Titre: Le second fils

Disclamer: Tout et à JKR, notre grande Déesse, et je ne me fais pas un rond là dessus, je vous le jure!

Note: Ce OS est en fait le développement de 3 drabbles déjà postés sur hp_100_mots. Je vous conseille d'écouter My Generation de The Who en lisant.


-Tu sais, Sirius, je suis content de n'être que le second fils. Mère et Père s'occupe moins de moi, c'est vrai, mais j'ai Kreattur, et une liberté que tu n'auras jamais. En plus, je sais déjà ce que je veux en faire, de cette liberté.

Les deux enfants étaient allongés dans l'herbe, derrière le jardin de senteur de leur mère. Ils avaient une journée de congé, ce jour–là, et ils profitaient d'un jour sans protocole et sans cours de bonne manière pour s'enivrer des odeurs de lavande, de thym et de toutes les autres plantes du jardin. Sirius sourit tristement et demanda :

-Que veux-tu faire de cette liberté Petit Frère ? De cette liberté dont je dois me contenter de rêver ?

-Je voyagerais tout l'hiver, pour apprendre tout ce qui est connu de la botanique. Je reviendrais au printemps et en été pour t'aider à satisfaire tes obligations sociales. Je me marierais sûrement, mais avec une fille gentille qui aimera elle aussi la nature et les voyages. On sera heureux ensemble, et tout ira bien.

Sirius ne répondit pas et continua à sourire en regardant le ciel. Une unique larme coula de son œil droit. Regulus le remarqua mais ne dit rien. Pleurer n'est pas digne de l'Héritier des Black, d'après mère. Sirius lui montra un nuage et lui raconta que c'était un dragon. Regulus se mit à rêver et avec les mots de Sirius, les nuages se firent fiers serpents, vielle sorcière sur son balai, horloge de grand-père et lion courageux. Regulus s'endormit, bercé par la voix de son frère. Son sommeil fut sans rêves. Sirius sourit. Regulus pouvait se permettre de rester un enfant. Pas lui.


Père n'avait jamais été très proche d'eux. Il n'était pas un très bon père et les laissait se débrouiller seuls. Il préférait ses étoiles à ses enfants et ceux-ci s'étaient habitués. Quant à Mère, toujours très prise par ses obligations sociales, elle avait un intérêt plus vif pour Sirius et son rang d'Héritier. A Regulus, elle n'avait appris que les manières que son nom l'obligeait à avoir. Regulus souffrait de cette préférence qu'elle donnait à son aîné, tout en comprenant à quel point elle était dure avec Sirius.

Mais il mourrai pour un signe d'amour de sa part !


Sirius était revenu changé de Poudlard. Il était toujours aussi droit, aussi fier mais sa gentillesse avait maintenant un côté condescendant. C'était un grand, plus encore que quand il avait été présenté pour la première fois à la société des Hautes Familles, cette sorte de société secrète à l'intérieur même des familles de sang-purs auquel leur nom leur donnait accès. Regulus, lui avait du rester dans la nurserie avec Kreattur. Il n'avait pas sept ans, lui. Mais pire encore avait été la confirmation de Sirius au rang d'Héritier, ce qui faisait de lui Lord Black alors qu'il n'était que Lord Regulus. Cette cérémonie, jamais il ne la vivrait.

Mais son plus grand changement venait de ce qu'il ramenait dans ses valises. Regulus découvrit alors que son frère avait raison sur certaines choses à propos des moldus. Leur musique était super. A chaque absence de leur mère, retentissait dans la maison The Who, The Beatles, The Clash et d'autres groupes. Père fermait les yeux sur ces manquements au décorum.


Regulus,

Je suis sûr que tu ne vas pas me croire mais j'ai…

Regulus froissa la lettre, plein de colère. Traître, sale traître, pensa-t-il. Des larmes de rage coulaient sur ses joues, sans qu'il essaie de les retenir. Malgré tous les efforts de Kreattur, le jeune maître ne se calma pas, et jeta la lettre de son frère dans les flammes qui brûlaient dans la cheminée de sa chambre. Frère maudit, songea-t-il, qui lui abandonne toutes les responsabilités, alors qu'ils ont toujours sût qu'il n'a jamais été fait pour cette charge. Celle d'Héritier des Black. Regulus sortit de sa chambre à l'appel de sa mère et dans la cheminée, deux lettres finissent de se consumer :

Petit Frère,

Je suis sûr que tu ne vas pas me croire mais j'ai été reparti à Gryffondor ! Je suis dans la même chambre que trois garçons qui ont l'air très sympas : Remus Lupin, James Potter et Peter Pettigrow !

Je suis heureux, et j'ai l'impression que c'est la première fois de ma vie. Présente mes excuses à Mère et Père, je t'en prie. Je sais qu'il aurait voulu que je sois à Serpentard, comme tous les autres Black, mais le Choixpeau a rempli son office !

Je t'embrasse Petit Frère.

Sirius.

Regulus,

Je suis sûr que tu ne vas pas me croire mais j'ai quitté la maison. Je n'en peux plus des courbettes, des masques et des sourires froids que tout le monde me présente, sous prétexte que je suis l'Héritier des Black. J'en ai marre des idées racistes de Bella, du mariage de Cissy, des murmures sur Dromeda, ses choix et son époux, de tes regards méchants… J'en ai assez.

Excuse-moi Petit Frère de te laisser cette charge dont tu ne veux pas. Je crois que tu comprends pourquoi j'agis ainsi. Tu sauras toujours où me trouver.

Fais attention à toi,

Sirius.

Wallburga était prête à sortir. Son visage était fermé, pourtant, Regulus y décela des larmes. Elle portait une cape noire, très simple. Il comprit qu'elle partait à la recherche, à la poursuite de son frère.

-Ton père est prévenu, murmura-t-elle, mais il est obligé de rester au Ministère. Cygnus va m'aider. Toi, reste-là, et ne dis à personne que Sirius est parti. Si quelqu'un me demande, je suis chez mon frère. Druella me fournira un alibi. Nous arriverons peut-être à garder cette indignité secrète.

Regulus acquiesça en silence. Il savait, lui, où était son frère. Pourtant il ne dit rien, dernière loyauté à ce frère perdu. Il s'enferma dans sa chambre et laissa The Who remplir la pièce de leur musique. C'était le groupe favori de Sirius. Mère ne dit rien cette fois-ci, comme Père se tut lorsque qu'elle brûla d'un coup de baguette déterminé le nom de Sirius de l'arbre généalogique.


Etre le second fils lui avait toujours suffit. Il n'enviait pas le rôle d'Héritier des Black « Toujours Pur ». Le rôle de Sirius. Regulus avait déjà préparé sa vie. Une vie de voyage, où il pourrait vivre sa passion pour la botanique pendant l'hiver pluvieux, et remplir ses obligations sociales durant le printemps et l'été, plus cléments. Il avait tout prévu, sauf que son frère soit déshérité. De second fils à la vie tranquille, il devint l'Héritier. Et il se rendit compte que, au contraire de Sirius, il n'était pas fait pour cette charge. Il n'était pas assez bien pour ça.

C'est à cette époque aussi, que Bellatrix lui avait fait découvrir celui qui se faisait appeler Lord Voldemort, à la demande de Wallburga. Petit à petit, à la fois pour satisfaire sa mère et par pure fascination morbide, il commença à collectionner les articles qui parlaient de celui dont sa cousine parlait avec de l'adoration dans la voix. Une chose en entraînant une autre, il se mit à traîner avec un certain groupe de Serpentard. Jusqu'au jour où il s'agenouilla devant Lui, et reçu Sa marque, comme un cadenas fermant la chaîne qui attache son destin à celui du Maître.

Ce n'est que quand il tenu cette femme, cette moldue, au bout de sa baguette, quand elle le fixa de ses yeux vides d'espoir, qui attendait la mort comme on attend un ami, qu'il se rendit compte qu'il n'était pas assez fort, pas assez fou, pour tuer quelqu'un. Sa cousine dût finir le travail, et après, elle le regarda toujours avec la même déception et le même dégoût que son frère ressentait pour lui. Ce n'est que quand il entendit le récit de Kreattur, qu'il pensa pouvoir peser dans la balance de cette guerre. S'il en faisait assez, cette fois-ci.

My Generation résonnait dans sa tête quand il entra dans la grotte. I hope I die before I get old chantonna-t-il en buvant la première coupe.