Ca y est ! Je suis enfin venue à bout de ce chapitre! Je dois dire que j'ai battu des records de longueurs là ! Enfin bref, on voit dans ce chapitre de l'action qui arrive à grands pas! Ainsi qu'une évolution de la relation Démétri-Lynn, faut faire avancer tout ça quand même! Enfin, vous verrez à quel point Lynn et Sue sont amies, c'est si beau l'amitié, non?
Chapitre 5 : Sue le savait
Le sourire de Démétri en cet instant l'horrifia, elle avait découvert quelque chose, elle le savait, mais elle n'était pas sûre de vouloir en savoir plus. Elle tenait toujours sa main de marbre dans la sienne, dans un sursaut d'horreur, elle la relâcha et trembla de tout son être. Son corps fut parcourut d'un long frisson qui ne voulait pas s'arrêter, alors elle croisa ses bras et essaya de reprendre contenance en affrontant l'homme qui lui faisait face du regard. Démétri lui ne bougeait pas, il était satisfait de sa réaction mais se demanda vaguement si ce n'était pas parce qu'elle agissait comme une proie prise au piège. Auquel cas ça n'allait pas du tout et il allait devoir se calmer. Il ne fallait pas la perdre. Et de toute manière, c'était la dernière chose qu'il voulait. Démétri plongea son regard dans le sien, bien décidé à comprendre ce qui se passait dans sa tête. Bien évidemment, elle était effrayée, mais il voulait savoir à quel point. La jeune femme s'accrocha à ce regard écarlate dans le but de trouver un peu de réconfort, elle y parvint doucement, les yeux de l'homme étant étrangement plus doux que d'ordinaire malgré la couleur effrayante qui les caractérisait.
Puis, dans un brusque sursaut d'énergie, Lynn fila droit vers son bureau et rassembla hâtivement ses affaires, elle rangea rapidement quelques feuilles dans son sac, empoigna son manteau et sans même l'enfiler elle se dirigea vers la sortie. Elle s'apprêtait à franchir la porte lorsque Démétri apparut soudainement. Lynn laissa échapper un cri de surprise, le voilà qu'il recommençait ! Elle se crispa presque instantanément et guetta ses prochains tremblements, les yeux baissés car elle ne voulait pas recroiser ce regard, elle avait cru y déceler quelque chose… Et quelque chose qui lui faisait peur. Lui inclina la tête, interrogatif. Elle paraissait vraiment terrifiée et quelque part, il ne voulait pas ça.
En réalité, il voulait enfin lui avouer sa nature mais elle était apparemment beaucoup plus fragile que ce qu'elle laissait croire. Elle qui d'habitude est si combative, vive et toujours avec une pique en réserve, apparaissait plus fragile que jamais. Démétri croyait qu'il allait enfin pouvoir se débarrasser de son fardeau, à savoir se comporter comme un humain afin de cacher sa nature, mais non, s'il voulait s'attirer l'amitié de Lynn, il allait devoir faire ça plus progressivement… Le vampire fronça les sourcils face à ses pensées, son « amitié » ? Et depuis quand désirait-il l'amitié de la jeune femme ? Non ce n'était définitivement pas le bon terme, il devait la mettre de son côté afin qu'elle rejoigne le côté de la justice Volturi, rien de plus. Mais la voir comme ça, si tremblante, si frêle, cela le mettait mal à l'aise.
Sans vraiment savoir pourquoi, il désirait qu'elle se calme, qu'elle cesse d'avoir peur de lui. Ce n'était qu'un peu de vitesse après tout… Il n'osait même pas imaginer sa réaction quand elle le verrait au soleil, ou quand elle saurait de quoi il se nourrit… Il considéra un instant la nuque de Lynn mais il fut interrompu par cette dernière qui, affolée, essayait vainement de forcer le passage. Démétri se rappela alors que ses yeux avaient dû s'assombrir à vitesse grand V et cette anomalie avait probablement apeuré Lynn. Elle chevrota faiblement, sans grande conviction :
« -Lais… Laisse-moi passer… »
« -Je ne suis pas sur d'en avoir envie… De toute manière ce n'est pas bien de sécher, tu vas aussi perdre ce contrat… ! »
Sa réponse eut l'effet escompté, elle redressa les yeux férocement et le fusilla sur place. Démétri s'estima satisfait, n'aimant pas la voir aussi faible (ce qui tentait ses instincts à reprendre le dessus, chose plutôt risqué.), il fit la seule chose qu'il savait utile et efficace : il appuya sur une corde sensible.
« -Obéis, ou j'hurle. »
« -Tu n'oserais pas. » Rétorqua-t-il, un immense sourire ravi ornant son magnifique visage.
« -Ah oui ? » Le défia Lynn avant de prendre une longue inspiration.
Démétri ouvrit de grands yeux et lui colla aussitôt ses mains sur la bouche pour l'empêcher d'ameuter tout l'immeuble. Furieuse, Lynn le mordit sans ménagement mais contrairement à ce qu'elle imaginait, c'est elle qui s'exclama de douleur ! Le vampire haussa les épaules, amusé. Elle reprit en lui ordonnant froidement, d'un ton qui ne signifiait vouloir aucune négociation :
« - Laisse-moi passer Volturi. »
Et Démétri fit un pas sur le côté, libérant le passage, sans aucune résistance. La jeune femme fut surprise mais ne s'interrogea pas plus longtemps, se contentant de foncer avant que l'homme ne change d'avis. Elle laissa là un Démétri perplexe, se demandant pourquoi il avait obéit.
A midi, la circulation était fluide, Lynn arriva très vite chez Sue. Sans compter que sous l'effet de la panique, le frein n'avait plus été qu'une option. Parvenue devant l'immeuble qu'occupait sa meilleure amie avec son petit ami, elle tambourina à la porte, le cœur battant à 100 à l'heure et les mains moites. Sue ouvrit la porte et s'étonna de voir Lynn tremblante, se réfugier dans ses bras.
« - Mais enfin qu'est-ce qui se passe ? Tu trembles ?! »
« - Je … Je dois te parler…» Articula péniblement la jeune femme.
« - Il y a un problème ? Oh bonjour Lynn, ça va ? »
Oui, Teddy Bear venait d'arriver, dans toute sa splendeur… Sue le disputa du regard et entraîna Lynn dans le salon, elle la fit s'asseoir dans le canapé et s'installa à côté d'elle en repliant ses jambes. Son fiancé lui, était incertain, il ne savait pas quoi faire, il hésitait à entrer lui aussi dans la pièce, dans son propre salon, situation ironique. Il demanda alors, soucieux de détendre l'atmosphère :
« - Comment va ce cher Démétri ? »
Voilà comment il s'était retrouvé dehors, parti faire des courses pas forcément nécessaires. Sa chère et tendre Sue s'était chargée de lui quand elle avait vu la réaction de Lynn : une plainte suivie de la tête dans un des coussins du moelleux canapé. Il n'en voulait pas à sa fiancée, loin de là, il savait à quel point son amitié avec la jeune femme était importante, alors il décida lui aussi d'aller rendre visite à un ami, histoire de boire une bière ou deux, rien de bien méchant.
Lynn avait toujours sa tête cachée dans le coussin lorsque Sue revint de la cuisine, deux thés brûlants dans chaque main. Elle s'assit à ses côtés, posa la tasse de son amie sur la table et lui demanda ce que le Volturi avait fait. A l'entente de ce nom, Lynn émergea doucement, contempla son amie les yeux grands ouverts et démarra la discussion :
« - Il est bizarre. Il m'a fait peur... ! »
« - Comment ça… Bizarre ? »
« - Et bien… Tu ne me prendras pas pour une folle hein ? »
« - Tu sais très bien que je ne ferais pas ça » Répliqua Sue en ponctuant sa phrase d'un clin d'œil.
« - Voilà… J'étais assise à mon bureau puis il est rentré, et j'ai eu peur alors… Je suis tombé mais le truc, c'est que j'avais un café dans ma main tu vois ! J'aurais du le recevoir dans la figure, mais non ! A ce moment là, j'ouvre les yeux et je le vois, fier comme un paon, en train de tenir mon café ! »
« - Bon réflexe dis donc ! Et après ? »
« - Non mais c'est CA le problème Sue ! Il était à la porte quand je suis tombée ! Je ne sais pas comment il a fait… Je… J'ai peur Sue ! On ne peut pas être aussi rapide ! »
« - … »
« - Je le savais, je n'aurais pas dû venir te déranger, à cause de ça, je t'ai dérangé alors que tu étais tranquillement avec Teddy Bear, excuse moi Miss…» Lynn commençait à se lever pour partir quand Sue la retint par la poignée.
« - Vraiment à la porte ? Et après tu as fait quoi ? »
Lynn hésita, puis se rassit.
« - J'ai voulu m'enfuir, j'allais passer la porte quand il est réapparu aussi vite ! Je n'ai jamais eu aussi peur ! Il y a eu un blanc, alors je l'ai regardé et à ce moment là…» Elle prit sa tasse de thé, la main tremblante et inspira profondément avant de poursuivre. « Ses yeux se sont assombrit Sue, déjà que le rouge ce n'est pas rassurant ma alors là… Il avait un air… J'étais terrorisée, on aurait dit qu'il allait me tuer ! »
Sa voix se termina dans un aigu hystérique, Sue la prit alors dans ses bras, n'en revenant pas de ce qu'elle venait d'entendre, mais elle croyait son amie. De toute manière, elle ne pouvait qu'y croire, après ce qu'elle avait vu elle aussi…
Enfin, Lynn était parti. Sue avait eu beaucoup de mal à la rassurer, à la calmer. Mais elle avait réussi, c'est à ça que sert une amie après tout. Sue elle-même ne savait pas ce qu'elle ferait sans son insupportable râleuse.
Toutefois, les pensées de la jeune femme n'étaient pas tournées vers Lynn, elle pensait plutôt à Démétri. Elle aimait bien le jeune homme, il était poli, sérieux, sympathique et diablement sexy. Mais elle ne pouvait pas nier qu'il avait quelque chose de différent en lui, il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte ! Rien que les facteurs physiques suffiraient à convaincre n'importe qui que cet homme là était plus qu'il ne le laissait paraître. Mais après réflexion, seules les personnes ouvertes d'esprit pourrait s'interroger là-dessus. Et Sue l'était, beaucoup plus que Lynn. Elle avait déjà passé de longues soirées à réfléchir sur le Volturi.
Et tout ce que Lynn, venait de lui raconter… Rien ne sera plus pareil.
Elle le savait, Lynn le savait et Démétri lui devait s'en douter. Bien sûr ! On ne disait pas « Tu as conscience que je suis différent depuis longtemps n'est-ce pas ? » en espérant que rien ne change !
Au contraire, il devait avoir fait pour que quelque chose change.Mais que voulait-il changer ? Pourquoi annoncer clairement qu'il était différent ? Mais la question la plus importante était :
Qu'est-il ?
Sue frissonna à l'idée qu'il puisse être tellement différent au point de tuer Lynn. Parce que c'est ce qu'elle lui avait dit, ses yeux étaient assombris par une lueur meurtrière…
Il lui fallait récapituler : premièrement, il était pâle comme un mort, mais beau à en mourir. Sue pâlit, c'est Lynn elle-même qui l'avait décrit de cette manière un jour où elle était particulièrement de bonne humeur. Elle se secoua mentalement et ferma les yeux pour continuer son récapitulatif. Ses yeux rouges. Oui. Ou noir en fait. Mince alors ! Ils changeaient de couleur !
Bon, il allait très vite, trop vite à en juger par le témoignage de Lynn. Et… Il était tout le temps gelé… Sue reconsidéra le début de sa liste, sa beauté était-elle vraiment un argument ? Bref. Beau, pâle, yeux, vitesse, froid et… Un autre élément que Sue refusait à se remémorer…
***C'était quelques semaines avant les vacances, tout le monde au bureau commun de la recherche s'affairaient sur des énormes piles de dossiers. Lynn la première, elle venait d'être nommée responsable et avait désormais la charge de faire travailler sans relâche sa section, une petite promotion qui ne lui déplaisait pas pour autant. Elle pouvait maintenant donner des ordres légitimement sans qu'on lui reproche d'être une rabat-joie. Sa plus grande satisfaction était de voir ses collègues et amis lui obéir sans protester, tous savaient qu'elle n'était pas là pour décorer.
Quoi qu'il en soit, Sue, elle, allait partir chercher deux cafés à la machine, un pour elle et un pour sa meilleure amie. Démétri n'était pas là, il disait devoir passer un coup de fil à sa branche italienne, à Volterra, il était donc sorti du bruyant bureau afin de téléphoner sereinement.
Il faisait beau ce jour là, un soleil radieux illuminait un ciel bleu sans nuage, mais les rayons du soleil ne parvenaient pas encore à réchauffer l'atmosphère. Sue se surprit à vouloir prendre quelques minutes de repos (c'est-à-dire désobéir à Lynn, risqué), aussi elle s'engagea dans un couloir qui n'était pas énormément fréquenté mais qui bénéficiait de larges fenêtres qui laissaient entrer la lumière.
Sue entendit une voix masculine parler, elle reconnut là la voix de Démétri.
« - Il n'est pas obligé de venir Alec ! Je me débrouille très bien ! […] Comment ça, 'pas assez rapide' !? Ce n'est pas le genre à tout avouer d'un coup ! Elle ne supporterait pas ! »
Visiblement, il avait l'air d'avoir une conversation animée avec un certain Alec, « Pas très italien ce prénom…» Songea la jeune femme.
Elle allait faire demi-tour afin de laisser son collègue téléphoner quand une lueur étrange l'interpella, Sue longea silencieusement le mur et jeta un rapide coup d'œil pour voir ce qu'était cette lumière. Elle se pencha et ce qu'elle vit en cet instant la laissa complètement bouche bée. La peau du jeune homme étincelait, des milliers de diamants semblaient être incrusté dans ses pores et les rayons du soleil sublimaient chaque courbe de ce corps. Il n'avait jamais été aussi beau, ni aussi terrifiant.
Sue s'enfuit le cœur battant à la chamade. ***
La sonnette de la porte d'entrée retentit et Sue entendit un « Ma cocotte d'amour ? J'ai oublié mes clés ! » Elle se leva d'un bond du canapé pour accueillir son nounours, se promettant toutefois de découvrir ce qu'était Démétri, afin de protéger Lynn qui était la personne la plus fragile qu'elle connaissait, d'où son caractère passionné et vif qui servait de carapace.
Impossible de dormir, la jeune femme en était incapable, depuis plusieurs elle se remémorait le visage du Volturi, et ses yeux… Elle ne comprenait absolument pas pourquoi elle était si perturbée, elle était pourtant quand même plus solide que ça !
Quelque part… Le fait qu'elle ait commencé à s'attacher à son collègue devait y être pour quelque chose, un parfait inconnu l'aurait intrigué mais pas au point d'en passer une nuit blanche !
Fichu Démétri ! Pourquoi avait-il fallu qu'il mute en Angleterre ? Il aurait dû rester en Italie, ça n'aurait pas fait de mal à son teint d'ailleurs… Le destin accompli parfois des choses étranges… Il y a quelques mois, Lynn aurait pu ne plus parler à son nouveau collègue sans problème mais maintenant, concevoir qu'il était différentlui collait mal au ventre. Elle allait augmenter ses distances maintenant mais malgré tout… Elle ne le voulait pas. Point. Mais que faire alors …?
Oublier.
Oui, Lynn voulait oublier et c'est ce qu'elle allait faire.
« - Deux bières s'il vous plait. »
« - Oh Lynn tu exagères, tu sais que je perds toujours à ce jeu là ! »
« - On est des anglaises ou pas ma chère ! Nous devons respecter les coutumes ! »
« - De toute façon, ça ne se joue pas à deux ça ! »
« - Peu importe ! Oh et puis zut ! Ne me gâche pas ce plaisir, pour une fois que je t'ai pour moi toute seule, on va en profiter, ce n'est pas tous les jours que Teddy bear est en voyage ! »
« - Il s'appelle Mark. » insista Sue.
Les deux amies étaient assises au bar d'un bowling, c'était Samedi soir, la salle était pleine à craquer et elles attendaient qu'une table de hockey… sur table se libère. Afin de patienter sans trop s'ennuyer, Lynn avait décidé de boire un coup d'une manière très british. Voyez vous-même.
« - Merci » dit la jeune femme à l'adresse du barman qui repartait déjà servir un autre client. « - Prête Sue ? »
La pauvre Sue en question attrapa sa bière et jeta des regards implorants aux personnes situées aux alentours qui continuaient à discuter entre eux. La salle bourdonnait de ces discussions et la jeune femme regrettait que Sue préfère 'jouer' plutôt que de les imiter.
« - 3, 2, 1, c'est parti ! »
Et les deux femmes se avalèrent avec de longues gorgées leur boisson, les deux se dépêchaient, le but étant tout simplement de finir la première. Le souci de la version anglaise, c'est que pour être sur que le participant boivent entièrement son verre…
« - Fini !» s'égosilla Lynn en retournant le récipient sa tête.
Sue soupira, vaguement amusé et fini tranquillement, elle n'avait jamais gagné et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait commencer… Elle s'assura que son verre ne contienne plus une goutte de bière et le retourna également sur sa tête pour montrer qu'elle avait elle aussi tout bu. Son amie se réjouit de sa victoire et en redemanda deux autres. Puis elles se dirigèrent vers une des tables et commencèrent à jouer. Sue sortir vainqueur des deux parties de hockey sur table, malheureusement pour elle.
En effet, Lynn, quelque peu mauvaise joueuse, recommanda deux bières… La victoire a-t-elle vraiment la même saveur lorsque l'on sait déjà que l'on va gagner ?
Mais au bout de plusieurs heures d'amusement, il n'était plus question pour aucune des deux femmes de penser philosophie. Elles se dirigèrent d'un pas incertain vers la sortie, heureusement elles avaient prévu de rentrer avec le taxi, Sue ne connaissait Lynn que trop bien. Et Lynn connaissait trop bien Sue, elle savait que son amie n'allait pas l'arrêter, bien qu'elle le niait à chaque fois, la «cocotte d'amour » adorait s'amuser.
L'air frais de la nuit les revigora un peu, piquant leurs yeux fatigués. Un taxi leur fit des appels de phare, elles s'y dirigèrent et entrèrent dans la voiture. Le chauffeur se retourna et demanda à ses passagères assises à l'arrière :
« - Maidenhead c'est bien ça ? »
Lynn bafouilla, étonné :
« - Ben, comment vous le savez ? »
« - Un ami à vous apparemment, il était aussi dans ce bowling et… 'Fin bref, il a appelé un taxi pour vous.» Ronchonna le chauffeur.
« - Comme c'est gentil…» Dit Sue tout en posant sa tête sur une Lynn qui sommeillait déjà.
Et dehors, une ombre disparu instantanément du toit du bowling, un sourire satisfait sur les lèvres.
Une semaine plus tard, au bureau commun de la section recherche, Londres.
Comme si le poids de ces cartons ne suffisait pas, il fallait en plus qu'ils soient gigantesques ! Lynn fulminait, retour de vacances signifiait irrévocablement archivage, et donc piles de dossiers à ranger dans des cartons. Et qui devait ranger ces cartons ? La responsable bien sûr !
Quand le patron avait convoqué la jeune femme, celle-ci eut beau protester qu'elle était une faible femme, son tyran de boss n'en avait pas démordu, c'était ELLE qui s'occuperait de ça. Et voilà donc Lynn qui obéissait son supérieur, voulant passer la porte en soutenant tant bien que mal le lourd carton.
« - Laisse-moi t'aider. »
Une voix trop irrésistible pour être réelle… Lynn n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qui était l'homme qui venait de lui proposer son aide.
« - Je peux me débrouiller toute seule Volturi. »
« - Ces cartons ont l'air lourd. »
« - Je ne te donnerais pas une autre excuse pour te moquer de moi ! »
Et Lynn tenta de franchir la porte, une fois, deux fois, mais ca ne passait pas, la porte était trop petite par rapport à la largeur des cartons. La jeune femme avait beau forcer, forcer et recommencer à forcer, rien à faire. Par-dessus tout, elle essayait de ne pas se retourner pour ne pas voir le visage de son collègue qu'elle était sûre de voir amusé. Mais Démétri lui, ne s'amusait plus du tout, un air mécontent barrait son visage de marbre. Plus il la voyait, l'observait, plus il se demandait si ses maîtres n'avait pas fait erreur sur la personne. Agacé, il fini par agir en bousculant Lynn :
« - Pousse-toi. »
« - Hé ! »
Démétri ne se soucia pas de l'expression d'indignation de sa « mission » et se contenta d'attraper le lourd carton. Quant à elle, sa chanteuse ouvrit de grands yeux, le carton semblait léger comme une plume dans ses bras !
« - Ca casse ?» demanda t'il.
« - Euh…Non. »
Alors le vampire le balança dans le couloir. Le carton atterrit dans un grand fracas sous les yeux de Lynn qui ne bougeait plus. Elle observa à tour de rôle son collègue et le carton, le carton et son collègue. Elle voulait se mettre en colère, mais Démétri lui lança un regard noir qui lui coupa toute envie de râler. Royalement, il fit demi-tour et alla se rassoir à son bureau pendant que Lynn le regardait, interdite. Puis elle détourna les yeux, elle n'osait plus le regarder, ni se mettre en colère, ni même l'injurier dans sa tête ! Lynn sortit de la pièce la tête baissé, l'esprit plongé dans ses pensées, elle se demandait pourquoi elle était si intimidée par cet homme. Elle redressa son carton et le fit glisser jusqu'à la pièce des archives, un étage en dessous.
Elle poussa donc son carton dans l'ascendeur et l'accompagna en bas. Une fois sa tache accomplie, une subite envie de café la saisit, l'appel de la caféine était puissant, tentant. Elle céda et courut presque à la machine. Une pièce, un petit bouton et hop ! Un gobelet fumant atterrissait dans les mains de la jeune femme qui avait bien besoin de réconfort. Elle soufflait sur son café tout en pensant au Volturi, pourquoi était-elle comme ça ?
Soudain, elle sortit une autre pièce de sa poche et l'inséra dans la machine. Elle s'empara du deuxième gobelet et retourna dans à son bureau. Lynn entra dans la pièce le cœur battant, les joues rougissantes, elle regardait ses pieds, elle se dirigea vers le bureau de Démétri et disposa la boisson sur le meuble de son collègue en ajoutant un vague :
« -Merci… »
Elle commença à s'éloigna quand elle sentit une main froide lui agripper le poignet, elle le regarda, surprise quand il lui dit :
« - Je t'effraie toujours ? »
« - Je… Je ne sais pas qui tu es… »
« - Tu le sauras bien assez tôt Lynn. »
Et il lui sourit gentiment, avec douceur. Le cœur de Lynn eut des ratés, elle fit oui de la tête, ses membres semblaient se liquéfier, elle fixa ses yeux sans pouvoir se détacher. Elle voulait que jamais cela ne s'arrête. Quand il la lâcha enfin, il lui susurra d'une voix douce :
« - Merci… Pour le café. »
Elle acquiesça de nouveau et repartit très vite. Démétri la regarda, penseur. Il se demandait si vraiment ses maîtres n'avaient pas fait erreur sur la personne. Pensée sacrilège… Enfin, il espérait qu'ils aient fait erreur sur la personne. Pensée d'autant plus sacrilège.
Sue avait observé la scène, mécontente. Elle n'aimait pas ce rapprochement significatif entre ces ceux-là. Aussi, elle décida d'aller voir Démétri le plus tôt possible.
Le lendemain, fut une journée particulièrement éprouvante pour Sue. La faute à Lynn mais surtout au Volturi. Explication : une nouvelle employée fit son apparition dans la boite où ils travaillaient et bien qu'étant dans une autre section, elle adorait rester dans le bureau de la section recherche pour… Voir Démétri. Et tenter de le séduire. Ca allait de soi.
Le midi, Sue découvrit que Lynn avait une tendance à devenir particulièrement agressive quand la jalousie apparaissait. Comme toujours, elle attribua un surnom à la jeune femme, plutôt vulgaire. En voici un aperçu : « gr*sse ch*dasse all*meuse et b*uffeuse de… », La suite n'apparaitra pas, Sue a préféré se boucher les oreilles…
Et Démétri, lui, ne réagissait pas comme le faisait remarquer Lynn. Quand son amie eut l'audace de lui dire : « T'es jalouse Lynn.» Celle-ci hurla au scandale mais rougit soudainement.
Cela n'allait vraiment pas. Il ne fallait pas que Lynn commence à s'attacher à cet étrange homme, si toutefois c'en était un…
A 18h59, Lynn était sur les starting-blocks, comme toujours. Sa meilleure amie alla la voir et lui dit au revoir, mais elle avait une étrange lueur dans les yeux. Sue ne releva pas, pensant que c'était dû à la satisfaction que la nouvelle ait si docilement obéit à Lynn quand elle lui avait ordonné de sortir. Mais non… Sue alla rejoindre Démétri et lui annonça qu'elle devait lui parler.
19h sonna, Lynn bondit de sa chaise et partit en direction de la sortie. Au niveau de la porte, elle se retourna élégamment en faisant tournoyer ses cheveux comme dans la publicité qu'elle trouvait si ridicule, elle posa une main sur sa hanche. Tout le bureau l'observait, Démétri y comprit, il avait l'air aux yeux de Sue… Subjugué. Quand Lynn claironna d'une voix sensuelle :
« - A demain Daniel ! »
Elle se retourna et partit, victorieuse. Le pauvre Daniel, lui, était tellement étonné (perturbé ?) qu'il se prit les pieds dans sa chaise et s'étala par terre. Il fallait le dire, Lynn n'avait pas pour habitude d'être aussi aguicheuse.
Sue se désintéressa de Daniel et tourna son regard vers le mystérieux personnage. C'est alors que celui-ci eut un violent sursaut, la moitié des affaires posés sur son bureau se retrouvèrent à terre, il ferma les yeux et elle put contempler, abasourdi, les jointures de ses mains crispées. Au loin Daniel se plaignit de s'être fait mal sous les rires de ses collègues qui plaisantaient sur sa maladresse, il avait la main en sang. Sue regarda le sang qui couvrait la main de son ami, puis Démétri. Il avait toujours les poings serrés et les yeux fermés, alors elle passa sa main devant le nez de l'homme, prenant garde de ne pas le toucher, il ne respirait plus. Elle sursauta quand il lui attrapa la main, il la serrait fort, trop fort. Elle gémit de douleur et c'est alors qu'il ouvrit les yeux, noirs d'encre.
« -Que sais-tu ?» interrogea t'il.
« - Un penchant pour le sang ?» Répondit-elle difficilement, les yeux remplis de larmes.
Démétri, sans lâcher Sue, attrapa ses affaires et celles de la jeune femme et l'emmena à sa suite. Elle courait presque derrière lui, son poignet lui faisait mal, mais elle ne savait pas qu'il faisait tout pour ne pas le lui broyer. Arrivé au parking, il la poussa dans un coin à l'abri des regards et la saisit au cou.
« - Que sais-tu ?! »
« - La… Lâche-moi…» Suffoqua t'elle
Il relâcha sa prise et recula sur le mur opposé, voulant lui donner une impression de liberté, comme si elle avait l'occasion de s'enfuir si elle le désirait. Mais c'était sans se douter de la perspicacité de la jeune femme.
« - Tu es rapide, je sais bien que je ne pourrais pas m'enfuir, alors rapproche toi, je ne veux pas hurler.» Elle haletait et se frottait le poignet.
« - J'ai une bonne ouïe. »
« - Je ne connaissais pas encore cet élément, merci pour l'indice. Qu'es-tu Démétri ? »
« - Tu n'as pas peur de me poser cette question ?» répliqua t'il, hautain.
« - Je suis plus courageuse que ce que j'en ai l'air. »
« - Et moi je suis quoi ? »
« - Aucune idée... Tu… Tu es rapide, tu as une peau pâle extrêmement dure et glacée. Tu as des yeux écarlates, et … Tu brilles… »
« - Comment sais-tu ça ? » Il fronça les sourcils.
Sue répondit simplement : « - Je t'ai vu. »
« - Tout comme tu as vu ma réaction face à Daniel… »
« - Oui… »
Démétri ne bougeait plus, il semblait réfléchir, on aurait dit une magnifique statue de marbre. Dans un parking souterrain sombre et malodorant. Cela dura deux bonnes minutes. Deux minutes pendant lesquelles Sue se demandait si elle ne devrait pas s'enfuir. Mais l'angoisse la clouait sur place. Elle allait tenter une sortie quand l'homme redressa la tête, il marcha vers Sue doucement, ses pieds claquant sur le sol du parking. La jeune femme reculait, apeurée, Démétri avait un regard à glacer le sang. Quand son dos rencontra le mur, il continuait d'avancer jusqu'à ce que son corps touche le sien, alors il chuchota.
« - Je ne dirais rien à Lynn si j'étais toi. »
« - Laisse-la tranquille, ne la touche pas …! » répondit Sue qui paraissait défaillir.
« - Je ne lui veux aucun mal. »
La voix de l'être était plus douce. Il hésita à répondre quand elle lui demanda :
« - Qu'es-tu… ? »
« - … Un vampire. »
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