Gangs of Cats

Pattenrond-Fenêtre/Gouttière/Littière
Tout Public
General/Violence

Thème 2 : Du sang sur mes mains


Disclaimer: Merci J.K.R. ! Et merci à Martin Scorsese à qui j'ai gracieusement emprunté l'idée du titre =)


2 er OS pour ma croisade sur Pattenrond destinée à la communauté LJ Pompom_power =) Ça commence à partir dans le délire, mais ne paniquez pas, je ne suis pas encore folle... enfin... =D

Déconseillé au moins de deux ans !

Et je vous conseille d'écouter une chanson qui s'appelle Belzebuth du groupe Les Colocs (canadien) dont Zazone m'a parlée après avoir lu mon premier OS. C'est vraiment amusant, je la connaissais pas, mais elle colle tout à fait =) Et puis les solos de la clarinette... à tom-ber. Ils sont sublimes. Si quelqu'un pourrait me dire où je peux dénicher la partition, je ne refuse pas ! =)

Bon, j'arrête de parler, et bonne lecture (j'espère =))


Gangs of Cats


La rue est dangereuse. Vivre à la rue est dangereux. On risque les bagarres de gangs, les agressions à patte armée, les vols, la discrimination, les duels ou même les règlements de compte !

Fenêtre vivait dans la rue depuis un an déjà. Sa mère l'avait enfin laissé vadrouiller seul, et était partie donner naissance à une nouvelle portée de petits chatons tout curieux. Preuve en était de son nom, qu'il s'était attribué après avoir décidé que ce que la patte bizarre d'une des créature immense - communément nommée Barbare - montrait serait son nouveau but. Elle avait marmonné un patois inconnu... quelque chose comme "yforéparezlafenêtrechowie", et après avoir longuement hésité entre "fenêtre" et "chowie", le jeune chat avait jugé que Fenêtre était un patronyme qui avait un certain panache. Dire que Fenêtre parcourait les rues, prêts à terrasser tous les rats qui passeraient par là, était tout simplement d'une classe absolue. Et cela lui permettait de ne pas perdre de vue que "fenêtre" serait son nouveau idéal de vie : vivre au chaud, dans cette sorte de salle immense que ce Barbare avait désigné à travers les carreaux de verre.

Le museau haut, les moustaches pimpantes de vitalité, le pas gai et sautillant, Fenêtre paradait, farouchement prêt à se défendre si un inconscient venait lui chercher des ennuis. Fenêtre était encore une idéaliste insouciant, que sa nouvelle liberté galvanisait quelque peu.

Il pivota au coin d'une ruelle, la queue ondulant dans son dos, exposant à tous son pelage roux et soyeux. Pour sa première exhibition, il avait tenu à sembler propre, histoire d'asseoir sa réputation.

Il s'avéra qu'il aurait mieux fallu qu'il se fasse non seulement discret, mais qu'il prenne en plus le soin de se couvrir du plus d'ordures possible. On ne s'approchait pas des nauséabonds, on estimait qu'ils souffraient déjà assez et devaient être diminué par un quelconque handicap. Forcément, sans quoi ils ne nourriraient au moins convenablement et sauraient faire leur toilette.
Fenêtre n'avait pour toute imperfection que des pattes arquées et une démarche chaloupée.

C'est ainsi que Fenêtre tomba museau contre museau avec Gouttière, l'un des chats les plus redoutés du quartier.

- Miaaaaou, fit-il avec agressivité à peine contenue.

Fenêtre eut un mouvement de recul qu'il regretta aussitôt. Bon sang ! Un peu de courage ! Il redressa les oreilles qui s'étaient misérablement aplaties.

- Miaou ? Fit-il naïvement.

Erreur. Il le comprit à l'instant ou l'éclat d'une griffe surgit au coin de son œil. Fenêtre laissa échapper un gémissement plaintif. La douleur mit un temps à arriver, mais elle vint, irradiant chacune de ses cellules. Le premier réflexe de Fenêtre fut de cracher, reculant sous la présence inquiétante du roi de la rue, mais bientôt, l'instinct se fit plus fort et les leçons de chasse de sa mère lui revinrent en mémoire.

Fenêtre s'arqua, cette fois-ci dans le but d'une offensive, les poils hérissés, les crocs à découvert.

- Ksssss, menaça-t-il avec ardeur.

Gouttière répondit avec encore plus de rage et bondit sur le pauvre et frêle Fenêtre qui avait mésestimé le taux de dangerosité de son adversaire. Il tenta bien de se défendre à coups de griffes et de dents, mais il ne parvint qu'à déchirer superficiellement le coussinet de l'ennemi. Puis il s'effondra brutalement, sans trop comprendre, tandis qu'un choc faisait vibrer des vagues brûlantes dans tout son corps et qu'il sombrait dans les tréfonds abyssaux de l'inconscience.

Ce fut pourquoi Fenêtre se réveilla avec une fierté qui tombait en miettes et une désagréable sensation d'infirmité : il ne sut la vérité sur son inconfort olfactif que quelques jours plus tard, par Litière, une gentille chatte qui vivait le plus souvent dans les égouts.

S'il avait perdu un peu de son odorat, c'est parce que maintenant, en plus de ses pattes arquées, il avait un nez écrasé. Un nez violacé et écrasé. Mais Litière restait confiante : bientôt le violet deviendrait marron, et alors il serait de nouveau assorti avec son pelage orange.


Hein ? Quoi ? C'est débile et bizarre ?

Euh... je plaide coupable. Balancez-moi des tomates ! La compétition est ouverte ;)