Enfin la suite lol! Le BAC terminé, le stress arrive, l'écriture détend.
Enjoy! ;)
J'y avais pourtant cru
J'avais oublié cette fichue Marque. Je m'étais assis dans mon lit. Un affaissement d'épaules, je fixai mon avant-bras. Je n'avais plus sommeil pourtant je le désirai tellement. Je devais sûrement avoir les traits tirés. Je tournai la tête vers la gauche, mon regard planté dans la direction du lit voisin, je savais que Blaise ne bougeait plus. Un dernier regard sur cette Marque.
-Bon …
Je décidai de me déplacer vers le lit de Blaise, je devais lui parler. Posté devant les rideaux assombris par la nuit, je ne bougeais plus. En fait, j'avais peur qu'il me rejette.
-Blaise …
Son nom murmuré.
-Va dormir !
Un rejet murmuré. Un sourire vint pourtant fleurir sur mes lèvres.
-J'ai besoin de toi.
-Tu souhaites que je te lise une histoire ou bien que je t'apporte un verre de lait ?
-J'ai vraiment besoin de toi.
Pas de réponse mais un léger mouvement de rideau, mon feu vert. Je grimpai dans son lit, me criant déjà victoire. Je me heurtai finalement à un regard dur. Je fis une grimace. Bon, ça n'allait pas être aussi facile.
-Tu veux que je te présente mes …
-Ecoute-moi.
Je me tus, un mouvement de tête, j'en profitai pour m'installer plus confortablement.
-Tu n'es qu'un bel enfoiré.
Outch ! Ça commençait bien.
-Tu sais Drago, il y a des moments où je regrette notre amitié, ton comportement peut être blessant parfois. Tu ne te rends pas compte, enfin j'ose l'espérer, des conséquences de ce que tu dis. Je ne veux pas te faire miroiter un rêve quelconque, je veux juste que Notre rêve devienne réalité.
Il avait des étoiles dans les yeux, il y croyait tellement à son rêve de liberté.
-Tout à l'heure tu as réagis comme un con.
Voilà, nous y sommes.
-Tu m'as fait blessé. Je pensais qu'on était d'accord, soutien mutuel. On est pote, bon sang ! Tu ne peux pas me briser mes espoirs parce que toi tu n'en as plus ! Tu as été une véritable ordure, d'un tel égoïsme, moi aussi je suis dans le trouble, tu n'es pas seul au monde !
Un moment passa avant qu'il ne reprenne la parole. Durant ce court laps de temps je réalisai qu'il avait foutrement raison. Mon cœur battait plus vite d'un coup sous la véracité de ses mots. Mes doigts tapotèrent un rythme soutenu sur mes genoux : en clair, j'étais angoissé.
-Et puis, Pansy. Tu …
-Je te demande pardon !
Mes mots avaient dépassés ma raison. Tellement vite. J'étais aussi étonné que lui. Je lisais son étonnement comme lui lisait le mien.
Soudain, il se mit à rire. Je le fixai avec une certaine admiration, je ne le dirai jamais assez mais Blaise est un pilier dans ma vie. Comment fait-il pour me supporter à longueur de journée?
Trop perdu dans mes pensées, je ne me rendis pas compte que Blaise avait arrêté tout mouvement, la colère laissant place au rire puis laissant à son tour l'apaisement. Un toussotement.
-Tu sais, ça en devient gênant, je sais pourtant à quelle point tu m'admires …
Il me fit un clin d'œil. Je me repris.
-Tu penses trop Drago et tu ne me dis rien : c'est ça que je te reproche le plus. Tu te renfermes.
Je baissais la tête en soupirant.
-Oui, je sais. Mais j'apprends à regarder d'un œil nouveau ce qui m'entoure.
Je me touchais l'avant-bras instinctivement, les yeux dans le vague. Une tape sur l'épaule.
-Allez, reste avec moi.
Il s'allongea dans son lit laissant volontairement une place libre à côté de lui. Je lui souris puis lui dit :
-Tu crois vraiment que Moi, Drago Malfoy, j'ai besoin de dormir avec quelqu'un pour passer une bonne nuit?
-Non, enfin j'en sais rien. J'ai envie de passer cette nuit avec toi.
Mon regard se troubla quelque peu.
-C'est assez perturbant ce que tu dis là quand même
Il pouffa.
-Je ne te drague pas, j'aime les femmes. C'est juste que là, j'ai envie de partagé une nuit avec mon meilleur pote. Tu ne peux pas me refuser ça surtout après deux disputes.
Je hochais la tête puis vint m'installer sous les couvertures avec lui. Comme avant quand nous avions 7 ou 8 ans. Ça me paraît tellement loin en y pensant. C'était tellement plus facile avant. J'aimais la facilité, on se laisse vivre doucement, bercé par les aléas de la vie. Mais maintenant, trop de choses se passaient d'un coup. Je me sentais si dépassé.
-N'empêche, je suis encore perturbé...
Je l'entendis sourire.
-Bonne nuit Drake.
Il se tourna.
Je me réveillai sans raison aucune, je suis un lève tôt. Il devait être environ 6h00. Un regard sur la côté, la tête de Blaise me soufflant comme un buffle dans ma direction. Il était étalé en étoile sur le ventre, il en prend de la place quand même. Je dégagea doucement son bras Marqué de ma gorge. Il avait fait un cauchemar qui avait duré une bonne partie de la nuit, mais lequel? Je m'apprêtai à sortir de son lit quand j'entendis un mot, soufflé tout doucement, un mot que Blaise avait dit.
« Jamais ».
J'avais fini de me préparer, j'attendais Blaise. Il mettait correctement sa cravate. Il avait une mine affreuse, une de celle que je n'avais vu sur visage couleur ébène. Je pris mon visage le plus doux et lui demanda :
-Tu veux en parler ?
-De quoi me parles-tu?
Il me regarda par le biais du miroir qui était en lévitation. Il continuait sa chorégraphie avec ses mains.
-De cette nuit.
Je décelai un léger crispement sur sa cravate, ça avait duré une seconde ou deux, tellement rapide.
-Quelle chanson me chantes-tu à la fin?
Je vis à son froncement de sourcils qu'il savait parfaitement de quoi je parlais. Pourquoi le nier? Une légère angoisse me pris les tripes soudainement.
-Ne fais pas l'ignorant, ta cravate et tes mains ont parlé pour toi. Ton rêve, je t'ai entendu. Pourquoi ne rien me dire? Tu as honte? Tu sais tout le monde fait des cauchemars, même moi …
Son regard flancha sur le côté. Coupable?
Il s'en alla, sans aucune explication.
-Attends !
Pendant que je parlais il avait délibérément pris la décision de ne pas m'expliquer, mais son comportement fuyant m'indiquait qu'il y avait un problème. Qu'est-ce qu'il lui prenait à la fin, je croyais qu'on devait faire des efforts, merde ! J'étais énervé, je ne comprenais en rien sa réaction.
Il était loin devant moi avec une bonne longueur d'avance. J'avais beau lui crier de m'attendre sur tous les tons, il ne daigna un seul instant se retourner, quel fumier! Toute cette histoire ne tournait vraiment pas rond! Je me foutais royalement des rares regards extérieurs. Je continuai de marcher, lui devant moi, à un rythme soutenu, voulant le stopper avant d'entrer dans la Grande Salle. Je pouvais voir ses poings se crisper et sa marche robotique. Que lui arrivait-t-il?
Un sort lancé : petrificus totalus !
Mon cœur battant la chamade, c'était bien la première fois que j'en jetais un sur mon meilleur ami. Mon corps était pris de légers tremblements, mes cheveux quelque peu décoiffés, des mèches virevoltantes comme bon leur semblaient et mon souffle haché.
Je ne mis que quelques secondes pour rejoindre Blaise. Je me postais face à lui, mon dos face aux portes. Mes yeux et mon âme fermés. Comme les siens. Étrange. Je vis toutefois une lueur de peur ou de colère ou les deux.
-Finite incantatem !
-Non mais ça va pas, tu débloques ou quoi? Tu m'as jeté un sort ...
Je lui poussais ses épaules de mes mains.
-Et toi, tu m'évites comme la peste! Qu'est-ce qu'il te prend d'un coup? Hier soir tu étais tout tendre tout mignon puis là ce matin tu me fuis comme si j'étais une goule. Je ne pense pas tenir longtemps si tu me refais ce coup là Blaise.
Ma voix s'était faite plus grave, mon regard encore plus froid.
-Ne t'avise pas de jouer avec moi surtout dans mes rares moments de faiblesse …
Je voulais voir sa réaction à ma menace. Je fus toutefois étonné quand, quelques millièmes de secondes après, la honte et la tristesse modelaient son visage. Mon ton se radoucit à cette vue.
-Et puis, je pensais qu'après notre discussion d'hier, il n'y avait plus aucun problème.
-Tu sais …
Mes yeux vacillèrent sur le côté, une forme que je reconnus au loin s'approchait. Allez dis-le moi, parle avant qu'elle n'arrive.
-Il se passe que …
Son regard quitta le mien, sa main venant gratter les boucles brunes derrière sa tête. Allez, dépêche-toi, bon sang ! Mon sang coulait plus vite, signe que mon cœur s'agitait.
-Blaise, attends-moi !
Fichtre! Il ne pris pas la peine de me répondre. Sa peur disparaissant à l'entente de son nom. Ses épaules se redressèrent, sa tête en fit de même. Son regard, oh oui, son regard avait retrouvé sa colère. Il lâcha, tout de même, de but en blanc :
-Il y a des choses, mon ami, qu'il ne vaut mieux ne pas savoir et ne pas chercher à savoir.
Il passa à côté de moi et s'arrêta, il fixait une petite seconde mon épaule, puis releva au ralenti son visage. Ses yeux n'exprimait que de la colère.
-Toi non plus ne t'avise plus de me jeter un sort, je pourrai ne pas supporter.
Il entra ensuite dans la Grande Salle. Les différents sons m'assaillirent. Je bouillonnai de rage. C'était quoi son problème à lui? Il me cachait quelque chose et je savais que ça n'allait pas me plaire. Mon poing se crispa autour de ma baguette. Je sentis un mal de crâne venir aussi vite qu'un troupeau d'hyppogriffes.
Pansy me frôla.
-J'attends toujours tes excuses.
Je n'eus pas le temps de lui répondre. Elle était déjà rentrée. Je soupirai, ma colère était bien là, je la sentais au plus profond de mon âme.
Que me cachait-il ? Une vague de solitude s'empara de moi.
Je finis par rentrer à mon tour. Une ambiance des plus mortelles régnait sur notre table, les autres étaient affreusement bruyantes pour un si mauvais matin.
Je m'installai comme d'habitude à côté de Blaise qui ne bougea pas un pouce, Pansy, en face, fixait son assiette.
Je prédis que cette journée sera riche en bonne humeur, éclats de rire et jeux bon enfant !
Quelle joie, personne n'est plus heureux sur Terre que nous à l'instant ! Ah, ironie quand tu nous tiens …
Mes pensées furent tout de même dérangées. Un regard me brûlait le visage. Une paire d'yeux métalliques rencontrèrent une paire émeraudes. Il baissa la tête de suite. J'en fis de même.
Je fronçais mes sourcils, un morceau de papier plié venait de se matérialiser sous mon assiette.
J'allais l'enlever quand un violent coup de pied vint me frapper le tibia. Blaise ? Non, il était trop occupé à m'ignorer. Pansy ? Je relevais doucement les yeux. Mon regard sévère vint croiser son regard dur. Elle me murmura :
-Je ne ferais pas ça à ta place.
-J'aime le danger, ma chère.
-Tu vas y laisser des plumes …
Elle ne me parla plus du repas. Je pris délicatement le morceau de papier. Je lus une fine écriture penchée :
Je vous ai entendu Blaise et toi, votre discussion n'était pas des plus discrète mais elle a néanmoins attiré mon attention.
Ce mot était étrange. Ma colère fut vite balayée par la curiosité. Je relevai la tête, je devais vérifier si ce mot venait de lui. Vite !
La table des Griffons se vidait peu à peu, aucune trace du trio d'or. Nous nous relevâmes à notre tour, une sorte de déception m'envahissait doucement.
Dans les couloirs direction les cachots, Blaise était devant avec Théo. La jalousie me brûlait le cœur. Je voulus le rattraper. Pansy les rattrapa. Ils riaient ensemble. S'en suivit la solitude, ma chère solitude. Tout ce monde autour de moi. Moi à part. Mon bras me faisait encore mal, mon cœur et ma tête aussi.
Cette première journée promettait. Surtout cette première heure avec Parrain.
