Me voici de retour avec le chapitre 4! Publié dans un temps record! Mais j'ai une bonne raison: je me suis tellement amusé à l'écrire! Ca coulait tout seul! Du coup j'ai fait 7 pages word au lieu de 4-5 !
Surtout dites moi ce que vous en pensez, j'ai tellement eu de plaisir à le rédiger, j'aimerais si vous en avez au autant à le lire.
Chapitre 4 : Scènes de vie.
Son parfum…
Il le savait, il en était sûr désormais, maintenant que le sang de cette femme coulait dans sa gorge, chaud, subtil, envoûtant… Mais c'est à peine s'il le sustentait… La femme laissa échapper un dernier soupir de douleur, elle avait la tête renversée, les yeux grands ouverts emplis d'un dernier regard effrayé. Ses pupilles désormais sans vie étaient écarquillées par la douleur et la terreur. Sa gorge était déchiquetée, en lambeau. Le corps inanimé de la victime retomba sur un tapis gorgé de sang à côté de toute une famille. Deux jeunes êtres, deux enfants qui ne connaîtront jamais les plaisirs de la vie, et ses malheurs. Deux jeunes frères visiblement, tous deux avaient la nuque brisée, leurs corps lacérés, ils étaient l'un au dessus de l'autre, comme si leur meurtrier avait voulu les entasser là, pour ne pas gêner ses déplacements, comme on jette un vieil emballage après utilisation, mais il s'agissait de deux enfants… A côté d'eux se trouvait un homme, robuste, allongé également, le corps meurtri des mêmes blessures que les enfants, les siens sans aucun doute on pouvait décerner les mêmes boucles brunes chez les trois humains. Le père avait aussi été vidé de son sang mais son agresseur n'avait pas eu le temps de terminer, sa compagne était arrivée à ce moment là, estimant que son mari mettait beaucoup trop de temps pour revenir de la chambre de leurs fils. Le vampire s'était alors jeté sur elle, pourquoi ?
Pourquoi ?
Cela faisait quelques minutes qu'ils étaient partis se coucher, les enfants dormaient depuis quelques heures déjà, tous deux glissaient lentement dans les bras de Morphée quand un hurlement retentit en provenance de la chambre des enfants, le père se leva donc, un cauchemar sans doute, son épouse le regarda partir, attendrit. Et voilà où ils en étaient maintenant, son amour tombait dans un bruit sourd et lui, pauvre père, tendait la main vers elle dans un dernier espoir, n'osant y croire. Il était faible, son corps ne pouvait plus faire un seul geste mais ses doigts tremblaient pour toucher une dernière fois le visage de porcelaine de son aimée ?
C'était sans compter la vigilance du meurtrier, du vampire. Celui-ci se retourna vers le maître de maison, il inclina la tête, s'interrogeant sur ce qu'il devait faire tout en essuyant du revers de la main sa mâchoire ensanglantée. L'humain frissonna de douleur, un feu commençait à consumer ses entrailles, un sanglot s'échappa de ses lèvres mais il ignorait si c'était à cause du feu ou à cause de la perte de sa famille, le vampire avait-il trouvé le plus âgé de ses enfants ? Avait-il tué sa fille ? Sans doute, mais malgré tout, il voulait le supplier, l'implorer de la laisser tranquille. Il en était incapable, physiquement, alors il chercha à transmettre ce message à son assassin par le regard. Le regard carmin du vampire, lui, flamboyait de cruauté et de soif, il n'était pas rassasié. Lentement, Démétri s'approcha de l'homme, enjamba les corps des enfants et s'agenouilla auprès de lui, il le considéra un instant et lui retourna la tête.
Bien sûr qu'il ne pouvait être sustenté par le sang de ces personnes, ils n'étaient pas sa chanteuse, celle dont le sang ne chantait que pour lui. Mais il n'avait pas le droit d'y toucher, ce sang appartenait à ses maîtres. Il le savait désormais, Lynn était sa chanteuse.
Les semaines passèrent doucement, une monotonie s'était installée au bureau de la recherche. Toujours les mêmes horaires matinaux, Sue arrivait suivi de près par Démétri et enfin Lynn débarquait une demie heure plus tard, le souffle court et les yeux fatigués.
Chaque jour, c'était le même rituel : Lynn arrivait en retard « Pourquoi changer les bonnes habitudes ? » Sue bondissait alors dans ses bras, petit feu follet indispensable à la vie de la jeune femme et lui disait en trépignant d'impatience : « Tu connais pas la dernière ?! » et il y avait Démétri.
Démétri. Ce « crétin arrogant présomptueux italien de surcroît » au bon dire de Lynn. Sue était la seule à connaître ce petit « diminutif ». Et bien entendu le Démétri en question accueillait lui aussi la retardatrice à sa manière. Il lui décochait un sourire en coin ravageur et un brin moqueur suivit d'un : « Vous avez le sommeil profond marmotte ! » ou « Sympa la trace de l'oreiller ! ».
***
« Je le déteste Sue ! Il m'insupporte ! Je ne peux pas le voir en peinture ! Sa seule présence dans le bureau m'agace alors comprend moi ! Travailler en face à face avec lui pendant des heures est un véritable calvaire ! Le patron croyait se faire pardonner en nous confiant ce nouveau projet, normal qu'il nous l'ait confié d'ailleurs, après avoir fait capoter l'ancien ! Mais pour ma part, il n'a fait que m'enfoncer ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça quoi ! »
« Lynn… » Tenta Sue.
« Quoi Lynn ?! Tu me comprends j'espère ?! Sa déplorable perfection ne t'agace pas ? Oh non j'oubliais ! Madame l'appelle par son prénom et le tutoie ! Qu'est-ce qu'il y a de bien chez lui hein ? Son visage pâle ? Ses yeux écarlates ? Sa voix de Soprano ? Tu me comprends n'est-ce pas ? Je te considère comme ma sœur ! Tu sais que ma patience a des limites surtout après avoir travaillé 4 heures d'affilée en face de lui ! Tu me comprends n'est-ce pas ? »
« Lui renverser un café bouillant sur la tête n'était pas forcément le meilleur moyen pour exprimer ta frustration Lynn … »
Sue sirota son coca en fermant les yeux, exaspéré. Quant à Lynn, elle enfourna une énorme fourchette de salade et mastiqua férocement. C'était l'heure de la pause de midi, Les deux amies se retrouvaient comme à leur habitude dans le petit café en face de leur boite pour déjeuner et discuter. Elles avaient passé leur matinée à travailler avec Démétri et Daniel, un de leur collègue et après 4 longues heures de négociations éprouvantes, Lynn était parti se chercher un café, seul moyen de réconfort à sa disposition (au passage, elle aimait dire de la machine à café qu'elle était sa meilleure amie, pour titiller Sue, bien sur). Mais en revenant au bureau, elle percuta de plein fouet l'italien et le gobelet fumant se retrouva malencontreusement sur sa tête, inutile de préciser qu'elle avait calculé minutieusement sa trajectoire, l'objectif ayant été fixé bien à l'avance.
« Ecoute… Je m'excuse. Ca te va ? » Temporisa la jeune femme.
Sue haussa un sourcil étonné et moqueur à la fois, elle finit sa gorgée et reposa délicatement son verre, l'air songeur, elle cherchait certainement quoi répondre à sa meilleure amie. Elle posa ses coudes sur la table et appuya sa tête sur l'une de ses mains tandis que l'autre jouait avec la paille rose fluo de son verre, son regard regardant distraitement l'objet tournoyer dans tous les sens. Puis Sue s'arrêta, joignit ses mains et posa sa tête dessus.
« C'est à lui que tu devrais t'excuser… Tu ne m'as rien fait à moi… A part m'obliger à t'écouter pester depuis… » Elle regarda sa montre. « Oh ! 20 minutes déjà ! »
« Je ne lui ai rien fait ! J'ai trébuché ! Au contraire, je lui ai immédiatement fourni des serviettes pour qu'il s'éponge ! »
Sue, suspicieuse, lui répondit :
« D'ailleurs, elle venait d'où ces serviettes ? On ne se balade pas avec un demi paquet pour le plaisir… »
« Dis sincèrement ce que tu penses et arrête les détours, je te connais. » interrompit la fautive.
« Je pense que tu avais prévu de lui balancer ce café à la figure et pour éviter de t'excuser, tu avais préparé le paquet de serviettes ! Trop occupé à se nettoyer, tu serais parti à l'anglaise. Oh mais attends ! C'est ce que tu as fait ! » Accusa Sue à moitié hilare.
« Avoue quand même que c'était intelligent ! »
Sue croisa les bras fermement et se tourna légèrement, l'air faussement boudeur, tandis que Lynn croquait dans une tomate cerise, la mine réjouie. Aucune des deux ne savaient qu'à ce moment là, le malheureux qui avait reçu le café avait entendu toute la conversation, confortablement installé sur le toit du café.
Démétri souriait, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas autant amusé, bien sur ses traques avec Félix ou Alec étaient exaltantes mais rien de comparable, il n'y avait pas autant ce goût du risque, ce désir refoulé, cette folie meurtrière à repousser. Il ne devait pas la toucher, il devait la préparer, pour être sur qu'elle rejoigne les Volturi une fois vampire. Malheureusement, c'était très mal parti, et le pire dans tout ça, c'est qu'il n'avait rien fait qui puisse la contrarier à la base, l'échec du précédent contrat n'était pas de sa faute, pas entièrement du moins… Après, ce n'était que des réponses face aux provocations de la jeune femme… Sauf peut être la fois où…
Un éternuement retint son attention, c'était elle. Il entendit Sue s'inquiéter de son état de santé, Lynn balaya ses paroles du revers de la main et répondit hargneuse :
« C'est la faute de l'autre, je suis sûre que c'est lui qui m'a pris mon écharpe ! Tu te rappelles la fois où il a débarqué au bureau MON écharpe autour du coup ?! »
« Lynn, c'est un écharpe basique, n'importe qui pourrait en trouver une identique, en plus, tu l'avais perdu bien avant que Démétri n'arrive. »
Voila, sauf peut être cette fois là… Bien sur que c'était l'écharpe de la jeune femme ! Eléazar l'avait apporté à ses maîtres et c'est grâce à elle qu'il avait retrouvé la trace de Lynn. Ce jour là, Le traqueur n'avait pu s'empêcher de la taquiner encore un peu plus en amenant l'objet devant elle, elle n'avait rien dit, Sue l'avait convaincu, mais qu'il était amusant de la narguer…
« C'est une mauvaise idée… » Articula péniblement Lynn tout en déposant une assiette sur la table, la pile coincée sous son autre bras.
« Je pense le contraire. » Répondit sa meilleure amie qui la suivait avec les couverts avant d'hurler en direction de la cuisine :
« Nounooours ! Tu peux nous apporter les serviettes s'il te plait ? »
Lynn s'arrêta brusquement, elle posa la pile d'assiettes au hasard sur la table et chuchota à Sue d'un air stupéfait : « Nounours ?! »
Le ton était à la fois surprit et accusateur, son amie pencha la tête vers elle comme pour lui répondre sur le ton de la confidence mais vérifia toutefois que personne ne l'écoutait en inspectant la salle à manger d'un rapide coup d'œil. La pièce était agréablement chauffée par un petit feu de cheminée à l'anglaise, de la moquette rouge recouvrait le sol de la même couleur que les rideaux qui ornaient la fenêtre. A l'extérieur, on pouvait contempler la neige qui tombait à gros flocons sur Londres, mais tout cela n'allait pas tenir, d'une part à cause de la pollution, d'autre part à cause des sableuses qui s'affairaient déjà à répandre du sel dans toutes les rues de la capitale.
« Il ne te fait pas penser à un ours en peluche qu'on aurait envie de câliner ? »
« Pas vraiment non… » Répondit Lynn nonchalamment en installant la cinquième assiette.
Il flottait dans le petit appartement de Sue une agréable odeur de cuisine, « Teddy bear est au fourneaux ! » n'avait pu s'en empêcher Lynn, c'était pour elle le surnom idéal pour le fiancé de Sue. Il était 19h et les deux autres invités n'allait pas tarder à arriver, bien sûr, Lynn était elle-même considérée comme une invitée mais elle était venu apportée un petit coup de main, espérant secrètement faire annuler ce repas. Tentative vaine, son amie était plus qu'excitée à la perspective de ce repas.
On pouvait alors se demander la raison qui l'avait poussé à organiser cette soirée, elle avait alors répondu que c'était à la fois pour fêter l'arrivée de Démétri en Angleterre, l'aboutissement d'un des projets qu'ils avaient mis en route avec Daniel, Démétri et Lynn et enfin, le plus important quelque part, fêter la présence d'une petite bague à sa main gauche ! Lynn n'avait pu que s'incliner face à cet argument, on ne se fiançait pas avec un ours en peluche tous les jours…
Mais de là à inviter Démétri ! Daniel passait encore, ce collègue était vraiment sympathique, un peu timide des fois, mais gentil alors que l'autre pâlichon… Les deux jeunes femmes terminèrent d'apporter ce qu'il fallait sur la table lorsque la sonnette retentit, Sue poussa une exclamation ravie en faisant un clin d'œil à Lynn qui se contenta de soupirer face à son si prévisible « Les voilà ! ». Il s'agissait de Daniel, Sue et lui s'étreignirent brièvement puis Lynn décida également de l'accueillir, ce n'était pas l'autre. Ils s'installèrent tous les quatre sur le canapé et commencèrent à discuter joyeusement en attendant l'italien, mais il se passa plus d'une heure et toujours aucune nouvelle de lui. Après plusieurs essais téléphoniques infructueux, ils décidèrent de se mettre à table, 2h, cela faisait beaucoup pour un simple retard, Démétri devait avoir eu un empêchement. Tous étaient déçus, sauf peut être Lynn qui se montra plus détendu qu'en début de soirée.
Ils allaient passés au dessert quand la sonnette retentit une nouvelle fois, Sue bondit de sa chaise et courut ouvrir la porte, pendant ce temps là, sa meilleure amie laissa sa tête s'écraser contre la table, dépitée, lorsqu'elle entendit le tant redouté : « Te voilà enfin ! ».
C'était bien lui, Démétri Volturi, dans son habituelle veste longue gris foncé, avec toujours cette fichue écharpe autour du coup. Il était recouvert de neige et se confondait en excuses tout en passant la main derrière sa tête, l'air franchement gêné. Il y avait apparemment eu un accident sur la route à cause de la neige ce qui a engendré un problème dans la circulation. Mais il était là désormais et Sue le poussa sur une chaise à côté de Lynn après lui avoir retiré son manteau, le vampire salua les deux autres hommes en leur serrant la main, c'est alors que Teddy bear annonça, désappointé :
« Dites donc, Démétri, qu'est-ce que vous avez froid ! Rester dehors vous a bien refroidi ! J'espère que vous ne tomberez pas malade ! »
'Rien détonnant' pensa Lynn, la seule fois où elle lui avait serré la main, celle-ci était déjà glaciale. Une petite voix dans sa tête lui averti que ce n'était pas normal, contre toute attente, la jeune femme posa l'une de ses fines mains sur le front de l'italien.
« Vous êtes gelé, c'est tout le temps comme ça ou est-ce à cause de dehors Monsieur Volturi ? »
« Allons Lynn. » Intervint Daniel. « Il est normal qu'avec zéro degrés Démétri ait froid. »
Mais elle avait remarqué quelque chose d'inhabituel, le vampire en était conscient. Il ne pouvait nier devant elle la température glaciale de son corps car elle allait y prêter attention à présent, au contraire, cela l'arrangea quelque peu, il allait enfin pouvoir introduire progressivement le fait qu'il soit un vampire.
« J'ai toujours eu la peau froide, ce n'est pas une idée, vous avez la mémoire longue Lynn, vous vous souvenez de notre première chaleureuse poignée de main. »
Il avait dit cela d'un ton charmant, galant et légèrement empreint d'amusement, chaleureuse poignée de main, c'était le cas de le dire, chacun avait voulu broyer la main de l'autre. Lynn ne tenait plus, elle éclata de rire, suivi de prés par Sue qui comprenait tout à fait ce que ces deux là voulaient dire, elle les avait observé après tout… Ce que personne n'avait vu, c'est que le vampire avait serré les poings sous la table, d'une force inouïe, juste au moment ou Lynn avait posé sa main sur son front . Sa main si délicate, parfumé et tiédi par le sang qui circulait dans ses veines… Il avait à l'instant bloqué sa respiration, quelle torture, lui qui ne désirait que sentir ce fumet… Et s'en désaltérer… L'espace d'une seconde, sa vie n'avait plus eu d'importance, il avait souhaité sa mort, l'entendre hurler de douleur en poussant le dernier soupir… Mais heureusement il avait su conserver le contrôle de lui-même, c'est pour cela qu'il était arrivé en retard, il était parti chasser au préalable mais imaginer l'odeur de la jeune femme l'avait entraîné une nouvelle fois dans cette frénésie meurtrière… Comme la nuit ou il avait détruit toute une famille, ce n'était pas la première fois, et il était loin d'en éprouver du remord, mais cela l'avait obligé à chasser plus loin… Et dire qu'elle avait posé cette main sur son front, innocemment…
' Mes Maîtres, faut-il que je vous aime…' pensa le meurtrier, le vampire qui souffrait.
L'horloge sonnait midi, le soleil pointait le bout de son nez après une averse qui avait bien rafraîchi l'atmosphère alors que la chaleur du printemps commençait à renaître. C'était les vacances, bon nombre des collègues de Lynn avait pris leur repos, Sue compris, et elle, pauvre jeune femme en manque d'activités, s'ennuyait à mourir dans le vaste bureau de la section recherche. Elle avait les pieds posés sur son bureau, la chaise posé sur deux de ses pieds, le journal du matin posé sur ses genoux et un café dans l'une de ses mains. Elle ne craignait pas que son patron débarque dans le bureau, il avait lui aussi prit des congés, donc elle s'autorisait ce petit moment de détente, n'ayant aucune envie de descendre au café d'en face, Sue n'était pas là pour discuter avec elle des nouvelles chaussures de Daniel ou de la mystérieuse découverte de journaux coquins dans le tiroir du standardiste. Elle restait donc là, toute seule, n'ayant pour autre compagnie qu'un café, un journal et une agaçante mouche qui bourdonnait tout autour de la pièce.
Lynn sauta la première page de son journal, la politique n'était pas son sujet d'actualité préféré, elle parcourut rapidement les quelques lignes concernant l'économie et tourna la page. Tiens donc, « Le corps d'une jeune fille retrouvé dans la forêt ». Elle lut les quelques lignes qui composaient l'article, il s'agissait d'une enfant d'une quinzaine d'années qui avait été porté disparu au début de cet hiver, toute sa famille avait été retrouvée morte dans son domicile mais leur aînée demeurait introuvable, et c'était apparemment cette jeune fille. « Apparemment » car seule la batterie de test ADN avait pu prouver son identité, le corps était en piteux état, les autorités supposent un animal sauvage mais quant à comprendre ce que faisait la jeune fille en cet endroit…
Lynn réprima un frisson et tourna la page, la mouche continuait sa procession dans le bureau, son bourdonnement, bien qu'agaçant, finissait par devenir soporifique… La jeune femme s'ennuyait profondément et commençait à somnoler, elle était seule et le bureau si calme…
La porte s'ouvrit bruyamment et Lynn poussa un cri.
« Aaaah ! ….. AAAAAaah ! »
Pour finir les quatre fers en l'air. Dans sa précipitation à vouloir enlever les pieds de son bureau, la chaise de la demoiselle s'était retournée, entraînant avec elle tout ce qu'elle portait : humaine, journal, reste de café… Café ? Les jambes en l'air à cause de la chaise, Lynn peina à regarder qui était la cause de toute cette agitation.
…
Démétri évidemment.
Celui-ci la regardait, une expression ravie peinte sur son visage d'albâtre et il tenait dans sa main, la tasse de café de Lynn.
« Comment as-tu… ? » Demanda cette dernière, relativement étonné.
« On se tutoie maintenant ? » lui répondit l'homme, charmeur.
« Allez-vous faire… »
Elle reçut le reste de café sur la figure.
« Héé ! Mais qu'est-ce que vous fabriquez ?! »
« Je préférais le tutoiement. Et cette situation me rappelle tellement il y a quelques mois… »
Démétri posa la tasse sur le bureau, attrapa la jeune femme par les deux bras et la souleva sans peine, laissant celle-ci pantoise. Comment avait-il rattrapé cette tasse ? Son bureau n'était pas à côté de la porte… Elle était si surprise qu'elle ne pensait même pas à pester contre le nouvel arrivant qui avait troublé sa tranquillité, l'avait arrosé de café et en profitait pour la titiller. Démétri hésita… Il était en pleine réflexion, il était évident que la jeune femme était étonnée, de plus, il en avait plus qu'assez de jouer les humains, après plusieurs mois, il ne tenait plus et réfrénait difficilement ses habitudes de vampire. Pouvait-il se permettre de passer à la vitesse suivante ? Maintenant ? Ses relations avec Lynn n'était plus aussi chaotique qu'au début, bien sûr, il ne se passait pas une journée sans que l'humaine s'en prenne à lui mais comme l'avait fait remarquer Sue à sa meilleure amie (à un moment où bien évidemment Démétri n'était pas censé entendre) :
** « Tu aimes qu'il te déteste Lynn ! Même si je suis persuadée qu'il ne te déteste pas, tout comme toi d'ailleurs ! En fait, ça suit d'assez près le schéma du 'Je te hais mon amour', tu ne crois pas ? » Les protestations de Lynn résonnèrent dans sa mémoire avant qu'elle finisse par avouer : « Je le déteste, il me déteste, mais nos luttes verbales sont telles qu'elles en deviennent jouissives ! ». ** Bien sûr, elle s'amusait autant que lui à le chercher. Ce n'était pas le cas, il y a quelque mois, sa seule présence irritait l'objet tant convoité d'Aro et même si il y avait une nette amélioration de ce côté-là, il ne devait pas chercher à s'imposer trop longtemps… Pourtant, quelque chose lui disait au fond de lui de faire progresser l'expérience, mais était-ce son envie de revenir parmi les siens qui parlait ou son instinct qui lui dictait ce qu'il fallait faire ? Ou peut-être en avait-il tout simplement assez de lui cacher qui il était réellement. De toute manière, elle deviendra un vampire, Volturi ou non, alors pour ce que ça allait faire.
« Tu es surprise par ma vitesse Lynn ? »
Elle bégaya, toujours aussi surprise : « Co- Comment avez… As-tu fait ça ? »
« Tu as conscience que je suis différent depuis longtemps n'est-ce pas ? » Il sourit, mais ce n'était plus ce sourire séduisant qu'il arborait souvent, ce sourire-ci était effrayant.
Elle le regarda, perdue lorsqu'elle prit conscience qu'il la tenait toujours dans ses bras, elle entreprit alors de détacher ses mains de ses bras, sa peau entrant en contact avec la sienne, si froide et si dure. Interdite, elle garda l'une des mains du vampire dans les siennes et la détailla. Une main parfaitement dessinée, élégante, une main d'homme, carrée, mais une main gelée.
« C'est pour cela que tu es toujours glacé ? »
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