Chapitre 9 :

Les temps changent à Las Noches. Depuis l'arrivée d'Hinamori, plus rien n'a jamais été pareil. La guerre semblait avoir disparu de l'esprit d'Aizen, comme si son ancienne subordonnée avait eu le pouvoir de lui retirer ses plans de la tête. Plus rien ne semblait avoir de l'importance, mise à part le confort que la brunette. Ce qu'ignorait les Arrancars et que Gin savait mieux que quiconque, s'était la relation entre Hinamori et son ancien Capitaine. Ce jour-là, Aizen écoutait le rapport ennuyeux d'un Arrancar sur le nombre de Hollow peuplant le Hueco Mundo. Apparemment, leur nombre ne cessait de baisser, et n'allait pas tarder à frôler un seuil critique. Mais bizarrement, le brun s'en fichait presque. Après tout, les Hollow ne sont que de la piétaille, pourquoi devrait-il sans soucier ? Ichimaru, qui assistait également à ce rapport, s'amusa de l'air complètement ailleurs de son supérieur. Quand enfin l'Arrancar quitta la pièce, le grand soupire de soulagement qui échappa de la gorge de l'ancien Capitaine n'échappa pas aux oreilles du benjamin des traitres. Ce dernier avait un tout nouveau jeu : taquiner le couple royal. Bien sûr, ni Hinamori ni Aizen ne savait à quel point Gin était au courant de leur relation. Mais l'homme aux cheveux argentés ne savait pas tout...En effet, depuis quelques nuits, les anciens de la cinquième division ne dormaient presque pas. Le brun se souviendra toujours du premier jour où, toute tremblante et pleurante, Hinamori était venu réclamer son oreille dans sa chambre. Jamais il n'aurait crut qu'un jour, elle franchirait cette porte et viendrait s'asseoir sur son lit, avec le besoin de parler autant. Parfois, à peine s'était-il assise qu'elle laissait libre cours à ses larmes trop longtemps retenues, et parlait. Elle lui racontait ses peines, ses joies, parfois même ses envies. Elle lui arrivait même à parler de chose personnelle, qu'elle n'aurait jamais raconté si son besoin de parler n'avait pas été aussi grand. Hinamori lui confiait vraiment tout, que ce soit ses douleurs mensuelles ou ses manques d'appétit. N'importe qui aurait trouvé ça lassant qu'elle parle sans pause, déployant ainsi sa vie sans raison. Mais lui, ça l'intéressait. Aizen voulait tout savoir, tout connaitre sur ses craintes, ses peurs. Quand la brune pleurait de trop, il la prenait dans ses bras, et elle avait alors deux réactions. Soit elle refusait catégoriquement son réconfort, et se cloitrait dans le silence, soit elle se laissait faire, pleurant sans retenu, continuant de tout lui raconter. Ces visites nocturnes, personne n'en connaissait l'existence. Après tout, qui pouvait imaginer qu'Hinamori sorte de sa chambre en pleine nuit, vêtue de sa simple chemise de robe blanche et son oreiller sous le bras, dans le but d'aller le rejoindre dans la chaleur réconfortante de sa chambre, afin de discuter pendant des longues heures. Beaucoup aurait crut à des étreintes amoureuses et des baisers échangés pendant la nuit entière, mais rien ne cela ne se produisait. Bien sûr, Gin ne devait absolument pas être au courant de cela. Sinon, la rumeur se rependrait comme une trainée de poudre. La porte s'ouvrit lentement, sortant Aizen de ses pensées. Gin élargit son sourire lorsqu'il vit arriver Hinamori.

« - Oh, Perséphone ! Quelle joie de te voir.

- Le bonheur n'est pas partagé. Maugréa-t-elle. Et puis, connaissez-vous réellement l'histoire de Perséphone ? Parait-il que c'est Zeus lui-même qui aider Hadès à garder Perséphone auprès de lui, ce qui fait de lui une sorte d'entremetteur. Êtes-vous si orgueilleux au point de vous prendre pour le Dieu des dieux ? »

Pour une fois, ce fut le brun qui put se moquer de son comparse. Ce dernier resta interdit quelques secondes, avant de reprendre ses esprits et annoncé d'une voix presque mielleuse qu'il n'avait rien d'un entremetteur. Hinamori lui lança un regard suspect. Après tout, c'est lui qui lui a montré cet endroit ensoleillé, où se trouvait, dans un grand hasard, son ancien Capitaine. La brune au chignon sait qu'il a tout observé, qu'il a tout vu, que ce soit la déclaration ou le baiser. Le seul à l'ignorer était Aizen lui-même, et sûrement ne saura-t-il jamais. Les sourcils froncés, Hinamori quitta la salle, apparemment énervée. Le brun jeta un regard en coin vers Gin, qui avait suivit le moindre mouvement de la brune jusqu'à ce qu'elle disparaisse.

« - Arrête de l'embêter, vous allez finir par vous entretuer.

- Mais non, ne vous inquiétez pas. J'adore la taquiner, c'est tout.

- Seulement la taquiner ?

- Oh ? Êtes-vous jaloux ? »

Pour toute réponse, il le darda d'un regard glacé. Il n'était pas jaloux du fait qu'il la taquine. Après tout, Hinamori arrive parfois à lui faire fermer son clapet. Le véritable problème était que lui, il pouvait le faire aux yeux de tous, l'appeler Perséphone n'importe où, quelle que soit la situation. Lui, il ne pouvait pas l'enlacer et l'embrasser n'importe où, car elle ne voulait pas. D'après elle, ils étaient dans une période d'essai. Elle voulait d'abord savoir si ça fonctionnait bien entre eux avant d'aller plus loin. Cette situation ne lui plaisait guère, mais il n'a pas vraiment le choix.

Le soir venu, il attendit patiemment, assit dans son lit, l'arrivée d'Hinamori. Elle allait venir, il le savait. Quand la porte s'ouvrit lentement que la frêle silhouette de la shinigami se dessina dans l'encadrement de la porte, le brun se leva, dans le but de venir l'accueillir. Mais déjà elle grimpait sur le matelas, son oreiller pressé contre elle. Pourtant, à la différence des autres fois, elle ne fait pas que s'asseoir et parler. Non, ce soir-là, elle a fondu dans ses bras, se blottissant contre lui, pleurant à chaudes larmes. Il la regarde, ne comprenant pas sa réaction. Normalement, elle refuse son réconfort. Mais là, elle le désire. Le brun renferma ses bras sur elle, la pressant contre lui, humant l'odeur familière de ses cheveux.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Elle ne répond pas, elle reste blotti contre lui à pleurer. Il lui caresse doucement le dos, tentant de la réconforter du mieux qu'il le pouvait. Pourquoi ce soir refuse-t-elle d'avouer ce qu'elle a sur le cœur ? Normalement, si elle vient, c'est pour ça. Mais là, elle reste muette de parole, laissant ses sanglots la secouer. Il déposa un léger baiser sur son front et sécha ses larmes du revers de la main. Elle releva la tête, plongeant son regard dans celui de son ancien Capitaine. Ce dernier lui offrit un petit sourire réconfortant, qui arrive à calmer les sanglots d'Hinamori. Celle-ci toussota, avant de poser son visage encore humide de larme contre le torse d'Aizen. Mais elle ne parle toujours pas.

« - Dis-moi ce qui ne va pas, s'il te plait.

- Je...Je ne sais pas vraiment...Je me sens si...Etrange depuis quelques temps. Je n'ai pas faim, je ne suis pas fatiguée, je me lasse de tout et de rien...Je me sens si...vide... »

Il la serre un peu plus fort contre lui, et l'écoute. Lentement, elle se met à parler. La brune lui confit à quel point ses amis lui manque et à quel point elle se sentait seule ici. Il s'en veut presque de ne pas pouvoir rester plus longtemps à ses côtés, mais se rassure tout seul en se disant que c'était elle qui souhaitait cette distance. C'est avec étonnement qu'il l'écoute parler de ses jeunes années, lorsqu'elle vivait au Rukongai avec Tôshiro. Jamais elle ne lui avait parlé de ça avant. Pendant toute la nuit durant, Aizen écouta son ancienne subordonnée parler. Grace à cela, il en apprenait plus sur elle, ce qui lui permettait de réagir du mieux possible. Quand Hinamori s'arrêta de parler, il crut qu'elle voulait dormir. Mais lorsqu'elle planta ses yeux dans les siens, il comprit qu'elle n'avait pas l'intention de dormir pour le moment.

« Vous n'êtes pas méchant, n'est-ce pas ? Vous n'êtes rien de cela. Quelque chose vous est-il arrivé pour en arriver à de tels plans ? »

Cette fois si, c'est au tour du brun de rester totalement silencieux. Pourquoi se met-elle à parler de ça ? Jamais ils n'en avaient discuté, comme si elle s'en fichait depuis toujours. Mais ce soir-là, elle voulait comprendre. Mais il ne peut pas lui répondre. Pas maintenant. Il est beaucoup trop tôt pour ça.

« Tu le sauras, un jour. Et j'ose espérer que tu le découvriras toi-même. »

L'ancien Capitaine s'allongea alors sur son lit, entrainant Hinamori avec lui. Cette dernière rougit fortement lorsqu'elle se retrouva ainsi au dessus de lui, et se dépêcha de s'allonger à ses côtés. Elle se colla contre son torse, réclamant chaleur et réconfort. Il la serre contre lui, et mesure à quel point elle est fragile. En faisant mine d'être forte, elle essaie de se faire accepter des Arrancars. Dans Las Noches, c'est la loi du plus fort qui règne. Si tu ne sais pas te défendre, tu meurs. En agissant durement, la shinigami tente de montrer qu'elle n'a besoin de la protection de personne, et qu'elle sait se débrouiller. Mais ce n'est vraiment qu'une image. On pourrait presque la comparer à un chat. Elle montre les griffes lorsqu'elle est en colère, mais en vrai, elle est la plus innocente chose du monde. La brunette ne tarde pas à s'endormir, l'air serein. Pendant de longues minutes, il l'observe, admirant son visage calme et endormi. Mais bientôt, ses longues nuits blanches lui rappellent à quel point il est fatigué, et il lui suffit de fermer les yeux pour s'endormir à son tour.

Parfois, les aveux sont durs à faire. Il faut avoir du courage pour avouer tout ce qu'on a sur le cœur, surtout à la personne qu'on aime. Parfois, cela nécessite de longues heures de préparation, avec des mots choisit avec soin. Mais pour Hinamori, c'est un relâchement. Tout lui avouer ainsi, c'est sa façon à elle de lui prouver qu'elle a confiance en lui...