Vingt-Cinq Jours d'Humanité
Disclaimer habituel, remerciements émus à la clique – Alixe, La Paumée, Fée, Vert....
Je savais – enfin, je pensais savoir – que le testament de Sirius allait vous inspirer...Je n'ai pas été déçue... Tous mes remerciements à Toulouse, Rebecca-Black, Popov, Touffue, Shandibee, Alana, Lunenoire, Siri, Ezilda, Mee-Yah, Anie Celebrindal pour avoir briser le silence !
A Toulouse, qui n'a pas laissé comment la contacter, je conseille le site fanfictionmodedemploi d'Alixe, souverain pour surmonter toutes les timidités que peut générer un interface anglophone !
Bon, je vous laisse pour une légère accélération des évènements...
« Je voudrais te quitter... »
Sarah Kane, Manque
12. A bout de bras
Depuis l'Irlande, j'entre chez Lyall comme chez moi. Plus de faux semblants ou de rendez-vous secrets. D'un côté, c'est agréable; d'un autre, ça m'inquiète presque. Je n'arrive pas à savoir si je veux cette officialisation – ce presque mariage lycanthropique. Mais j'aime ses mains sur mon torse. J'aime qu'elle soit là. J'aime son silence comme ses soudaines déclarations franches. Est-ce de l'amour ? Eh bien, je n'en sais rien.
Parfois, je me demande ce que Sirius aurait dit d'elle. Et comme je suis le seul à faire des dialogues, ça dépend de mes propres envies. Parfois, le plus souvent, je me dis qu'il aurait été content de me voir baiser – simplement. De me voir vivre quelque chose de simple et d'humain comme l'affection. D'autres fois, je me dis que jamais il n'aurait pu supporter de rester une soirée dans la même pièce que quelqu'un d'aussi peu sophistiquée qu'elle. Et si je vais vraiment mal, je m'assomme en me rappelant qu'il m'imaginait avec la fille de sa cousine préférée.
Le fait que Lyall et Nymphadora aient à peu près le même âge n'aide pas. Dire que Lyall est quelque part pour moi une projection de Tonks – que je sauve la seconde en cédant à la première – n'est pas plus efficace – j'ai essayé. Le plus simple est de ne pas y réfléchir. Heureusement, j'ai peu croisé Nymphadora récemment ; ça, ça aide.
De toutes les façons, je ne suis pas tellement là. Le manque d'enthousiasme irlandais a généré une série de réunions de réflexion sur ce qu'il convenait de faire et de missions visant à s'assurer que les communautés de l'Ouest n'étaient pas « contaminées ». Cuàn a bien failli faire les frais des sentiments pacifiques de ses ouailles. Et il est à mettre au crédit de Lowell de l'avoir défendu contre tous – en particulier contre ces excités du commando Lycaon qui ne parlent que de radicalisation du mouvement et de passage à l'action. C'est d'ailleurs pour discuter avec un des lieutenants de ce groupe, Silvenhair, que je suis là aujourd'hui.
Quand Lowell m'a indiqué où aurait lieu la rencontre, j'ai lu dans ses yeux qu'il se pensait que j'étais content. Et le fait est que j'ai ce sentiment étrange de rentrer peut-être pas chez moi mais à un endroit où j'ai ma place. Peut-être à cause des mômes. Pourquoi faut-il toujours que je me justifie ?
Chez Lyall, les enfants, en général, m'aiment bien. J'interfère peu avec la marche de la maisonnée, mais je raconte des histoires le soir. Ça a l'air de rien mais, à en croire leurs yeux, c'est Noël.
Qu'est-ce qu'on raconte comme histoire à de jeunes lycanthropes, hein ? Le petit chaperon rouge ? En fait, j'ai opté pour la mythologie grecque. Ça ne manque pas de monstres, de tragédies et de rédemptions. De temps en temps, j'indique que certains héros bien connus des Moldus étaient des sorciers. Certains sont sympathiques et d'autres moins – ça fait une moyenne.
Lyall n'est pas la dernière à venir écouter. Et elle ne me paraît jamais aussi jeune que quand elle est accroupie auprès du feu, faisant semblant de tisonner alors que les gosses s'endorment.
Quand j'arrive, il est déjà tard, et les enfants sont couchés. Lyall s'occupe de tâches domestiques et s'arrête à peine à mon entrée. Les lycanthropes ne sont pas collectivement très démonstratifs – n'en suis-je pas un moi-même ?
« Tu as dîné ? » elle demande, et ce souci domestique me fait irrémédiablement penser aux Weasley – est-ce que la vie peut être si simple ?
« Je n'ai pas faim, merci », je réponds.
Lyall reprend ses tris de hardes avec un petit signe de tête. J'hésite à aller l'aider. Va-t-elle encore suggérer que ce n'est pas mon rôle ? Finalement, c'est elle qui propose :
« Ils étaient très excités en apprenant que tu venais à la réunion... Tu pourrais leur dire que tu es arrivé... pour qu'ils dorment enfin... »
C'est un aveu énorme de la place que j'ai fini d'occuper dans cette hutte. Et j'en suis touché – n'ai-je pas attendu désespérément une place comme celle-ci ? Ce ne sont pas mes enfants, mais ce sont des mômes qui ont, sans doute aussi profondément que moi, besoin de partage et d'horizons. La responsabilité est un peu effrayante malgré tout. Parce qu'elle me donne des devoirs – oui, je sais, jamais Lyall ou les gamins n'exprimeraient ça dans ces termes. Mais, moi, je sais combien avoir des devoirs envers les autres m'inquiète. Il me semble qu'une telle responsabilité devrait toujours échouer à des gens plus complets que moi. Que je n'en suis pas digne. Je repense à cette année merveilleuse et effrayante que j'ai passée à enseigner à Poudlard et à mon échec. A ma fuite finale. A tort ou à raison – on a tenu des nuits là-dessus Sirius et moi. Et cette fois-ci, je n'aurais pas l'excuse de me dire que je suis une menace pour eux.
C'est le rire de Lyall qui me sort de mon introspection.
« Enfin, ils finiront bien par tous dormir à ce compte-là ! »
Je rougis presque – j'entends la devise des camps de Greyback : « seule l'action » - et je me lève pour gagner l'extension de la hutte qui sert de chambres aux gamins. C'est très pentu, et un adulte n'y tient pas debout une fois la porte passée. De fait, vers treize ans, les gamins sont incorporés à d'autres tâches du camp – il n'est aucun besoin d'une pièce plus haute.
Tous dorment déjà – ou presque. Hope entrouvre les yeux à mon entrée mais les referme aussitôt. Seul un sourire léger sur ces lèvres me dit bonjour. Son petit-frère est collé à son flanc, comme un louveteau. Je les passe tous en revue : Terry le plus vieux – son frère Sam est l'un des jeunes chasseurs remuants du camp – déjà presque trop grand pour le lit ; Ursula – celle qu'on a trouvé dans la forêt, marquée par on ne sait qui et qui n'a jamais prononcé un mot - si frêle; Markus, Naomi et Paul – trois enfants de garous, trois orphelins, trois inséparables... Je souris à mon tour devant leur abandon collectif. Et puis une question m'arrête. Je passe et repasse sur les visages endormis sans trouver ce que je cherche. Je retourne dans la salle principale et je demande sans attendre :
« Où est Fenn ? »
Lyall arrête un instant son pliage puis hausse les épaules avec un fatalisme qui fait frémir.
« La fièvre », elle répond comme si deux mots suffisaient à énoncer tout ce qu'il peut y avoir à dire de la disparition d'une vie.
« Quand ? » je demande, encore plus laconique.
« Dix jours », elle répond sans me regarder, et je mesure combien elle est touchée par cette mort – au-delà du stoïcisme réglementaire. Elle n'a pas dit qu'il était faible – trop faible pour la révolution. Et dans ce domaine, il y a des omissions qui valent plus que de longs discours.
Je ne trouve pas d'autres réponses que de la prendre dans mes bras.
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La réunion a lieu dans la hutte que Lowell occupe quand il est là. Nous sommes peu nombreux – une grosse dizaine - et nous sommes encore moins à être assis au centre autour du feu. Il y a là Lowell, Cuàn, deux de ses lieutenants que j'ai croisés en Irlande, Silvenhair et moi. Autour de nous, sont assis les rares admis comme observateurs – tous des chasseurs parmi lesquels je reconnais Sam, le frère de Terry. Il n'y a qu'une seule femme : Lyall.
Quand j'ai demandé, Lowell n'a pas eu l'air étonné. Il a même eu un petit sourire.
« Certains vont jusqu'à dire qu'elle obtient de vous ce que personne n'a jamais songé lui donner », il a déclaré.
J'ai affronté son regard moqueur en souriant moi aussi.
« Je peux lui dire qu'elle n'est pas la bienvenue. »
La décision était entre ses mains, et il s'est rengorgé – les chefs sont tous les mêmes.
« Qu'elle vienne, mais qu'elle se tienne tranquille ! »
Et voilà. Comme s'il en doutait ! J'ai acquiescé quand même et suis allé jusqu'à préciser :
« J'y veillerais »
C'était ce qu'il voulait entendre – le mâle domine – et l'affaire est scellée.
Silvenhair est à son affaire. Il est la vedette et, à l'entendre, il est presque Greyback. Il ne commence pas une phrase sans dire « nous », sans nous rappeler sempiternellement son appartenance au corps d'élite. Nous, qui l'écoutons, sommes des lycanthropes aussi, mais de second rang. Le message est tellement clair qu'il finit pas agacer Lowell.
« Et donc, ce plan, il commence quand ? » - il demande, l'interrompant au beau milieu d'un assez long et ennuyeux monologue sur la discipline et le dévouement à la cause. C'est assez bienvenu, à en croire la tête des autres. Et c'est une perfidie - je sais reconnaître une perfidie quand j'en entends une : si Silvenhair ne dispose pas de l'information, il ferait mieux de se taire. D'ailleurs, c'est ce qu'il fait pendant les quelques secondes suivantes.
« Nous sommes en train de planifier les attaques », il finit par contre-attaquer.
« Et vous ciblez quoi ? » demande Cuàn de sa voix rocailleuse.
Cette fois, Silvenhair a l'air moins gêné. Il se redresse pour répondre sur le ton de la harangue :
« Nous devons marquer les esprits, nous devons cibler des lieux magiques; les sorciers doivent comprendre que leur impunité est terminée ! »
Il y a des murmures appréciateurs dans la salle. J'entrevois le visage radieux de Lyall, et ça finit de me serrer le coeur. Nous y voilà, n'est-ce pas ? Le choix va devenir incontournable : eux ou nous - la question étant, bien sûr, dans quel camp se rangent les agents doubles.
Cuàn a un sourire rêveur, comme s'il se réjouissait à l'avance de l'effroi et du carnage que le commando sera capable de provoquer. Lowell me regarde, et ça me pétrifie. Suis-je capable de faire semblant de soutenir des attaques sur Pré-au-lard ou sur le Chemin de Traverse ? Je crois que la réponse est non et que je le sais.
« Lupin ? » il me demande.
Je fais de mon mieux pour soutenir son regard, conscient que l'échec c'est plus ou moins la mort. J'en sais beaucoup trop pour qu'ils me laissent repartir s'ils croient que je peux les trahir, que je ne leur suis pas totalement acquis.
« Où devrions nous attaquer ? » il précise, et le soulagement m'envahit presque à mon insu. Ce n'était pas une provocation. C'est mon avis qui est demandé – de la même manière que je suis l'expert en lycanthropie dans l'Ordre, je suis ici un expert en sorcieritude. La responsabilité me rattrape néanmoins par les tripes. Que dire qui ne sera pas nuisible aux miens – à tous les miens ?
« Le... des endroits comme le chemin de Traverse ou Pré-au-lard sont...excessivement surveillés par les Aurors... Plus encore depuis que...Voldemort est revenu », je réponds finalement. Et à en juger par la surprise générale de m'entendre prononcer le nom de notre terrible allié, et les regards appréciateurs de Cuan et Lowell, j'ai pas mal répondu. On se tourne vers Silvenhair qui n'a pas l'air très heureux de mon coup de pied à l'enthousiasme collectif.
« Nous ne pensons pas commencer par le chemin de Traverse », il maugrée comme à regret. « Nous allons plutôt cibler de petites communautés sorcières isolées, des familles emblématiques... »
Instinctivement, je pense aux Weasley, isolés ET emblématiques – je doute d'ailleurs que le commando lycaon s'attaque aux Malefoy ! Et ma résolution est immédiate et claire : je dois prévenir l'Ordre.
« Quand ? » redemande Lowell en se penchant en avant vers le représentant des Lycaons.
« Dès que possible », il affirme, « dès que nous aurons assez de bras »
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Elle a presque crié en me voyant.
Je fais peur aux Aurors maintenant ? Lyall serait fière de moi. Le constat est trop amer pour que je n'essaie pas de l'adoucir avec une pitrerie.
« Lupin ! » - elle chuchote avec effroi.
« Bonjour Nymphadora », je crâne.
« Je...tu, tu vas bien ? » elle me demande, et sa question directe fait tomber mes prétentions à la crânerie. Brusquement je me vois dans ces yeux. Presque deux fois son âge, les cheveux prématurément blanchis, des kilos en moins, des cernes en plus... Je détourne les yeux, brusquement gêné.
« Je suis juste un peu fatigué », je mens. Je ne suis pas particulièrement fatigué ou, ce serait plus juste, j'ai appris à ne pas en tenir compte, il y a si longtemps déjà. Mais il est vrai que la mission irlandaise ne m'a pas épargné et que ce n'est pas dans le camp où vit Lyall qu'on se remplume.
Le mensonge ne passe pas.
« Juste assez fatigué pour y laisser ta peau ? » elle interroge, acide.
« Je suis venu voir Albus », je biaise. Ça aurait peut-être fait taire Lyall, ça n'a eu aucun effet sur Nymphadora.
« Il est sûr que l'inverse serait difficile, y'a plus grand-chose à voir ! » - elle persifle.
J'essaie de lui montrer sans mots que c'est pas très gentil de traiter un agent double qui risque sa peau pour l'Ordre comme cela. Je lui offre donc mon regard le plus sévère et là, c'est mon coeur qui se serre. Elle me parle de ma mine, mais a-t-elle vu la sienne ? Depuis quand ne prend-elle plus la peine de rosir ses cheveux pour lutter contre la grisaille ambiante ? Depuis que les Détraqueurs ne se contentent plus d'Azkaban ? Elle me paraît étrangement plus vieille, plus sombre et plus dure que dans mes souvenirs.
« Et toi, ça va ? » je murmure.
Ses yeux gris ont une lueur étrange avant qu'elle ne se détourne.
« Je bosse beaucoup », elle me répond.
Brusquement j'ai envie de lui demander ce qu'elle cherchait en Irlande dans ce quartier moldu marqué par la pauvreté et par la guerre. Si ça justifiait qu'elle ait cet air épuisé et désabusé. évidemment, je n'ose pas.
« Je vais
dire deux mots à Kingsley, moi, pour qu'il te laisse souffler
un peu ! »
J'essaie de jouer le grand frère,
et Nymphadora me regarde très directement dans les yeux pour
me répondre :
« Et moi, je dois m'adresser à qui ? »
Elle n'est que défi et, comme je reste d'abord silencieux, elle précise :
« A moins que cette charmante jeune femme ne s'occupe pas autant de toi qu'elle ne semblait le prétendre ? »
« Tu veux parler de Lyall ? » je demande, incapable de jouer avec elle au chat et à la souris.
« Pourquoi pas ? » elle me réplique. Maintenant, c'est elle qui crâne.
« Qu'est-ce que tu veux savoir ? » je rétorque – tout à fait conscient que cette réponse est déjà un aveu. Mais, peut-être parce que tant de choses dans ma vie trichent avec la vérité, je ne me vois pas mentir à Nymphadora.
« Pourquoi elle ? » elle demande tellement directement que le souffle m'en manque. On dirait qu'elle porte cette question en elle depuis des semaines. Je ne sais pas trop quoi répondre. J'essaie une sorte de sincérité :
« Je n'ai pas de bonnes réponses qui commencent par 'parce que'... »
Elle lève les yeux au ciel ; j'ai encore dû faire le prof...
« Tu l'aimes ? » elle demande.
Je me sens blêmir. Je ne suis même pas sûr de savoir.
« Tu ne l'aimes pas ? » elle insiste – et cette hypothèse-là, dans sa bouche, est pire encore.
« Nymphadora, les choses sont... plutôt, elles ne sont pas aussi simples que tu sembles le croire », je commence, maladroitement.
Elle s'esclaffe peu gentiment.
« Attends, laisse-moi deviner ? C'est ta couverture ? »
« Je n'ai pas dit ça. »
« B'en j'aimerais bien, justement, qu'une fois, tu DISES quelque chose, Lupin », elle constate.
Et le jugement dans sa voix me pétrifie. On se mesure du regard. Longtemps. Finalement, elle laisse échapper un cri de rage et me tourne le dos. L'idée qu'elle s'éloigne avec autant de colère contre moi en elle m'angoisse.
« Nymphadora, je... je croyais que...que nous avions parlé... que nous étions...amis ? »
Je pose une main timide sur son épaule, elle s'arrête.
« Amis, Remus ? Amis ? Est-ce que les amis se mentent ? »
J'ouvre la bouche – sans doute pour affirmer que je ne mens pas et puis, je la referme. A quoi bon ? Il me semble presque qu'elle tremble quand elle reprend, en se dégageant de mon emprise pour me regarder en face.
« Et puis, l'amitié Remus... Moi », elle pose ses deux mains à plat sur sa poitrine. « Moi, j'ai essayé de penser à toi comme à un ami – comme Kingsley comme... d'autres que tu connais pas... N'est-ce pas d'ailleurs très révélateur, que tu ne connaisses pas mes amis ? Que je ne puisse même pas leur parler de toi ? »
Elle m'interroge du regard, et je baisse les yeux. Je fuis l'attente gigantesque que j'y vois.
« Mais la vérité, Remus, c'est que j'y arrive pas, moi, à penser à toi comme à un ami. Mes sentiments sont bien plus violents, bien plus absolus que ça... Je crois même qu'un ami me traiterait comme tu me traites, je ne le reverrais plus... Le truc, c'est que l'amour se fiche de l'amour propre, se fiche que ce soit sans espoir... L'amour revient, toutes les nuits, dès que tu baisses ta garde... au détour des phrases que tu lis dans les livres, des lieux où tu vas... »
« Nymphadora... » je réussis à murmurer.
« Je sais, Remus, c'est exactement ce dont tu as si peur : que je sois amoureuse de toi, suffisamment pour m'accrocher. Et bien, je suis désolée, mais on en est là. »
Elle a dit ça tellement calmement que je ne peux que frissonner.
« Alors, je sais pas à quel point tu imagines ton avenir aux côtés de cette fille... » Sa voix est une murmure. « Lyall, c'est ça ? »
C'est terrible d'entendre ce nom dans sa bouche mais, en même temps, c'est briser un silence, un tabou, c'est une promesse,presque une rédemption. Je n'y résiste pas.
« Lyall... »
Les mots se projettent hors de ma bouche. « Lyall est ...
ses deux parents étaient garous, c'est une survivante, Tonks,
elle vit dans l'instant... alors, l'avenir... »
Ma
main se lève et retombe. « Je ne crois pas que je
puisse lui faire du mal »
« Parce que tu crois que tu pourrais m'en faire encore plus qu'en ne me donnant même pas une chance ? » elle demande, et cette fois, les larmes sont proches.
« Quand je vois tes attentes, Nymphadora... » je réponds avec une sincérité qui me surprend moi même. Comme si j'étais sûr qu'elle allait comprendre. « Tu sais que je ne suis qu'en sursis...que ... comment veux-tu me parler d'avenir, Tonks ? Je peux me faire tuer à la prochaine rencontre avec les Lycaons ! Je peux me faire arrêter par le Ministère parce que j'appartiens à une organisation secrète ! Je peux... me faire descendre par tes collègues parce que je traîne un peu trop souvent dans des communautés lycanthropes... Et tu me parles d'avenir ! »
Elle s'adosse soudain au mur, comme si mes paroles l'avaient acculée. Et je suis dévasté par son chagrin.
« Nymphadora... » je ne trouve rien d'autre à dire.
Elle ne bouge pas; elle ne dit pas un mot. Je m'avance vers elle, par pur instinct, et je sens sa chaleur, sa fragilité, tout près de moi. Tout mon corps me pousse à m'avancer encore. Et je ferme les yeux pour repousser la tentation.
Elle pose ses lèvres sur les miennes. Et je sais que j'ai perdu cette bataille.
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Nous avons entendu le pas de Kingsley sans doute trente secondes avant qu'il n'ouvre la porte. On s'est immédiatement séparé comme si le contact de nos corps était devenu insupportable - sans nous regarder. Je me suis enfoncé dans l'ombre de la pièce, et elle s'est retournée vers la porte. Dans la manoeuvre, une pile de dossiers qu'elle portait avec elle en entrant a basculé et s'est étalé sur le sol.
« Merlin ! Tonks ! T'en rates jamais une, non ! » jure Kingsley quand ses yeux tombent sur les feuillets et les photographies éparpillés sur le sol. « Déjà qu'on sort des dossiers secrets de la Division ! »
« Ils viennent juste de tomber... » essaye de répondre Nymphadora mais sa voix est un peu faible. Ça m'émeut visiblement plus que Kingsley.
« Je te les confie pour les montrer à Albus et, toi, tu les poses n'importe où ! » continue de pester ce dernier, en s'agenouillant pour les ramasser. Lentement, Nymphadora se baisse à côté de lui ; ses yeux me disent de profiter de la diversion pour sortir. Ça me paraît impensable. Commode, mais impensable. Je me mets plutôt moi aussi à ramasser les documents – en commençant pas ceux qui étaient à mes pieds
« Qui est-ce ? » je demande.
« Il va falloir remettre les photos dans les bons dossiers, Tonks, les vérifier un par un, et ne compte pas sur moi pour t'aid... » continue de réprimander Kingsley quand il s'arrête brusquement, découvrant ma présence dans son dos.
« Lupin ? »
Dire que son regard s'est soudain chargé d'une certaine dose de soupçon serait un doux euphémisme. Je me dis que je le mérite.
« Bonsoir Kingsley », je réponds doucement, en continuant de vérifier machinalement que le nom porté sur les photos et les dossiers correspond. Je peux au moins faire ça pour Nymphadora.
« Ce sont les disparitions non expliquées, depuis deux ans », m'explique alors cette dernière, visiblement ravie de la diversion. « Scrimgeour a demandé à la Division de rouvrir ces dossiers discrètement pour voir si on ne pouvait pas les relier à Voldemort... »
Un tel revirement de politique est tellement ahurissant qu'il m'a faut quelques secondes pour demander les précisions qui s'imposent.
« Scrimgeour ? Rufus Scrimgeour ? »
« Oui, ça a été dans ses premières décisions ministérielles », ajoute Kingsley.
« Ministérielle », je répète.
« Il y a quelques semaines, tu ne savais pas ? » s'enquiert Nymphadora.
« Non... je, j'avais lu des rumeurs dans la Gazette en Irlande, mais... C'est sans doute une bonne chose, non ? »
Là, les deux Aurors échangent leur premier regard de connivence depuis l'entrée de Shacklebolt.
« On va voir », commente finalement ce dernier sobrement.
Nous nous concentrons tous les trois sur nos dossiers. Les photos montrent des sorciers de tout âge. Hommes, femmes, enfants. Les disparitions ont eu lieu dans l'ensemble du Royaume Uni, et il y a même des requêtes venant de ministères du continent. Beaucoup de souffrances.
Nous avons presque terminé notre tri quand je tombe sur la photo. Je ne dis rien ; je ne suis plus capable de faire un geste ou de prononcer un mot. Nymphadora s'en rend compte la première.
« Oh, elle, c'est moche ! » elle soupire. « Une gamine d'à peine six ans... disparue... alors qu'elle jouait avec ses soeurs à cache-cache un soir, l'été dernier... Personne ne s'en remet dans sa famille... »
« ça m'étonnerait que les Mangemorts soient responsables », grommelle Kingsley.
« Je sais, mais la mère m'avait fait tant de peine », avoue Nymphadora, et il est clair que Shacklebolt va reprendre son rôle de mentor et lui expliquer la différence entre la guerre et la compassion.
« Non pas les Mangemorts », j'interviens.
Ils se taisent.
« Les garous », je confirme.
Ils se regardent de nouveau. Je retourne la photo : Thelma Penn...
« Ils l'appellent Ursula... Il faut dire qu'elle ne dit rien... Le choc a priori. Eux même ne savent pas exactement qui l'a mordue... »
Je suis bien conscient que mes informations sont décousues.
« Tu l'as vue ? Tu es sûr ? »
Ils ont posé la question en même temps.
« Oui. »
« Tu sais où elle est ? » me presse encore Kingsley.
J'acquiesce silencieusement.
« Il faut...il faut aller la chercher ! » s'exclame Tonks. Elle s'est levée, comme si elle attendait les coordonnées pour transplaner immédiatement.
Kingsley, lui, ne me quitte pas des yeux.
« Où est-elle Lupin ? »
« Dans un camp... avec d'autres gamins... La plupart sont nés de garous... mais d'autres...d'autres ont été mordus... »
Je livre tout cela presque à mon corps défendant. Je vois leurs visages, celui de Lyall. Je sais qu'Ursula... non,Thelma, mérite que je l'aide mais j'ai le sentiment très net de trahir une façon de vivre au nom d'une justice qui leur est justement refusée. Des conneries ! Je m'engueule. Ça ne marche qu'à moitié.
« Le camp est gardé ? » s'enquiert Shacklebolt
« Pas réellement... Il est caché.. »
« Magiquement ? »
« Ça les rendrait trop repérables. »
« Comment font-ils pour les Moldus ? » s'intéresse Tonks.
Je hausse les épaules.
« Allons, Lupin, il ne s'agit pas de descendre là-bas et de tuer tout le monde », m'objecte Kingsley de sa voix bourrue et raisonnable.
Je ferme les yeux.
« Vous ne comprenez pas », je réponds. « Cette gamine... c'est une louve maintenant.. vous êtes sûrs que ses parents voudront d'elle ? Et même s'ils le prétendent, comment pouvez vous être sûrs... pensez à ses soeurs, à toutes ces pleines lunes, au risque de contagion... Elle n'ira jamais à Poudlard... », ma stupide voix se coince dans ma gorge.
Nymphadora se laisse tomber à genoux à côté de moi.
« Est-ce que tes parents t'ont abandonné Remus ? » elle demande pleine de sympathie. Je dois me retenir de ne pas la frapper. Mais je suis hargneux quand je réponds :
« Non, mais peut-être aurait-il mieux valu pour eux ! Mieux aurait valu ça que s'en vouloir de ne pas avoir su me protéger ! Mieux aurait valu que je disparaisse plutôt que de me savoir vouer à une vie de relégation ! »
Il est à mettre à son crédit qu'elle ne grimace même pas.
« Pardon Remus, bien sûr que nous ne pouvons sans doute pas imaginer aussi bien que toi tout ce qui peut mal se passer », elle répond quand elle paraît sûre que j'ai fini. « Mais tu es allé à Poudalrd, tes parents ont choisi de s'occuper de toi... »
« Grand bien m'en a fait », je grince.
« Parce que tu préférerais vraiment être un lycaon aujourd'hui ? » elle demande sans lâcher prise.
Je ne réponds pas. Non, évidemment non.
« Ce n'est pas parce que tu te refuses tout espoir que tu dois la condamner, elle », elle insiste en me prenant la photo des mains. « Je vais aller voir les parents et si j'ai le moindre doute sur leur capacité à assumer un enfant différent... on oubliera ce camp et ses coordonnées », elle continue, raisonnable et sûre d'elle.
« Et tu feras comment ? Tu modifieras leurs mémoires ? » demande Kingsley, et il y a moins de jugement dans sa voix que ses propos le suggèrent.
« Pourquoi pas », elle répond sans le regarder.
C'est moi qu'elle regarde. C'est ma décision. Je croise le regard rieur de Thelma sur la photo... je pense à celui éteint et craintif d'Ursula et j'acquiesce très lentement.
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« Ah, vous êtes là », constate chaleureusement Albus en entrant dans la pièce. Il n'a pas l'air particulièrement étonné de nous voir tous les trois à genoux par terre. Nous nous levons pourtant immédiatement.
« Les dossiers dont je vous ai parlés, Albus », explique Kinsgley.
« Oh, oui, oui... alors de nouvelles pistes ? » demande Albus, comme si ces pistes justifiaient que nous soyons à quatre pattes par terre à son entrée.
Nymphadora me regarde, je ferme les yeux pour confirmer, et elle annonce :
« Remus a...reconnu une petite fille portée disparue depuis plus d'un an... Elle aurait été mordue et vivrait dans un des camps de Greyback... »
« Vraiment ? » Albus me regarde maintenant. Tout son corps respire le sérieux, et je comprends qu'auparavant il se moquait gentiment de nous en jouant les indifférents.
« Oui... elle ne parle pas... » je réponds ça, un peu au hasard parce que je ne sais pas ce que Albus attend de moi.
« Vous avez déjà évoqué ces enfants », commente Albus, pensif, « ils sont nombreux ? »
« Ursul... la petite Thelma vit avec un petit groupe d'orphelins... la majorité sont des enfants de garous... trois ont été mordus... elle et deux autres... »
« Ils vivent seuls ? » s'intéresse Nymphadora.
« Non... une femme s'occupe d'eux », je réponds sans la regarder. Je sais pourtant qu'elle a la réponse à sa question silencieuse parce que, insensiblement, elle s'assombrit. Nymphadora me semble soudain si lointaine que ça en est angoissant. Il n'y a que quelques minutes, je la tenais dans mes bras, je partageais sa chaleur, et le manque est incommensurable. Pour remplir le silence j'ajoute : « j'ai commencé à leur apprendre à lire ». Je me rends compte un peu tard que c'est sans doute la confirmation qui manquait.
Albus a une infinie douceur dans le regard quand il me répond.
« Une très belle chose, Remus. »
Son approbation me fait un presque rougir. Je sais qu'il connaît mon désir de transmission, d'amélioration, de réforme du monde. Mon âme de professeur...
« Nous allons essayer de mesurer si les parents sont prêts à...accepter la situation », termine alors Kingsley, en se tournant vers Nymphadora comme pour l'inviter à compléter. Elle semble se forcer pour dire :
« Je vais m'en occuper personnellement ».
« Bien », approuve Albus, mais ses yeux sont sur moi : « Et vous Remus, vous aviez des choses à nous apprendre ? »
« Oui », je confirme de la tête. « ça bouge... Je veux dire, on commence à parler d'attaques, non plus comme un fantasme... Des membres du commando Lycaon recrute dans les camps... et ne font pas mystère que les attaques auront lieu bientôt. »
Finalement, parler de ça est moins difficile que d'affronter ma conscience qui murmure que je viens de briser toutes mes promesses à moi-même, que je viens de trahir en quelques minutes deux fois la confiance de Nymphadora : d'abord en étant trop faible face à ses avances et, ensuite, en lui laissant croire que je protège Lyall – que cette dernière est plus importante pour moi. Ma capacité de nuisance me semble incommensurable. Il me semble que je devrais fuir, loin, très loin, ne serait-ce que pour lui donner l'occasion de m'oublier !
« Où ? » m'interroge Kingsley, pris par l'information. Je me force à me concentrer pour répondre :
« J'ai cherché à savoir. Je ne crois pas que ce soit totalement fixé. Ils avaient envie de quelque chose d'emblématique, mais ils...craignent de trop grosses pertes... les familles connues mais isolées sont sans doute les cibles les plus... probables. »
Albus se tourne cette fois vers Kingsley.
« Comment pourrions-nous essayer de faire passer l'information à la Division ? »
« Je sais », intervient Tonks.
Et sa voix, que l'excitation rend plus jeune, me saisit aux tripes. Qu'elle m'oublie me semble de nouveau souhaitable : son avenir est tellement tracé; elle est une Auror, jeune encore, mais promise à un avenir important. Elle appartient avant tout à la magie blanche et une créature comme moi n'a rien à faire avec elle. Mais moi, comment ferai-je pour l'oublier ? demande alors mon coeur, qui cogne contre ma poitrine comme pour protester contre le cours de mes pensées.
« On pourrait « ajouter » ça dans... la déposition de... du garou de l'autre jour, celui qui est mort pendant son transfert à Sainte Mangouste... »
Elle a rougi en disant ça, comme si elle craignait l'effet de cette bribe d'information sur moi.
« Un membre du commando ? » je demande avec toute la fermeté et la distance que je peux faire mine d'avoir. Mais les membres du commando Lycaon arrivent très bas dans ma miséricorde. Ce n'est pas très difficile.
« Il le prétendait. Il a essayé de braquer un magasin sur le chemin de Traverse... en prenant le gosse des marchands en otage... Le père s'est courageusement défendu et les voisins nous ont appelé à temps... », explique Nymphadora et, pour la première fois, nous nous regardons. Ses paroles sont terribles, et pourtant je suis heureux.
« C'est faisable », commente Kingsley laconique.
Il me semble de nouveau lire le soupçon dans ses yeux – à moins que je tienne particulièrement à me trouver un juge extérieur... parce que je sens bien que je ne suis pas autant capable de me condamner que je le devrais.
« Alors, essayons », l'encourage Albus avant de se retourner vers moi. Rien dans son regard ou sa voix ne semble indiquer qu'il soupçonne quoi que ce soit. Mais il serait présomptueux de penser ainsi connaître les pensées de Dumbledore. « Et vous, Remus, ne vous mettez pas inconsidérément en danger », il ajoute.
« Je reste prudemment dans l'ombre de Lowell », je réponds.
Nymphadora a un regard particulier sur moi, comme si elle essayait de jauger le danger que je cours. J'essaie de me dire que c'est présomptueux de ma part de penser ça. Ça ne marche pas.
Je me tourne résolument vers Dumbledore pour expliquer : « Ce qui ne m'ouvre pas toutes les portes du commando Lycaon mais, bon, Lowell est bien informé malgré tout... » Comme ses yeux m'intimident, comme s'ils lisaient au travers de toutes mes minces carapaces, je baisse les miens et suis saisi. « Mais, Albus, votre main ! »
« Ma main », répète ce dernier en la levant devant lui. Elle est atrocement brûlée, comme si la chair était rentrée dans les os. Ça pue la magie noire. « Qu'est-ce qu'une main ? » il demande.
On doit faire tous les trois le même geste de protestation parce qu'il reprend :
« Severus ne renonce pas à réussir à la soigner, et ce n'est qu'un petit sacrifice au grand espoir qui nous mobilise tous. »
Est-ce la mention de Severus, est-ce l'idée du sacrifice, celle de l'espoir qui nous rend si totalement muets ? C'est Albus, qui a reposé sa main sur la table, un peu comme si elle ne lui appartenait pas, comme si elle ne faisait pas partie de lui, qui reprend :
« Je vais aller chercher Harry », annonce-t-il, comme si les deux informations avaient le moindre rapport.
« Déjà », s'étonne Kingsley à notre place.
« Je ne pense pas qu'il partage votre sentiment sur la question », rit doucement Albus.
Tonks acquiesce.
« Il a l'air de se morfondre là-bas, ses Moldus n'ont pas l'air de trop l'embêter trop mais lui, il a l'air de... » - elle a un geste impuissant et désolé.
Intimement, je compte les semaines qui se sont écoulées depuis le retour de Poudlard de Harry, depuis ces minutes trop brèves où je lui ai serré la main et essayé de lui sourire sur un quai de gare. Je ne lui ai toujours pas écrit. Et je ne suis pas sûr que mes excuses sécuritaires suffisent à mes propres yeux. Je pourrais aller le voir – ça ne serait pas si dangereux que ça et essayer de partager son chagrin, d'alléger le poids sur ses épaules... Je joue avec l'idée.
« Je vais l'emmener au Terrier », annonce encore Albus.
« Est-ce que... Scrimgeour va vouloir... le voir », objecte Kinsgley. « Est-ce que le Terrier est le plus discret ? »
Mon esprit revient sur ce changement ministériel et, pour la première fois depuis longtemps, je veux croire en la politique sorcière. Parce que notre communauté ait voulu changé me paraît toujours incroyable ! Parce que franchement, sans surestimer ce que peut faire un Ministre de la Magie face à Voldemort, faire mieux que Fudge ne paraît pas un bien grand défi. Et puis, Scrimgeour est un ancien Auror, il ne devrait pas avoir cette peur maladive du conflit qui paralyse la communauté magique depuis près de six ans maintenant.
« Il en a déjà exprimé le souhait », répond sobrement Dumbledore, mais ses sourcils sont froncés.
Je surprends le regard que Nymphadora et Kingsley échangent et je sais qu'ils pensent comme moi.
« Ce que dit la Gazette... », commence finalement Nymphadora, assez timidement.
Albus sourit.
« La Gazette ne peut pas toujours avoir tort. »
Kinsgley jure tout bas, avant de commenter plus haut :
« J'aurais cru que lui, plus que tout autre, mesure qu'on a besoin de plus que de bonnes paroles ! »
La confiance systématique des Aurors pour les leurs m'a toujours sidéré. Comme s'ils ignoraient volontairement que ce sont des hommes comme les autres ; des hommes de bien, sans doute, mais des hommes, avec leurs appétits de pouvoir, leurs compromissions, leurs doutes et leurs erreurs, comme tous les autres hommes. Il me semble même que, investis comme ils sont de la confiance des sorciers, ils en oublient de douter d'eux-mêmes. La désillusion peut être d'autant plus terrible. Prenez Sirius, est-ce que ses pairs Aurors ont été plus ouverts à ses explications ?
« Il est possible qu'il exige des choses qui soient inenvisageables », répond énigmatiquement Dumbledore, mais aucun de nous trois n'est capable de le presser d'avantage. Moi, qui manque d'informations, plus que tout autre. Mais peut-être que notre silence suffit.
« Il faudrait qu'il change de perspectives », il explique, finalement. « Ce n'est pas Harry qui doit soutenir le Ministère, mais le Ministère qui doit reconnaître que Harry est le champion, bien malgré lui, du monde magique... Un champion dont il faudrait armer le bras. »
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Vert qui a
relu la dernière version de ce chapitre vous conseille du chocolat à fort
pourcentage de cacao après la lecture –
Juste pour dire que
je suis consciente de la violence latente... - C'est la guerre -... Mais
il y a aussi des fils de lumière et j'espère que Remus
saura les voir...
La suite s'appelle La puissance du martyr et interroge les limites d'une certaine lycanthropie...
