Vingt-Cinq Jours d'Humanité
Tout ce que vous pouvez reconnaître est protégé par les lois internationales contre la contrefaçon...
Je crois que j'ai un peu peur de poster ce chapitre...
Everybody knows that the boat is leaking
Everybody knows the captain lied
Everybody got this broken feeling like their father or their dog just died
Tribute to my beloved Leonard Cohen….
- the guy who is not afraid of the rain
because he is already soaked.
7. La cendre
On sonne, et je me précipite pour ouvrir avant que la douairière hurle.
« Remus, t'es là ? J'ai encore oublié de ne pas sonner ! »
Je me demande une nouvelle fois si quelqu'un a commis l'erreur de dire à Nymphadora Tonks qu'elle était jolie quand elle rougissait. C'est une arme redoutable, je trouve. Je me sens toujours un peu gauche face à cette fraîcheur qu'elle dégage, cette innocence. Sans dire un mot, je m'efface pour la laisser entrer.
Je retrouve ma voix pour prononcer les incantations qui replacent les protections sur la porte. Je me tourne ensuite vers le sale portrait et je rabats les rideaux qui finissent généralement par la faire taire. Tonks m'aide dans toutes ces tâches avec ce professionnalisme assumé que peu de gens lui accordent. C'est sans doute sa force ! - je décide ça en la regardant faire.
Quand elle s'en rend compte, elle rougit de nouveau.
« Je te croyais en miss…» - commence-t-elle.
Je fais chut des lèvres et l'invite de l'autre main à me suivre dans la cuisine.
« Tu veux du thé ? » Je propose ça immédiatement avant que le silence ne s'installe – ou pire encore qu'elle ne m'interroge sur Greyback, la chasse et ma mission.
Elle accepte d'un geste gracile et s'affale - plus lourdement - sur un banc.
« Sirius ? »
« Il cherche Kreaturr… »
« Encore ? »
« Oui, il n'arrête pas de disparaître… Sirius finit par se demander s'il ne cherche pas à échapper à la maison… » J'hausse les épaules, l'hypothèse me laisse froid.
« Il va bientôt être mûr pour se faire recruter par Granger », sourit Tonks. J'opine.
« C'est exactement ce que je lui ai dit ! »
« Ah, ah, ah », commente Sirius en entrant soudain par la porte de la cave, traînant un elfe pleurnichard derrière lui. « Vous en faîtes une belle paire tous les deux ! »
Allez savoir pourquoi, je rougis comme un collégien. Tonks, elle, semble pour la première fois de sa vie s'intéresser vraiment à l'elfe.
« Il était où ? », elle demande.
« Dans la cave, selon lui… Ne me demande pas pourquoi ! J'ai renoncé à tirer une réponse cohérente de lui ! »
Il le lâche et l'elfe s'empresse de s'enfuir dans sa cachette préférée, sous le chauffe-eau.
« Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas lui qui a blessé intentionnellement Buck ce matin », il m'apprend.
De sa cachette, Kreaturr maugrée qu'il ne fait que ce qu'il a à faire. Comme Sirius semble être sur le point de se jeter sur lui, je lui colle une tasse de thé brûlant entre les pattes. Il ne me semble pas qu'il sortirait grandi d'avoir tabassé un elfe désagréable, mais sans doute trop bête pour faire quelque chose de si délibérément méchant.
« Vous avez vu les jumeaux Weasley ? » demande Tonks, dans un méritoire effort de changement de conversation. « Ils vont ouvrir une boutique de blagues ! »
« Molly est finalement d'accord ? » je demande, et Tonks a une moue déçue : « Vous saviez déjà ! »
« S'ils ont besoin d'argent, je leur en donnerai », déclare solennellement Sirius.
Ça ne m'étonne pas - l'évasion des jumeaux Weasley de Poudlard, au nez et à la barbe de Ombrage, est la seule chose qui lui ait rendu le sourire plusieurs jours d'affilée depuis Noël.
« On finirait par croire qu'il reste possible d'accomplir des choses inédites dans ce bas monde », a-t-il commenté quand Arthur est venu nous apprendre pourquoi Molly avait l'air si inquiète.
« On a bien besoin que certains nous fassent rigoler », j'affirme à mon tour – d'ailleurs, je le pense. Ce n'est pas parce que je n'ai plus le cœur de faire des blagues que tout le monde doit s'en priver !
Pourtant Sirius me lance un regard en coin – pas dupe. Ni lui, ni moi, ne sommes encore concernés par les blagues. Peut-être parce qu'elles ont été le meilleur de notre vie, qui sait !
Moi, je ne me vois pas arriver avec des crèmes canari chez Lowell. Et, il faudrait plus que des blagues pour soigner Sirius de son angoisse qui est maintenant venue s'ajouter à l'insupportable attente dans laquelle son incapacité à agir le plonge.
Cette angoisse a un nom, c'est Harry. Heureusement d'ailleurs que ce dernier est sans doute trop jeune, trop centré sur lui-même, pour s'en rendre compte. Cette angoisse colore en gris le visage de Sirius - couleur cendre, comme celles du feu par lequel Harry nous a appelés l'autre jour.
« C'est sûr qu'à Poudlard, ça a pas l'air d'être la joie », renchérit Tonks, sans savoir qu'elle entre ainsi dans le jeu des obsessions de Sirius. Comment saurait-elle ? « Vous avez des nouvelles de Harry ? »
Je secoue la tête pour l'inviter à ne pas insister mais Sirius est déjà lancé.
« On lui a parlé l'autre jour… par cheminée… juste avant que Remus ne reparte en mission », lui apprend-il.
Je réalise brusquement que c'est le jour même de la fuite des jumeaux et m'interroge, pour la première fois, sur les liens entre les deux évènements. Je ne crois pas aux coïncidences quand les jumeaux sont de la partie ! Désolé les gars, on ne prête qu'aux riches !
« Par cheminée ? » s'étonne Tonks.
« Oui, hein, n'importe quoi ! » grommelle Sirius – oubliant opportunément qu'il y a quelques mois, il faisait la même chose dans l'autre sens et reprochait alors au gamin d'être trop prudent. J'essaie néanmoins l'empathie :
« Il t'a appelé, c'est tout ce qui compte ! »
« Tu veux me dire pourquoi il n'utilise pas le miroir que je lui ai donné à Noël ? »
Une autre rengaine, ma réponse est tout aussi éculée :
« Il l'a peut-être perdu… ou il n'y pense plus… Il n'a que quinze ans, Sirius ! »
Oui, c'est une conversation où nous semblons avoir échangé nos arguments. Curieux, non, comme nous semblons incapables de tenir une conversation où nous serions d'accord ? Indifférente à notre duo, Tonks continue son enquête :
« Un miroir à deux sens ? Un truc de Black ça ? »
Sirius maugrée qu'il faut bien qu'il y ait des bons côtés, mais Nymphadora ne se laisse pas détourner du but – graine d'Auror !
« Et alors, il disait quoi ? »
« Oh… en fait, il… il voulait parler de James…. » - j'explique avec difficulté. Comme Tonks a l'air de trouver ça disproportionné avec les risques encourus, je me tourne vers Sirius pour qu'il m'aide. Mais il semble plongé dans des pensées que je connais trop bien :
« Tu as parlé à Rogue ? » - il demande ça sans me regarder.
« Non, je voulais passer par Albus ! » - je lui rappelle patiemment. « Tu as eu de ses nouvelles, toi ? »
« Des messages pour Minerva et Rogue… rien d'autres… rien ne permettant de le contacter… »
« La Division est sur les dents », commente Nymphadora avec un sourire satisfait.
Je soupire. On peut faire confiance à Albus pour être capable de se cacher au-delà de l'imagination du Ministère et de l'Ordre réunies. On dit ainsi que notre vieux professeur de potions, Slughorn, se cache depuis des mois pour éviter de se faire recruter de force par Voldemort. Et Slughorn a toujours reconnu qu'il n'arrivait pas à la cheville d'Albus quand il s'agissait de brouiller les traces !
« Ça devait faire une belle paire ! » J'ai dit ça à haute voix, sans bien m'en rendre compte.
« Qui donc ? » demande Tonks.
« Slughorn et Dumbie ensemble à Poudlard ! »
« Old Dum est bien plus vieux ! » me contredit Sirius.
« Oh, c'est vrai… Sinon, ils nous auraient volé la légende ! »
« Il aurait fait beau voir ça », grommelle Sirius, a priori, réellement agacé par l'idée d'une quelconque compétition au palmarès d'élève le plus insupportable de l'histoire de Poudlard. Charitablement, je ne lui rappelle pas que les jumeaux viennent de placer la barre très haut pour les générations futures. De toutes façons, c'est lui qui revient au vrai sujet de son angoisse, aussi sûrement que les boussoles moldues indiquent dit-on le nord – je me demande si Arthur sait ça.
« Tu sais, Remus, ça m'embête vraiment que Harry croit que James n'était qu'un arrogant prétentieux », reprend soudain Sirius comme si Nymphadora n'était pas là.
J'hésite puis essaie d'en finir vite – parce que ça aussi, je l'ai déjà entendu : « James était le plus chouette arrogant prétentieux que je n'ai jamais rencontré. »
Tonks me fait un clin d'œil complice, mais Sirius secoue la tête, agacé :
« Rem… »
« OK, vous étiez les deux plus sympathiques arrogants prétentieux que j'ai eu l'honneur de fréquentés ! »
« On n'était pas que des arrogants, si ? » Il y a une inquiétude rétrospective sincère dans ses yeux, et j'imagine à quel point ternir ses souvenirs de Maraudeur est douloureux. Sans doute autant que pour Harry, de réaliser que son père n'était pas parfait. « On était aussi capable de… d'amitié, de... d'engagement… ». Il butte sur les mots, et ça me serre le cœur.
« Vous étiez intelligents, drôles, beaux, forts… »
« Ça va ! »
Il se lève brusquement d'agacement.
« Mais je le pense Sirius. »
Il se retourne, fragile. Je soutiens son regard.
« C'est de notre faute à tous », j'ajoute.
« Quoi ? »
« On a laissé Harry idéaliser James.. »
« Il ne le méritait pas ? » s'insurge Sirius.
Ma réponse est millimétrée – il en est des vieux potes comme des vieilles tentures, si on les bouscule, ils tombent en poussière, et plus rien ne protège du soleil :
« S'il avait grandi à côté de lui, il saurait que comme tous les humains, il avait des bons et des moins bons côtés… Là… là, il découvre les pires défauts de son père par les yeux de son pire ennemi… ça ne peut pas être facile à vivre ! »
Sirius se tait, mais je sais à la détente brusque de ses épaules qu'il me donne raison. Tonks me regarde comme un héros – celui qui sait calmer Sirius. Comment lui dire que ça ne marcherait pas si ce n'était pas mutuel ? Est-ce utile de préciser que ce pouvoir est limité et même parfois, de mon propre avis, contre-productif ?
« Faudra qu'on lui parle… cet été… on lui parlera de James, hein ? » - il plaide encore.
J'accepte d'un sourire – ai-je déjà su lui refuser quoi que ce soit quand il se fait enjôleur ?
« Si on dit toute la vérité », je le taquine.
« Qu'est-ce que tu sous-entends ? » Il a répliqué par automatisme, ses yeux sont gais et chaleureux – le meilleur baromètre de Patmol. Et je ris avec lui.
Le vacarme habituel indique l'arrivée de quelqu'un. On se lève tous les trois du même geste. Nos baguettes à la main, on se dirige vers l'entrée pour se trouver face à Maugrey et Shacklebolt qui sont un peu embarrassés d'avoir fait tant de bruits.
« Et moi, qui croyais que c'était ma spécialité », commente Nymphadora avec une impertinence assumée.
On rit tous et on regagne la cuisine. Sur le seuil, Kingsley trouve une réplique :
« Enfin, maintenant, quand Dawlish pestera dans les couloirs que tu es introuvable, Tonks, je saurais où écrire... »
Elle rougit un peu trop – comme si Kingsley avait réellement touché un point sensible. Pourquoi ne pas se douter que Nymphadora puisse être au siège ? Je me demande ça, mais Sirius a commencé à interroger les deux Aurors sur leurs missions en cours – toujours ce besoin de s'associer au moins en théorie avec l'action. Je m'assoie et déplie la Gazette, mais le récit de Maugrey m'intrigue.
Il raconte que Dumbledore lui a confié une enquête sur le recel d'objets de magie noire. Apprendre que Voldemort a travaillé rue des Embrumes en sortant de Poudlard passionne Nymphadora. Nous tombons tous d'accord sur l'étrangeté de la fascination de Voldemort pour ce type d'objets – un grand sorcier normalement n'a pas recours à des objets, sa puissance doit lui suffire. Sirius objecte que Voldemort a peut-être pris cette manie en observant les vieilles familles magiques, confondant leur puissance, leur pseudo-pureté et les possessions magiques qu'elles ont amassées au travers des siècles. Son expertise rallie tout le monde.
Je suis sur le point d'interroger Maugrey sur ce que cherche exactement Albus quand une plume gris cendré tombe devant mes yeux. Severus. Un message de Severus… Est-ce qu'il veut parler d'Harry ? Je prends la plume et murmure l'incantation. La voix sèche et méprisante de Rogue emplit aussitôt la cuisine.
« Potter a eu une nouvelle vision. Black serait prisonnier du Seigneur des Ténèbres et… torturé par lui au Département des Mystères…Il vient de s'échapper de Poudlard après des péripéties que je ne prendrais pas le temps de vous raconter avec cinq de ses petits amis pour aller à sa rescousse… Ai-je besoin de préciser que ça a l'air d'un piège ? »
Sirius est blême, Tonks le regarde fixement. Maugrey s'est levé et Shacklebolt a fait le geste de l'arrêter. Je ne sais pas comment je sais tout ça. C'est totalement irréel.
« C'est une blague ? » J'ai dit ça sans le penser.
Alors que Severus répond aux questions factuelles et précises de Kingsley, Sirius est déjà à la porte de la cuisine. Tonks et moi, nous bousculons pour l'arrêter.
«Tu vas où ? » je demande.
« Où crois-tu que j'aille ? »
« TU VOIS PAS QUE TU ES LE PIEGE ? » - j'hurle – pour une fois !
« Tu crois que ça va m'arrêter ? »
Dans mon dos, j'entends Kingsley lancer un message d'urgence à Dumbledore. Il lui annonce que nous partons sur le champ et que Sirius va rester pour l'attendre - ce que Severus a demandé. Nymphadora grimace.
« Toi aussi tu vas décider pour moi ? » me demande sèchement Sirius.
« Sirius, tu ne peux pas », je plaide encore
« Essaie un peu de m'en empêcher, Lunard ! Essaie donc ! »
Je le tiens par la veste. Il me foudroie du regard. Shacklebolt et Maugrey arrivent. Ils nous dépassent. Kingsley dit à Nymphadora de le suivre. Je la vois qui hésite, visiblement partagée entre les ordres et le désarroi de son cousin.
« Donne-moi UNE raison de penser que je vais être utile ici », dit Sirius très bas, presque gentiment. Comme si j'étais une déraisonnable mère poule.
Le fait est que je ne vois pas en quoi Albus aura besoin de lui, que je sais que Harry est la seule chose qui donne un sens à sa vie... Sans complètement le décider, je lâche sa veste.
Les cris de feu Mme Black nous accompagnent dans la nuit.
00
Ces satanés gamins sont bien au Département des Mystères !
Selon le registre du Ministère, ils sont arrivés il y a plus d'une heure.
Seule, Tonks trouve la force de s'en étonner - « Mais ils sont venus comment ? ». Kingsley hausse les épaules, Maugrey ne l'entend pas et Sirius est enfermé dans son angoisse pour Harry. Moi, je lui souffle sans m'arrêter de courir que Harry a déjà fait plusieurs fois la preuve de sa capacité à aller là il ne devait pas aller – et ses amis de le suivre !
J'évite de me rappeler qu'une fois j'ai trouvé utile et juste de lui dire que son père aurait été déçu s'il n'avait pas été aussi aventureux. On ne peut pas se rendre responsable de tout !
J'évite aussi de me rappeler de ces semaines pendant lesquelles tout l'Ordre a craint que Voldemort ne l'attire dans la Salle des Prophéties – les craintes étaient fondées et inutiles. Aucun doute là-dessus.
L'ascenseur met un temps insupportable pour atteindre le 9e étage. La voix sucrée de l'appareil nous vrille les nerfs.
« Le prochain », commente inutilement Tonks.
Personne ne lui répond mais nous nous bousculons presque pour sortir quand les portes dorées s'ouvrent. On ne croirait pas à voir notre hâte que nous allons au-devant de Voldemort mais plutôt que nous le fuyions !
Maugrey connaît très bien les lieux, et heureusement ! On aurait perdu un temps précieux à déjouer les illusions et les sécurités qui emplissent les salles ! Je ne me demande pas comme Harry et ses amis ont réussi ça sans être jamais venus auparavant – est-il encore besoin de douter de ce Harry et de Hermione peuvent accomplir quand ils sont en tandem ?
Sirius ne dit rien, et ce calme apparent m'affole. Je sais qu'il n'y a rien de pire qu'un Sirius calme et patient. C'est en entendant les voix de Harry et de Lucius qui s'opposent qu'il accélère et double tout le monde pour entrer le premier dans la salle de la Mort.
Il se jette immédiatement dans la mêlée avec cette souplesse de chat et cette rage qui en ont toujours fait un adversaire redoutable. Il y a suffisamment de Mangemorts dans les lieux pour se demander comment le gosse est encore vivant ! Sauf que je vois que Harry tient toujours la prophétie entre ses mains ! Et une hypothèse s'impose : la vie d'Harry tient à la prophétie !
Je frissonne malgré moi.
La prophétie dans les mains de Harry !
James, Lily est-ce que vous voyez ça ?
Est-ce que vous pouvez l'aider ?
Est-ce que les morts sont moins ridicules que les humains fassent aux épreuves de la vie ?
Merde, Dolohov a failli m'envoyer vérifier ça par moi-même !
Je me concentre sur les combats !
Tonks nous débarrasse de Lucius en un clin d'oeil et ça jette un froid salutaire à l'entrain de nos amis Mangemorts. J'entrevois Neville qui entre dans la pièce en rampant. Harry va le rejoindre. Une nouvelle fois, je me demande dans quel état on va retrouver les mômes. Ce Département est un bon concentré de saloperies que la magie peut produire... En commençant par cette arche et ce voile !
Dolohov fond sur eux de nulle part – la bataille est confuse, mais il est clair que les gamins ont le dessous. J'essaie de me rapprocher d'eux mais l'air est plein de sortilèges. Ma progression est trop lente. Je suis soulagé de voir Sirius sauter entre eux et Dolohov. D'ailleurs ce dernier vient de brutalement se redresser, comme si les enfants avaient trouvé un moyen de lui faire sacrément mal.
Ça va très vite ensuite et je distingue mal qui en finit avec Dolohov, mais je vois Sirius qui pousse les gosses vers la sortie – deux de moins au milieu ! Je me félicite.
Un cri à ma droite me fait tourner la tête et je vois Tonks basculer !
A la limite de mon champ de vision – juste à côté de l'arche, Bellatrix exulte ; c'est elle qui a abattu Nymphadora, visiblement !
Putain de famille !
Sirius a raison, il y a des cas où l'éradication d'une famille toute entière est une solution tentante !
D'ailleurs, le voilà qui se jette dans la mêlée avant tout le monde. J'imagine la rage accumulée qui le porte, est-ce que tous les Mangemorts assemblés suffiront à l'éponger ?
J'entends la voix de Bellatrix qui provoque Sirius – elle aussi semble n'avoir rien oublié de leur haine sempiternelle. Il me semble quand même raisonnable de prévenir le pire, et j'essaie de rejoindre Sirius – mais les petits copains de Bellatrix s'interposent ! Ils sont bien venus nombreux ! Leur chef serait-il dans les barrages ? Je me demande ce que Rogue a pu inventer pour ne pas se joindre à la grande fiesta !
Il y a un drôle de silence tout à coup – comme si le temps s'arrêtait, et je me retourne. Albus est là. Formidable. Une bonne quantité de Mangemorts semble immédiatement envisager la fuite. Y'en a que deux qui continuent et je vous donne en mille qui : C'est ça, continuez donc de vous entre-tuer entre Black ! Une vraie tragédie grecque !
« Allez ! Tu peux faire mieux que ça, Bella ! » - se moque Sirius avec son énorme rire qui emplit la salle et couvre les murmures des âmes coincées derrière le voile.
Quel cabot ! Il ferait mieux de faire gaffe !
Je me retourne pour le voir touché en pleine poitrine !
Non !
Sirius !
Le hurlement de Harry confirme et je cours vers lui – ne me demandez pas pourquoi j'en ai été capable ! Je le serre de toutes mes forces contre ma poitrine.
« Tu ne peux rien faire, Harry »
Mes oreilles tintent en entendant ma voix si sèche. Comment puis-je être aussi détaché ?
« Il faut aller le chercher, le sauver », il s'insurge, « il est simplement passé de l'autre côté ! »
« Il est trop tard, Harry », je continue.
« On peut encore le rattraper », il insiste.
Harry se débat, il hurle, il proteste. Je ne le lâche pas.
Je voudrais qu'il me frappe – qui d'autres que moi mérite plus des coups ?
Comment ai-je pu laisser Sirius venir ?
« Tu ne peux rien faire, Harry... Rien...C'est fini pour lui. »
Harry refuse tout net mes affirmations et continue d'hurler après son parrain comme si ce dernier lui faisait une mauvaise blague.
« Il ne peut pas revenir Harry », j'essaie, j'ai dû mal à le contenir. « Il ne peut pas revenir parce qu'il est m... »
« Il n'est pas mort ! » s'insurge Harry « Sirius ! »
J'envie son espoir. J'aimerais tellement pouvoir croire encore. Croire que Sirius va sortir et rire de nos craintes. Mais aucune magie ne sait défaire la mort – un professeur m'avait dit une fois que la mort était, en quelque sorte, la plus forte des magies... la seule irréversible... La raison sans doute qui poussent des fous comme Voldemort à chercher la vie universelle, la magie suprême... Je fais des efforts terribles pour éloigner Harry du socle alors que Kingsley et Maugrey en finissent avec les Mangemorts sous la direction d'Albus.
Il ne reste que Bellatrix – Kingsley part l'affronter. Maugrey s'occupe de Nymphadora – elle n'a pas bougé depuis un temps immémorial. Je ne peux m'empêcher de craindre le pire mais lâcher Harry ne semble pas une option, même s'il a cessé de vraiment se débattre.
Neville vient nous rejoindre – le pauvre est toujours secoué de spasmes, et je desserre mon étreinte à Harry pour lever le maléfice. Je me souviens brusquement des quatre manquants.
« Allons...allons retrouver les autres. Où sont ils ? » - je demande et ma voix me paraît étrangère.
Le voile semble bouger à ces mots, comme si Sirius me disait qu'il fallait continuer de vivre. Ça aurait ressemblé à Patmol, je dois le reconnaître. J'entends vaguement Neville me raconter qu'un cerveau a attaqué Ron.
Une explosion projette Kingsley dans les airs et Bellatrix semble bien encore une fois avoir eu le dessus. Dumbledore réplique une demi-seconde trop tard pour la toucher, mais Harry se jette en avant en vociférant : « ELLE A TUE SIRIUS, JE LA TUERAIS! »
Je veux m'élancer derrière lui, et Albus m'arrête.
« Non, Remus! Occupez vous des autres ! C'est à moi de faire cesser ce gâchis ! »
Lui non plus ne me laisse pas le temps de protester. Je suis sur le point de le suivre, malgré tout. Est-ce que ça ne devrait pas être moi qui affronte Bellatrix ? Est-ce que ça ne devrait pas être moi qui devrais être blessé ou tué – moi, plutôt que Nymphadora, Kingsley, ou Sirius ? Sirius. C'est comme si le cauchemar recommençait – tous mes amis, pris l'un après l'autre. Et Harry, qui risque sa vie !
Je vais sortir de la pièce.
« Ze grois pas qu'ils pourront marcher, profezeur », m'annonce alors Neville, « Zinny a la cheville cazée et Ron n'a plus toute za tête ! »
Je me retourne et, en voyant son nez enflé, je me résigne, une fois de plus, à me contenter de remplir ma mission.
B'en ça pas été le facile à écrire celui-là. Mais bon, au moins, il est derrière moi.
Le suivant s'appelle Insania Lupina car Remus y laisse libre cours à toute sa rage...
Le résultat du sondage donnait une grande majorité au LiveJournal... mais comme la plupart d'entre vous laisse des reviews signées... je me demande si c'est bien utile...
