Il resta bouche bée quelques secondes puis la voix de Jessica le ramena à la réalité.
-Tony? Tu m'entends?
-Jess, dis-moi que vous allez bien tous les deux!
-Ça peut aller, Lee ne comprend pas ce qu'il se passe.
Gibbs ayant compris qu'il s'agissait de Jess demanda à Mc Gee de tracer l'appel. Celui-ci prévint que cela mettrait plus de temps que pour un portable. Gibbs fit alors un signe à Tony pour qu'il garde la communication le plus longtemps possible quoiqu'il arrive. Tony mit le haut-parleur pour que ses collègues suivent la conversation.
-Est-ce que tu sais où vous vous trouvez?
-Non, pas exactement mais on a roulé longtemps, peut-être trois heures. Vers le sud je crois.
Tony entendit un petit gémissement à travers le téléphone.
-Tony! Morenzo veut que je te dise quelque chose, s'empressa-t-elle d'ajouter.
-D'accord, je t'écoute. Prends ton temps. dit-il en insistant sur sa deuxième phrase, en espérant qu'elle ait compris.
-Je vais te lire les instructions que m'a données Morenzo. Écoute bien et prends note, je ne te les répéterais pas. dit-elle avec une voix posée.
Apparemment, elle avait compris le message que lui avait fait passer Tony. Malheureusement, Morenzo aussi car Tony put entendre une nouvelle fois un petit gémissement et des pleurs. Il pensa immédiatement à Lee. La rage monta en lui mais il se retint de jurer contre cet homme, ne voulant pas prendre le risque qu'il raccroche et qu'il fasse du mal à sa famille.
-Il va t'appeler dans une demi-heure. A ce moment Tu devras lui donner alors les numéros des dossiers personnels de... - elle sembla déchiffrer l'écriture - Léon Vance et de Léon Panetta. Sa voix trahissait son angoisse. Si tu fais ce qu'il dit, il libèrera Lee lorsqu'il aura vérifié les infos. Si elles sont fausses...
Elle se mit à pleurer mais continua sa phrase tant bien que mal.
-Si tu lui donnes de fausses informations il... il va le tuer... elle fondit en sanglots. Je t'en prie Tony, sors-nous de là! Implora-t-elle.
-Jessi! Je te jure que je vous retrouverais...
La ligne fut coupée avant qu'il ne finisse sa phrase.
Tony bouillait de rage. Il referma le clapet de son portable et si Gibbs ne l'en avait pas empêché, il l'aurait explosé par terre.
-Tony!
- je vais tuer ce fumier! fulmina t-il.
Gibbs tenta de capturer le regard de son agent pour le calmer mais ce dernier semblait rechercher une cible pour exprimer sa colère. Gibbs le prit par les épaules, faisant fit de la blessure de l'italien et le força à le regarder.
-Calme-toi bon sang! On va les retrouver tous les deux en vie et on le fera dans les règles!
-Merde Gibbs! Il menace de tuer un enfant de trois ans! Tu crois qu'il les suit les règles, lui? s'emporta-t-il.
-Je sais très bien ce qu'il projette de faire mais on n'est pas la meilleure équipe pour rien!
Contre toute attente, Tony se détendit d'un coup et des larmes perlèrent sur ses joues. Toute l'équipe en fut étonnée, l'agent sénior venait de passer de la rage pure aux larmes en seulement quelques secondes. Décidément, il les surprendrait toujours.
-Il lui a fait du mal Gibbs, réussit-il à articuler malgré la boule qui se formait dans sa gorge.
Gibbs l'amena vers lui pour le serrer dans ses bras. Tony, plus faible que jamais se laissa étreindre malgré une certaine incompréhension. Mc Gee et Ziva furent un peu gêné d'assister à cette scène tellement inattendue. Les signes publics d'affection provenant de Gibbs et les larmes de Tony étaient si rares qu'ils restèrent interdits, ne sachant que faire ou que dire. Gibbs rompit cette étreinte sans aucune gêne lorsque Tony eut retrouvé ses esprits.
-Assieds-toi. dit-il en lui montrant son siège. Mc Gee qu'est-ce qu'on à?
Tim sortit de ses pensées et enchaîna:
-Un rayon de trois kilomètres d'où pourrait provenir l'appel. Il a utilisé une sorte de brouilleur. C'est pour ça que je n'ai pas eu le temps de le localiser... Mais bon, ce rayon de trois kilomètres...- il afficha une carte sur l'écran. Elle représentait une partie de l'état de virginie. Un rond rouge était dessiné par dessus.- Est proche de l'A81, comme l'avait prédit Abby. Mais j'ai encore mieux!
-Mc Gee algèbre!
-On dit abrège Ziva. fit-il à son amie.
-Tu as compris ce que je voulais dire non?
-Oui... Heu... Donc le rayon est en plein dans le parc national de Shenandoah, à l'est de Charlottesville. On pourrait y être dans une heure, un peu moins si vous conduisez Boss.
-Mc Gee vous venez avec moi Ziva et Tony vous restez ici! ordonna Gibbs.
Tony se leva brusquement.
-Tu ne peux pas me faire ça Gibbs!
L'interpelé se retourna et se rapprocha de son subordonné.
-Le temps qu'on arrive à Shenandoah, qu'on trouve où ils se planquent, il t'aura appelé et il aura déjà libéré le petit. Je veux que tu te tiennes prêt à aller le récupérer.
-Mais... il semblait pris entre deux feux.
-Fais-moi confiance Tony, je te la ramènerais.
-J'te fais confiance.
-Vas-voir Vance, explique-lui tout, il a la solution. Et vas-y avec Ziva et Abby.
Sur ce, Gibbs tourna les talons, suivi de Mc Gee. Lorsque les deux hommes quittèrent l'étage, Tony était toujours debout au milieu de l'open-space. Ziva vint derrière lui poser une main sur l'épaule de son partenaire pour le réconforter. L'italien posa sa main sur celle de Ziva et se tourna vers elle.
-Je... je voulais te dire pardon pour... pour ne pas t'avoir mise dans la confidence.
-C'est pas grave Tony. Maintenant je comprends. Promets-moi juste que tu n'auras plus de secrets pour moi.
Il rigola doucement.
-Tu n'en a pas toi?
Elle rigola à son tour.
-Pas ce genre de secrets.
Elle semblait hésiter à ajouter quelque chose. Tony le comprit et l'intima de continuer.
-Je ne sais pas ce qu'il me prend alors tu ne le répèteras pas! ce n'est même pas une demande. Un conseil plutôt.
-Je t'écoute et je ne répèterais pas.
-J'aimerais qu'on soit plus que des collègues, j'aimerais qu'on soit comme des meilleurs amis... ou comme un frère et une sœur... Ces derniers temps, tu t'es écarté de nous et je dois avouer que tu m'as manqué. Tu ne viens plus le vendredi soir avec les autres, on ne se chamaille plus comme avant...
Ziva se dégagea et baissa la tête un peu gênée. Les paroles qu'elle venait de proférer ne lui ressemblait absolument pas et elle le savait. Malgré tout, elle avait pensé que c'était le bon moment pour lui en faire part.
Un peu étonné de cette déclaration, Tony sourit faiblement et se rapprocha d'elle.
-J'avoue que tu me surprends... L'Amérique t'aura changée. J'ai jamais eu de sœur à part Abby, une deuxième ne serait pas de refus. Tu sais, je suis conscient de tous vous avoir écarté et j'avoue que vous m'avez tous manqués aussi. Mais je ne savais pas trop sur quel pied danser...
-Je... je suis vraiment désolée de ce qu'il t'arrive. Sincèrement.
-Tu n'a pas à être désolée, on va bien s'en sortir, j'en suis sûr.
-Ça fait plaisir de te voir confiant.
Tony acquiesça et fit signe à Ziva de le suivre jusqu'au bureau du directeur. En route, il appela Abby pour qu'elle les rejoigne.
Lorsqu'ils furent tous les trois réunis dans le bureau de Vance, Tony commença les explications. Ziva prenait parfois le relais quand elle sentait qu'il ne pouvait pas continuer. En écoutant son ami, Abby lui serrait très fort son bras valide et s'exclamait toutes les dix secondes. Lorsqu'ils eurent finit, Vance sourit et, tel un magicien sortant un lapin de son chapeau, il prit un dossier préalablement sortit d'un quelconque tiroir et le tendit à Tony.
-Que... Qu'est-ce que c'est?
-Mon faux dossier.
-Vous avez eu le temps de... commença Ziva.
-Lorsque vous devenez directeur, il est préférable d'avoir un dossier falsifié. Avec un certain niveau d'accréditation, on peut avoir accès aux dossiers de tous les directeurs de chaque agence fédérale américaine. Mais ce que peu de gens savent c'est qu'ils éludent les faits importants. Ces dossiers ne valent rien.
-Et le vrai dossier qui relate toute votre vie de A à Z? Où est-il? demanda Abby.
-La CIA les répertorient mais je ne peux pas vous en dire plus.
Tony regarda le dossier qu'il tenait dans sa main et demanda:
-Et pour celui de Léon Panetta? Je ne pense pas que la CIA nous le donne comme ça. Même si c'est un faux.
-C'est exact. C'est pourquoi vous allez pirater le serveur de cette agence Mlle Sciuto.
-Si j'ai votre aval je suis d'accord.
-Il n'y aura pas de retombées, ne vous inquiétez pas. Combien de temps reste t-il avant l'appel?
Tony regarda sa montre et jura.
-Un quart d'heure.
-Vous savez ce qu'il vous reste à faire, je vous suis.
L'équipe descendit au labo d'Abby pour exécuter leur mission. Dès que son ordinateur fut allumé, Abby se lança dans une course contre la montre. Tony alla mettre sa musique. La jeune femme était scotchée à son clavier. Ziva appela Gibbs pour savoir où ils en étaient. Après une petite minute, elle s'adressa à Tony et Vance:
-Ils ne sont qu'à une demi-heure du parc...
Plus les minutes passaient plus Tony était nerveux et angoissé.
Soudain, ce qu'il redoutait le plus arriva: son téléphone portable sonna.
-DiNozzo.
-J'espère que vous avez les numéros des dossiers?
Tony se tourna désespérément vers Abby. Celle-ci lui fit non de la tête.
