Chapitre VI

Plus tard durant l'après-midi, Ron était assis sur le bord de la fenêtre. Il se demandait bien ce qu'ils allaient faire. Il était nerveux, sa mère n'allait surement pas laisser son fils disparaitre comme ça. Grindelwald pour sa part semblait assez calme. Ils marchaient en silence. Le rouquin se contentait de suivre son amant qui semblait savoir où ils devaient aller. Ron tourna la tête à sa gauche, le paysage avait changé et il ne s'en était même pas aperçu.

-On va où? demanda-t-il finalement.

-Tu le sauras quand on y sera.

Ron poussa un long soupir. Il n'avait jamais aimé ce genre de réponse. Il se contenta donc de ne plus y penser et de profiter de l'instant. Malheureusement, il se rendit compte qu'il ne pouvait. Ils arrivèrent devant une maison délabrée et vraiment laide. Le rouquin regarda Grindelwald et lui posa une question du regard.

-C'est la maison que j'occupais avant de me battre contre Albus.

-Oh, laissa-t-il tomber, mais que comptes-tu faire ici? Tu as un plan?

-Oui, mais je ne peux pas t'en faire part.

-Comment ça? interrogea Ron offusqué.

-Tu as une tête a utilisé du Veritaserum dessus.

Gellert sentit la colère de son amant monter, mais il voyait surtout l'incompréhension dans ses yeux. Il aurait tant aimé tout lui dire, mais pour l'instant il ne pouvait pas.

-Promets-moi de ne pas m'haïr.

-Juste le fait que tu me demandes ça, ça me met en rogne.

Grindelwald se mit soudainement à faire un décompte en partant du chiffre dix. Le rouquin le regardait médusé. Rendu à un, la porte s'ouvrit dans un grand fracas pour laisser entrer la mère du rouquin et le Ministère de la Magie. Le réflexe de Ron fut de se coller à son amant. Gellert le laissa faire et serra Ron contre lui.

-Ronald Weasley! hurla sa mère rouge de colère.

Le rouquin ne savait pas ce qui était pire, le Ministère de la Magie ou sa mère. Toute la scène se passa très rapidement. Ron n'eut même pas le temps de réagir. Les hommes du Ministère de la Magie ouvrirent le feu sur Grindelwald qui, pour sauver son amant des assauts, le poussa loin de lui. Le rouquin tomba sur les fesses et tenta de se relever rapidement pour venir en aide à son amant. Une fois sur ses deux pieds il regarda rapidement la scène, Gellert était en joue. Avant même que Ron ne fasse un pas en sa direction, un sortilège sortit de la baguette de l'un des hommes et toucha de plein fouet Grindelwald.

-GELLERT! hurla Ron.

Molly alla empêcher son fils d'aller voir son amant. Après l'inquiétude de l'adolescent la place fut prise par la tristesse. Il n'en croyait pas ses yeux, Grindelwald n'avait pas fait un seul mouvement pour se défendre. Il se maudit de ne pas avoir été assez fort pour l'aider. Il n'eut pas le choix de retourner chez lui la tête basse. Il en voulait énormément à sa mère.

Quelques mois passèrent sans que la tristesse de Ron s'apaise. Molly alla lui parler:

-Ronald, c'était le mage noir, c'est un homme très méchant.

-Tes parents ne t'ont jamais dit de ne pas te mêler des affaires d'autrui?

Elle fût surprise par les propos venimeux de son propre fils qui était habituellement si doux. Il la foudroyait du regard. Après un long silence, elle sortit de la chambre de son fils.

-Comment va-t-il? s'inquiéta Harry.

-Je suppose que je dois dire qu'il va très mal. dit-elle en soupirant.

-Il ne veut même pas me parler, commença Hermione, était-il vraiment amoureux?

-Je crois que oui. avoua Harry.

Ron ferma les yeux, toute son envie de vivre était partie avec Grindelwald. Durant la nuit, il se décida à sortir de la maison. Il fit très attention de ne pas réveiller sa famille et ses deux amis. Il mit ses souliers et passa la porte. Il n'avait pas l'intention de se sauver, juste qu'il voulait prendre l'air. Il marcha un peu de façon automatique et il s'arrêta pour lever la tête vers le ciel. Il entendit des bruits de pas derrière lui, c'était Ginny. Il la regarda vaguement.

-Tu ne te sauves pas? demanda-t-elle.

-Pour aller où? répondit Ron avec amertume.

-Je suis désolée, j'ai essayé d'empêcher Maman d'intervenir, mais tu sais comment elle est. Elle croit dur comme fer qu'il était méchant.

-Et toi, tu le crois? demanda Ron en se tournant pour regarder sa sœur dans les yeux.

-Je crois plutôt que tu étais le seul qui comptait à ses yeux, je crois aussi que tu étais le seul à pouvoir le faire changer. Je me fiche bien de ton orientation Ron, pour moi, tant que tu es heureux c'est le principal.

Le rouquin soupira et répondit avec douleur:

-Tout le monde ne pense pas comme toi Ginny.

-Je sais, mais je crois que tu as besoin de parler à quelqu'un qui ne te jugera pas et je sais parfaitement qui peut faire ça.

-Je n'ai pas besoin de rencontrer un psychologue.

-Non, pas ça, tu devrais aller voir Malefoy.

L'adolescent s'étouffa avec sa salive. Il n'arrivait pas a digéré que sa sœur ait mentionné son nom. Il la regarda sans oser prononcer un seul mot, elle le fit pour lui.

-Maintenant qu'il sort avec Hermione, il a changé.

-Quoi? Depuis quand cette fouine sort avec Hermione?

-Même principe, déclara Ginny, Hermione est la seule personne à pouvoir adoucir le cœur de Malefoy. Elle l'a grandement aidé à se relever après la défaite de Voldemort.

Soudainement, le rouquin se mit à comprendre où sa sœur voulait en venir. Il regarda les étoiles. Il avait le sentiment que Grindelwald savait où il se trouvait et qu'il avait toujours un œil sur lui. Ginny posa la main sur l'épaule de son frère et n'ajouta rien de plus. Toutes paroles auraient été futiles de toute façon. Elle passa un long moment avec lui avant de partir en direction de la maison:

-Bonne nuit Ron.

-Bonne nuit Ginny.

-Tu me promets d'aller voir Drago demain?

-Ouais.

Elle sourit et retourna à l'intérieur. Le rouquin finit lui aussi par retourner à l'intérieur pour aller se coucher. Le lendemain, il se leva avant tous les autres, il mangea quelque chose et regarda le bout de papier sur la table. Ginny lui avait laissé l'adresse. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Il prit le bout de papier et sortit de la maison avec. Il se rendit donc chez cette fouine de Drago Malefoy. Il cogna. L'attente fut de courte durée, la porte s'ouvrit et laissa voir un Malefoy plutôt surpris.

-Weasley?

Voyant l'air dépité du rouquin, il comprit:

-Entre.

Ron entra dans l'appartement du blondinet, Drago lui fit un thé et s'assit devant lui. Il regardait Ron, il ne savait pas plus par où comment que le rouquin. Il brisa enfin le silence.

-Ginny m'a parlé de ce qui s'est passé. Je suis désolé pour toi Ron.

-C'est passé, j'ai juste besoin qu'on m'aide à avancer.

Il vit un sourire se peindre sur le visage de Malefoy.

-Je suis là pour ça.

La séance avec Malefoy se passa plutôt bien. Il n'aurait jamais cru qu'il puisse être gentil. Si Hermione était la cause de ce changement radical chez lui, il n'avait plus de doute. Ce devait être la même chose pour lui et Grindelwald. Drago ne faisait que parler avec lui, de tout et de rien sans aborder des sujets épineux. Il avait un don pour la parole, Ron se confiait à lui et Malefoy ne le jugeait jamais. Il ne parlait même pas à Hermione de ce qu'ils se disaient. Grâce à lui, il pu enfin reparler à Harry ainsi qu'à sa mère. Un matin, ses parents étaient partit, il ne restait qu'Harry, Hermione et Malefoy dans la maison, même Malefoy était là ce jour là. Le rouquin descendait l'escalier lentement. Il s'arrêta sur la dernière marche et les regarda. Ils avaient l'air d'attendre quelque chose.

-Mais qu'est-ce que j'ai fais encore? marmonna le rouquin.

-Ce n'est pas ce que tu as fais, le rassura Hermione, mais bien ce que tu vas faire.

Intrigué, le rouquin s'avança et regarda ses amis. Harry avait un sourire colgate* de collé au visage. Harry parla:

-J'ai reçu une bonne nouvelle pour toi, mais je ne peux pas te dire ce que c'est.

-C'est drôle, j'aime pas du tout ce genre de situation. répondit Ron.

-Nous avons tous parler et nous sommes venu à une conclusion, commença Malefoy avec un large sourire sur les lèvres, nous avons pensé qu'un voyage te ferait le plus grand bien.

-Un quoi?

-Voyage, bien sur tu vas devoir y aller seul, mais je suis certaine que tout ira bien. avoua Hermione.

Cette nouvelle assomma Ron d'un coup sec. Il commençait à peine à se sentir bien et ils voulaient tous l'envoyer au bout du monde et seul en plus. Malefoy lui tendit un billet d'avion pour l'Australie. Il regarda le billet pendant quelques minutes, puis il leva la tête vers le blond:

-C'est une blague? Y-ya plein d'araignées venimeuses là-bas!

-Ron, ne fais pas ta poule mouillée, répondit Harry, avec la surprise qui t'attend là-bas tu vas les oublier ces araignées.

-Je suis sensé de comprendre quoi la dedans?

-On ne peut rien te dire, mais on peut te donner quelque piste. Harry a reçu une lettre et une personne t'attend là-bas. dit Hermione.

La conversation s'éternisa, mais il finit par accepter de s'y rendre. Il passa tout le reste de la semaine à faire ses valises. Le billet n'était qu'un allé, il se demandait bien ce que ses amis mijotaient dans son dos. Malefoy lui avait spécifié qu'il ne voudrait plus rentrer après y avoir été. Toute la famille était au courant, Ginny leur avait parlé, mais il ne savait pas de quoi. Une fois dans l'aéroport, il regarda Harry, Ginny, Hermione et Malefoy d'une façon inquiète.

-Ne t'en fais pas Ron, je t'enverrais des lettes. le rassura Harry.

-Sois heureux Ron, tu me le promets? demanda Ginny.

-Je… vais essayer. lui répondit-il.

-Ne fait pas trop de folie! lui dit Hermione.

Chacun leur tour, ils lui firent un câlin, ce qui ressemblait beaucoup à un câlin d'adieux. Harry semblait convaincu avec Ginny que tout allait bien se passer. Hermione serra Ron dans ses bras, elle pleurait un peu. Malefoy s'avança vers lui et le pris dans ses bras, il lui murmura à l'oreille:

-Il a de la chance, t'es adorable Ron.

-Quoi? répondit ce dernier ne sachant pas de quoi le blondinet parlait.

-Drago! Ne mélange pas Ron comme ça! lui reprocha Hermione.

Le rouquin sourit et leur promis de répondre aux lettres qu'ils enverraient. Il monta dans l'avion, les paroles de Drago l'avaient un peu ébranlé, il n'avait jamais pensé que Malefoy aurait pu être bisexuel. Cependant, il savait très bien qu'il était sincère avec Hermione. Il ne s'inquiétait pas trop pour eux. Une fois dans le siège de l'avion il soupira.

-Drago, la première classe, tu en fais trop.

Le blondinet lui avait payé le voyage et il se sentait un peu mal à l'aise. Il regarda au travers du hublot et sentit l'avion décoller. Il observait tout, tout était calme, ça le rassurait un peu. Il regarda comment il était habillé à comparer des autres. Il portait un pull mauve affreux et une vieille paire de jean délavée. Les autres portaient des vêtements propres. Il chigna et essaya de ne pas se faire remarquer. Le trajet fut long, mais tout de même plaisant. Il sortit de l'avion et alla prendre ses valises. Il regarda l'adresse sur le bout de papier. Quelqu'un le héla:

-Vous êtes monsieur Ronald Weasley?

-Heu… oui.

-Ah, venez dans la limousine, Monsieur vous attend.

Sans se poser des questions, il embarqua. Il trouvait cela un peu étrange, mais il ne ressentait aucune hostilité envers chauffeur. Il fut débarqué devant la splendide maison sur le bord de l'eau. Il avala difficilement sa salive, il ne savait même pas qui était la personne qui vivait ici. Il pensa à Bill. Est-ce que sa famille croyait vraiment qu'il allait mieux se sentir? Il entra:

-Allô? Il y a quelqu'un?

Il entendit presque instantanément des bruits de pas venir vers lui. Il tourna la tête, il fut prit de surprise et ne savait pas quoi dire:

-Grindelwald?

Le bel homme sourit et serra Ron contre lui:

-Attends que je t'explique avant de me bouder.

Le rouquin se laissa entrainer vers le salon. Il s'assit et regarda Gellert. Il avait un large sourire sur les lèvres, le cœur du rouquin se gonfla d'un sentiment qu'il croyait avoir oublié.

-J'avais prévu qu'ils se lanceraient à notre poursuite. Alors j'ai fait mit sur moi une panoplie de formules et de charmes de protection. La seule chose que je ne pouvais pas prédire était le sortilège qu'ils allaient le lancer. En fait, je me suis sauvé après avoir été inconscient pendant quelque temps.

-Pourquoi on n'a rien entendu sur le sujet dans le journal?

-Vous n'étiez pas supposer savoir que j'étais encore en vie, d'ailleurs je leur ai lancé le sortilège d'oubliettes, il n'y a que toi Ron qui ne sait pas t'en servir comme il faut.

-Héé! marmonna Ron.

Grindelwald sourit et poursuivit:

-J'avais prévu de changer de pays après cela, même si tu déteste les araignées, j'ai pensé à ici car le Ministère de la Magie ne communique pas vraiment avec les autres. J'avais pensé me servir de cette lacune à mon avantage. J'ai ensuite envoyé une lettre à Harry, ta sœur m'a répondu car malheureusement, il n'était pas présent quand la lettre est arrivée à destination. Elle a convaincu tes amis que mes sentiments pour toi étaient vrais. Nous avons échangé quelque lettre et quand je lui ai fait part de mon désir que tu viennes vivre avec moi ici, elle a dit qu'elle connaissait quelqu'un qui pouvait nous aider. Elle a mentionné un nom que je ne me rappelle plus.

-Drago Malefoy. murmura Ron.

-Oui, c'est ça! fit Gellert en se rappelant subitement du nom.

Le rouquin esquissa un sourire, ses amis s'étaient démené pour le rendre heureux, il leur devait une fière chandelle. Il serra Grindelwald dans ses bras.

-Tu n'es pas trop fâché?

-Je ne peux pas être fâché contre toi.

L'adolescent ressentait à nouveau le bonheur qu'il avait oublié. Il allait remercier ses amis de tout son cœur, ils étaient formidables. En fait, Gellert était la surprise et la raison pour laquelle il ne voudrait plus rentrer. Ils échangèrent un long baiser passionné jusqu'à ce qu'un hibou se mette à gratter dans la vitre. Grindelwald mit fin au baiser et regarda l'animal. Ron suivit son regard et fini par demander:

-Il est prévu dans ton plan lui?

-Pas vraiment…

Le rouquin se décolla de son amant et alla voir l'hibou. Il transportait une lettre. Il ouvrit la fenêtre et la prit. Il y avait leurs noms d'inscrit sur le dessus de l'enveloppe. Sous le regard de Grindelwald, il l'ouvrit. C'était deux lettres dans la même enveloppe, l'une s'adressait à lui et l'autre à Gellert. Il lui tendit la lettre et se mit à lire la sienne. La lettre lui donna un sourire, il eut même un rire:

-C'est gentil de sa part.

Il regarda Grindelwald qui terminait de lire la sienne tout en laissant échapper une phrase avec un sourire qui laissait présumer que les lettres venaient de la même personne.

-Espèce de vieux fou…