Cette fois-ci, un gros chapitre ! On espère qu'il vous plaira… Dîtes-nous ce que vous en pensez :)
Bonne lecture !
Lors d'un de ses rares moments de conscience, Hermione se dit que ça ne pouvait plus durer. Il fallait qu'elle en ait le cœur net. Il fallait qu'elle se confie à quelqu'un, qu'elle ait un allié dans ce monde, quitte à changer le futur. Son choix se porta instantanément sur…
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Le chouintement feutré caractéristique d'une porte qui veut être ouverte sans bruit se fit entendre dans l'infirmerie. Hermione tourna la tête vers l'entrée, rencontrant de plein fouet des yeux d'un bleu profond derrière de fines lunettes en demi-lune. L'éternité d'un instant figea la scène, et le soleil du soir, complice, décida de rougeoyer de tous ses feux, créant une atmosphère magique. La scène sembla durer un temps interminable aux deux sorciers qui se regardaient, leurs yeux rivés détaillants le visage de l'autre. C'est un Dumbledore jeune, sans aucune ride mais des cheveux déjà d'un blanc immaculé qui était en face d'Hermione. Il se tenait droit, avec la tête haute et un maintien assuré. Ses yeux pétillaient de malice et leur bleu glacier réchauffait l'intérieur d'Hermione. C'était exactement le même regard que le tableau lui avait donné en encouragement lorsqu'elle s'était saisie du retourneur de temps. De minuscules et légères larmes de soulagement lui coulèrent le long des joues. Les années n'avaient pas et n'auraient pas d'emprise sur le futur Directeur.
Dumbledore détailla la jeune fille. Elle était plutôt jolie, avec son visage fin et ses traits gracieux. De nature plutôt menue, elle était à demi allongée sur le vieux lit de l'infirmerie, des coussins la soutenant derrière le dos. La nuisette des malades féminins lui allait très bien, ce qui était un exploit vu la couleur mauve défraîchit et les fleurs disgracieuses qui l'ornait. Dumbledore eu la profonde conviction que n'importe quels vêtements pouvaient aller à cette jeune fille et que même habillée d'un sac à patate elle dégagerait le même charme, à la fois insaisissable et mystérieux. Les rayons du soleil couchant faisaient miroiter sa chevelure indisciplinée, transformant le châtain clair en un auburn flamboyant. Si elle avait l'air calme à l'extérieur, Dumbledore arrivait tout de même à desceller dans ses yeux le reflet de la profonde bataille qui faisait rage en elle. Un mélange de désespoir et de confiance absolue. Qui soudain forma un tout. Ses yeux ambre brillèrent des mille feux et de petites larmes coulèrent le long de sa joue.
Dumbledore entra doucement sans lâcher la jeune fille des yeux, et cette dernière lui sourit. Un petit sourire à la fois timide et parfaitement posé, qui acheva de les mettre tout les deux en confiance.
- Bien. Fit l'homme… et bien et bien… Bonjour. Ou plutôt bonsoir, jeune demoiselle…
- Hermione. Je m'appelle Hermione. Et vous, vous êtes Dumbledore.
L'intéressé leva un sourcil, le rabaissa et sourit.
- Exact Hermione, c'est exact. Vous êtes bien informée. Puis-je savoir d'où vous venez comme ça ? Si vous pouvez me le dire bien sûr…
Hermione n'hésita pas une seconde. Au plus profond d'elle même, elle savait que la décision en question avait été prise depuis le moment même où elle avait croisé les yeux bleu glacier, il y a quelques jours déjà.
- D'ici Professeur. De Poudlard. Mais ce n'était pas réellement la question n'est-ce pas ? Celle qui vous brûle les lèvres n'est-elle pas plutôt : « De quand venez-vous ? ». La sorcière sourit faiblement en voyant les yeux perçants de son ex-futur-directeur se troubler, puis reprendre contenance.
- Je vais y répondre aussi, reprit-elle. A celle-ci et à sûrement beaucoup d'autres de vos interrogations. En fait, si vous me le permettez je vais vous raconter une histoire. Une longue histoire… Je ne pourrais la raconter qu'une seule fois. Et puis, il restera des zones d'ombres où je vous demanderai de ne pas me poser de questions, du moins pour l'instant … Voulez-vous toujours l'entendre professeur ?
La mine sérieuse de son interlocuteur lui servit de réponse. Toutefois, la perspective de se replonger de son plein grès dans tous ces souvenirs obscurs rebuta Hermione. La sorcière regarda le coucher de soleil miroiter sur les rives du lac jusqu'à ce que le dernier rayon de lumière se soit reflété et la nuit tombée doucement. Dumbledore attendit patiemment la fin de ce qu'il savait être une intense réflexion et vrilla ses yeux dans les siens lorsqu'elle prit une profonde inspiration et commença son récit.
- Accrochez-vous bien, c'est un long voyage souffla-t-elle….
La sorcière lui raconta alors son histoire, l'Histoire de tous les sorciers de son temps, en commençant par le commencement. L'isolement d'un sorcier attiré par les forces du mal, son retour vers la communauté magique, le regroupement de partisans autour de lui, leurs idées, leurs actions, leur nombre incalculable de meurtres… Elle passa en revue comment la résistance s'était alors organisée contre ce mouvement, mais elle ne s'attarda pas. Il lui restait tellement de choses à lui confier…
Elle lui décrit la nuit où ce mage noir fût réduit au néant par un simple bébé, du moins c'est ce que l'on croyait. Elle lui fit part de l'euphorie qui s'était alors emparée des sorciers du monde entier cette nuit là, du sentiment de soulagement et d'ivresse que chacun avait pu éprouver… Un bien-être qui ne dura qu'une quinzaine d'années. Elle lui expliqua comment elle et ses amis avaient assisté au retour du sorcier ; son nouveau corps tirant sa puissance du sang de son ancien destructeur. Comment ils avaient essayé de prévenir le monde sorcier de la réapparition de ce mage noir et pourquoi ils n'avaient été absolument pas cru : cette nouvelle était tout simplement trop effroyable et inimaginable. Elle exposa la reconstitution de l'armée de Voldemort, bien plus puissante que la première, et surtout bien plus meurtrière. Elle retraça ensuite toute sa septième année, une année à se cacher dans l'obsession continuelle d'une quelconque attaque. L'effroi d'avoir été pris, les dangers qu'ils durent encourir pour se sauver, pour continuer désespérément leur quête, leur quête qui devait peut-être sauver des milliers d'individus…
Enfin elle en arriva à la dernière bataille, au combat final. Elle revit l'arrivée de Voldemort devant le portail de Poudlard, suivit par l'ombre de ses innombrables mangemorts tout le monde était prêt pour le noir combat qui allait se dérouler sous cette nuit sans lune.
Et puis tout d'un coup, l'aveuglement. Toutes sortes de sorts fusaient partout autour d'Hermione, éclairant la sanglante offensive qui faisait rage juste sous ses yeux. Hermione se revoyait.
Elle qui évitait de très peu un jet de lumière verte.
Elle qui ripostait âprement.
Elle qui rejoignait Ron.
Ron qui avait tué le mangemort derrière elle pour la sauver.
Elle qui, à son tour, avait tué.
Les traits de son visage se durcirent encore plus qu'ils ne l'étaient, ses mains se crispèrent. Des images se déversaient en elle sans qu'elle ne puisse les arrêter. Son combat dos à dos avec Ron. Le spectrum sempra qui avait lacéré les chairs de ce dernier, le tuant sur le coup. Le corps d'Hermione tressaillit en ressentant de nouveau les chairs de son dos s'ouvrir et le sang couler à cause du ricochet de ce sort.
Le choc qu'éprouva Dumbledore sortit dans un frémissement contenu. Il la regarda silencieusement. Il se devait de se maîtriser, de ne pas interrompre la jeune fille dans ses souvenirs. Ce récit était tout autant nécessaire à sa guérison que les potions administrées, si ce n'est plus. Elle devait revivre une dernière fois cette nuit là, une dernière fois pour toujours…
- Je vois… fit Dumbledore… Il s'était attendu à quelque chose de terrible, mais là ça dépassait toutes ses suppositions… Je vois… Je suppose que vous connaissez les règles du retour dans le temps n'est-ce pas mademoiselle… A trop vouloir changer le passé, il se retourne toujours contre l'avenir… N'oubliez pas que si vous en faites trop, et modifiez excessivement le passé, vous vous exposez à des retours désavantageux… Si jamais vous remodelez le passé à l'outrance, il se pourrait que, dans tous ces changements, il y ait quelque chose de tout à fait anodin, mais qui ait des répercutions fondamentales… Comme par exemple l'annulation de votre naissance…
- Paradoxe temporel et retour à la case départ : la guerre aurait quand même lieu, mais je ne serais même pas née… Ne vous en faites pas, je connais les règles. C'est vous-même qui me les avez apprises sourit-elle. Je sais. J'y ai déjà réfléchi…
- Bien… En revanche j'aurais juste une petite question dont je soupçonne fortement la réponse de ne pas me plaire… Pourquoi avoir rejoint exactement cette époque-ci ?
Hermione perçu toute la tension contenue dans cette simple question, mais choisit de dire la vérité, et d'un ton solennel elle fit
- Pour éradiquer la source Monsieur. Pour le tuer.
- Vous ne tuerez personne Mademoiselle. Répondit-il calmement. Moi vivant vous ne tuerez personne.
Hermione sentit la colère lui monter aux joues. Comment Dumbledore pouvait ne serait-ce que penser à laisser cette ordure en vie ? Ne comprenait-il pas le chaos qu'il avait mit dans le futur ? Toutes ces vies qu'il avait prises ? Tous ces orphelins, ces enfants tués, ces familles anéanties ? Non ! Lord Voldemort DEVAIT mourir !
- Je ferais disparaître ce Monstre, même si c'est la dernière chose que je dois faire de ma vie.
- Le Monstre oui, si vous voulez Mademoiselle, mais l'Homme non.
Hermione fulminait, et ne se retenait qu'à grand peine. Pourquoi le protégeait-il ? C'était Dumbledore, Dumbledore le grand sage, il devait comprendre ! Voldemort devait être exécuté ! Mourir avant qu'il ne commettre tout ses crimes !
- Et bien je l'enverrais à Azkaban ! Quitte à y aller moi aussi je l'empêcherais de nuire vous m'entendez ?
- Azkaban ? Fit un Dumbledore interloqué. En voilà une bien dure sentence !
Hermione explosa.
- Si vous croyez que vous avez fait mieux avec Grindelwald ! Vous prodiguez des conseils que vous feriez mieux d'appliquer ! Hurla-t-elle, folle furieuse, avant de se rendre compte de ses mots et de plaquer une main honteuse sur sa bouche.
S'en suivit un moment de pur malaise. Mon Dieu. Elle était énervée, certes, mais non d'un hibou ! Elle était allée beaucoup trop loin. Dumbledore avait toujours aidé le trio Ron-Harry-Hermione lorsqu'ils avaient étés en difficulté. Elle avait perdu le contrôle, sa bouche avait parlé avant sa tête ! Après plusieurs lourdes secondes de silence malsain, des larmes jaillirent de ses yeux. Elle tenta de les arrêter, de s'excuser, de dire que c'était pas ce qu'elle avait voulu dire, mais elle ne pu que hoqueter et regarder son futur directeur avec des yeux ruisselants. Que venait-elle de lui dire ? Sans doute elle venait de rouvrir la plus grosse blessure de son cœur : son ex-meilleur ami, ses parents, sa sœur Adrianna… Et puis s'il faut le combat en question n'avait pas encore eu lieu ! Elle hoqueta de plus belle.
- Pa… Pardon ? Balbutia Dumbledore, comme pour confirmer la dramatique hypothèse.
Et voilà, elle venait de faire la plus belle boulette de sa vie.
- Grindelwald ? Questionna Dumbledore. Mais quand ?
- Je je… Je ne sais pas. Je ne sais plus… Elle détourna son regard. Tout plutôt que d'affronter les yeux bleu glacier.
- Pourquoi ? Comment ?
Hermione regarda le bout de son lit. C'était le maximum qu'elle pouvait faire. Pour l'instant elle ne se souciait que de deux choses. La première, qu'elle avait peut-être ‒ déjà ‒ modifié le futur, et la seconde qu'elle venait très probablement de perdre son précieux et unique allié de ce temps. Elle ne vit pas Dumbledore plonger dans une intense réflexion.
- Vous connaissez donc ma vie… Affirma-t-il, sous le choc. Je suppose que j'ai dû vous le raconter… Ou alors… Qu'une biographie a pu être publiée sur moi dans le futur… Je crois que je préfère la première solution.
Hermione su ressentir la tristesse d'un homme qui plus que tout détestait s'exposer, et qui venait d'apprendre que déjà, au moins plusieurs personnes étaient au courant de son terrible secret.
- Je suis désolée… souffla-t-elle.
- Mais vous n'avez pas à vous excuser. J'ai eu raison de choisir comme confidente une personne aussi charmante que vous. Je ne vous connais pas et je vous apprécie déjà… C'est tout à fait irrationnel… Mais c'est comme ça. Et c'est très bien, fit-il avec un sourire sincère. Pourriez-vous cependant me faire la faveur de ne rien révéler à quiconque s'il vous plait ?
- Bien bien bien sûr Monsieur je n'en ais jamais eu l'intention ! Et puis moi aussi je vous ais confié un secret … Sourit-elle timidement.
- Vous allez donc passer cette année scolaire ici, à Poudlard. Je vais en informer Dippet et on discutera du sort de Jedusor plus tard. Puisque c'est bien de Jedusor qu'il s'agit, n'est ce pas Mademoiselle ?
Elle hoqueta, surprise. Dumbledore restait Dumbledore, et il était diablement intelligent…
- Quel est votre nom de famille Hermione ?
- Granger. Mes grands-parents étaient moldus et ils vivent très loin d'ici donc j'ai pensé que je pourrais garder mon nom…
- Oui, très certainement … Mais…En écoutant votre récit, j'ai pensé à quelque chose… Et si vous… Vous… En fait vous me faites penser à quelqu'un… Et si vous deveniez l'enfant que ma sœur aurait eu ? Que diriez-vous de devenir ma nièce et de prendre le nom de Dumbledore ?
Hermione en eu le souffle coupé. Le plus grand sorcier de tout les temps lui proposait son nom… Ce serait son amulette personnelle contre Tom Jedusor qui avait toujours craint Dumbledore ! Une occasion plus qu'inespérée ! Mais en même temps, Granger était le nom de ses parents… Cependant, aujourd'hui que représentait-il pour elle ? Elle avait gardé « Hermione », le prénom que ses géniteurs lui avaient donné. Elle décida de garder « Granger » en souvenir, en secret au plus profond d'elle-même. La jeune fille sortit de sa réflexion et ne se fit pas prier.
- Vous êtes sérieux ? Vraiment ? Bien sûr que j'aimerais !
- Très bien alors l'affaire est réglée Hermione Dumbledore. Je vais de ce pas chez Dippet. D'ailleurs, j'aimerais que vous veniez avec moi… Vous pourrez retourner à l'infirmerie après si vous ne vous sentez pas bien… Cela vous va-t-il ?
- Parfaitement répondit Hermione qui avait retrouvé toute son énergie au contact de son sauveur, et qui le suivrait jusqu'au bout du monde.
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