot ? - ; je dois avouer que je n'y étais pas habituée. Pas du tout, même. Les repas avec mon père se faisaient souvent devant l'écran de télévision, parfois même chacun dans son coin. D'un certain côté, je m'y étais habituée, et j'étais un peu comme Scarface : la solitude me plaisait énormément. Mais d'un autre, manger avec sa famille doit vraiment être réconfortant, dans le sens où l'on peut échanger, communiquer et faire passer… Mais qu'est-ce qui me prend de parler comme ça ?
Mes yeux s'écarquillèrent quand Esmée servit les desserts. Pour ma part, cette coupe de glace ridiculeusement gigantesque ne ferait pas seulement exploser tout mon estomac, elle me rendrait folle, grasse et ballonnée. Déjà que les pâtes m'avaient achevée…
- Cool ! jubila Emmett en tapant dans ses mains. Tu as racheté un pot de stracciatella !
Pendant que tous boulottaient leurs glaces – enfin, pour ce qui est de ma personne, j'essayais juste d'en avaler le quart sans mourir par gavage - Carlisle prit la parole :
- Je suis vraiment heureux d'être ici avec vous, ce soir.
- Pour une fois que tu es à la maison, marmonna Esmée en tournant son regard.
Venait-elle d'aborder un sujet sensible ? Quoiqu'il en soit, l'atmosphère changea dans les secondes qui suivirent ses dires. Un certain stress s'empara de mon corps, comme je ne me sentais en rien concernée par leur conversation. Sans que je ne le veuille, mes pieds se mirent à bouger de haut en bas frénétiquement.
J'essayais pourtant de me contrôler. Vraiment. Seulement certaines choses sont juste faites pour arriver, et certains malheurs sont juste faits pour tomber sur moi. Comment ça, j'exagère ?
Mes pieds continuaient de balancer avec le même rythme, tandis que Carlisle et Esmée s'étaient lancés dans une nouvelle conversation à propos des nouvelles médecines et de ses horaires de travail, quand je touchai quelque chose de dur. Je me redressai tout à trac et croisai le regard d'Edward. Et zut.
Visiblement, je venais de cogner son genou, et sans pouvoir me retenir, je le fis une nouvelle fois.
- Désolée, murmurai-je à son intention en m'enfonçant dans mon siège.
Génial, maintenant il me prendrait pour une fille névrosée ou atteinte de troubles obsessionnels compulsifs. Génial, vraiment.
Edward ne fit qu'hausser les épaules, et porta une cuillerée de glace à sa bouche. Aussitôt, le rouge me vint aux joues. C'était… suggestif. Il ne le savait probablement pas – j'étais prête à parier qu'il ne pensait même plus à moi à cet instant précis – mais c'était craquant à souhait. Craquant comme un copeau de chocolat qu'il glisserait sous sa langue…
OhmonDieu. A quoi étais-je en train de penser ?
- …N'est-ce pas Bella ?
Mais… il était juste si…
- Bella ?
Beau. C'était ce qui le définissait le mieux, il n'y avait pas à dire. Séduisant, charismatique, mystérieux… Certes, il avait son caractère… Mais tout de même, c'était sans aucun doute le garçon le plus sublime que j'avais jamais vu. Tout était beau, chez lui. Ses cheveux, mi-longs, dont quelques mèches tombaient parfois devant ses yeux quand il riait, d'une teinte cuivrée si particulière… Ses grands yeux tantôt vert foncé, vert olive, vert clair… Sa bouche, qui s'ouvrait légèrement à nouveau pour reprendre une cuillère de glace, ses larges épaules, ses mains masculines, son… son torse, et…
- Bella !
- Oui ?
Carlisle et Esmée me regardaient, amusés. Je ne préférais même pas voir Emmett.
- Nous te demandions si tu aimais le baseball.
- Je…
Ils devaient me prendre pour une folle. Une folle qui bavait sur leur fils pendant un dîner familial.
- J'aime bien.
Première nouvelle. Voilà que maintenant, mon instinct se mettait à parler à ma place…
- C'est vrai ? Formidable ! s'écria Carlisle. On fera une partie, un de ces quatre.
Un de ces quatre, répétai-je intérieurement, pourquoi pas jamais ?
--- oOo ---
- Alors, ça t'a plu ?
Edward avait insisté pour me raccompagner. J'eus beau lui dire que ce n'était qu'à deux pas et que je ne risquais en rien de me faire écraser à cette heure-ci, il fit le sourd. En réalité, je sentais que plus il s'approchait, plus j'avais envie de sauter dans ses bras et l'embrasser avec passion.
OhmonDieu. Tais-toi, cerveau, tais-toi !
- Ta famille est vraiment géniale, confiai-je en traversant la rue.
L'air froid de la nuit m'arracha quelques frissons.
- Désolé pour Jasper, dit Edward en évitant mon regard, il n'est pas… enfin, ça lui prend, quelques fois.
- Je comprends.
Edward enfouit les mains dans ses poches lorsque nous arrivâmes devant ma porte.
- Bon…
Était-ce vraiment gênant à ce point- là ?
- Euh, ânonnai-je, on se voit demain ?
Un sourire illumina son visage.
- Sans faute.
L'espace d'un instant je crus apercevoir un clin d'œil de sa part mais finalement, mon imagination était trop débordante pour que c'eût été vrai.
Il posa une main sur mon bras et se pencha rapidement vers moi, me déposant un baiser sur la joue. OhmonDieu.
Puis il tourna les talons et je ne le vis plus se retourner.
Une odeur de vieille chaussette envahissait tout le salon lorsque je pénétrai la pièce. Mon père, avachi sur le canapé, ronflait comme une locomotive devant une télé non éteinte. Eh bien, ça changeait de chez les Cullen…
En ouvrant les rideaux de ma chambre, je me rendis compte de quelque chose : Edward était devenu comme une drogue. Il fallait que je le voie, maintenant, tout le temps, le plus possible. Ce n'était pas la peine d'essayer de prétendre le contraire ; de toute façon, personne ne le savait, et personne ne le saurait jamais. Observer Edward Cullen à travers ma fenêtre serait mon vilain petit secret.
Tant pis si, maintenant, la partie perverse de mon esprit venait de se réveiller.
J'éteignis les lumières pour ne pas attirer son attention et me plantai derrière les rideaux, en diagonale pour une meilleure vue sans pour autant me faire repérer. Pour l'instant, sa chambre était plongée dans le noir complet.
J'observai cette scène sans action pendant un temps indéterminé. Un bâillement allait s'échapper de ma bouche quand la porte s'ouvrit soudain. La lumière éclaira la pièce aussitôt et Edward apparut, se passant une main dans les cheveux. Ciel, ce qu'il était craquant !
Il se pencha vers son ordinateur sans pour autant s'asseoir, fit quelques manipulations que je ne pus deviner, puis quitta la pièce pour se rendre dans celle qui se trouvait à côté, sûrement un genre de salle de bains. Quand je pense que peu de temps plus tôt, j'étais moi-même avec lui dans ces lieux…
Lorsqu'il revint, je ne pus retenir une exclamation. Son t-shirt avait tout bonnement disparu, laissant place à cette sculpture grecque qui lui servait de torse parfaitement façonné. Quand bien même je ne pouvais pas tout déceler en détails, c'était une certitude, chaque molécule de son organisme avait été prédestinée à rendre folles toutes les filles. Il n'en était pas possible autrement.
Je ne remarquai que ma fenêtre était ouverte que quelques temps plus tard. Il était impossible qu'il m'ait repérée pour cette raison ainsi, je la laissai ouverte. Ce petit vent frais ne me ferait pas de mal.
Dans l'humeur, je décidai même de mettre un peu de musique. Je fis deux ou trois clics sur mon ordinateur puis laissai jouer ma dernière playlist, me rapprochant de nouveau vers mon point d'observation – la fenêtre.
« Never know how much I love you…
Never know how much I care… »
Zut, zut, zut !
Je me retournai aussitôt, fondant à toute vitesse vers l'engin de malheur, pour en baisser le volume. Quelle idée de laisser jouer une playlist à tout hasard ! Quelle idée d'écouter Peggy Lee ! Quelle idée de mettre le son de son lecteur au maximum ! Tout le voisinage devait avoir entendu les débuts de cette espèce de ballade langoureuse de…
Attendez. Tout le voisinage ?
Je fondis de nouveau vers la fenêtre. Bingo. Alors là, jackpot, Bella Swan. Edward Cullen se tenait debout en plein milieu de sa chambre, les bras croisés, une serviette de bain posée sur son épaule gauche. Il avait les cheveux mouillés – il était donc plus que sexy – mais une expression toute autre avait pris place sur son visage. Je ne parvins pas réellement à l'analyser, mais il n'était pas difficile d'en déduire que ça ne donnerait rien de bon pour moi. Oh que non. Il m'avait repérée.
Et maintenant, j'étais censée faire quoi ?
Note : Alors il vous a plu, ce chapitre ? Donnez-nous vos avis ! Merci, merci, merci et encore merci pour toutes vos reviews, on vous demande pardon du retard. On essayera de poster avec un peu moins de retard la prochaine fois. Mais bon, on a pas mal de révisions à faire en ce moment, alors pour le chapitre 5, on vous promet rien…
Question de la semaine : Quel est votre parfum de glace préféré ?
Merci encore de lire TBND, on va tenter de répondre à toutes les reviews dans les jours qui viennent mais franchement, on a beaucoup de travail à faire. On vous souhaite une bonne semaine, de bonnes révisions pour ceux en période d'exams comme nous, et à bientôt !
Estelle & Samantha
