Merci beaucoup pour vos coms encourageants ! Voici donc la suite, en espérant qu'elle vous plaira ! La prochaine au plus tôt vendredi soir prochain...
Bonne lecture !
Chapitre 4
Comme à son habitude, alors qu'elle allait partir, Stella était passée devant le bureau de Mac. Elle s'était arrêtée quelques instants en le voyant, avait hésité, puis était finalement entrée. Il était assis, sa chaise tournée vers la fenêtre. Il somnolait. Au bruit de la porte qui se refermait, il avait sursauté et s'était tourné vers elle.
« Hey, Mac ! »
« Vous partez ? »
« Hmm… J'ai deux ou trois choses à faire et comme il n'y a rien d'urgent ici qui ne puisse attendre demain matin… »
« Pas de problème. Ah, juste une question… Est-ce que c'est moi ou vous passez plus de temps dans ce bureau que dans le votre ? »
« Il est bien plus grand que le mien… » avait-elle répliqué avec un de ces sourires moqueurs dont elle avait le secret. Il n'était pas mécontent de la voir ainsi, si peu de temps après les durs évènements qu'elle avait vécu. Il avait poursuivi dans le même ton…
« Mais il m'est impossible de faire la moindre sieste ! »
Elle avait ri. Puis, toujours souriante mais reprenant son sérieux, elle s'était assise en face de lui.
« Ne dites pas de bêtises, Mac… Vous ne vous accordez jamais le moindre répit ! Alors une sieste… vous m'inquiéteriez ! D'ailleurs, sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Nous avons résolu le cas Storming et vous m'avez dit vous-même cet après-midi que vous attendriez demain pour vous pencher sur l'affaire de la banque… Il n'y a rien qui vous retienne ici,… et je vous rappelle que vous me devez un dîner ! Allons, venez, prenez vos affaires, je vous amène au restaurant… Et ne me dites pas que vous aviez quelque chose de prévu pour ce soir, je ne vous croirais pas ! »
Elle s'était levée et dirigée vers le porte-manteau sur lequel elle avait attrapé la veste de Mac. Comme elle avait le dos tourné, ce-dernier l'avait observée. L'enthousiasme de sa collègue l'énervait. Il avait respiré profondément et l'avait apostrophée, d'une voix grave et sévère.
« Reposez ça Stella. Je n'irais nulle part, c'est inutile. »
« Mais voyons Mac… »
« Il n'y a pas de - mais - ! »
« Allons donc… Qu'est-ce que… ? »
« Arrêtez ! Franchement, Stella, vous êtes pénible. Est-ce que je dois vous rappeler que je suis votre supérieur, que vous êtes dans mon bureau ? Ne vous croyez pas tout permis ! Vous n'êtes plus une gamine ! Quand apprendrez-vous enfin à obéir aux ordres ? »
« Aux ordres ? » Stella s'était retournée, effarée. Elle avait senti la colère s'emparer d'elle. Pour qui se prenait-il ? « Je n'ai d'ordres à recevoir de personne, Mac ! » lui avait-elle lancé, furieuse. Puis elle s'était calmée. Ce n'était rien, un simple moment d'égarement de la part de Mac… Il devait être exténué… et préoccupé. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle était venue. « Allons, on oublie ça… J'étais venue pour… »
« Je sais. » l'avait-il coupée. Sèchement. Froidement. « Il n'y a pas besoin d'être devin. Ca fait plus d'une semaine que vous venez passer une heure dans mon bureau, chaque soir, que vous me faites perdre un temps précieux pour discuter de tout et de rien. Vous êtes ici pour faire votre travail, Lieutenant Bonasera, et pas pour flirter comme une collégienne avec vos collègues, encore moins avec vos supérieurs ! Je n'ai pas que ça à faire. Alors, si vous le voulez bien, quittez ce bureau et l'on oubliera peut-être vos écarts. »
Il avait parlé sans aucune hésitation dans la voix. Stella était restée debout face à lui, bouche bée, incrédule devant ce qu'elle venait d'entendre. Elle ne savait pas quoi dire, quoi faire…
« Qu'attendez-vous ? »
La tête plongée dans ses papiers, il n'avait même pas daigné la regarder. Elle avait explosé. S'il s'imaginait qu'elle allait se laisser faire !
« Ce que j'attends ? Vos excuses ! » avait-elle hurlé, de sorte que tous, dans le labo, avaient levé la tête pour regarder ce qu'il se passait. « Vos excuses pour m'avoir insulté sans que ça vous émeuve le moins du monde ! Vos excuses pour m'avoir fait comprendre de manière ô combien délicate que je n'étais que de la merde à vos yeux ! Vos excuses pour m'avoir laissé m'inquiéter pendant des jours à votre sujet alors que la seule chose qui vous tourmente est votre petite personne ! »
« Je ne vous ai rien demandé ! Je n'ai pas besoin de qui que ce soit ! Et certainement pas de vous ! » avait-il rétorqué violemment, les mains crispées sur son bureau sous la colère.
« Ah ça… Je saurais m'en souvenir, soyez-en sûr ! »
« Tant mieux, ça m'évitera d'avoir à me répéter ! Sortez maintenant ! »
Elle avait pris une profonde inspiration. La fureur, l'exaspération, l'incompréhension, la déception,… tout se mélangeait sans qu'elle parvînt à mettre de l'ordre dans ses sentiments. Elle avait tourné les talons, brutalement, et avait ouvert la porte vitrée. Au moment où elle allait sortir, elle s'était retournée.
« Vous savez ce que vous êtes, Mac Taylor ? Un égoïste et un hypocrite complètement obtus et dénué de sentiments ! Je ne sais pas comment j'ai pu être aussi aveugle ! J'avais cru naïvement que je pouvais peut-être vous aider… Je me trompais ! Votre cas est désespéré ! »
Lorsqu'elle avait claqué la porte, il avait cru que le verre se briserait en milles morceaux. Tout l'étage avait tremblé. Elle s'était dirigée vers l'ascenseur, sans se retourner, sans s'arrêter, sans répondre aux regards inquisiteurs des différentes personnes qui avaient assisté de loin à la scène. Elle était partie.
« Mac ? »
La voix de Sid le ramena à la réalité. Comment avait-il pu oser lui dire ça, à Stella ? Après tout ce qu'elle avait fait pour lui, après la mort de Claire et tant de fois par la suite… Les paroles de sa collègue l'avaient blessé mais pouvait-il lui en vouloir ? Elle avait un caractère bien trempé, parfois un peu trop… Mais il la connaissait, il le savait. Et ce n'était même pas elle qui avait commencé : il l'avait provoquée ! Il l'entendait encore : « Un égoïste et un hypocrite complètement obtus et dénué de sentiments ! » Dans toutes autres circonstances, ces mots seraient sortis de la bouche de Stella au milieu d'un large sourire un peu moqueur… Mais cette fois… Il avait tremblé en croisant son regard tandis qu'elle l'invectivait. Il s'était noyé dans ces magnifiques yeux émeraude qu'il avait pu voir si doux et qui lui étaient alors apparus si durs.
Mac jeta un coup d'œil à Sid. Quelle était la question ? Ah oui… Pourquoi ? Pourquoi cette ridicule dispute ? Pourquoi cet affrontement idiot ? Il balbutia…
« Je… Stella… s'inquiétait. Elle s'inquiète toujours… »
« Et… ? Il me semblait que sa présence n'était pas pour vous déplaire… Ce que je peux comprendre d'ailleurs… Elle ferait tourner la tête de plus d'un homme !… D'ailleurs moi-même… »
Mais Sid s'arrêta. Mac n'avait pas relevé l'ironie de ses propos et se taisait toujours. Le légiste reprit sur un ton sévère.
« Vous n'êtes qu'un vieil ours, Mac, si vous vous êtes mis en colère uniquement parce qu'elle voulait prendre soin de vous ! »
« Sans doute… »
Sid s'étonna de l'absence de réaction de Mac à ses reproches.
« Vous êtes sûr que ça va ?... Allons Mac… Expliquez-moi tout… Que s'est-il passé exactement ? »
Mac soupira, puis décida de tout expliquer à son vieil ami. Un jour ou l'autre, il le faudrait…
« Hier soir, je suis rentré chez moi vers 19h30. La veille, en ouvrant mon courrier, j'avais trouvé un message, anonyme, me disant de venir seul et sans arme à l'hôtel, le soir. Je savais parfaitement que c'était le groupe Perth qui en était à l'origine. »
« Perth ? »
Mac hocha la tête.
« Si je vous dis : la mort d'Angell, la fusillade au bar, Danny blessé… ça vous dit quelque chose ? »
Sid regarda Mac dans les yeux. Comment aurait-il pu oublier ? Mais…
« Je ne comprends pas Mac… Quel rapport entre ces gangsters et… ? »
« Et l'affaire actuelle ?... C'est simple… Depuis le jour de la fusillade, je n'ai jamais cessé mes recherches, dans l'espoir de finir par les coincer… L'autre jour, quand nous avons trouvé Vince Brimeson, j'ai découvert, par hasard, une balle fichée dans un mur. Elle n'avait rien à voir avec l'affaire puisque Brimeson a été tué à l'arme blanche, mais je l'ai néanmoins prélevée et expertisée : elle était du même calibre que celle avec laquelle on nous a tiré dessus, il y a quatre mois ! Un calibre pourtant rare ! Cet hôtel était à l'abandon mais il y avait toutefois de nombreuses traces de passage… »
« Et vous avez pensé que le bâtiment était peut-être une planque des Perth, et qu'ils avaient un rapport étroit avec l'affaire en cours… »
Mac aquiesça.
« Et puis j'ai reçu ce message. Hier soir, j'avais prévu de me rendre au rendez-vous. Armé bien entendu. Je voulais mettre les choses au clair. Je suis d'abord passé chez moi et comme il n'était pas très tard et que J'avais le dossier Perth sur moi, je me suis assis à table et je l'ai feuilleté. C'est à ce moment-là que j'ai entendu un bruit dans mon appartement. Quand je me suis retourné, ils étaient deux en face de moi, braquant leurs armes sur moi. J'avais posé mon holster. Ils m'ont dit avoir changé d'avis et préféré venir me chercher plutôt que de me laisser venir tout seul au rendez-vous. Lorsqu'ils m'ont intimé de me lever, j'ai marché vers la porte. En passant devant le guéridon, j'ai rapidement attrapé mon arme et tenté de tirer mais, je ne sais comment, ils s'étaient débrouillés pour la décharger. Ils ont ri et se sont avancés vers moi. J'ai bien tenté de me défendre mais j'ai senti un choc derrière la nuque et j'ai dû perdre connaissance… Lorsque je me suis réveillé, j'étais dans la chambre d'hôtel où les autres m'ont trouvé. Ils me menaçaient. Ils voulaient que je leur donne les noms de ceux qui les avaient donnés ainsi que ceux des plus gros bonnets de la drogue à New York. Comme je refusais, ils m'ont tiré dessus… »
« Et… Que vient faire Stella dans tout ça ? »
« Sid… C'est à cause de moi que Stella est allée se jeter dans la gueule du loup !... Depuis près d'une semaine, elle passait tous les soirs dans mon bureau, sous prétexte de prendre de mes nouvelles. Elle savait parfaitement que je n'avais pas lâché le dossier Perth, quoi que j'en dise… Hier soir, elle m'a effrayé… Elle m'a dit qu'elle en avait assez, qu'elle refusait de me voir plus longtemps agir en solo, comme si j'étais le seul contrarié… Elle m'a dit… que s'il le fallait, si c'était la seule chose à faire pour que je me souvienne que j'avais une équipe, que je n'étais pas le seul à souffrir et à faire la loi, elle irait elle-même chercher les gars du groupe Perth et les descendrait un par un. Je la connais trop bien… elle en aurait été capable. J'ai pris peur. Je me suis dit que, en la poussant à bout, elle m'en voudrait trop pour repenser à ça cette nuit et que je verrais le lendemain comment faire évoluer les choses… Alors je l'ai volontairement énervée, elle s'est emportée, elle a quitté mon bureau plus furieuse que jamais… Je m'en voulais de lui avoir menti, mais je pensais l'avoir protégée contre elle-même !... »
Sa voix se brisa.
« J'avais tort… »
Sid avait écouté Mac sans intervenir. Mais il voulait comprendre…
« Comment a-t-elle su… pour l'hôtel ? »
« Je ne sais pas… Lorsque les deux autres m'ont emmené, je n'avais pas mon portable sur moi. Elle sera passé à mon appartement, pour je ne sais quelle raison… et aura trouvé le message fixant le rendez-vous !... Tout ce que je voulais éviter… »
Mac laissa tomber une larme sur le sol. Sid s'était assis à côté de lui et l'écoutait patiemment.
« Vous n'avez rien à vous reprocher, Mac… Personne n'est fautif. Ni vous, ni Stella. Le hasard aura fait que… »
« Le hasard ? » le coupa Mac. « Je voulais la protéger et, au lieu de ça, c'est elle qui a volé à mon secours… Aucun hasard, Sid !... C'est grâce à elle, si les deux autres ne m'ont pas eu ! Je me souviens maintenant… Je croyais délirer mais je l'ai vue, à quelques pas de moi, frapper l'homme qui me tenait en joue au moment même où le coup est parti. Elle était là… »
« Mac ? »
Le détective et le légiste se retournèrent. Lindsay se tenait derrière eux. Il n'y avait dans son regard aucun reproche.
« Mac, j'ai entendu… Je… Nous avons besoin de vous ! Vous devez nous aider à retrouver Stella !... Mac, arrêtez de culpabiliser… Ca ne fera pas avancer les choses, et chaque minute perdue ne peut qu'amoindrir nos espoirs. »
Elle s'accroupit devant lui, posa doucement ses mains sur ses genoux.
« Elle a besoin de vous … »
Mac regarda la jeune femme. Elle lui sourit. Il se leva, essuya une larme qui coulait le long de sa joue.
« Qu'est-ce que je peux faire ? »
« Eh bien, je me disais que, puisque les deux autres vous ont rendu visite à votre appartement et que c'est de là que tout est parti, nous ferions peut-être bien d'aller y jeter un coup d'œil… »
« Vous n'avez rien à faire ici ? Je croyais que Danny… »
« Hawkes bosse tout à fond. Et Adam viendra l'aider lorsqu'il aura fini… Je vous accompagne ! »
Comme il rattachait sa ceinture, il dévisagea la femme qui gisait, pieds et mains liés, inconsciente sur le lit, et dont les boucles brunes se répandaient en cascades sur les draps blancs tachés de sang. Un sourire satisfait se dessina sur son visage tandis qu'il enfilait sa chemise. Il lui jeta un dernier coup d'œil, s'approcha d'elle, laissa un instant courir ses doigts le long de ses cuisses, puis il se retourna et partit en fermant la porte à clés derrière lui.
Dehors, la neige s'était remise à tomber de plus belle.
