En italique les "flash backs"
Bonne lecture joyeux noël!
Lee crayonnait une malheureuse feuille de sa main gauche. La pastelle semblait autant souffrir que la feuille, presque trouée tellement le petit appuyait. Il y a quelques mois, Tony aurait sourit mais là, il n'avait pas tellement le cœur à cela. Il se sentait coupable envers ce petit et sa mère. Une voix dans sa tête ne cessait de lui rappeler ce qu'il s'était passé. C'était sa faute et pourtant personne ne l'avait blâmé. On l'avait même réconforté, cajolé, on lui avait même proposé de l'aide pour garder Lee mais il ne se sentait pas d'accepter toute cette gentillesse qu'il ne méritait pas. A chaque fois que Lee lui demandait où était sa mère, son estomac se tirait dans tous les sens et il bafouillait que le cache-cache durait toujours.
-Pourquoi tu cherches pas maman alors?
Parce que je sais où elle est mais je ne peux pas aller la voir, c'est impossible.
-Gibbs la recherche, c'est à son tour.
Heureusement qu'il n'avait que trois ans, il comprenait seulement que quelque chose n'allait pas. Enfin il l'espérait. Tony soupira et regarda l'heure. Il était plus que l'heure pour Lee d'aller se coucher.
-Allez bonhomme tu vas te préparer, je viendrais te faire un bisou.
Le petit garçon lâcha son crayon et courut vers sa chambre se mettre en pyjama. Quant à Tony, il se rassit sur son canapé et prit le dessin de Lee. Malgré la forte impression d'un gribouillage sans aucun sens, il pouvait distinguer trois bons hommes en bâtons. Deux grands et un petit. Ce dessin était recouvert d'un gribouillage total. Tony compris pourquoi il avait tant appuyé. Peut-être qu'il comprenait plus de choses qu'il ne le pensait.
Le lendemain, il fit comme tous les jours depuis maintenant une semaine et demi, il prépara Lee, l'emmena à la maternelle et rejoignit le bureau. Il était à peine arrivé dans l'open-space qu' Abby lui fit faire demi-tour vers l'ascenseur. Une fois la salle de conférence immobilisée, elle lui lança un regard qui se voulait noir et sans équivoques.
-Pourquoi t'y es pas encore allé?
-Abby...
-Pourquoi?
Elle était attaché à une chaise et bâillonnée au milieu de la pièce, il pouvait la voir à travers la vitre crasseuse de la maison. Jessie était au bord de l'inconscience, sûrement droguée. Ni une ni deux, Tony fracassa la porte du pied, son arme au poing, faisant fit de son bras en écharpe.
-Je peux pas Abby je t'ai dit, je dois garder Lee.
-Mais tu sais très bien que tu peux le confier à n'importe qui d'entre nous! cria t-elle presque. Demain ce sera peut-être ta dernière chance!
-Je... je vais voir. grommela-t-il en redémarrant l'ascenseur.
Abby le comprenait en quelques sortes, ça devait être dur pour lui. Elle retourna dans son labo continuer les recherches sur le "fantôme". C'est assise devant son écran à regarder les IP défiler qu'elle se souvint de l'appel de Tony, quelques jours auparavant.
-Abby? Je... Est-ce que tu peux garder Lee ce soir et peut-être demain? Ou alors demande à Ducky. Sa voix était un peu enrouée.
-Oui bien sûr. Tony qu'est-ce qu'il se passe?
-Je te raconterais demain, prends soin de Lee d'accord?
-Tony! me prends pas pour n'importe qui! Dis-moi ce qu'il se passe?
-Je suis dans l'ambulance avec Jessie, on va à l'hôpital et c'est ma faute.
C'est sur cette phrase qu'il avait raccroché, ne laissant pas Abby prendre le temps d'assimiler les informations. Ducky, par un regard, lui demandait ce qui l'avait mit dans un tel état.
Tony était de retour au bureau depuis trois jours, il n'avait même pas pris la semaine de congé que lui avait proposé Gibbs. Malgré cela, le chef d'équipe avait mis à pied son agent. Tant que le "fantôme" n'avait pas été attrapé, il préférait savoir Tony aux bureaux depuis son escapade de la semaine dernière qui avait mal tourné. Tony était donc entrain de faire des recherches à son bureau lorsque l'équipe revint d'une sortie. Il leva la tête et avec un peu d'espoir il demanda comment ça c'était passé.
-Comme d'hab', l'IP ne nous a mené nulle-part. soupira Ziva en lâchant son sac à côté de son bureau.
Ils avaient tous l'air épuisés de la semaine qu'ils venaient de vivre. Quelques fois, l'ordinateur d'Abby s'arrêtait sur une IP puis repartait. C'était la cinquième fois de la semaine. A chaque fois, ils ne trouvaient qu'un local vide ou un café, un lieu public.
Le reste de la journée se passa sans embrouilles et à dix-huit heures Gibbs autorisa Tony à partir chercher Lee.
Il passa à la boulangerie prendre quelques bonbons pour le petit et alla le chercher à la garderie. Lee l'attendait sagement assis sur une chaise à regarder les dessins d'un livre pour enfants.
-Hey bonhomme, je suis là. dit-il en s'accroupissant.
Lee se retourna et vint lui faire un câlin sans un mot. Quelques secondes plus tard, Tony se détacha et demanda:
-Ça te dit on va manger une pizza?
Le visage du petit s'illumina au mot "pizza".
-Ho ouiii!
Ils reprirent la voiture et Tony les emmena à un restaurant bon marché qu'il connaissait bien.
Les deux hommes commandèrent une pizza deux personnes que Tony finirait, comme d'habitude.
-Teuny? C'est pas vrai que maman elle fait un cache-cache hein?
Le jeune homme ne sut quoi répondre sur le moment. Il hésita entre lui dire toue la vérité et continuer de le mentir mais ce soir était un soir important.
-Non, le cache cache est terminé depuis quelques jours.
-Alors pourquoi elle est pas là maman?
-Tu as finit? On va aller manger une glace et je t'expliquerais d'accord mon bout-de-chou?
-D'accord.
Tony régla la note et prit la main de Lee pour l''emmener jusqu'au marchand de glaces, non loin d'ici. Après avoir commandé une boule chocolat, ils s'assirent sur un banc et Tony commença:
-Tu te souviens du méchant homme?
-Oui.
-Tu te souviens aussi quand tu as dû dormir chez Ducky avec Abby?
-Oui, Dugy il est très gentil.
-Ce soir là je ne suis pas rentré comme je te l'avais promis car j'ai fait une bêtise et j'ai fait mal à ta maman.
Des petites larmes roulèrent sur les joues de Lee. Tony se sentit de plus en plus inconfortable mais continua tout de même ses explications:
-Elle dort depuis ce soir là pour ne pas avoir mal. Et ce soir, les médecins vont peut-être la guérir.
Le petit pleurait sans bruit ce qui déchirait le cœur de Tony. Il voulut le prendre dans ses bras mais s'arrêta dans son geste, apercevant la glace chocolatée dégouliner sur la main de Lee. Il lui carressa seulement les cheveux et lui fit un gros bisou sur le front.
-Tu vas t'en mettre partout. signala-t-il avec un sourire.
Le garçon ouvrit grand la bouche pour récupérer la glace qui avait dégouliné. Le petit reprit sa dégustation et les larmes cessèrent assez vite. Ce qui inquiéta un peu Tony c'est que le petit ne lui posait pas de questions. Quand il eut finit sa glace, ils s'en allèrent vers la voiture de Tony. Lee prit à grande poigne la main de son papa et quelques pas plus loin il tira sur la manche du veston de Tony.
-Tu as fait quoi comme bêtise? Moi j'en fait souvent.
Cette réflexion arracha un sourire à Tony. En effet, le petit était assez maladroit.
-Je t'expliquerais plus tard, pour l'instant, c'est encore trop confus pour que je tu comprennes bien tout.
-Mais tu m'espliquera hein?
-Oui t'inquiète pas.
Ils arrivèrent à la voiture. En sortant ses clés, Tony se mit à réfléchir. Il regarda sa montre et s'aperçut de l'heure. Il s'accroupit en face de Lee.
-On va voir ta maman avant que les docteurs ne la soigne d'accord?
-Ho oui!
-Allez monte vite, faut pas qu'on soit en retard.
Tony conduisit aux limites de la vitesse autorisée jusqu'à l'hôpital. Arrivé sur place, il prit Lee dans ses bras, sachant qu'il arriverait peut-être trop tard. Il trotta dans les couloirs jusqu'à la chambre que lui avait indiqué une infirmière. Arrivé à la porte, il put apercevoir les couettes d'Abby à travers la petite fenêtre de la porte. Il toqua puis rentra, Lee toujours dans ses bras. A la vue des deux hommes, Abby sauta de joie et déposa un gros baiser sur la joue de Lee.
-Tu es venu! Je le savais tout au fond de moi. déclara t-elle sur un ton victorieux.
Il lui rendit son sourire et porta Lee jusqu'au lit de sa mère.
-Pourquoi il y a plein de ça? demanda-t-il en pointant du doigt un tube sortant de la bouche de Jessie.
-Pour qu'elle puisse faire un gros dodo sans qu'on la dérange.
Un médecin entra dans la chambre.
-Bonjour mademoiselle Sciuto, vous devez-être Anthony DiNozzo? Docteur Andrews, je m'occupe de Jessica.
Il tendit une main assurée accompagnée d'un sourire et Tony la saisit en lui rendant sa bonne humeur qui, en quelque sorte lui donnait confiance.
-Et on va op... - il s'aperçut de la présence de Lee et lui fit coucou de la main - On va soigner Jessica dans quelques minutes, je vous laisse cinq minutes puis nous l'emmènerons.
Sur-ce, il sortit de la pièce. Abby s'approcha de Tony et de Lee. Elle caressa la petite tête de Lee et lui dit d'embrasser sa maman. Ceci fait, elle prit sa main et ils laissèrent Tony seul dans la chambre.
Tout d'abord, il ne sut quoi faire. Il avait cinq minutes. Après une trentaine de secondes de silence gêné, il prit la main de son amante et la caressa du pouce.
-Si tu m'entends Jessi, je veux que tu saches que je suis désolé... de... de t'avoir fait subir ça. J'aurais dû être prudent et ne pas me précipiter. J'espère que l'opération va bien se passer, je ne pense pas que je saurais m'occuper de Lee tout seul.
Il s'autorisa un petit sourire avant de continuer:
-Je veux que tu saches, malgré ce que je t'ai fait, que je t'aime. J'aime ton odeur, j'aime ton sourire, j'aime ton rire, j'aime tes yeux, j'adore te voir le matin, j'aime tout de toi, j'adore Lee et si jamais tu ne revenais pas je m'en voudrais plus que tout.
Il fit une pause pendant laquelle il déposa un baiser sur le front de Jessie.
-Jessie, je m'en veux terriblement, j'ai été tellement pressé que je n'ai pas pris le temps de respecter la procédure. On a coincé Morenzo, celui qui t'a kidnappé mais je me sens toujours aussi coupable envers toi. Je... Je ne suis pas venu plus tôt pour cela. J'avais peur que tu te réveilles et que je doives t'affronter.
Il arrêta ses paroles. Il ne savait plus quoi ajouter. Tout ce qu'il voulait dire était sortit sans qu'il n'y mette de l'ordre. Ça l'avait soulagé d'une infime partie de la culpabilité qu'il ressentait.
Le docteur Andrews accompagné de deux brancardiers rentrèrent dans la pièce exigüe. Après quelques échanges et des paroles réconfortantes, ils emmenèrent Jessie au bloc opératoire. Tony alla retrouver Abby et Lee dans la salle d'attente. Le garçon était lové dans les bras de la scientifique et semblait proche du sommeil. Il s'assit à côté d'eux en lâchant un soupir.
-Pour combien de temps ils en ont?
-Andrews a dit environ deux heures s'il n'y a pas de complications.
Elle posa sa main sur l'épaule de l'agent et la malaxa.
-Je suis sûre qu'elle va s'en sortir. murmura Tony, au bord des larmes.
-Moi aussi.
Il se leva pour aller chercher une couverture et trois bons chocolats chauds. Lorsqu'il revint, ils burent tous les trois leur chocolat en silence jusqu'à ce que Lee eut finit.
-Tu m'as l'air fatigué toi. remarqua Tony. Enlève ton manteau, tu seras plus à l'aise pour dormir.
Le petit s'exécuta.
-Je veux dormir avec presque Lee.
-D'accord.
Il souleva son garçon lui cala le dos contre sa poitrine puis avec Abby, ils tendirent la couverture sur eux trois. Abby vint même se blottir contre Tony.
-Je suis fière de toi tu sais?
-Merci Abby. Moi aussi je suis fier de toi.
