Chapitre 6 :
La vie à Las Noches n'était plus la même depuis l'arrivée d'Hinamori. En effet, la shinigami mettait dans le palais la touche de féminité qu'il manquait. Malgré ça, quelques arrancars restaient hostiles à son égard. A chaque tournant d'un couloir, la jeune fille risquait la mort. C'est pourquoi Nell restait le plus souvent possible à ses côtés. Personne n'oserait se frotter à l'ancienne Espada numéro trois. Pourtant, arriva le jour où Hinamori décida de se rendre seule à la bibliothèque. A part Ichimaru, Aizen & Nell, personne savaient qu'elle s'y rendait souvent, afin de se noyer dans les livres. Enfin, c'est ce qu'Hinamori croyait. Alors qu'elle s'apprêtait à rentrer dans la salle aux livres, elle sentit une main lui comprimer la gorge. La jeune shinigami eut un hoquet de surprise, tandis qu'une seconde main venait se poser avec violence sur sa bouche. Privée d'oxygène, Hinamori se mit à paniquer, ses jambes battant frénétiquement l'air, cherchant à donner un coup de pied à son agresseur. Mais la seule chose qu'elle parvint à frapper, s'était une cible invisible. Un seul chaud lui caressa la nuque, et une voix inquiétante lui murmura à l'oreille :
« S'en est finit de toi... »
Hinamori paniquait encore plus. Elle eut alors un réflexe de shinigami. Ses mains se déplacèrent d'elle-même sur le côté gauche de son bassin, et se saisirent de Tobiume. La shinigami tira son sabre de son fourreau, la lame pointée vers l'arrière. Puis, d'un geste sec, planta le zanpakûto dans le ventre de son agresseur. Ce dernier la lâcha immédiatement, se contorsionnant de douleur. Il agrippa le manche de l'arme, et la tira dessus afin de la retirée de son corps. Il la jeta près de la shinigami, qui regarda sa lame pleine de sang atterrir sur le sol, tout près d'elle. L'arrancar posa sa main contre sa profonde blessure, retenant le sang qui s'écoulait aussi vite qu'un robinet ouvert à fond. Malgré ça, le sang continuait à perler le long de sa tenue blanche. Sachant que la blessure que lui avait infligée la shinigami était mortelle, l'agresseur hoqueta avec dédain, avant de saisir Hinamori par le col du kimono. Il l'a plaqua contre le mur, lui arrachant un cri de douleur aigu.
« Garce ! hurla-t-il. Garce, garce, garce ! »
La jeune shinigami se remit à battre l'air de ses jambes, cherchant à lui donner un coup de pied n'importe où afin qu'il la lâche. Mais son agresseur avait prit ses précautions, et avait tendu le bras le plus loin possible. Le sang de l'arrancar coulait sur le sol, créant une marre poisseuse à l'odeur nauséeuse. L'agresseur hoqueta, un filet de sang se mettant à couler le long de ses lèvres. Plus les secondes défilaient, et plus la prise se desserrait. Hinamori respirait de mieux en mieux. Soudain, son agresseur lâcha, et tomba à la renverse. Il fut secoué de spasmes, avant de rendre son dernier souffle. La shinigami atterrit dans la flaque. Son kimono noir et blanc devint rapidement rouge et noir, le sang pénétrant à l'intérieur du tissus. Les yeux écarquillés, le corps tremblotant, Hinamori n'osait plus bouger. Ses mains trempaient dans le liquide poisseux, mais elle n'arrivait pas à les lever. Elle resta une longue demi-heure comme ça, assise sur son côté gauche, les mains dans le sang, son kimono ayant viré au rouge, son corps secoué de tremblements...
Aizen se promenait dans les couloirs, sans aucun but précis en tête. Il ne sait pourquoi, mais depuis qu'Hinamori était arrivée à Las Noches, il pensait constamment à elle. Il la convoquait parfois, et inventait des raisons parfois farfelues pour l'expliquer. La seule chose qu'il souhaitait, c'était la voir. Vêtue de ce kimono qui lui avait offert, elle semblait tout droit sortie d'un conte de fée. Le seul fait de l'apercevoir, même au détour d'un couloir, faisait s'emballer son cœur. Aizen n'arrivait pas à expliquer la raison de cet emballement. Etait-il tombé amoureux de son ancienne Vice-Capitaine ? Il ne le savait pas exactement mais une seule chose était sûre : il ne souhaitait que son bonheur. Ses jambes le guidèrent d'elles-mêmes vers la bibliothèque, mais le spectacle qui s'offrit à lui le bouleversa. Hinamori semblait patauger dans une marre de sang. Près d'elle, gisait le corps d'un arrancar de basse classe et Tobiume, la lame ensanglantée. Sa réaction ne fut pas longue, il se précipita vers la shinigami, la soulevant pour la collée contre lui. Hinamori tremblait contre un chaton terrifié, ses yeux écarquillés. D'un pas rapide, Aizen tourna les talons et se précipita presque vers les quartiers de la jeune femme. Il ne porta aucune attention au sang qui tâchait son hakama tellement il était affolé. Il ouvrit la porte des quartiers à la volée, et se retrouva presque nez à nez avec Nell. Cette dernière ne tarda pas d'apercevoir la jeune shinigami tremblotant dans les bras du Seigneur de ce Monde. Elle était tâchée de sang, quasiment de la tête au pied.
« Donnez-la moi...Je vais m'occuper d'elle. »
Déclara Nell d'une voix douce, en tendant les bras. Aizen hésita de longues minutes. Pouvait-il se résoudre à laisser l'ancienne Espada s'occuper de celle qui, en même pas deux mois étaient devenues la personne la plus importante de ses yeux ? Mais quand il vit le regard maternel dont Nell couvait Hinamori, il céda et lui plaça sa délicate charge dans les bras. L'ancienne Espada inclina légèrement la tête, tourna les talons et disparut derrière une autre porte.
Nell s'occupa d'Hinamori avec une gentillesse digne d'une mère. Elle lui retira son kimono imbibé de sang, et la lava avec une infinie douceur. Malgré tous les bons soins de l'ancienne Espada, la shinigami semblait s'être plongée dans un profond mutisme. Elle ne voulait plus sortir de sa chambre, ni même manger. Nell avait beau essayer de la raisonner, rien n'y faisait. Elle refusait catégoriquement de se nourrir. Aizen décida donc d'y mettre son grain de sel. Il demanda à être seul avec son ancienne Vice-Capitaine, et vint s'installer près d'elle. Enroulée dans ses draps, Hinamori pleurait silencieusement. L'ancien Capitaine de la Cinquième Division lui effleura tendrement la joue, mais elle n'eut aucune réaction. Il dut alors la tirée de ses draps, la prenant délicatement dans ses bras. Aizen vit les joues de la jeune fille s'empourprer.
« - Pourquoi tu ne veux pas manger ? demanda-t-il d'une voix douce.
- Je...Je l'ai tué...hoqueta-t-elle, se recroquevillant comme un chaton.
- Ne l'avait-il pas cherché ?
- Ce n'est pas une raison pour donner la mort ! hurla Hinamori, ses sanglots redoublant d'ampleur.
- Ne voulait-il pas te tuer, lui ? Arrête de t'en vouloir, tu n'as fait que te défendre. »
Hinamori se calma, et laissa son ancien Capitaine la serrée contre lui. Elle s'enivra de son odeur si familière, se lovant dans ses bras. Aizen ne restait pas indifférent au contact de la peau d'Hinamori contre la sienne. Elle semblait encore plus fragile que d'habitude là, blottie dans ses bras. Son kimono étant plus de salis par le sang, Hinamori avait revêtu le yukata que Rangiku lui avait offert. Son épaule droite était pourtant découverte, offrant au Roi de ce Monde la capacité de contempler sa peau laiteuse. Il ressentait pourtant la folle envie d'y déposer ses lèvres, afin de gouter à la douceur de sa peau de pêche. Dans un premier temps, il se l'interdit. Mais la tentation était trop forte. C'était comme si on empêchait à un chien de manger un bout de viande alors qu'il se trouvait à ses pattes. Finalement, Aizen décida de laisser la tentation prendre possession de son corps. Dans un premier temps, il déposa doucement ses lèvres sur la peau glacée d'Hinamori, ce qui la fit frémir. Puis, il enroula une de ses mèches ébène autour de son index. Ses lèvres continuaient pourtant à combler la nuque de la jeune shinigami de tendres baisers, allant parfois jusqu'à la joue pour ensuite monter vers la tempe. Hinamori le laissa faire, frémissant de temps en temps. Bien que la peau de sa nuque soit forte plaisante à embrasser, Aizen préférerait effleurer ses lèvres. Il ne voulait cependant pas effrayer la jeune shinigami qui se laissait embrasser sans opposer aucune résistance. Si elle ne lui demandait pas d'arrêter c'est que, quelque part, ça lui plaisait...
Ils passèrent la fin de la journée ainsi, Hinamori blottie dans les bras d'Aizen, tendit que celui-ci conquérait sa nuque. Ils ne pouvaient cependant pas se douter qu'on les observait par le trou de la serrure par un Gin de plus en plus envieux d'en savoir plus sur cette relation...
