J'en profite pour poster maintenant, vous savez le BAC ... ;)!

J'y avais pourtant cru

Quelques heures plus tard …

Après avoir rangé nos affaires dans le dortoir des Serpentards, l'heure du dîner arriva. Je n'avais pas trop faim. J'avais surtout envie de m'isoler un peu. Mais contrairement à ce que je pensais mes amis ne voulaient pas me laisser seul parce que « le repas du soir allait être un festin pour le retour des élèves ». J'avais beau vouloir les repousser, rien n'y faisait. Je commençais à m'échauffer doucement.

-Tu viens et tu n'as pas le choix ! Dit Pansy en me lançant un regard dur et froid.

-Et pourquoi donc ? Que je sache, je ne suis pas lié à vous tous. J'ai encore le libre choix d'assister ou non au repas.

Je croisai mes bras. Je voyais bien qu'il y avait une sorte d'alliance tacite entre ces deux là pour me faire craquer. Mais je pouvais être têtu quand j'en ai envie, moi aussi.

-Pansy a raison, ça nous fera du bien à tous d'y assister. Je n'ai pas passé l'été le plus merveilleux du monde. En plus, on va revoir ces griffons de malheur et les martyriser un peu. Allez, ne fais pas l'égoïste.

Je toisais Blaise. Pour qui se prenait-il à penser que je faisais l'égoïste ?

-Crois-tu que moi, j'ai passé le plus féerique des étés ? Je ne supporte pas non plus alors, laisse-moi un peu tranquille, j'ai besoin de réfléchir posément. Et avoir vous dans les pattes, je ne peux rien faire, toujours en train de parler pour rien dire ou alors à me poser des questions dont je n'ai cure. Vous pouvez êtes chiants parfois vous savez !

-Toi aussi …

Pansy avait murmuré tristement, retenant un sanglot. Je l'avais blessée. Je vis mes deux amis partir. Dans leur regard de la déception. Pour changer. Je soupirai doucement, calmant mes nerfs. J'y avais été fort quand même, un vrai caprice de gosse. Je me passais la main sur le visage. J'irai leur parler plus tard. Maintenant j'ai eu ce que je voulais : je suis seul, dans un couloir vide. J'entends les rires et les applaudissements au loin. Je marchai en direction du hall en soupirant encore. Ma marche fut rapide. Les bruits s'estompèrent.

Dehors il pleuvait faiblement. Mon bras me démangeait un peu.

Plus loin, un banc, je m'y assis. Je relevai avec une lenteur voulue la manche de ma robe. La Marque était belle et bien visible. D'une horreur sans nom. Elle m'écœurait. Je l'a frôla doucement, ma peau avait boursouflé là où elle y était gravé à jamais. Je pensais soudain à une phrase que m'avait dite Père.

« Tu ne peux plus faire marche arrière, Fils. »

Je le savais maintenant. Trop tard. J'aurais du agir, faire quelque chose. Pourquoi je n'ai pas eu ce courage ! Je frappais du poing le banc de pierre. Je me frottai la main, ça fait mal quand même …

-Tu m'expliques ce que tu fais là ?

Je me retournais violemment, le cœur battant la chamade. Ma peur disparut quand je reconnu le visage familier m'observer, le regard plein de malices.

-Ah, Blaise, tu pourrais me prévenir au lieu de venir en traître sans faire de bruits.

-Mais nous sommes des traîtres, ne l'oublie pas.

Il s'assit à côté de moi tout en disant ses mots. Un sourire espiègle vint se coller sur sa face. Je lui donnai un coup d'épaule gentil, le même sourire aux lèvres.

-Aux yeux des autres seulement.

Je jetai un regard au ciel étoilé, m'émerveillant du paysage.

-Tu m'as l'air très mélancolique …

Je sentais son regard inquiet sur moi.

-C'est vrai, mais ne t'en fais pas.

Je tournais la tête pour le fixer en souriant.

-Au contraire. Moi aussi je suis mélancolique ce soir.

Il plaça ses mains plus en retrait sur le banc de façons à pouvoir mieux s'installer pour regarder le ciel.

-J'ai peur, en fait. Je m'inquiète de nous, du futur. Les missions me font le plus peur. Tu vois ce que je veux dire ?

Sans le quitter du regard, je lui répondis :

-Clairement.

Plus aucunes paroles ne furent échangées. Nous continuons de regarder le ciel encore un moment. Puis je commençai à fatiguer. Il fallait dire que cette semaine et la rentrée avaient été mouvementées. Nous nous levâmes et partîmes nous coucher.

Sur la route, nous ne parlions pas non plus, mais après avoir traversé le hall, nous vîmes la dernière personne que j'avais envie de voir avant de dormir. Potter, assis à une fenêtre, plus seul que jamais. Un rictus vînt tout de même se placer sur mes lèvres. Je me préparai à lâcher une remarque blessante malgré ma fatigue. Une main à plat sur mon torse me stoppa net. Je regardais Blaise, la fureur se lisant sur mon visage. Il n'allait pas commencer à me gâcher mes petits plaisirs alors qu'on venait de passer un bon moment ensemble quand même. J'eux le temps de formuler la phrase qui allait l'achever lorsque ce dernier me fustigea du regard et dit :

-Regarde attentivement.

Je tournai la tête en direction de Potter. Je comprenais mieux. Il a l'air d'être aussi mélancolique que nous.

-Oui et alors, Blaise? Nous n'allons pas non plus aller le voir et discuter de nos problèmes avec lui ? Tu es en plein rêve, mon brave… Murmurai-je.

-Tu ne comprends pas, hein ?

Il m'agrippa le bras et me plaqua contre le mur, les mains sur mes épaules, nous cachant derrière des armures afin de ne pas être vu.

-C'est l'occasion rêver Drago !

-Pour le passer à tabac ? Oui je suis d'accord.

Je me grattai le front en envisageant toutes les techniques de combats que j'avais apprises avec Severus.

-Mais non, idiot !

Je ne notais pas l' « idiot » pour écouter avec plus d'attention la suite de son plan.

-Il est seul, nous sommes seuls. C'est l'occasion rêvée !

-Certes, j'avais compris, Blaise. Plus de détails, je te prie.

Le regard de Blaise s'encra dans le mien tout en m'enserrant les épaules un peu plus fortement. Et d'une voix sortie d'outre-tombe, il dit ces mots :

-Devenons amis avec lui !

Je m'attendais à tout sauf à cela. Il me fallut un peu plus d'une minute pour enregistrer et comprendre le sens de sa phrase.

-Pardon ? Tu te moque de moi, n'est-ce pas ? Te rends-tu au moins compte de la portée de tes mots ? Enfin, bon sang, Blaise, tu deviens complètement fou ! Je …

-Oui, ça paraît absurde dit comme cela, mais je voulais faire sensation.

Il sourit en me lâchant les épaules. J'en déduis donc que ce n'était qu'une boutade, le coquin. Je souris à mon tour.

-J'y ai vraiment cru tu sais, avec ton air sérieux des grands jours cérémonieux.

Je lui fis une tape sur l'épaule.

-Viens, on a assez perdu notre temps ici, à reluquer le Balafré.

-Je ne riais pas, Drago.

Mon sourire se fanait d'un coup, ma main encore en suspend.

-Nos avons là notre rédemption. Si nous nous allions avec lui, nous aurons un avenir meilleur ! T'imagines-tu ? J'ai un plan, mais tu dois être avec moi ?

-Et Pansy ? Ne peux-tu pas balancer tes divagations sur elle plutôt que sur moi ?

-Non, elle est à l'abri, ses parents la protégeront.

-Je ne comprends pas, tu veux trahir les Mangemorts, ta famille, le Lord?

-Oui.

-Que … Comment peux-tu me dire « oui » en restant aussi stoïque ? Tu connais les risques encourus ! De plus, c'est voué à l'échec. De un, on va se faire repérer, c'est sûr. De deux, Potter ne voudra jamais. De trois, qui t'as-dit que j'accepterai un plan aussi foireux ?

-Tu veux mener une vie de parjure, hais des autres, jugés et finir à Azkaban ? Personnellement, j'avais d'autres perspectives d'avenir.

-On risque trop gros.

-Tu ne changeras jamais. Tu préfères subir plutôt que d'agir. Tu as accepté la Marque sans rechigner. Moi, je l'ai eu mais j'avais déjà ce plan en tête. J'avais pris ce choix tout seul comme un grand, tu devrais en faire autant.

Ma colère grandissait en moi au son de ses phrases. Une respiration et je retrouvai mon self-control.

-Je ne te permets pas. Tu ne sais rien.

Je tournais les talons, les poings serrés. Une main m'agrippa l'épaule. Un murmure.

-Je ne veux pas laisser une telle image de moi. Je vaux mieux et je le sais, toi aussi. Nous pouvons changer, tout le monde le peut.

Mes épaules s'affaissèrent. J'aimerai tellement croire à ses paroles.

-Ne me fais pas miroiter un beau rêve. Je n'ai pas envie de souffrir d'avantage, Blaise.

-Je ne peux rien te promettre.

-Alors arrête de refaire le monde, tu ne changeras rien à notre condition.

Je partis sans un dernier regard pour Blaise. A la fenêtre, il n'y avait plus de Potter. Tant mieux. Je continuais à marcher, puis au détour d'un couloir menant aux cachots, perdu dans mes pensées, ruminant ma peine, je ne fis pas attention. Je me pris un corps violemment.

- Bon sang, ce n'est pas le moment de venir me faire …

Potter. Mes mots moururent sur le bord de mes lèvres. Pas lui, pas maintenant. Je me frottai le torse doucement, lui jetant un regard venimeux. Il était négligemment assis parterre, me renvoyant mon regard.

-Ne me fais pas cette tête là, Malfoy ! Tu fonçais sans la tête baissée, c'est de ta faute cette fois !

-Tu n'avais qu'à pas être là. D'ailleurs ta chambre ne se trouve pas aux cachots.

-Je … Non mais j'hallucine ! Tu te crois vraiment tout permis, j'ai quand même le droit de me balader où je veux !

Je pris une voix faussement enjouée, rivalisant avec celle de Pansy.

-Oh pauvre petit Potty veut se balader comme un grand dans les couloirs tout noir mais c'est interdit, oui oui !

Reprenant mon sérieux, je lui dis d'une voix descendue d'un octave :

-Dégage de là avant que je ne prévienne Rusard que le Survivant préfère être en dehors de sa chambre plutôt qu'à l'intérieur.

Il cherchait ses mots. Je suis vraiment clément de l'avoir prévenu, ce n'est pas dans mes habitudes. Il se releva, leva ses yeux pour venir capter les miens.

-Je te déteste.

Il parti sur ces mots. Je le regardai jusqu'à ce qu'il disparaisse au loin, son dos me narguant. Un soupir, encore un. Je repris ma route. J'atteignis le dortoir quelques minutes après mon altercation avec Potter. J'entendis les ronflements de quelques uns, me tirant un doux sourire. Après avoir enfilé mon pyjama de soie, je voulu me rapprocher du lit de Blaise. J'arrêtai mon geste, il doit m'en vouloir. Deux disputes en l'espace d'une journée, on bat des recors. En plus ses rideaux sont fermés. Je me plaçai dans le mien, fermis mes rideaux. Sur le dos, les mains croisées derrière la tête, je fixai le plafond. Pleins d'idées aussi farfelues les unes que les autres m'envahissaient. Et si Blaise avait raison, si son plan fonctionnait. Pourrons-nous vraiment être heureux ? Un éclair de raison me traversa. Bien sûr que non voyons, ça serait trop facile sinon. Mon cœur voulait espérer un avenir et meilleur de surcroit. Je ne supportais plus.

Cette nuit je pris la décision la plus folle et la plus inattendue de toute ma vie, j'entrepris de suivre Blaise au risque d'y laisser des plumes, tant pis. Un soupir de contentement suivit cette pensée. L'espoir me faisait vivre. Je fermis doucement les yeux, un sourire niais planté sur mes lèvres. Mon corps acceptant le repos que je lui offrais.

Mais aussitôt je les rouvris, une violente douleur me pris le bras gauche, là où la Marque chauffait. Je fus pris de panique. J'entendis des bruits dans le lit voisin, celui de Blaise.

Comment veux-tu que ton plan fonctionne Blaise, c'était impossible …

TBC ...