Enfin la suite, depuis le temps!

Pardon du retard!

Enjoy.

J'y avais pourtant cru

Et merde !

La dispute avec Baise m'avait bien retourné.

Un mal de crâne me vrillait la tête.

Nous n'étions qu'à la moitié de la potion. Un philtre de confusius. J'étais aussi confus qu'elle.

Je n'arrêtais pas de remettre quelques mèches de cheveux en place. J'avais mes vêtements qui commençaient à me coller à la peau malgré le froid des cachots. La chaleur des chaudrons devenait insoutenable. Je levais un regard à mon coéquipier.

J'étais en binôme avec Blaise. On ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas? Nous n'avions pas parlé au moment des mises en binôme jusqu'à maintenant. Nous n'échangions que les paroles d'usages. Une sorte de mur nous séparait. J'avais tellement envie de lui prendre l'épaule, le retourner et lui sourire. Mais je ne le fis pas, la potion oblige.

-Pousse-toi Malfoy, tu m'empêche de prendre la livèche!

Un ton sec, un coup d'épaule, aucun regard d'excuse.

-Non mais c'est quoi ton problème, aujourd'hui?

Mes mots étaient sortis plus vite que je ne le pensais et à un volume assez élevé de surcroît.

J'avais l'attention de toute la classe, mais surtout celle de Blaise. Il se passa quelques secondes avant qu'il ne relève la tête. Ces yeux, je lisais de la bestialité. Tu es tiraillé, hein? Tu comprends ce que je ressens là? Tu le sens bien?

Ces gestes brusques révélaient son état d'esprit.

Il fallait que ça sorte.

-Messieurs Zabini et Malfoy, veuillez baisser d'un ton.

Parrain ne releva pas la tête.

Ce que je remarquai par contre était surréaliste. Aucun bruit autour de nous. Les respirations étaient bloquées. La classe entière était intriguée de connaître la suite mais je n'en avais cure. J'avais une situation a réglé.

-Mon problème? Tu déconnes là, j'espère?

On y est.

Il me fixait. Son visage, déformé par la colère, me faisait limite peur. Il cria.

-J'ai pas de crise d'existentialisme moi !

Il lança son ingrédient et son couteau violemment. Ils retombèrent avec fracas sur la table et sur le sol. J'entendis nettement les robes de Parrain se mouvoir. Il allait agir d'ici un moment.

Je m'en foutais au fond qu'il vienne ou pas, je voulais rabaisser le caquet de Blaise. Crise d'existentialisme, je vais lui en donner, tiens.

-Et cette nuit, tu gémissais de terreur à cause d'un malheureux petit cauchemar, gamin !

Mon poing vint rencontrer son visage d'ébène. C'était inévitable, il fallait que je le frappe, je n'étais plus moi-même, la colère vibrait dans chacune de mes cellules. Il recula sous le choc, se massant la pommette. Il me fixait en colère.

Il prépara ses poings.

-Tu veux te battre et bien allons-y, à la façon moldue que tu aimes tant !

Nous nous regardions en chiens de faïence. Nos bagarres étaient rares mais violentes. On en avait besoin. Ces bagarres sont des sortes de défouloirs.

Des murmures s'élevèrent autour de nous. Mais un petit détail qui nous échappa refit surface.

-Messieurs, je pense avoir clairement dit de vous taire, n'est-ce pas mes enfants?

Parrain nous fixait, debout, en face de nous. Nous étions comme figés. Sa baguette nous narguait sournoisement.

-Je ne sais pas ce qu'il vous prend et je ne veux pas savoir. Vous troublez le cours. Sortez vous aérer et que je n'entende aucun bruit de coup.

Pas une seule colle, ni de points de perdus. Nous étions privilégiés après tout. Blaise et moi sortions sous le regard des tous les élèves. Les expressions variaient selon les maisons.

Une fois dehors, il est vrai que pour ma part, l'air frais des cachots me fit un bien fou. La porte était derrière moi. Après quelques minutes, personne ne parla.

-Tu n'es qu'un sale con.

J'ai parlé trop vite.

Blaise était contre le mur. Je me retournai pour le voir. Je dirais clairement qu'il avait une position de branleur avec sa jambe repliée et ses bras croisés. Il avait un air étrange. Le visage neutre.

-Je …

Une profonde respiration. Ses bras se resserrèrent.

-J'ai fait des conneries, tu sais ?

Le silence suivit ces paroles.

-Je … j'espère que tu me pardonneras.

Je ne comprenais rien à ce qu'il disait.

-Qu'est-ce que tu veux me dire? Te pardonner quoi, Blaise, tu es mon meilleur ami, bon sang !

Je ne voulais pas qu'il me laisse, je ne voulais pas le laisser tomber. Merde c'est mon ami !

-Je te pardonnerai tout, tu sais?

J'espérai que mes yeux reflétaient ma pensée, qu'il serait réjoui de la connaître. Qu'on puisse enfin passer à autre chose. Mais j'obtins bien le contraire.

Il baissa son joli visage couleur ébène. Je commençais à avoir froid, l'angoisse que j'avais ressenti lorsque que je l'ai questionné sur son cauchemar me revint, j'en avais des frissons. Des légers soubresauts secouèrent son corps. Un reniflement. Des larmes coulant ça et là.

-Blaise, tu vas bien?

Je m'approchai doucement. Ses murmures parvinrent jusqu'à mes oreilles.

-Au départ, je ne voulais pas … Forcés … Jamais … Je … Enfermés … Peur … Mes parents … choix …

Son charabia n'avait ni queue, ni tête. Mais néanmoins un mot m'avait marqué, ce « jamais ». Il me rappelait ce matin.

-Blaise … Regarde-moi.

Je regardais à droite puis à gauche. Rien. Personne. Je m'avançai, j'étais maintenant devant lui. Il finit par relever la tête. Ses larmes donnèrent à son regard une dimension encore plus triste, il frôlait la peine à l'état pure.

Il commença à ouvrir la bouche. Oui dis-moi, parle-moi.

Et puis rien. Rien ne vint.

Soudain une foule d'élèves et de professeurs jaillit de partout et de nulle part à la fois. Le bruit écrasa le silence que nous partagions. Ce bruit. Il nous vrillait les oreilles. Nous nous faisions bousculés, parfois percutés violemment mais rien ne nous décolla de nos places. J'étais toujours en face de lui et lui en face de moi.

Je regardai avec un certain détachement le monde qui nous entourait. Je vis des mines allant de joyeuses à désespérées. Le bruit partout. Des discussions, des pas, des frottements, des respirations. Notre classe venait de sortir elle aussi. Je vis Pansy qui nous cherchait. Elle va encore tout gâcher. Dès qu'elle croisa mon regard, son corps suivit la direction de ses yeux.

Je portai au plus vite les miens sur Blaise, il était aussi troublé que moi. Il finit par me fixer, ses larmes s'étaient taries. Sa bouche se rouvrit.

Mais Pansy arriva. Elle lui pris un bras. Je pus néanmoins lire sur ces lèvres un « pardonne-moi » avant qu'il ne détourne la tête, fixant le sol, écoutant les jérémiades de Pansy.

Le reste de la journée fut rapide et lent à la fois. Je me laissais guider par mon corps. La vie défilait devant moi. Je n'avais aucune emprise sur ce qui m'entourait. Je n'avais plus parlé à Blaise.

Vers 18h, peu avant le repas, je déambulais dans les couloirs. Ma Marque me faisait encore un peu mal. Avant de descendre les cachots, je passais près d'une fenêtre pour remarquer que l'hiver arrivait à grand pas, les feuilles rouges et marrons étaient au sol pour la plupart voletant au grès du vent glacial. Je m'approchai plus près de la fenêtre pour y coller mon front encore chaud de mes tourments. Mes yeux fermés, je respirai calmement. Je prenais mon temps.

Dehors, des cris lointains d'élèves riants. Curieux, je rouvris mes yeux. Je vis un groupe de Griffondor. Ils faisaient une bataille de feuilles. Des gamins. Je vis Granger mijoter un plan avec Weasel et Finnigan. Il regardait tous Potter, qui lui nettoyait tranquillement sa robe bon marché. Et d'un coup, ils ramassèrent des feuilles en silence, je suppose. Ils marchèrent délicatement vers lui et jetèrent leurs paquets sur Potter. Ils chamaillèrent encore quelques minutes. Leurs rires étaient clairs et puissants. Je ne savais pas pourquoi je les espionner comme ça mais je continuais. La plupart était assis riant encore de leur bêtise, les autres essayaient d'enlever les feuilles crochues de leurs vêtements.

Quant à Potter, lui, il regardait ses amis avec le même regard nostalgique de l'autre soir. Avec un sourire bienveillant en prime.

Mes mains s'étaient collées à la vitre sans que je le remarque. J'avais comme envie de les rejoindre.

Après cette réflexion, je me secouais la tête pour chasser cette idée à la con.

J'allais partir. J'en avais assez vu. Je les enviais.

Mes mains se détachèrent de la vitre doucement. Elles collaient à moitié à cause de la condensation laissant deux marques sur la vitre. Ma tête mis plus de temps à partir. Je ne voulais pas vraiment quitter cette fraîcheur. Mais Nott m'appela au loin pour me prévenir que le repas allait commencer. J'allais partir, je le promets mais un détail étrange m'en empêcha.

Potter venait à l'instant de relever la tête et il me fixait. A cette vue mon sang pulsa plus vite dans mon corps.

«Pourquoi me regarde-t-il comme s'il me voyait? Il doit penser que je l'espionne depuis longtemps. Je dois passer pour un fou ou un sociopathe. Pourquoi je m'inquiète comme ça? J'ai l'impression d'avoir commis une erreur et d'être pris en faute. Arrête, c'est pas comme s'il pouvait me voir … Est-ce moi ou je viens de voir l'ébauche d'un sourire?»

-Malfoy, allez viens ! Qu'est-ce que tu fixes comme ça?

-Rien. J'arrive.

L'image de Potter me souriant était gravé dans ma tête, je n'arrivais pas à l'oublier. Pourquoi?

Pendant le repas, je fixais étrangement Potter. Mais il n'ose jamais me regarder. Blaise discutait avec Warrington. J'entendais quelques brides de leur conversation. D'ailleurs, j'étais le sujet de leur attention si je comprenais bien.

-Oui je fixe Potter. Voulez-vous jouer avec moi ?

Je leur souris narquoisement. Ils tournèrent la tête et changèrent de sujet : Pansy et ses ragots.

J'avais fini mon repas, de toutes façons je n'avais plus faim. Je me lève. J'adresse aux autres un regard plutôt froid, je ne veux personne pour m'escorter.

Pourtant j'aurais du voir que quelqu'un avait décidé de me suivre quand même.

TBC ...

Voilà, je ne fais pas de promesses sur quand sortira le prochain chapitre. J'espère juste que vous serez toujours là.

XOXO.