Disclaimer : Naruto et co appartiennent à M. Kishimoto. On ne se fait pas de sous-sous sur cette histoire hein :D (Enfin l'idée d'utiliser la nature c'est la notre hihi (Cf Chapitre 409 de Shippuuden))

Et oui nous revoilà !! Désolé pour cette longue attente mais avec les vacances, la Japan Expo, les parc d'attractions et les problèmes de connections internet, ce chapitre nous a donné du mal.

Comme d'habitude maintenant réponse aux reviews anonymes en fin de chapitre, les autres reviewers auront leurs réponses par message écrits par ma collègue !

En vous souhaitant bonne lecture !

Envert & EvilSpartan


Une Plaie – Chapitre 10

Naruto errait, tel un loup solitaire, dans les rues de Konoha. Il avait laissé Hinata seule après que son cousin ait quitté la pièce. Il aurait bien aimé rester avec elle mais l'annonce de son combat avec Hanabi l'avait vraiment perturbée.

« NARUTO-KUN !! JE T'AI CHERCHE PARTOUT !! »

Le cri l'avait soudainement sorti de ses pensées. Il se retourna et sentit le chakra de Shizune se diriger rapidement vers lui.

« Que se passe-t-il Shizune-nee-chan ?

- L'Hokage veut te voir tout de suite dans son bureau. C'est à propos de l'examen des chuunins.

- Konohamaru et Hanabi seront là ?

- Ils sont déjà là-bas, ils t'attendent !

- Ok ! Merci de m'avoir prévenu ! J'y vais de ce pas. »

A peine eut-il fini sa phrase qu'il partit à grandes enjambées vers le bureau de Tsunade, un instant heureux de devenir enfin chuunin. Naruto était tellement joyeux qu'il en oublia la notion du temps et que le trajet qu'au bureau de l'Hokage lui parut étrangement court.

Une fois devant la porte, il frappa puis entra sans attendre de réponse. Tous avaient un air grave sauf Hanabi qui arborait fièrement un sourire en coin.

« Ohayoo Minna ! »

Mais étrangement pour toute réponse, il n'eut qu'un geste de la tête de Konohamaru et Tsunade alors qu'Hanabi feignait de l'ignorer.

« Qu'est-ce qui se passe ici ?

- Naruto-kun, dit calmement Tsunade, tu as brillamment, ainsi que ton équipe, passé toutes les épreuves de l'examen de sélection des chuunins...cependant... »

Le visage de Naruto s'assombrit.

« Cependant quoi Hokage-sama ? » demanda-t-il sèchement, un brin cynique.

- Et bien...pff...Contrairement à Hanabi et Konohamaru tu ne passeras pas chuunin... »

A cette annonce, le visage de Konohamaru se ferma, tandis que le sourire d'Hanabi ne faisait que s'agrandir. Naruto sentait la colère monter en lui. Même après ses trois années, il était toujours un paria pour Konoha. Ses poings se serrèrent avec force.

« POURQUOI ? C'EST INJUSTE ! IL L'A MERITE AUTANT QUE NOUS! Cria un Konohamaru fou de rage

- TAIS-TOI INSOLENT ! Répliqua sèchement Hanabi. Le titre de chuunin a toujours été donné à un ninja méritant... Pas un monstre ! Finit-elle en regardant fixement Naruto. »

Tsunade entra dans une brusque colère noire. Elle se leva en claquant fortement des mains sur son bureau.

« HANABI !! hurla Tsunade, RETIRE IMM...

- CA SUFFIT !! coupa Naruto. Au moins, elle a le courage de dire tout haut ce que tout monde pense tout bas ! »

Naruto surprit complètement Tsunade et Konohamaru. Pourtant les joues d'Hanabi rougirent encore plus, sans doute perdue entre gêne et colère. Le silence régnait dans le bureau de l'Hokage et tous, Naruto mis-à-part, fixaient le sol. Le blond ne bougeait pas, la tête haute, poings fermés sur les hanches.

« Je n'aurai jamais dû revenir dans ce maudit village... » dit-il entre les dents. Il tourna les talons et prit la direction de la porte.

« Attends Naruto-kun ! Tu ne peux pas quitter le village ! Cria Tsuande

- Et pourquoi ça ?

- ... Etant donné ta situation... Le Conseil a décidé de te garder ici... pour utiliser ta force pendant la guerre qui s'annonce... »

Naruto s'arrêta. Sans se retourner, il demanda :

« Ils veulent m'utiliser comme rat de laboratoire ?

- ...

- Je m'en doutais... Et je parie que c'est Hiashi Hyuuga qui a suggéré cette idée ! »

Tsunade ne répondit pas, Hanabi fut étonné d'entendre le nom de son père dans cette conversation. Sans rien dire, il continua vers la porte et l'ouvrit.

« Arrête Naruto-kun ! Si tu essaies de partir de Konoha, je serai obligée d'envoyer les Anbus à tes trousses !

- Essayez, Hokage-sama, mais tout ce que vous récolterez ce seront des ninjas morts. »

Et il sortit en claquant la porte. Tsunade eut un pincement au coeur car elle savait qu'il ne lui pardonnerait pas... Tout simplement parce qu'il ne l'avait pas appelée Obaa-chan...


Naruto sortit de la Tour du Hokage avec une mine sombre. Tous ces espoirs de devenir Hokage s'étaient envolés. Tout le village le rejetait. Il décida, pour se calmer, de monter tout en haut du mont des Hokages pour réfléchir.

Une fois en haut, il sentit que quelque chose n'était pas normal. Soudain, il perçut faiblement deux chakras extrêmement puissants non loin de lui tentant de se dissimuler.

« Montrez-vous ! Inutiles de vous cacher ! Je sais que vous êtes là.»

Il entendit deux rires s'approcher doucement de lui.

« Pas mal ce gamin !

- En effet, Kisame, il a les sens bien plus développés que ceux de mon stupide petit frère... »


Depuis cinq minutes qui lui parurent interminables, Hinata faisait tourner sa cheville, dix tours vers la droite, dix tours vers la gauche, pendant que Lee s'époumonait à convaincre Neji d'entraîner Hinata. Avec de grands gestes des bras, Lee expliquait la noble cause que ce serait là. Neji comprenait-il comment sa grande d'âme en serait encore grandie ? Comprenait-il que l'aide faisait partie d'une belle jeunesse épanouie ? Et la jeunesse de Konoha n'était pas la plus belle ? Assise à côté d'Hinata sur le lit d'hôpital, Ten-Ten riait, hilare, aux futilités débitées par son camarade.

« Alors qu'il a décidé depuis longtemps de t'aider … » murmura-t-elle à l'oreille de la Hyuuga. « Il veut juste ennuyer Lee. »

Le cirque de Lee prit fin lorsqu'un médic-nin entra dans la pièce, le sourcil gauche levé en désapprobation face au vacarme perpétré par le ninja en vert. Le médecin soupira avec dédain et fit sortir les trois jeunes gens, malgré les protestations bruyantes de Lee. Ten-Ten finit par le décocher un coup de pied au bruyant jeune homme, qui l'évita sans mal et qui se décida à partir, faisant à Hinata de grands signes de mains en guise d'au revoir.

Neji sortit en dernier et dit, en passant la porte, d'une voix égale : « Demain, si le médecin te le permet, à 7h30 sur le terrain derrière l'école. » Le médecin remit en place de son index les lunettes sur le bout de son nez et fit signe de l'autre main à Neji de partir.

« Ne prenez-vous donc jamais de repos, Hinata-sama ?

- Jamais. Même pas quand je dors. Que viens-tu faire ici ?

- Je suis venu prendre ta tension, Hinata-sama ! Quoi d'autre ? »

Le dit-médecin enleva la blouse blanche qu'il portait. Vêtu d'un pantalon kaki et d'un t-shirt mauve fluo. Il ouvrit la fenêtre et s'assit sur le bord de celle-ci, face à Hinata. Il fouilla dans la poche de son pantalon à la recherche du paquet de cigarettes et du briquet qui ne lui faisaient jamais défauts. Hinata le regardait d'un air agacé quand il les trouva enfin.

« Tu as toujours un goût aussi pourri, question fringues.

- Ah ? Tu trouves ? » lui répondit-il, s'amusant à faire des ronds de fumée.

« Oui. Bon, qu'est ce que tu veux, Ansset ? » La voix d'Hinata était plus agacée.

« Ah oui. Donc, je suis venu te voir, Hinata-sama.

- J'avais remarqué, merci. Mais encore ?

- Ah oui. » répéta-t-il en réajustant ses lunettes. Il cligna nerveusement et passa une main dans ses cheveux roux, coupés très courts. « Hé bien, je viens de la part de notre ami commun. Il aimerait savoir comment tu te portes et ...

- Et si je vous rejoins ? Parce que tu vas faire partie du 'groupe', si je comprends bien ?

- Non, à vrai dire, j'en fais dors et déjà partie. Il nous manque deux réponses à nos invitations.

- C'est qui le deuxième ? »

Ansset se terra dans le silence, montrant à Hinata son plus joli sourire d'excuse.

« Ah quel chien. » pesta la jeune fille.

« Moi ou lui ?

- Toi ! Lui ! Les deux !

- Ah oui. » Il hocha de la tête, visiblement d'accord, et écrasa la cigarette qu'il jeta ensuite par la fenêtre. « Hé bien, j'ai transmis le message, je peux donc m'en aller.

- Attends ! Quel message, Ansset ?

- Hé bien qu'il désire savoir si tu nous rejoins dans notre combat contre le Mal, avec un grand M.

- M comme merde oui.

- Ou comme Malade.

- Ou comme Macération.

- Macération ? Ah oui ! » Et tous deux se mirent à rire comme des enfants. « Ca faisait longtemps. Alors, Hinata-sama, tu fais quoi ?

- J'en sais trop rien. Je me bats contre Hanabi dans deux semaines.

- Tu comptes gagner ?

- Non.

- Evidemment. Tu vas faire quoi alors ?

- Il y a … Il y a bien …

- Le blond c'est ça ? »

Hinata sursauta sur le lit d'hôpital mais ne put qu'acquiescer.

« Ah oui. Je comprends. Tu sais où nous trouver, hein. On part dans un mois et deux jours, jour pour jour. Nous partirons à minuit une. » dit-il en souriant. « On sera à la cabane. Allez, au revoir, Hinata-sama. » Et il sauta par la fenêtre sur le toit de la maison d'en face et partit sans se retourner.

Hinata regarda son ombre s'éloigner et les maudit tous de venir lui compliquer autant la vie.


Naruto fixait les deux membres de l'Akatsuki qui avaient essayé de l'enlever quelques années plus tôt. Bien que leur costumes soient les mêmes, il sentait quelque chose de différent.

« Tu peux enlever ton bandeau, Naruto-kun. Nous savons ce qu'il cache.

- En êtes-vous bien sûr ? Dit Naruto en souriant

- Ne te la raconte pas trop gamin. Montre-nous tes yeux de dragon. »

Naruto ne sut cacher sa surprise.

« Comment...

- Comment savons-nous cela ? Coupa Itachi. Je vais te dévoiler une partie de la réponse mais pour cela tu va devoir enlever ton bandeau.»

Itachi enleva son chapeau. Naruto, toujours aussi curieux, enleva à son tour son bandeau et regarda Itachi.

Lorsqu'il découvrit les yeux d'Itachi, il remarqua aussitôt que son sharingan n'était plus rouge mais doré avec toujours ses trois virgules. Kisame enleva à son tour son chapeau et Naruto découvrit que la peau de Kisame, bien que ressemblant à s'y méprendre à de la peau de requin, brillait d'un bleu encore plus vif aux reflets étincelants.

Naruto n'en croyait pas ses yeux.

« Impossible...

- Et pourtant, c'est bien réel Naruto-kun, dit calmement Itachi. Mais contrairement à toi, nous n'avons pas fusionné notre chakra avec le Mana. Il nous a seulement accordé sa protection.

- Il ?

- Le grand Esprit du Mana, gamin, répondit Kisame.

- Le grand Esprit du Mana ? Arrêtez de vous foutre de moi ! Le Grand Esprit ne protègerai jamais des individus comme vous !!

- Le fait est, Naruto-kun, que toutes nos actions avaient pour unique but de protéger le Mana. Au départ, nous avions pensé que réunir tout les Bijuus et de concentrer leurs forces vers le grand Esprit aurait suffit à la Nature pour se défendre. Mais nous étions mal informés, du moins, jusqu'à ce qu'Il nous parle...

- Vous voulez dire que Le Grand Esprit vous a parlé ?

- En effet, Il nous a dit qu'Il comprenait nos actions mais que notre méconnaissance du Mana nous avaient conduit à commettre pas mal d'erreurs. Néanmoins, L'Esprit nous a révélé l'existence un être possédant les aptitudes des deux camps. Il nous a dit de chercher un Dragon. Et après quelques recherches, nous l'avons trouvé.

- Et que comptez-vous faire ? Essayer de me kidnapper comme la dernière fois ? »

Kisame rit aux éclats.

« Dis pas de bêtises, gamin. On ne veut pas t'amener de force. On veut que tu nous rejoignes.

- Pardon ??

- Kisame dit vrai. Nous voudrions que tu deviennes notre allié. Que tu nous aide à défendre la Nature. Après tout, elle ne t'a pas rejeté elle, contrairement à ce village... »

Naruto baissa la tête, puis la tourna pour contempler Konoha. Ce village pour qui il aurait risqué sa vie et qui le traitait toujours comme un monstre. Le soleil était déjà haut dans le ciel et le village était en ébullition. Mais quelque chose attira son regard. Quelqu'un, avec un goût vestimentaire assez spécial pensa-t-il, venait de s'éclipser de l'hôpital. Et plus précisément de la chambre d'Hinata...

« Il semblerait que mon stupide petit frère lui mette la pression... »

Cette phrase interpella Naruto.

« Quoi ?? Mais qu'est-ce que Sasuke vient faire là-dedans ??

- Tout t'expliquer maintenant serait beaucoup trop long et on risquerait de se faire repérer...

- Mets-moi quand même sur une piste !

- Bon en quelques mots, Sasuke a eu connaissance de nos projets et il monte un groupe pour nous contrer.

- C'est pas vrai... »

Naruto pesta et baissa la tête. Puis un éclair lui traversa l'esprit.

« Mais Hinata dans tout ca ?? Il veut qu'elle le rejoigne ??

- C'est cela.

- Elle ne le fera pas ! J'en suis certain ?

- Tu le crois vraiment, gamin ? Je crois que tu n'es pas au courant ...

- Au courant de quoi ?

- Disons que mon stupide petit frère a une « relation spéciale » avec la jeune Hyuga.

- Explique-toi !!

- Nous n'avons plus le temps... Pourquoi ne lui demanderais tu pas ce qui se passe entre elle et Sasuke ?

- ...

- Bien, nous reviendrons te voir dans quelques temps réfléchis bien à notre proposition... »

Avant qu'il ne puisse leur demander encore des explications, ils disparurent dans un flash de lumière. Naruto resta sans bouger un moment. Puis doucement, il prit son bandeau. Le plaça sur ses yeux, et s'assit au bord du mont des Hokages. Il réfléchit à tout ce que les deux membres de l'akatsuki lui avaient révélé. Mais la nouvelle qui l'avait le plus retourné c'était le fait qu'Hinata et Sasuke avait une « relation spéciale »... que voulait-il dire par là... Il repensa à toutes les conversations qu'il avait eu avec Hinata et tout à coup une conversation lui revint à l'esprit... celle qu'ils avaient eu à Suna...

« J-je … je t'en prie. Il faut q-que t-tu so-sort-t-es.

- Quoi ? Mais Hi-

- So-sors, je t'en su-supplie. Faut que ça s'arrête. C'était qu'un amour de gosses. J-je peux p-pas.

- Dis pas ça Hinata. On va trouver un m-moyen.

- JE NE PEUX PAS. » Hurla-t-elle, avant de sécher ses larmes avec le revers de sa main. « Sors d'ici.

- Putain. Je te comprends pas. Un moment c'est blanc. L'autre c'est noir. Je te comprends pas.

- J'ai pas envie que tu me comprennes. Je veux que tu sortes.

- Bordel. Dis ce qu'il y a. Crève l'abcès.

- Je suis fiancée. Voilà ce qu'il y a.

- Et Kiba il le sait ? » rit Naruto. Ca ne pouvait être que Kiba après tout …

« … » Il la vit, les yeux qui s'embuaient de plus en plus.

« Bordel. Non. C'est pas Kiba ?? Tu rigoles ? Tu te fous de moi ? C'est ça ? C'est qui Hinata ? Qui c'est ? »

« C'est pas tes affaires. Maintenant dégage. Sors. Disparais. »

Tout à coup, toutes les pièces du puzzle s'imbriquaient... Il n'en revenait pas...

Je n'y crois pas !! Hinata serait fiancée à Sasuke ?? Il faut que j'en ai le coeur net !!

Il se releva d'un bond et se dirigea rapidement vers l'hôpital afin de demander des explications à la jeune Hyuga...

Arrivé devant sa fenêtre, il la vit endormie. Paisiblement, sans qu'aucun trouble ne puisse la faire sortir des bras de Morphée. Devant cette image, il ne put se résoudre à la réveiller juste pour satisfaire sa curiosité, et il disparut dans les rues agitées de Konoha...


En deux semaines, Hinata n'avait pas mis un orteil chez elle. Depuis sa sortie de l'hôpital, elle « squattait » chez Lee. Neji avait fini par accepter de prendre au passage quelques affaires, le minimum vital en somme, de sa cousine. Les deux jeunes hommes avaient entraîné Hinata depuis et régulièrement Ten-Ten leur avait prêté main forte. Neji à ses côtés, elle franchit le portail de son ancienne maison, le cœur lourd.

La maison lui parut plus sombre pourtant elle entendait encore les cris de ses amis et professeurs venus l'encourager au pas de sa demeure. Kurenai lui avait tendrement, tristement pressé l'épaule tandis que Shino la prenait dans ses bras un bref moment, avant de la relâcher, le feu aux joues. Lee avait éclaté de rire avant de l'étreindre à son tour suivi par Ten-Ten et Sakura. Choji et Shikamaru lui avaient donné une grande tape dans le dos. Malgré elle, Hinata chercha Kiba des yeux, en vain. Elle avait espéré voir Naruto mais il semblait la fuir. Il était bien venu la voir lors d'un des entraînements matinaux mais il l'avait juste longuement regardé, car même par dessous son bandeau, son regard la transperçait. Elle avait marché vers lui, boitillant un peu mais il était parti, lui accordant juste un bonjour de la main. Là, encore, il n'était pas venu et il lui manquait terriblement. Comme s'il lisait ses pensées, Neji lui prit la main alors qu'ils entraient dans la maison proprement dite ; à moins que lui aussi n'ait pris peur. En effet, qui pouvait savoir les sorts réservés à ceux de la Branche secondaire si Hanabi reprenait le flambeau de son père. Main dans la main, comme deux enfants perdus, ils parcoururent la maison et puis descendirent au sous-sol, pièce rare à Konoha. Aucun de deux ne s'y était rendu. La pièce était exclusivement réservée aux Luttes de Pouvoir. Seuls les gens de la Branche principale y avaient accès mais lors des Luttes, les Personnes Miroirs des Combattants au Pouvoir y avaient ordre de s'y rendre. Hinata commença à trembler en franchissant le pas de la porte. La pièce était basse, à peine deux mètres de hauteur. Aucune entrée de lumière ne l'éclairait. Quelques flambeaux accrochés au mur répandaient leur lueur. Le sol de la pièce était … bizarre aux yeux d'Hinata. Un carré d'environ six mètres carré se trouvait au centre et au même niveau que la porte, tandis qu'autour de ce carré le sol était plus bas d'une quarantaine de centimètres. Là, en face de la porte, se trouvait le père d'Hinata, debout et à ses côtés le Conseil familial. Hanabi se tenait déjà sur le tatami central, le menton haut et fière défiant sa sœur aînée. Hinata déglutit difficilement alors que Neji la quittait pour prendre sa place sur le côté gauche de la pièce.

La sœur ainée des Hyuuga sauta sans difficulté depuis la porte jusqu'au tatami. Le sourire carnassier de sa cadette la dérangeait. Elle savait pourtant que le rôle de chef de clan n'était pas pour elle. Elle préférait agir dans l'ombre des gens et ce depuis toute petite. Pourtant l'air supérieur peint sur le visage d'Hanabi la faisait douter.

« Peu importe… ce n'est pour elle … » murmura Hinata, les yeux embués face à la froideur de tout un clan, Neji mis-à-part.

Hanabi n'attendit pas le coup d'envoi et attaqua, impatiente d'en finir. Hinata soupira et évita sans mal sa sœur. L'entraînement de Lee était plus qu'efficace, certes un peu bourrin mais efficace. Hanabi, pourtant bien en appuis sur ses jambes, avait beau frapper, paumes en avant ; aucun de ses coups ne portait… Du moins, pas comme elle le voulait. Elle touchait à chaque fois mais ses coups semblaient glisser sur le corps de sa sœur.

Malgré lui, Neji ne put s'empêcher de sourire. En deux semaines, Hinata sut assimiler ce qu'il avait appris en plus d'un mois. Mais après tout, c'est qu'il était un bon professeur. Sans effort apparent, Hinata bougeait de deux millimètres à peine, encaissant le coup sans en prendre les effets et la douleur. Entre Hanabi et Hinata, Neji aurait préféré Hinata … il serait mieux traité en tant que Miroir du chef et bien plus près du centre de décisions des clans. Mais il ne pouvait forcer sa cousine à se battre réellement. Il avait seulement pu lui apprendre à moins souffrir physiquement …

Hinata ne savait comment faire. Comment perdre face à sa sœur sans lui faire perdre la face ? Sans fausse modestie, avec ses nouveaux yeux, la force d'Hinata avait décuplé. L'or de ses yeux percevait la moindre concentration de chakra et, dans l'obscurité pesante, ils ne souffraient nullement. Sans effort, ils suivaient les mains d'Hanabi frapper et frapper mais sans jamais réellement toucher car à chaque fois, le corps d'Hinata changeait subtilement de position afin que ses points de chakra évite le coup. La jeune femme comptait simplement déclarer forfait après un moment, après avoir reçu suffisamment d'attaques.


Hanabi devenait folle de rage. Elle n'était pas bête mais elle finirait par devenir bestiale. Elle ne comprenait pas pourquoi aucun de ses coups de poings ne portait. Peut-être les pieds ? Elle s'appuya fermement sur sa jambe gauche et envoya fouetter son pied droit dans la figure de sa sœur … qui l'évita totalement. Hanabi perçut Neji sourire dans les rangées « spectateur ». Elle lui ferait ravaler son sourire une fois chef du clan. Elle exercerait son contrôle mental sur tous ses sourires moqueurs. Alterner coup de poing, coup de pied. Mais pourquoi bon dieu, son flux de chakra ne se bloquait pas ? Pourquoi elle transpirait à peine ? Fallait-il qu'elle sorte le grand jeu pour une telle faible personne ?

« - Hakke Rokujyuyonshô !

- Hakke Shô Kaiten ! » Le chakra d'Hinata explosa hors de son corps et le tourbillon emporta sa sœur contre la porte coulissante qui claqua sous le choc.

« - Salope. Depuis quand ?

- J'ai un bon professeur.

- Moi j'ai Père comme professeur. » grogna-t-elle victorieusement, glissant pitoyablement du mur et remontant sur cette sorte de 'ring'.

« - On peut voir les résultats.

- Tu ne sais même pas attaquer. Pas un seul coup. »

Hinata ne prit même pas la peine de répondre et la rage d'Hanabi devînt incontrôlable. Depuis sa naissance, elle avait été élevée dans ce sens et, sous aucun prétexte, on ne la marquerait d'une croix au front. Jamais. Sa sœur était déjà moche et balafrée, qu'on continue donc !

« Si tu savais … je vais te faire bouffer tes yeux. »

Jamais, elle ne deviendrait l'esclave de quelqu'un.

« Les arracher de mes mains. »

Quitte à blesser.

« Je me tatouerai avec ton sang. »

Quitte à tuer.

« Et jamais… »

Sa propre sœur.

« Non jamais … Je ne serai pas maudite. »

Et les doigts d'Hanabi se firent crochues, les genoux fléchis, son poids en parfait équilibre entre les deux jambes, sa main gauche tendue à hauteur de poitrine et la droite près de sa joue droite. Elle ne jouait plus.


Neji fut le premier à comprendre ce qu'Hanabi allait faire. En tous cas, il fut le premier à réagir. Il se leva, marcha sur les pieds des Hyuuga assis autour du ring et bondit sur Hiashi.

« Vous devez l'arrêter. Elle va la … »

Mais le chef du clan des Hiashi le repoussa d'une main, sans la moindre hésitation.

« Va-t-en Neji. »

Pas un instant, il hésita. Même s'il savait le sort réservé… il sauta sur le tatami pour tuer Hanabi avant qu'il ne soit trop tard.


Hinata ne comprit pas de suite la douleur qui s'insinua dans son front. Pour la première fois, elle ressentit une vive intention de mort … mais contrairement à l'examen de passage des chuunins, il n'était pas dirigé contre elle. Elle se retourna vers son père et vit Neji bondissant, encore en plein air, vers elles. Sans réfléchir, elle exerça son contrôle mental et Neji tomba raide s'éclatant le menton contre le tatami avant de tomber sur les genoux de Hiashi. Ce dernier le repoussa d'un air dégouté plus loin. Après tout, que pouvait-elle faire ? Si elle ne l'avait pas arrêté, il aurait été pendu haut et court pour avoir attaquer une héritière. Mais la jeune femme n'eut pas le temps de gamberger car sa sœur l'attaquait de ses doigts crochus.

Les iris dorées virent avec effroi les pensées de sa sœur : la seule attaque interdite mise au point par les Hyuuga et interdite tout aussitôt pour ce clan… l'Hirike. Prise de peur, de colère, de dénis, Hinata ne fit que reculer face à Hanabi qui elle courait, parcourant les quelques mètres qui les séparaient. Hanabi s'arrêta en face de son aînée, qui restait bouchée bée, tétanisée par la réalité sanglante. Un rictus de haine se peignit sur le visage de la plus jeune tandis que d'un coup de talon, elle brisait la cheville de sa sœur. Hinata gémit de douleur tandis que sa sœur la rouait de coups. Elle sentit deux de ses côtes se briser tandis que les doigts de sa sœur lui coupaient son flux de chakra. Ses forces s'échappaient par chaque pore de la peau, glissant sur cette sueur froide qui la trempait aussi bien dans sa chair que dans ses os. Elle se sentait partir, molle et lâche. Parce que depuis le début elle avait joué avec sa sœur, cette dernière allait maintenant jouer avec sa vie. Elle n'aurait pas à assister aux guerres imminentes et aux morts certaines de beaucoup de ses compagnons d'infortunes. Ino ne fut que la première d'une longue liste.

Un goût amer lui vînt en bouche quand Hanabi envoya son pied dans la bouche. Sous le choc, ses lèvres, déjà tuméfiées, se lacèrent… Et Hinata reprit enfin ses esprits.

« Assez ! Hakke Shô Kaiten ! » hurla-t-elle d'une voix rauque. Hanabi ne se laissa plus prendre une deuxième fois et recula d'un saut incertain. Malgré sa cheville désormais brisée, Hinata se leva d'un bon et sauta sur sa sœur, indifférente aux techniques utilisées. Au diable le Jyuuken requis, sa sœur avait voulu la « hirikeser » et le souhaitait encore. La mémoire de son corps n'avait rien oubliée des leçons de Lee et de Neji, tous les mouvements se faisaient naturellement, prêts à tuer, eux aussi. Mais le saut d'Hinata ne s'arrêta pas près de sa sœur. D'un coup de rein, son corps s'éleva dans l'air au dessus de la tête de la cadette. Ses pieds piétinèrent sans remord le front d'Hanabi et y prirent appuis pour se rattraper enfin sur le mur d'en face. Se tenant fièrement perpendiculaire au mur, bien que sur un seul pied, elle se saisit du flambeau tandis que les membres du clan assistèrent médusés à la rencontre qui prenait de plus en plus des allures fratricides. Hinata aperçut Neji s'éveiller, massant douloureusement son menton.

Indignée de voir la victoire lui échapper, Hanabi protesta vivement :

« Elle doit être éliminée ! Elle s'est saisi d'une arme !

- Tu te vois quand tu parles ? Tu as tenté d'utiliser l'Hirike ! »

Hiashi restait muet, ses yeux sans pupille contemplant ses deux filles. La colère s'y lisait clairement et Hinata comprit qu'elle fut une grande naïve. Si la dispute avait été organisée à ce moment précis, c'est parce qu'elle était blessée… et donc plus facile à battre. Le match avait été programmé… Comment ne l'avait-elle pas remarqué plus tôt ? Jamais, sa famille ne lui avait laissé une réelle chance de grandir en force et tenter sa chance pour la plus haute place dans la famille Hyuuga. Elle n'était pas désirée ici ? Alors ils verraient …

Flambeau à la main droite, elle rejoignit d'un grand saut le tatami de combat. Elle se mit tout son poids sur la jambe gauche, la droite la faisant souffrir atrocement. Elle devait cependant oublier la douleur car sa sœur, elle, ne l'oubliait pas. Hanabi rugit de rage, de colère et de désir de pouvoir. Mais sur un seul pied, Hinata savait qu'elle restait plus faible. Hanabi quasi arrivée sur elle, Hinata feinta de tomber. Hanabi désarçonnée pensa que sa sœur avait succombée à la douleur. La plus jeune des Hyuuga ne sut s'arrêter et trébucha sur le corps d'Hinata. Mais cette dernière, plus lucide que jamais, planta le flambeau dans le ventre de sa sœur qui eut le souffle coupé et se brula gravement. Hinata fila, se leva et attaqua directement sa parente. Toutefois les attaques d'Hinata manquaient encore de rage et Hanabi en profita pour la contrer. Rapidement, elle prit appui sur ses mains et balaya sa sœur. Avant qu'elle n'ait chuté sur le sol, Hanabi l'attrapa par le haut de la nuque.

« Hirike ! » hurla-t-elle en tentant de planter ses doigts tranchants de chakra à la base de la nuque d'Hinata.

Hurlant de terreur, Hinata tenta le tout pour le tout et, de ses mains libres, tenta d'agripper sa sœur. Ses pouces s'enfoncèrent dans les narines de sa force et tirèrent de toute leur force. Surprise par cette prise peu conventionnelle, Hanabi relacha un instant son intention et ne finit pas d'enfoncer ces doigts sur la base de la nuque d'Hinata. Cette dernière en profita et envoya sa main gauche cogner lourdement contre l'oreille d'Hanabi. De l'index, elle y bloqua le point de chakra de l'Equilibre et Hanabi en tomba littéralement à la renverse. Comme une ivre, elle tenta de se relever mais chuta à chaque fois. Hinata n'avait plus aucun état de conscience. S'agenouillant près du corps de sa sœur, elle stoppa avec une vitesse déconcertante soixante-quatre des points de chakra de la cadette, juste assez pour qu'elle puisse vivre. Puis sans pitié, elle lui casse les deux jambes, les deux bras, des côtes et frappa jusqu'à ce que sa haine soit rassasiée. Elle fit ensuite rouler le corps d'Hanabi afin de la mettre sur le dos. De l'index gauche, elle traça un cercle entre les deux yeux de sa sœur.

« Arrête Hinata ! » gronda la voix du Père.

Hinata sourit et se tourna vers son père. Claudiquant, elle se dirigea vers lui et s'arrêta au bord du tatami, le regardant droit dans les yeux. Du haut de l'aire de combat, Hinata le dominait d'une dizaine de centimètres. D'un air narquois, elle lui parla doucement :

« He bien, Père ? On a le droit de me réduire en légume vivant mais je ne peux recharger mes batteries ?

- Où as-tu appris cela ?

- Quoi, Père ? Le Kipuu ? Je pensais que c'était connu comme

- Arrête Hinata. Je pose une question, tu réponds.

- Non, Père. Je pose une question, tu réponds. J'ai gagné. Je suis le chef.

- Tu as utilisé un flambeau.

- Après qu'elle utilise les techniques d'Hirike.

- …

- Bien. Alors, je pars.

- Si tu pars, tu deviens fugitive.

- Non. »

De sa main droite, elle fit sortir une lame de chakra couleur or et coupa son chignon. Neji hoqueta et tous les Hyuuga présents furent frappés d'horreur. Les cheveux étaient le bien le plus précieux du clan, comme un signe de reconnaissance, une tradition ancestrale. Couper ses longs cheveux équivalaient à quitter le clan. Et jamais n'avait osé ou voulu partir du clan. Pourtant Hinata avait prit cette décision, laissant derrière elle un clan effaré. Passant près de Neji, elle tapota sur son épaule et continua sa route sans se retourner, boitant.

« Maudite. » murmurèrent d'une même voix son père et sa sœur alors qu'elle quittait la pièce.


Sakura avait installé un réel camp devant la propriété des Hyuuga. Depuis le départ d'Hinata et Neji pour le combat, les camarades de la jeune fille s'étaient installées, avec une nappe à terre, thés, onigiris et autres mets apportés par chacun.

Ce fut Shikamaru qui vit l'ombre d'Hinata venir vers eux. Il eut un doute voyant une jeune femme marchant d'un pas trainant et las. Pourtant, elle avait un port de menton fier et quelque peu euphorique. Mais ce furent les cheveux courts, très courts sur la nuque et de longue mèche vers sur le front, qui mirent mal à l'aise le contrôleur d'ombres.

Pourtant c'était bien Hinata. Arrivée à leur hauteur, elle leur sourit, les dents ensanglantées, et s'assit près d'eux. Sakura lui sauta dessus, armée de bandage et de tous les enseignements appris du Godaime. Avec Kurenai, la fille aux cheveux roses soignèrent comme elle put Hinata.

« Tu devrais aller voir Tsunade-sama.

- Demain. Pas aujourd'hui. Fatiguée.

- Tu vas aller dormir où, Hinata-chan ? » questionna Lee, inquiet. « Et puis, que s'est-il passé ? T'as gagné ?

- Oh Lee. Tu poses trop de questions. » Hinata se leva, tant bien que mal, son pied droit souffrant malgré les soins octroyés par Sakura. « Merci. A demain. » articula-t-elle partant.

Ces compagnons la regardèrent s'en aller et la virent entrer chez le coiffeur du village.


Naruto avait appris la nouvelle par Lee qui avait accouru chez lui, talonné de près par Sakura. Depuis il avait parcouru le village de long en large. Même chez Tsunade, on n'avait sût le renseigner. Hiashi restait le chef du clan et nul ne sût pourquoi Hinata était partie de chez elle dans un tel état.

Malgré ces fameuses fiançailles avec Sasuke, Naruto était réellement inquiet pour Hinata. A tel point qu'il était même passé chez les Inuzuka. Kiba le regarda de travers tandis que la mère de ce dernier lui renseigna qu'ils ne l'avaient pas vue.

Le soleil se couchait quand, totalement dépité, il prit place au bar d'un restaurant miteux de Konoha. Au moins là, il pourrait boire à sa soif sans que personne ne lui fasse remarquer. Il commanda son deuxième saké lorsqu'il entendit un rire qui lui fit chaud au ventre.

« Hinata ?

- He bien, Na-ru-to-kun !» articula-t-elle, moqueuse. « On ne dit plus bonjour ?

- Mais … Hinata … »

Naruto déglutit difficilement … Hinata n'avait plus la même signature de chakra.


Note d'Envert aux lecteurs :

Hirike est une technique interdite développée par les Hyuuga. Elle consiste à planter l'index, le majeur, l'annulaire et le joli petit doigt entre les cinq dernières vertèbres afin de stopper le flux de chakra vers le cerveau et seulement le cerveau. Les autres organes vitaux continuent de fonctionner mais le cerveau ne fonctionnant plus, la personne continue à vivre telle une décérébrée. (Pure invention, non présente dans Naruto.)

Kipuu … est une autre technique pas très bien vue mais qui reste une surprise :D Niark niark !

Envert : Alors heureux ?

EvilSpartan : Troooopp Boooonnnnnnn ... Encooooore...

Envert : Hein ?

EvilSpartan : ENCORE DU COMBAT ET DU SANG !! BASTOOOOON !!

Envert : Irrécupérable...

Voilà les réposes aux reviews !

Toto : Merci beaucoup pour ta review ! Hé oui on en fait voir à nos pauvre petits ninjas ! On espère que ce nouveau chapitre te plaira !

!!DoDo!! : Merci beaucoup ! Voilà la suite en espérant que l'attente n'a pas été trop longue !

Encore merci à tous pour vos reviews et comme d'habitude un petit teaser du prochain chapitre :

Le dernier Jeu avant la Guerre... Car demain tous se séparent... La rébellion débute à Konoha...

A bientot et bisous !

Envert et EvilSpartan