CHAPITRE VI
360°
Jordan était resté silencieux tout au long du chemin. Arrivé chez lui, il s'était presque rué sur le bar et en avait sortit une bouteille de Whisky, qu'il entreprit de boire directement au goulot. Rayanne le regarda faire sans rien dire au départ puis, quand il se laissa glisser le long du mur, les yeux toujours aussi vide, elle décida d'agir.
La jeune femme alla s'asseoir par terre près de lui et lui donna un coup d'épaule amical.
- Tu crois pas que t'as eu ta dose pour ce soir ? Demanda-t-elle en désignant la bouteille.
- Hey Graff … Tu te rappel la dernière fois où on a bu ensemble ? Demanda t-il d'une voix chantante.
- Je m'en souviens mais compte pas sur moi ce soir Catalano. Le passé c'est le passé.
Il la regarda un instant et éclata de rire en lui rendant un coup d'épaule moins assuré que celui qu'il avait reçu cependant.
- Je suis saoul. Constata péniblement Jordan.
- C'est bien ça qui me fait peur. Répondit la jeune femme en souriant.
- T'inquiète pas Graff, c'est pas toi que je veux de toute façon.
- Je sais. D'ailleurs la dernière fois que je t'ai vu dans cet état, c'était pour la même personne.
Il la regarda et reprit une gorgée.
- Alors, commença t-elle, tu vas te décider à m'en parler ou je peux aller me coucher ?
- Non restes … restes … répondit t-il entre deux hoquets.
- Qu'est-ce qui te travail ? Tu savais bien qu'elle allait repartir non ?
- Ouais, ouais mais pas si tôt.
- Un jour ou trois, qu'est-ce que ça change ?
- J'en sais rien. Soupira le jeune homme en se passant les mains sur le visage.
Il prit un moment pour rassembler ses idées.
- C'est juste que … je voulais … tu vois … genre … trouver un moyen … genre un putain d'Happy End à la con. Et j'ai rien ! Finit-il par dire en accompagnant ses paroles de gestes désordonnés.
- Trouver un moyen pour quoi ? Elle est mariée Jordan. Je croyais que j'étais là pour ça justement, pour effacer vos erreurs.
- C'est le cas.
- Dans ce cas pourquoi tu t'obstines à replonger dedans ?
- Mais parce que, commença t-il, parce que … tu vois le problème c'est Eliot. Eliot c'est mon ami et toi aussi tu es mon amie Rayanne tu sais, je ne te l'ai jamais dit mais …
- Restes concentré Catalano ! Coupa Rayanne en claquant des doigts devant les pupilles dilatées de Jordan.
- On parlait de quoi ? Lança-t-il avant de reporter le goulot à ses lèvres.
- Donne moi ça ! Lui dit-elle agacée en lui prenant la bouteille.
- Hey ! Gémit Jordan. J'ai pas encore tout finit !
- Eliot, on parlait d'Eliot !
- Eliot c'est Eliot tu vois, c'est mon pote. Il m'a tout donné et moi j'ai couché avec sa femme et en plus j'ai envie de recommencer à chaque fois que je la vois. Je suis une personne horrible … horrible… balbutia le jeune homme en laissant tomber sa tête sur l'épaule de Rayanne.
- T'es encore amoureux d'elle ? Demanda doucement Rayanne après un instant.
- Je ne me rappel même plus d'un jour où je ne l'ai pas été.
La jeune femme ne répondit rien.
- Qu'est-ce que je peux faire Graff ? Lui demanda Jordan en s'efforçant de tenir sa tête droite.
- Pour l'instant tu peux aller dormir, ça serait déjà bien. Et après, écoutes je ne peux pas trouver la réponse pour toi mais, si tu ne lui parles pas ou si tu essais simplement de vivre avec, tu vas finir alcoolique ça c'est clair.
- Dis pas n'importe quoi… souffla Jordan en prenant de nouveau la bouteille.
- Ce que je veux dire c'est que ça va continuer à te ronger la tête jusqu'au cerveau. Toi et moi on sait qu'il n'y a qu'une Angéla Chase sur Terre et si c'est elle que tu veux, sois au moins franc envers toi-même au lieu de te cacher derrière une amitié bien trop lourde à porter. Dans ces circonstances en tout cas.
- Je ne savais pas qu'ils étaient mariés. Répondit Jordan les yeux dans le vague.
- Justement. Combien de temps tu vas te torturer comme ça ?
- Ya pas de solutions …
- Tu sais ce qu'on dit Catalano, la nuit porte conseil.
Elle lui reprit la bouteille et regarda le pauvre Jordan essayer de se relever et aller jusqu'à sa chambre en titubant. Après un mouvement de tête navrée, elle se dit que si, à l'époque du lycée, on lui avait dit qu'un jour elle donnerait des leçons de morale aux autres, elle aurait explosé de rire. Ensuite, elle attendit de voir Jordan s'effondrer sur son lit encore tout habillé avant d'entrer dans sa propre chambre. Elle y trouva Malaurie profondément endormie et ne pu s'empêcher de sourire.
C'était la plus belle chose au monde pour elle. Rayanne jeta la bouteille de Whisky dans l'évier de la salle de bain (habitude qu'elle avait prise au fil du temps quand elle se trouvait en présence d'alcool) et s'allongea doucement aux côtés de sa fille. Elle résistait à l'envie de lui caresser les cheveux pour ne pas la réveiller, mais instinctivement la petite se rapprocha de sa mère pour se blottir contre elle. Ainsi Rayanne s'endormit paisiblement à son tour.
Au même moment dans son lit, auprès de son mari, Angéla fixait le plafond dans le noir. Sur le dos, une main derrière la tête et l'autre sur le ventre, elle cherchait en vain un sommeil qui tardait à venir. Elle se fit même la réflexion que la peinture du plafond aurait besoin d'être rafraîchie. En réalisant ce qui se passait dans son esprit elle eu un moment de honte, se trouvant plus que pathétique. Elle roula sur le côté en tirant les couvertures.
- Arrête de penser si fort, tu m'empêches de dormir. Souffla son mari qui venait d'ouvrir les yeux.
- Pardon, répondit t-elle doucement, je pensais que tu dormais.
- C'était les cas.
Eliot se retourna vers elle et l'entoura de ses bras.
- Qu'est-ce qui se passe ? C'est le boulot ? Demanda t-il gentiment.
- Non, je ne sais pas …
- A quoi tu penses ?
Angéla eu soudainement un rapide flash-back : « Je répéterais demain alors … rentres bien. », lui avait dit Jordan presque furtivement en guise d'au revoir.
- A rien. Répondit-elle à son mari. Je n'arrive simplement pas à dormir.
- Je sais ce qui te tracasse.
- A oui ? Demanda t-elle méfiante.
- Oui, mais tu sais on va se revoir très vite ma chérie, c'est l'affaire de quelques semaines. Deux tout au plus.
- Oui, lâcha t-elle dans un soupir de soulagement avant de lui faire face, mais tu vas quand même me manquer.
- Tu me manqueras aussi mon ange. Mais je t'assure que je te retrouverai très vite à New-York, à la maison.
Il lui sourit et l'embrassa tendrement.
- Mais maintenant, il faut que tu dormes. Tu as un long voyage à faire demain.
Elle lui sourit gentiment puis ils se tournèrent de nouveau le dos.
- Tu as raison. Chuchota la jeune femme.
Malgré tout, elle resta éveillée encore une bonne heure en pensant à ces adieux qu'elle avait échangés plus tôt dans la soirée avec le musicien. Pourquoi y pensait-elle autant ? Qu'est-ce qu'il aurait pu faire de plus ? Et pourquoi était-il partit si vite ? Des tonnes de questions lui assaillaient l'esprit. Comme des attaques rapides et permanentes à travers son cerveau qui l'empêchaient de trouver le repos.
Dans l'espoir d'apaiser ses esprits, elle saisit son portable et dans un élan presque frénétique elle sortie de sa chambre en refermant délicatement la porte. Une fois dans le salon, elle composa presque machinalement le numéro de Jordan et entendit les premières tonalités. Chacune des sonneries résonant dans son oreille, augmentait son rythme cardiaque.
« Vous êtes bien sur la messagerie de Jordan, vous savez quoi faire après le bip. Parce qu'avant le bip, ça marche pas ! » BIIIIIIIPPP !
Angéla raccrocha immédiatement et retourna se coucher.
- C'est finit, tu m'as bien compris Jordan, finit ! ! ! Criait Eliot en entraînant Angéla dans sa chute infernale.
- Jordan au secours ! ! Criait Angéla en tendant la main vers lui.
- Au bord d'un gouffre sans fin, entouré de lave fumante, Jordan regardait Angéla et Eliot tomber sans pouvoir faire quoi que se soit. Il était complètement désemparé...
Le jeune homme se réveilla en sursaut, il était trempé de sueur. Le temps qu'il réalise qu'il venait de faire un cauchemar, une migraine foudroyante lui figea le crâne. Il se recoucha en gémissant, ramenant son oreiller sur sa tête.
On frappa à la porte de sa chambre.
- Revenez quand je ne serai plus mort, enterré et en état de décomposition avancé. Gémit-il
- C'est moi abruti. Répondit Rayanne en entrant avec une tasse de café.
Elle s'assit près de lui, le forçant ainsi à se pousser et lui donna la tasse. Jordan se redressa dans son lit, le visage encore grognon, découvrant son torse nu. Il prit la tasse qui lui était gentiment offerte et en bu une gorgée avant de grimacer.
- Il est trop fort ! Dit-il en redonnant la tasse à Rayanne.
- Bois ça ! ça t'aidera ! Répondit-elle sévèrement en lui retournant l'objet brûlant.
Elle soupira en voyant l'état pitoyable dans lequel il était.
- Eliot a appelé … commença t-elle.
- Eliot ? 10h30, réalisa t-il en regardant son réveil, le studio ! Je suis en retard !
Il se leva d'un bon et se précipita vers la porte de la salle de bain, juxtaposée à sa chambre.
- La séance est annulée !
- Quoi ? ! T'aurai pu me le dire avant !
- Je l'aurai fait si tu m'en avais laissé le temps ! Il a une réunion imprévue avec le label et ne sera pas disponible avant demain matin !
Jordan pris un moment pour comprendre toutes ces informations en restant planté au milieu de la pièce. Rayanne se leva pour sortir de la chambre et, au passage, en profita pour lui donner une dernière information.
- Je serais toi je mettrais au moins un caleçon, il y a une petite fille ici voyons Catalano. Glissa t-elle en souriant. Je vais finir par croire que tu me fais du charme.
Le jeune homme réalisant qu'il était nu comme un ver, se couva immédiatement les parties intimes.
- Sors de là ! ! Lui cria t-il en claquant la porte derrière elle alors que la jeune femme riait aux éclats.
Un peu plus tard dans la matinée, Rayanne et sa fille, allèrent rendre une dernière visite à Angéla. La petite avait judicieusement fait remarquer à sa mère, dans l'ascenseur, qu'en habitant tout en haut de l'immeuble Angéla et Eliot seraient les premiers à être servis par le père noël, fin décembre.
- Salut ! Dit Angéla en ouvrant la porte de l'appartement.
- Alors, tu fais tes valises ? demanda Rayanne en s'installant sur le canapé.
- J'essaie, à force d'habiter dans deux maisons différentes, j'oublie toujours la moitié de mes affaires derrière moi.
- Ma pauvre, ça doit être très dur effectivement. Répondit sarcastiquement son amie.
Angéla lui fit un sourire entendu.
- Vous êtes bien rentré hier soir ?
- Moi oui.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Jordan a finit l'apéro chez lui, du coup j'ai bu un verre ou deux et on a couché ensemble, comme au bon vieux temps !
- Rayanne …
- Quoi ? Vaut mieux en rire non ? Toujours est-il que monsieur Catalano avait une belle gueule de bois ce matin.
- Ah oui ? Répondit Angéla en continuant à ranger ses affaires.
- Bon, écoutes, on ne va pas te déranger plus longtemps et moi les au revoir j'ai jamais aimé ça alors …
Elle pris son amie dans ses bras.
- Rayanne on va se revoir, tu es toujours la bienvenue ici ou à New-York et tu le sais.
- Je sais, je sais mais ces quelques jours passés avec toi m'ont rappeler tout un tas de souvenirs et te voir partir si vite ça me chiffonne.
- Je t'appelle dès que j'arrive ok ?
- Ça marche !
Elles se firent un dernier câlin rejoint par Malaurie, qui s'efforçait de serrer les jambes des jeunes femmes pour faire partie du cercle. Très vite Angéla la pris dans ses bras pour embrasser sa jolie petite frimousse. Après quelques minutes d'étreintes et de promesses, Angéla se retrouva seule face à sa valise. La nostalgie lui montait déjà à la gorge. Rayanne était et resterait sa meilleure amie, quelque soit la distance qui les séparait.
En milieu d'après-midi, Jordan était dans son salon entrain de jouer à la console, tel un gamin capricieux, quand son portable le rappela à l'ordre.
- Catalano.
- Jordan, c'est Eliot, écoutes je suis dans les bureaux du label il y a un petit soucis qu'il me faut régler.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda t-il en lâchant la manette.
- Ils veulent rajouter certaines clauses au contrat.
- Quoi ? ! Mais ils ne peuvent pas, on a déjà signé.
- C'est pour un autre contrat qui interviendra au moment de la sortie de l'album. Une sorte de contrat d'exclusivité sur vos chansons.
- D'exclusivité ? C'est du vol !
- Calmes toi, tu as confiance en moi non, je suis là pour assurer vos arrières tu le sais. Rien ne sera signé si jamais il y a quelque chose de louche là dedans. Je suis avec les avocats, on est couvert.
- Ce n'est pas un peu précipité, on n'a même pas fini d'enregistrer.
- C'est le business, tout doit aller à 200 à l'heure tu le sais bien. Écoutes, le business c'est mon affaire, occupes toi de ton art. Je vais vous pondre un contrat béton.
- Je sais, je te fais confiance.
- Et tu peux ! En attendant ne t'inquiète pas et profitez de ces quelques jours de congés pour parfaire les chansons. On va prendre du retard, il faudra mettre le turbo quand je serai de retour.
- Où es-tu ?
- A San Francisco. On reprendra dans 4 jours.
- D'accord.
- On en reparlera, je ne prendrai aucune décision sans vous.
- Je sais.
- Je dois y aller, je te tiendrais au courant de l'évolution des négociations.
- Ok.
Jordan raccrocha légèrement inquiet. Il n'est jamais bon de remettre en cause un contrat déjà signé et le fait que Eliot ait été convoqué en urgence n'était pas non plus très rassurant. D'un autre côté, il avait maintenant 4 jours de libre sans obligation particulière à part travailler quelques riffs, ce qu'il faisait tout le temps. Ça n'allait pas lui changer la vie plus que ça.
Devant son écran de télé, avec sa console toujours allumée, il ne savait vraiment pas quoi faire de son temps libre. La gueule de bois qu'il traînait n'arrangeait rien. Faire le « geeck » » pendant 4 jours avec les gars du groupe aurait été une idée plaisante il y a encore quelques années mais aujourd'hui, passer tout un week-end affalé sur son canapé à jouer à la console n'était plus aussi attractif qu'avant. Cette grande maison vide, qui résonnait à chaque bruit, provoquait soudainement chez lui une étrange sensation de solitude.
Jordan réalisa que sans Eliot, il n'avait vraiment aucun but dans la vie et qu'il serrait peut-être temps de couper le cordon et d'écrire, seul, sa propre histoire.
Rayanne entra dans la maison à ce moment là avec Malaurie, toutes les deux revenaient du parc où elles étaient allez se promener. La petite, après avoir embrassé Jordan, courue immédiatement dans le jardin pour jouer avec les chiens.
- Elle est inépuisable ! Soupira Rayanne en se laissant glisser sur le canapé.
- Désolé pour ce matin … dit honteusement Jordan.
- Te fais pas de bile, c'est pas comme si c'était quelque chose que j'avais jamais vu avant tu sais.
Jordan sourit légèrement.
- J'ai vu Angéla ce matin.
- Ah oui ? Répondit le jeune homme, imperturbable.
- Ouais, elle décolle dans une heure. Elle doit déjà être sur le chemin de l'aéroport.
Il ne répondit rien.
- Et on ne sais pas quand elle reviendra, continua la jeune femme, Eliot est partit lui aussi …
- Pour 4 jours finalement. Ajouta Jordan perdu dans ses pensées.
- Pour 4 jours qui plus est, je pense donc que mon travail ici est terminé.
- Quoi tu es pressée de retrouver le climat pluvieux de Pittsburgh ? Demanda le musicien.
Je ne voudrais pas m'imposer.
- Tu es la bienvenue ici Rayanne, prend ton temps, profites du soleil. Ça fait de l'animation chez moi et je te promet que je dormirais en sous vêtements dorénavant.
La jeune femme se mit à rire.
- Ok Catalano, si tu insistes, une petite semaine sous le soleil de L.A. ne me fera pas de mal après tout. Merci.
- Je t'en pris, c'est normal.
- Enfin, soupira t-elle bruyamment, Angéla est à l'aéroport, sans Eliot … quatre jours … elle soupira de nouveau. Toi aussi tu as 4 jours de répit non ?
- Arrêtes Graff, je sais où tu veux en venir, ça n'arrivera pas.
- De quoi ?
Jordan la regarda avec un regard qui disait : « Te fou pas de moi »
La jeune femme lui sourit innocemment et alluma la télé.
Le portable de Jordan se mit à vibrer. L'écran affichait : « Vous avez un nouveau message », mais en écoutant sa messagerie, il n'entendit rien. Apparemment quelqu'un avait essayé de l'appeler à 3 heures du matin sans laisser de message. Bizarrement il alla regarder dans le registre des appels manqués et le numéro d'Angéla s'afficha.
- Angéla m'a appelé cette nuit. Souffla Jordan, les yeux rivés sur l'écran de son téléphone.
- Ah ouais ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas, elle ne m'a laissé aucun message.
- Peut-être quelle voulait juste te dire au revoir, t'as été un peu brutal hier soir tu sais.
Il la regarda sans rien dire. Au fur et à mesure que les secondes passaient, son visage se transformait et les idées jaillissaient dans son esprit. Des idées paradoxales remplissant tout son corps de joie et de terreur. Son cœur se mit à battre à la chamade, ses mains étaient moites et des frissons parcouraient tous ses membres.
- Jordan ? ça va ? Demanda Rayanne inquiète.
Le jeune homme couru dans sa chambre et claqua la porte, laissant Rayanne complètement perdue.
Un quart d'heure plus tard il en sortit avec un sac de voyage sur le dos. Rayanne se leva immédiatement devinant ce qu'il avait en tête.
- Wo, wo, du calme cow-boy, qu'est-ce que tu vas faire là ? Demanda t-elle en lui barrant la route.
- Il faut que je la rattrape !
- T'aurais pas pu te réveiller avant pauvre idiot ? ! C'est trop tard maintenant, tu ne pourras jamais y arriver à temps. Son vol décolle dans 45 minutes. Il t'en faut déjà 30 pour arriver à l'aéroport et encore s'il n'y a pas de circulation. C'est quasiment impossible à L.A. !
- Dans ce cas ne me fait pas perdre plus de temps et pousse toi de mon chemin.
- Il est trop tard Jordan ! Cria Rayanne désespérément en le voyant sortir en trombe de chez plus.
Elle ne pu que le voir démarrer sa voiture, faisant crisser les pneus sur le goudron brûlant de la route, avant de disparaître au coins de la rue. La jeune femme referma doucement la porte et s'adossa à elle, l'air épuisée.
Après un instant, un grand et magnifique sourire se dessina sur son visage et elle se rua sur son téléphone, se jetant de tout son long sur le canapé.
- Riquie c'est moi ! Tu ne devineras jamais ce qu'il viens de se passer …
Au volant de son 4x4 BMW noir, Jordan slalomait entre les voitures sur l'autoroute qui menait à l'aéroport. Les klaxons sifflèrent sur son passage et à plusieurs reprises, il fit des manœuvres qui lui auraient coûté son permis s'il il y avait eu un policier dans les parages. La peur au ventre mais l'esprit fixé sur son objectif, il conduisait maintenant à l'instinct. Il devait absolument la voir avant le décollage. Le temps pressait, la pression montait en lui, il savait très bien qu'il n'avait que très peu de chance d'y arriver. Jordan se demandait encore pourquoi il n'avait pas réagi avant. Jamais il n'allait se pardonner de la perdre encore une fois. Non, pas cette fois. Il accéléra d'avantage.
Angéla s'avança lentement dans le hall de l'aéroport et tirant sa valise derrière elle, son billet à la main. Elle regarda les moniteurs pour savoir dans quelle direction elle allait très prochainement embarquer. Une fois qu'elle eu trouvé sa direction, la jeune femme s'y dirigea lentement. Sans trop savoir pourquoi, plus elle s'avançait vers son avion et plus sa valise était pesante et ses jambes ne semblaient plus si rapides. C'était comme si une force intérieure l'empêchait d'aller de l'avant. Elle n'avait tout simplement pas envie de rentrer en New-York, plus maintenant. Pas comme ça.
Jordan pris la sortie qui conduisait à l'aéroport en coupant trois voie de circulation sur sa droite. Encore une fois plusieurs voitures freinèrent brutalement et il se fit insulter de tous les côtés, mais il n'entendait plus rien à part les pulsations rapides de son cœur tambourinant dans sa tête. Un radar automatique le flasha, contrairement aux autres véhicules, il n'avait pas essayé d'y échapper en décélérant. Il venait de quitter l'autoroute, plus que 5 minutes de route pour arriver à destination, il allait peut-être pouvoir arriver à temps finalement. Toutes ses illusions s'envolèrent quand il se rendit compte du bouchon monstrueux qu'il y avait. Les voitures s'entassaient presque les une sur les autres.
Angéla était maintenant dans le bon hall, assise sur une chaise avec d'autres passagers autour d'elle qui attendaient qu'on appel leurs rangées pour embarquer. Elle regardait toutes ces familles en souriant. L'une des mères avait pratiquement son âge et son mari était près d'elle. Un petit garçon qui venait à peine d'apprendre à marcher faisait des aller retour entre ses deux parents. Angéla pensa soudainement qu'elle aussi pourrait être mère mais bizarrement, elle et Eliot n'y avaient jamais vraiment songé. Leurs deux carrières étaient vraiment trop prenantes en ce moment. La jeune femme soupira et regarda sa montre, son vol n'aurait apparemment pas de retard.
Jordan n'avait pas bougé depuis plus de 5 minutes, coincé à mi chemin entre l'autoroute et l'aéroport. Inutile de klaxonner, tout le monde en était au même point. C'était l'heure de pointe à Los Angeles. L'espoir d'arriver à temps commençait à se dissiper chez lui, laissant place à une immense colère intérieure. En regardant autour de lui il vit une station service avec un minuscule parking. Il s'engagea désespérément sur cette voie et gara sa voiture sur ce parking. L'employé lui cria qu'il ne pouvait pas rester là, mais Jordan était déjà entrain de courir. Il n'avait jamais couru aussi vite de toute sa vie. Le sang lui montait déjà au cerveau avec tout le stresse qu'il accumulait depuis le départ. Ses jambes semblaient aller plus vite que le reste de son corps. Il courait entre les voitures arrêtées en file indienne, passant parfois par dessus les capots.
Il était maintenant temps pour Angéla d'embarquer, elle se présenta avec les autres devant l'hôtesse d'accueil et commença à faire la queue. La jeune femme regarda son portable, rien, aucun message. Elle commençait à croire que personne ne pensait à elle, même pas son mari qui devait encore être en pleine réunion. C'était la première fois en 2 ans qu'elle avait autant de mal à quitter Los Angeles. C'était comme si une pièce du puzzle lui manquait. Mais en y réfléchissant, cette pièce était manquante déjà bien avant son arrivée à L.A. C'était comme si elle avait laissé une partie d'elle même à Pittsburgh. Elle rêvassait tellement qu'elle ne vit pas que la queue avait évolué et un monsieur lui fit signe de s'avancer. Elle s'excusa et avança de quelques pas.
Arrivé dans le grand hall Jordan, encore essoufflé, fixait désespérément les écrans pour se diriger. Il trouva enfin la ligne qui l'intéressait et se mit à courir aussi vite qu'il pouvait pour la rejoindre. Il fermait parfois les yeux comme pour puiser dans les dernières forces qui restaient en lui. Naviguant à travers les gens et les valises comme si sa vie en dépendait, le jeune homme courait tellement vite que le vent produit par son passage le faisait pleurer. Le souffle allait bientôt lui manquer mais il était hors de question d'abandonner maintenant.
Angéla était maintenant entrain de donner son passeport et son billet à l'hôtesse d'accueil. Jordan arriva à ce moment là mais il était encore très loin d'elle. Il la voyait, elle était là bas, tout au fond du hall, à 200 mètres de lui. Avec ce monde impossible qu'elle ne l'entende avant d'embarquer. Avant qu'il ne soit trop tard. Il épuisa ce qui lui restait de muscle pour tenter de rejoindre la file d'embarquement, mais Angéla venait déjà de pénétrer dans le sasse d'embarquement. Peu importe, il était maintenant trop tard pour reculer. Jordan s'infiltra dans la file d'attente et essaya de passer en force devant l'hôtesse qui l'en empêcha.
- Angéla ! Cria t-il par dessus l'épaule de l'hôtesse. Angéla !
- Monsieur, monsieur calmez vous, s'efforçait de dire la jeune femme devant lui, votre amie viens d'embarquer, il est trop tard.
Il sortit sa carte de crédit et lui donna.
- Je veux un billet sur ce vol !
- Il est complet je suis désolée monsieur, il est trop tard.
- Arrêtez de me dire ça ! ! Trouvez moi une putain de place à bord de cet avion Mademoiselle … s'il vous plait, rajouta t-il en essayant de reprendre son souffle.
Un homme de la sécurité fit irruption en le priant de se calmer si jamais il voulait pouvoir accéder un à cet avion ou n'importe quel autre vol. Il dirigea ensuite Jordan vers le guichet en lui souhaitant bonne chance.
- Il ne reste plus qu'une place en première classe et à plein tarif monsieur. Lui annonça une jeune femme derrière le guichet.
- Peu importe le prix. Répondit-il en lui tendant sa carte. Dépêchez-vous s'il vous plait, c'est capital que je prenne cet avion.
La jeune femme lui tendit le billet après avoir encaissé 300$ en plus dans sa caisse et Jordan couru de nouveau vers l'embarquement qui allait justement fermer. Il passa in extrémiste et s'engagea enfin vers l'habitacle.
Une fois dans la cabine, il posa son sac sur son siège et commença à rechercher Angéla. Son regard balayait chacun des sièges de l'avion. Une immense peur s'emparait de lui mais, malgré tout, il n'avait jamais été aussi déterminé.
C'est alors que, finalement, il l'aperçu. Elle fixait le hublot. Il avala difficilement sa salive. Sa gorge était sèche. Il s'avança lentement en ne la quittant pas des yeux.
- Cette place est libre ? Demanda t-il en arrivant à son niveau
- Jordan ? Souffla-t-elle en ayant immédiatement reconnu cette voix.
Il s'assit sur le siège libre à côté de celui de la jeune femme.
- Il faut qu'on parle.
- Ici, dans un avion ? Jordan, on va décoller pour New-York, tu crois vraiment que c'est le moment de parler ? Chuchota Angéla, pour ne pas déranger les autres passagers.
Jordan passa sa main sur la joue d'Angéla, ramenant son visage vers le sien et l'embrassa passionnément.
- Comme ça je suis sûr qu'on pourra parler tranquillement. On a 4 heures devant nous et personne pour nous interrompre.
Une hôtesse arriva pour leur demander d'attacher leurs ceintures, ce que le jeune homme fit sagement. Angéla eu un peu plus de mal à se remettre de ses émotions, mais finit par trouver le système et boucla elle aussi sa ceinture.
Elle et Jordan se regardaient en silence et les moteurs de l'appareil commençaient à rugir autour d'eux.
« Bienvenu à Los Angeles », annonça une voix féminine dans le haut parleur de l'aéroport.
Riquie Vasquez, toujours aussi élégant dans son costume hors de prix, sa veste à la main, portant une légère valise sortie dans la rue ensoleillée de la citée des Anges et prit un taxi.
A des milliers de kilomètres de là, Jordan et Angéla, eux, sortaient de l'aéroport de New York et un vent glacial les accueillis.
Eliot Carter quant à lui, à San Francisco, sortait d'un immeuble de bureau avec d'autres bureaucrates. Ils se serrèrent tous la main, fiers de leur dernier meeting, avant de se séparer.
Très bientôt, la vie de ces quatre personnes allait prendre un tournant décisif...
Arrivé à destination, Riquie paya sa course au chauffeur qui lui tendit sa valise avant de repartir, satisfait du chaleureux pourboire qu'il venait de recevoir.
On frappait à peine à la porte d'entrée que Rayanne et sa fille de ruait déjà dessus pour l'ouvrir. Elles accueillirent à bras ouverts Riquie qui sera les deux femmes de sa vie dans ses bras.
A vrai dire, depuis que Rayanne avait retrouvé le chemin de sa ville natale, il ne c'était pas passée une seule journée sans qu'elle ne voit son ami de toujours. Le fait de partir à Los Angeles lui avait fait prendre conscience que Riquie tenait une grande place dans sa vie et celle de Malaurie.
Jordan s'étant envolé, elle n'avait pas voulu rester seule avec sa fille dans cette ville immense, dans une maison vide qui ne lui appartenait même pas. Elle avait donc appelé le jeune décorateur en lui demandant s'il ne ressentait pas le besoin de prendre quelques jours de congés. Ça devait être le cas car Riquie n'avait pas hésité une seconde avant de dire oui. Voilà comment il s'était retrouvé à Los Angeles auprès d'elles.
Eliot arriva à son hôtel et s'écroula sur son lit en desserrant sa cravate. Après quelques minutes, il se releva et déposa des dossiers sur le bureau. Il s'était battu comme un lion pour défendre les intérêts des Frozen face à des Labels de plus en plus oppressants.
Il y a longtemps que Carter savait que ce genre de compagnie ne faisaient plus attention à la musique en d'autres termes que le côté financier qu'elle pouvait engendrer. Malheureusement dans le système actuel, il avait autant besoin d'eux, que eux de lui et du groupe. Tout était alors affaire de compromis avec une légère touche d'hypocrisie. La bataille juridique et les différents pièges qui l'accompagnaient était loin d'être finie mais Eliot avait encore quelques jours devant lui pour remporter la victoire.
Carter décrocha son téléphone pour appeler Jordan. Il tomba directement sur sa messagerie et ne laissa aucun message. Épuisé, il alla prendre une douche pour retrouver ses esprits et essayer de faire un break avant la prochaine manche.
Jordan et Angéla étaient assis, l'un en face de l'autre dans le salon New-Yorkais de la jeune femme. Angéla avait le visage fermé, ses yeux étaient rouges et ses lèvres gonflées. Elle avait un mouchoir dans la main gauche et la droite repliée sur l'estomac. Il était clair qu'elle avait pleurée. Jordan lui, regardait autour de lui l'air désespéré. Ils semblaient tous les deux éteint maintenant. La discussion qu'ils avaient eu tous les deux durant le voyage les avaient complètement vidé de toute énergie. Il faisait sombre dans la pièce, seule un petite lampe d'appoint dessinait l'espace.
- Je vais aller me coucher. Dit la jeune femme en se levant
- D'accord. Répondit simplement Jordan en se levant à son tour
La chambre d'ami est au fond du couloir.
Il regarda dans la direction qu'elle venait de lui indiquer sans répondre. Leurs regards se croisèrent de nouveau, c'était comme s'ils se parlaient sans émettre de son. En voyant l'état de fatigue avancé de la jeune femme, Jordan s'approcha lentement d'elle et la ramena délicatement vers lui. Elle s'engouffra immédiatement dans l'enceinte protectrice de ses bras et posa sa tête sur son épaule. Elle tremblait comme une feuille. Jordan resserra son étreinte autour d'elle et la berça doucement. Ça lui faisait mal de la voir dans un tel état de nervosité. Il ne voulait surtout pas la brusquer et la limite à ne pas franchir n'était pas clairement indiquée. Il ne savait même pas si ce geste d'affection n'était pas déjà de trop.
Au bout de quelques instant, voyant qu'elle n'avait pas bouger, il la souleva doucement du sol pour l'accompagner dans sa chambre. Angéla se laissa faire. Elle était presque déjà endormie quand il la déposa sur son lit. Jordan la couvrit avec la couverture et s'assit auprès d'elle. Il dégagea délicatement son visage de quelques mèches blondes et sourit intérieurement en se disant qu'il avait déjà une chance inouïe de pouvoir faire ça.
Angéla ouvrit les yeux et le regarda à nouveau. Elle lui pris la main et commença à jouer avec les doigts du jeune homme. On aurait dit une petite fille luttant contre un sommeil bien lourd.
- Repose toi. Tout sera plus clair demain matin tu verra chuchota Jordan.
Il déposa un léger baisé sur son front et se leva pour rejoindre sa chambre, mais Angéla ne lui lâcha pas la main. Il la regarda sans comprendre. Elle le regarda et il comprit qu'elle souhaitait qu'il reste à ses côtés.
Jordan hésita un instant avant de contourner le lit pour s'allonger derrière elle. Il resta bien sagement au dessus des couvertures, épousant les courbes de la jeune femme de son propre corps. Il passa son bras autour d'elle, la tête dans ses cheveux et posa sa main sur celle d'Angéla, déjà endormie. A son tour, il ferma lentement les yeux. Ils restèrent ainsi toute la nuit, dans la position du fœtus, tous les deux synchronisés sur le même rythme de respiration, comme s'ils ne formaient qu'un seul et même être.
Flash Back – Quelques heures plus tôt, dans l'avion.
- Veuillez attacher vos ceintures s'il vous plait. Demanda poliment l'hôtesse.
Une fois dans les airs, la jeune femme fût la première à rompre le silence.
- Tu te rends compte de ce que tu fais Jordan, Eliot va te chercher. Chuchota Angéla.
- Il reste à San Francisco quelques jours encore. Répondit-il calmement
- C'est insensé !
- D'avoir attendu si longtemps avant d'être franc l'un envers l'autre ? Oui je suis d'accord.
- Mais enfin de quoi tu parles ?
- J'en ai marre de traîner ça depuis des années. Ces sentiments que j'ai pour toi et que tu as aussi envers moi, il faut que ça sorte. Lança Jordan en la regardant droit dans les yeux.
- Ici ? ! Dans un avion.
- Je n'ai pas eu le choix, j'ai essayé de te rejoindre mais quand je suis arrivé tu avais déjà embarqué.
Elle ne répondit rien, attendant qu'il s'explique.
- Il faut qu'on en parle maintenant Angéla, je n'ai pas envie de me réveiller à 90 ans avec la mauvaise personne à mes côtés en ayant des regrets.
- Parler de quoi ? ! C'est trop tard maintenant, ça fait des années que ça l'est.
- Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Je t'aime et je ne vais pas attendre encore 4 ans pour l'admettre. Depuis qu'on s'est revu et après la semaine qu'on a passé à Pittsburgh, je ne suis plus le même.
- Quand est-ce que tu vas grandir Jordan … Il y a des choix qu'il faut savoir accepter dans la vie. Il faut savoir prendre ses propres responsabilités. On ne peut pas tout effacer comme sur une ardoise.
- Arrête un peu de rationaliser tout ce qui t'entoure. L'amour c'est comme la musique, tu ne peux pas la comprendre en lisant une partition, il te faut l'entendre pour que tout prenne un sens. Tu ne peux pas mettre de règle ni de barrière à ce sentiment.
- On peut le contrôler au contraire. Répondit Angéla
- Donc tu admets que tu as des sentiments pour moi.
- C'est pas vrai, souffla-t-elle désespérée, tu ne comprend donc pas ? ça n'a plus d'importance.
- Pourquoi ? ! Tu comptes rester toute ta vie avec une personne que tu n'aimes pas ? ! Demanda t-il un peu plus fort.
- Tu te trompes … chuchota la jeune femme en détournant les yeux.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je l'aime, j'aime Eliot.
Jordan resta un moment sans rien dire avant de reprendre.
- Et moi ?
- Tu n'es qu'un souvenir du passé. L'interdit est toujours plus existant. Ça passera.
- Tu viens de me faire comprendre que toute notre relation et tout ce que l'on a ressenti depuis un mois toi et moi, n'était qu'une simple impulsion sexuelle. Dans ce cas tu as peut-être raison, je n'ai rien à faire dans cet avion. Répondit-il vexé.
- Je ne voulais pas te blesser. Lui dit-elle légèrement mal à l'aise
- Ce qui me blesse Angéla, c'est que tu te mentes à toi-même.
Elle ne répondit rien.
- Je me souviens au lycée, commença Jordan en souriant, j'étais un vrai débile. Tu étais la voix de la sagesse et tout ce que je faisais c'était te fuir, fuir mes sentiments et me créer une image de dur à cuire.
Il fit une pause.
- J'aurai jamais imaginer que l'on inverse les rôles un jours.
- Mais enfin qu'est-ce que tu attends de moi à la fin ? S'énerva-t-elle.
- Que tu acceptes ce que tu es ! Répondit-il sur le même ton. Tu ne pourras pas te cacher toute ta vie Angéla. Un jour tu seras malheureuse.
- Qui es tu pour me juger ainsi ? ! Tu ne connais rien de ma vie Jordan ! Ce n'est pas parce que tu es revenu t'immiscer dedans il y a un mois que ça te donne le droit de faire le moindre commentaire.
Elle fit une pause pour reprendre son souffle, toutes les émotions qu'elle gardait en elle depuis le début de cette conversation commençaient à être dure à contenir.
- Et d'abord comment tu vois ça, concrètement, hein Jordan ? ! Puisque tu as si bien pensé à tout ! On atterrit, je me jette dans tes bras, je divorce, on dit tout à Eliot, et après ? ! Tu crois vraiment pouvoir garder ta petite maison Hollywoodienne et ton label après ça ! ? Tu sais tout comme moi qu'Eliot est un requin et que quand il apprendra ça, il t'écrasera sans remords !
Le visage de la jeune femme était déformé par la colère et l'angoisse. Alors qu'ils se fusillaient tous les deux du regard elle sentit une larme chaude lui couler le long de la joue. Jordan remarqua aussi la petite goutte couler sur le visage d'Angéla et il ne pu s'empêcher d'être triste à son tour. Elle l'essuya rapidement du revers de sa main et détourna la yeux en essayant de se calmer.
Une hôtesse passa avec son chariot leur proposer des boissons. Angéla demanda un verre d'eau et Jordan prit une vodka glace. Après quelques instants, une fois l'hôtesse partie, il reprit la parole.
- On peut s'en sortir s'il on est assez patient. Chuchota–il après avoir bu une gorgée bien méritée.
Elle le regarda à nouveau.
- Je sais tout ce qu'il y a en jeux, je ne suis pas idiot et crois moi ça ne me fait pas plaisir de faire ça à Eliot. Si je pense trop à notre amitié je … mais j'ai décidé de penser à moi. Mon contrat avec lui se fini dans 2 ans. D'ici là, l'album sera sortit, la promo aura commencé, on aura même peut-être fait nos premiers concerts … après ça je quitterai les Frozen et j'essaierai de commencer un truc solo.
- Mon dieu, mais tu as vraiment tout calculer … réalisa la jeune femme presque écœurée.
- Il nous faut deux ans pour tout mettre en ordre. Toi tu auras peut-être divorcé et après ça, on sera libre de faire ce que l'on veux toi et moi. Je suis prêt à faire ce sacrifice pour toi. La question maintenant c'est, l'es-tu ?
- Pourquoi tu me demandes toujours de faire un virage à 360° ?
- Parce que tu fais partie de ces gens qui en sont capable. Jusqu'ici, tu m'as prouvé le contraire mais maintenant à toi de me dire si tu veux réellement être avec moi. J'ai peut-être tout imaginé finalement.
Elle détourna de nouveau les yeux.
- Je ne veux plus t'entendre …
- Quoi ? Demanda t-il surprit.
- Laisse moi je … ça fait trop … trop d'un seul coup … j'ai besoin de respirer un peu d'accord.
Après ça, ils ne se parlèrent plus du reste du voyage.
