Bien le bonjour ! Ca fait un bail que je n'ai pas posté, mais je m'accroche, je suis tellement pressée de vous faire lire la suite ! Je veux dire ... Ce qui se passe après ce chapitre, j'estime que c'est à ce moment là que ça sera vraiment intéressant !

Apparemment, je suis un peu sadique, je crois que ce chapitre va vous conforter dans cette idée... Mais je n'en dis pas plus, Bonne Lecture !


Elle est la seule dont l'arôme ait un sens. Pour le traqueur que je suis, poursuivre une essence qui a un sens est unique et inespéré. Je ne peux l'ignorer…

Serait-ce la destinée de mon don ? Trouver la tua cantante qui me correspond ? Serait-ce enfin le but de mon immortalité ? On passe son temps à se trouver un objectif quand on est immortel, quand sa vie s'étend à l'infini, la trouver serait il l'aboutissement de mon don ?

Je ne le savais pas …


« Que veux-tu ? »

Un grondement s'échappa du vampire, cruel, animal. Il resserra sa prise autour du cou de Sue qui à présent suffoquait. Elle se débattait tant bien que mal, ses deux mains tentaient d'arracher de force la poigne de l'homme autour de sa gorge, ses pieds battaient inutilement dans le vide, alors sa vision commença à se brouiller, l'air lui manquait.

Ses bras retombèrent le long de son corps suspendu, inutiles. Les yeux de la jeune femme clignèrent rapidement de panique, la brume envahissait doucement son esprit. Elle ne voyait plus, elle ne sentait plus, le manque d'air l'affaiblissait et son esprit ne répondait plus. Il était vraiment magnifique, ses traits, ses cheveux aux reflets dorés. Il était vraiment magnifique malgré le rictus qui déformait ses lèvres, malgré ses dents blanches dévoilées, effrayantes, trop parfaites et malgré le grondement sourd qui en échappait. Sue perdit la notion de tout e qui l'entourait, elle avait chaud et ces mains froides la soulageaient. Les paupières à demi fermées, le rouge éclatant des pupilles de son agresseur appelait son dernier regard.

Rage.

Et détresse…

Elle sombra.

Une sonnerie retentit, Démétri grogna et relâcha la masse inerte que représentait la jeune Sue qui s'effondra par terre. Sans plus s'en soucier, il extirpa son portable de sa veste noire et décrocha, signalant à son interlocuteur qu'il l'écoutait par un bougonnement significatif.

« - Félix a décidé de te rendre visite. » Souligna la voix d'Alec Volturi.

« - Et en quoi ça m'intéresse ? »

« - Tiens ? De mauvaise humeur Démétri ? »

« - Contente-toi de répondre à ma question. » Répliqua le concerné.

« - Très bien. Vois-tu, Félix à l'air très heureux par la perspective de te revoir, tu sais à quel point il aime se faire annoncer… »

« - … De la manière la plus discrète qui soit … » Compléta le vampire, désabusé.

« - Je dois ajouter que Maître Aro aimerait te voir avec elle, humaine, et que si… »

C'est alors que l'alarme incendie se déclencha, une longue alerte retentissante résonna dans tout le parking, et très certainement dans tout l'immeuble. Les humains n'allaient pas tarder à évacuer tout l'immeuble… La sonnerie répétitive tapa sur les nerfs déjà à vif du vampire qui écrasa son téléphone entre ses longs doigts pâles. Il ne devait très certainement plus rien en rester…

« - Voilà une manière assez radicale de raccrocher Démétri… Tu imagines si tout le monde faisait comme toi ? Les entreprises qui fabriquent ces engins feraient fortune… ».

Démétri ne prit même pas la peine de se retourner vers l'homme qui lui avait adressé la parole. Il connaissait parfaitement cette voix, ces intonations, cette odeur, depuis plusieurs siècles déjà. A l'image de Sue et de Lynn, Félix et Démétri formait un binôme unique et particulièrement complice, à leur manière bien sûr. Félix reprit :

« - On ne salue plus son vieil ami ? Tu me fais beaucoup de peine Démi… Je croyais qu'entre toi et moi, il y avait plus que ça… »

La voix de Félix déclina sur un long trémolo larmoyant. Son ami, encore une fois, ne prit même pas la peine de répondre, au contraire, il approcha lentement de Sue qui était affalée par terre, Félix apparut soudainement à son côté, un air à la fois soucieux et grave peint sur le visage, avançant avec lui vers la jeune femme. Les deux vampires observaient curieusement cette humaine à la respiration saccadée, l'un parce qu'il pensait en avoir fini avec elle, l'autre car il se demandait si cette faible créature était la raison des soucis de son ami. Félix n'avait que très rarement vu Démétri perturbé, d'ordinaire, il avait toujours un sourire narquois sur les lèvres, mi-séducteur, mi-diabolique. Et là, c'est à peine s'il arrivait à le faire bouger…

L'esprit de Démétri bouillonnait, que devait-il faire ?

La tuer bien sûr.

Il hésitait…

Mais la loi des Volturi est pourtant claire.

Ses maîtres veulent Lynn, tuer sa meilleure amie n'interviendra pas en leur faveur…

« - Que fais-tu Démétri ? » demanda Félix, suspicieux de son comportement.

« - Je réfléchis. »

« - Qui est-elle ? »

« - Sa meilleure amie. »

« - Y a-t-il un risque qu'elle nous en tienne rigueur longtemps si… »

« - C'est certain. »

Félix soupira, les humains avaient toujours eu le don de tout compliquer, lui était un homme simple, quand on le contrariait, il réglait le différent par les poings. Mais là il y avait des directives… A son côté, Démétri remua, il paraissait s'être décidé. La question était compliquée, il était, avec Félix et les autres gardes, le premier à vouloir faire respecter la loi. Devait-il la contourner afin d'apporter satisfaction à ses maîtres ? Devait-il laisser l'humaine en vie après lui avoir révélé qu'il était un vampire ? En même temps, elle avait déjà presque deviné. Et ce n'était pas une excuse. Une pensée effleura son esprit, Sue avait déjà dû mettre Lynn au courant de ses soupçons… Cela pouvait être dangereux. Une réponse à ses questions s'imposa dans son esprit, le maître Aro ne leur avait-il jamais appris à détourner la loi en leur faveur quand cela était nécessaire… ? Le dernier exemple en date était bien avec l'histoire de cette Cullen et de sa progéniture contre-nature, à l'exception près que cette astuce n'avait pas fonctionné avec autant de témoins… Ici, il était tout seul…

Non.

Il ne le fera pas.

Démétri fit un pas en avant, les pupilles d'un noir d'encre, une brève parole s'échappant de ses lèvres :

« - Tant pis… »

En une fraction de secondes, Félix tendit le bras et bloqua le passage, son ami s'arrêta et tourna la tête vers lui, les sourcils relevés, interrogateurs.

« - Deux choses Démétri : Je crois que … »

C'est à ce moment là que choisit le système de secours d'extinction des incendies pour se déclencher. En plus de l'irritable sonnerie qui ne semblait pas vouloir s'éteindre, les vampires devaient maintenant supporter l'eau que projetaient les réserves accrochées au plafond. Félix termina sa phrase :

« - Je disais, je crois qu'on va avoir droit à une douche… »

Démétri prit sa tête dans sa main droite et soupira, à la fois désespéré et amusé, puis il demanda qu'elle était la seconde chose qu'avait à dire Félix.

« - Je vais me débarrasser de ce problème. » dit-il en désignant Sue d'un coup de tête. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, les yeux brillants d'une lueur cruelle.

« - Je m'en occupe, vaque à tes occupations quotidiennes. … . Mais va d'abord te changer. »


Il régnait dans la salle de bain une chaleur étouffante, de la vapeur d'eau chaude inondait le carrelage glissant, le grand miroir et la porte de douche. C'était une salle de bain on ne peut plus classique, blanche, douche blanche, un lavabo blanc, carrelage blanc, des serviettes de toilettes, un radiateur, un autre d'appoint, une minuscule fenêtre (jamais ouverte) et … Un canard en plastique. Cadeau de Sue. Enfin cadeau … Disons plutôt le résultat d'un pari.

Lynn avait clamé haut et fort qu'elle la battrait au « jeu de la bière », victoire inéluctable, le gage de Sue était de se ramener avec un canard au bureau. Mais il est toujours mieux d'avoir les idées claires quand on définit les termes d'un pari, alors que Lynn imaginait déjà son amie apporter un bruyant canard vivant, Sue avait parfaitement imaginé la parade. Devinez la tête de son amie …

La porte de la douche s'ouvrit, libérant un nuage de vapeur et une jeune femme trempée de la tête au pied, la tête lui tournait, à cause de la fatigue sans doute… Celle-ci s'enveloppa dans une sortie de bain puis ferma la porte de la douche. Elle avait les yeux fatigués et la chaleur de la pièce qui lui embrumait l'esprit n'arrangeait en rien les choses, mais ce matin était exceptionnel, pour la première fois depuis … le lycée, Lynn avait de l'avance ! Suffisamment pour prendre une longue douche et boire tranquillement au moins une dizaine de cafés ! La raison ? Elle s'était réveillée bien avant son réveil, pas de son propre chef, bien sur, Lynn estimait capital d'entendre le bruit de son réveil le matin ! (Pur mensonge, elle ne l'entendait jamais). Mais tôt ce matin, elle avait reçu un message de sa meilleure amie, plutôt étrange en fait…

« Ne serait plus là pour un bout de temps, j'ai des choses à faire, ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave. Bisous »

Etrange de plusieurs façons : ce message ne comportait aucune fautes or, Sue était un fan du langage sms, deuxièmement, cette manière de parler ne lui ressemblait pas, on dirait presque qu'elle allait …

A cette pensée, Lynn sentit l'angoisse lui étreindre le cœur. Troisièmement, Sue aurait quand même répondu à la centaine d'appel que déclenchait Lynn. Elle avait prévu de voir Mark, alias « Teddy bear », dans la journée afin de demander des explications, après tout, lui et Sue s'étaient peut être simplement disputé… Non si ça avait été le cas Sue se serait rué chez son amie afin de lui confier tous ses soucis… Très inquiète malgré la demande de son amie via le sms, Lynn avait entreprit une tâche de « changement bref mais intense d'idées », le CD en cours changea de musique, piste 5 « Le Trublion », elle avait dégoté cet album sur internet, c'était le CD d'une comédie musicale française « Mozart l'Opéra Rock ». Lynn se débrouillait pour ce qui est de la langue française, à l'époque de la Fac, les cours de langues étaient ses favoris. Elle adorait également l'architecture de ce pays, sa culture et ses coutumes même si sa civilisation préférée restait l'italienne… N'en déplaise à l'autre abruti (sexy) !

La jeune femme augmenta le son, c'était son morceau, elle entortilla ses cheveux bruns dans une épaisse serviette vert pomme et attrapa le tube de dentifrice pour s'en servir de micro alors que le chanteur entamait le refrain :

Je suis un libre-penseur
Un trublion, un emmerdeur

Messieurs les juges les procureurs
Non, je n'ai cure de vos assises

Je suis assis sur votre honneur
Et vos valeurs que je méprise

Bon d'accord, ce texte ne représentait pas vraiment la jeune femme, elle obéissait toujours scrupuleusement à l'ordre établi mais il fallait avouer que dés qu'elle le pouvait, elle n'hésitait pas à installer ses propres règles. Elle était bien une « libre penseuse », autant qu'une « emmerdeuse » tout compte fait … Quant aux valeurs, elle ne les méprisait certainement pas !

Abandonnant son micro de fortune, elle le troqua contre un sèche-cheveux qu'elle mit en marche après avoir encore augmenté le volume de son lecteur CD, elle avait de bons murs après tout, les voisins n'entendraient probablement pas.

Mais il y avait bien quelqu'un qui entendait, en fait, il entendait tout depuis le début, jusqu'au réveil qui s'était mis en marche il y a un bout de temps déjà et qui continuait de sonner. Démétri songea que ce n'était certainement pas en augmentant le son qu'elle se rendrait compte de l'heure qu'il était. Il jeta un énième coup d'œil à l'horloge du tableau de bord de sa voiture, dans 7 minutes exactement, Lynn aurait toutes les chances d'arriver une fois de plus en retard.

Le vampire tapota le volant de ses fins doigts pâles, son esprit traitait plusieurs choses en même temps : la mort de Sue, la réaction future de Lynn quand elle l'apprendrait, la raison de sa présence ici, la question du « J'y vais ou j'y vais pas ? » et enfin, cette musique française qui, si elle révélait le caractère de Lynn de par ses paroles, poserait largement problème. Il osait à peine imaginer la vie à Volterra avec un vampire nouveau-née rebelle… Surtout celle-là… !

Bon !

Il se redressa brusquement et ouvrit la portière violemment, sa patience avait des limites ! Aujourd'hui, il avait décidé d'aller chercher Lynn chez elle pour aller au bureau. « Galanterie ? » « Non, Démétri » aurait répliqué Heidi Volturi, une amie de l'homme, amie qui était restée à Volterra, peut être que c'est elle qui aurait du venir, dans le langage Volturi : Félix = brute, Heidi = finesse. Le cas Sue aurait peut être pu être réglé autrement… Mais ce qui est fait est fait, on ne la ramènera pas.

Le vampire était déjà devant la porte de l'appartement de la jeune femme, c'est à peine s'in avait touché les escaliers et déjà, il sonnait.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois …

Enchainement de sonnerie. Rien.

Cela l'amusait autant que ça l'énervait, il respira une longue bouffée d'air, conscient que le parfum de sa « chanteuse » avait toujours autant d'impact qu'au premier jour, et pénétra dans l'appartement sans plus de cérémonie. (Comment ça « fermé » ?).

Il détailla très rapidement l'intérieur, assez coquet mais simple, peut être un peu trop sens dessus dessous, mais cela ne l'étonnait pas quand on connaissait celle qui habitait cet endroit. Le tout était assez ordinaire, des lampes, un canapé couleur crème, des magazines, des livres… Le seul détail qui retint son attention était le mur du fond : il était bicolore …

Il sut immédiatement où était la salle de bain grâce au concert et aux effluves qui s'y mélangeaient. Un délicieux parfum flottait dans l'air, les humains auraient appréciés cette humide odeur de savon, de parfum, Démétri lui, appréciait grandement l'odeur exquise de la jeune, une fragrance chaude et parfumée, un sang délicat et subtil, revigoré après une longue douche. Ne prenant même plus la peine de signaler sa présence, il entra dans cette salle de bain, hypnotisé par cette odeur, les yeux noirs de désir.

Il ressortit aussitôt, se rendant à peine compte de ce qu'il venait de faire, c'était tout sauf lui ça ! Il n'aurait jamais osé pénétrer dans une salle de bain alors qu'une femme s'y lavait, question d'éducation ! Comment avait-il pu faire ça ? La réponse lui parvint presque instantanément.

« -Son parfum… » Murmura t'il.

La musique s'arrêta net, enfin un peu de calme (si on oubliait le réveil qui continuait de signaler sa présence et les cris outrés qui émanaient de la salle de bain…). Curieusement, Démétri restait derrière la porte, comme si un lointain reste d'instinct humain lui dictait de bloquer cette porte car rien de ce qui en sortira ne sera bon. Et il avait raison, dans la seconde qui suivit, la poignée de la porte remua furieusement alors que Démétri la poussait pour qu'elle reste fermée, vraiment, il n'y avait que cette fille pour le faire réagir de la sorte !

« - Laisse-moi sortir pour mieux t'étriper Volturi ! »

Qu'est-ce qui l'avait convaincu ? Le ton furieux de la demoiselle ou les menaces qu'il encourait ? Toujours est-il qu'il s'éloigna sans hésitation aucune. La porte s'ouvrit excessivement vite …

« -Qu'est-ce que tu fiches ici Volturi ? Ca va pas de rentrer chez les gens comme ça ? Non mais tu t'attendais à quoi ? »

La porte s'ouvrit à la volée révélant une Lynn rouge de colère, ses cheveux à moitié séché trempant ses épaules, des vêtements enfilés à la hâte et ses mains posés sur les hanches. Furibonde, elle enchaina :

« -Vraiment c'est… C'est du harcèlement ! Comment es-tu rentré déjà ? Non ! Tais-toi ! Je ne veux pas savoir ! La salle de bain en plus ! Non mais t'es vraiment pas gêné ! Vicieux ! Pervers ! Sans gène ! Et puis je… »

Une main glaciale lui coupa la parole, une fois de plus, Démétri la fit taire en plaquant sa main sur la bouche de la demoiselle. Il ne respirait plus, Lynn avait toujours la peau chaude, humide et parfumée et cette chair tendre dégageait toujours de délectables effluves… Il ferma les yeux pour penser à autre chose que les pulsations du cœur de Lynn, autre chose que les palpitations de ses veines sous sa main, penser à autre chose pour ne pas la tuer elle aussi…

« -Je te prie de m'excuser, j'étais venu te chercher et comme j'entendais la musique de ton appartement, je me suis dit que tu n'entendrais pas la sonnette de la porte d'entrée. »

Il ouvrit ses yeux écarlates et plongea son regard dans le sien, profond, sincère. Il était relativement gêné de son entrée et voulait de ses excuses qu'elles soient correctes et surtout, que Lynn les accepte, qu'elle ne lui en veuille pas. Il la sentit se détendre sous ses mains, elle se calmait, alors il la relâcha, guettant de nouvelles brimades mais elle l'ignora, tout simplement, se contentant de disparaître dans l'appartement. En cet instant, il ressentit une étrange sensation, comme si son cœur défunt, ses entrailles même, venait de plonger brusquement, lui donnant un léger tournis. Il se sentait mal à l'aise, quelque chose le dérangeait mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Toutes ses pensées étaient dirigées vers elle : est-ce qu'elle lui en voulait vraiment ? Le détestait-elle ? Ferait-il mieux de partir ? Mais penser à cela ne fit que reproduire la sensation de plongeon. Lynn réapparut quelques minutes plus tard, parfaitement sèche, maquillée et habillée, elle s'approcha du vampire, se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa sur la joue en ajoutant :

« Je viens d'éteindre le réveil et je suis prête. On y va ? »

C'était inattendu pour l'homme qui dévisagea alors sa collègue, sous son léger maquillage ses joues trahissaient quelques rougeurs. A cause de quoi ? La colère ? La gêne ? La précipitation ? Ou autre chose… Elle avança vers la sortie et Démétri lui emboita le pas, elle ferma la porte de son appartement à clé et tous deux descendirent les escaliers en silence, chacun dans ses pensées. Le vampire pensait à ses maîtres, qu'il était impatient de les revoir ! Il voulait revenir victorieux, sa mission accomplie, Lynn sous son aile, désireuse de devenir comme lui mais une pensée le tracassait plus que les autres… Comment allait-elle réagir quand elle saurait pour Sue ? Il ne voulait pas qu'elle soit malheureuse et elle le serait… Une envie de la protéger lui emplit le cœur, Démétri la couva du coin de l'œil d'un regard protecteur. Lynn quand à elle, elle cherchait par tous les moyens à combler ce silence oppressant, elle se demanda pourquoi il était venu la chercher, et rougit à cette idée. Puis elle se remémora la scène de la veille, l'autre blondasse allumeuse, la jalousie qui l'avait rongée, les yeux mi-réprobateurs, mi-amusés de Sue…

Déjà ils arrivaient à la voiture, Démétri précéda la jeune femme qui allait ouvrir la portière du côté passager et la lui ouvrit lui-même, galant. Lynn souleva un délicat sourcil et le sourire en coin elle dit :

« -Vieux jeu. »

« -Chacun son époque. »Répliqua-t'il en refermant la porte une fois Lynn installé. Elle patienta jusqu'à ce que lui-même s'assoit et relança :

« -Quelle époque ? »

Démétri tourna vers elle son regard de feu, les deux êtres se fixèrent, comme pour se jauger, comme pour s'affronter. Pour la vérité. Le vampire détourna finalement les yeux, il ne dirait rien, pas maintenant, ce n'était pas le moment…Il démarra la voiture et prit la direction de Londres.

« -Réponds. » Ordonna la jeune femme.

« -Plusieurs siècles. »

Il ouvrit grands les yeux, surpris. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Il lui avait répondu ? Il lui avait OBEIT ? Et ce n'était pas la première fois ! Il regarda sa passagère qui fixait la route obstinément, aucune réaction ne pouvait se lire sur son visage ? L'avait-elle crue ?


Fin de journée, Lynn rangeait tranquillement ses affaires, toute la journée elle avait été … amorphe. La jeune femme avait accompli son travail machinalement, elle était perdue dans ses pensées. Il lui paraissait désormais vital de savoir ce qu'était Démétri, autant elle avait été effrayée quelques jours plus tôt mais désormais elle voulait savoir. Elle n'avait plus peur.

Si. Elle avait peur.

« -J'ai peur que tu t'en ailles »

Lynn était là, debout devant le bureau du Volturi, et lui l'écoutait, assis, surpris de ce qu'elle venait de lui dire. Qu'est-ce qui lui avait prit ? Pourquoi était-elle en train de lui dire ça ? La situation était même un peu ironique, si seulement il savait qu'il était hors de question qu'il parte sans elle ! Mais elle ne le savait pas. Pas encore.

Le vampire ne savait que répondre même si… Il voulait la rassurer et … Il aurait tressaillit si son corps le permettait : il voulait la serrer dans ses bras …

« - Tu sais Lynn… »

« - Je veux savoir ce que tu es Démétri, je veux te connaître. Je veux tout savoir de toi. Tout. »

Il hésita. Le moment était-il enfin arrivé ? Etait-ce vraiment une bonne idée de lui dire la vérité sur sa nature alors que très bientôt elle découvrirait la disparition de sa meilleure amie ? Finalement, il répondit :

« - C'est d'accord. Viens. Je te reconduis. » Il empoigna son manteau, s'avança vers la porte, à son embrasure il se retourna et observa Lynn rassembler hâtivement ses affaires. Une fois la chose faite, elle trottina jusqu'à lui. Il lui tendit le bras. Lynn ne bougea pas un court instant, observant ce bras tendu, à l'ancienne, puis elle leva les yeux vers lui et l'agrippa en souriant.

« - Vraiment, de quelle époque viens-tu ? »

« - Il me semble que ceci se fait toujours. Même de nos jours. »

« - Bah. »

Ils descendirent jusqu'au parking quand Lynn s'arrêta net freinant Démétri avec elle. Il la questionna du regard, intrigué, elle paraissait anxieuse.

« - Juste avant… Pourrait-on juste passer chez Sue s'il te plait ? Je doute qu'elle soit là mais j'aimerais voir Mark. Je n'en ai vraiment pas pour longtemps… Je m'inquiète pour elle. »

Que faire ? Que dire ? Il ne pouvait pas refuser, cela semblerait trop suspect, s'il ne s'était rien passé, il n'aurait eu aucune raison de refuser ! N'importe qui accepterait ! Mais allez chez Sue, c'est prendre le risque qu'elle découvre sa mort. En découvrir les raisons. En découvrir le meurtrier…

Que faire ? Que dire ? Son esprit tourmenté réfléchissait à toutes les possibilités, toutes les solutions possibles en l'espace de quelques instants, Lynn ne pouvait s'en rendre compte.

Une seule possibilité lui apparut vraiment… Accepter.


Le vampire gara la voiture au pied de l'immeuble, il avait eu la chance de trouver une place à l'entrée de celui-ci. Alors que la jeune femme sortait de la voiture, une interrogation s'imposait encore à lui. Devait-il l'accompagner ? Il regarda la jeune humaine, cherchant un signe de sa part, mais elle semblait obnubilée par la raison de sa venue ici.

Voir Mark. Ou Sue.

Demander des explications.

Déjà, elle était dans l'ascenseur. Elle n'avait rien pris, laissant tout dans la voiture de son collègue, preuve qu'elle ne serait pas longue.

Démétri lui, reposa sa tête sur son siège. Il réfléchissait trop à son goût. Ce n'était pas son job habituel de travailler autant avec des pincettes, toujours faire attention, toujours veiller. Il guetta les bruits dans l'appartement, le bruit de l'ascenseur dans lequel était Lynn. Il fronça les sourcils, il n'entendait rien. Ce devait être le vacarme de la ville qui couvrait les sons qu'il recherchait. Il sortit de la voiture de location et pénétra dans le hall de l'immeuble, plus calme. Le vampire posa sa main sur la porte de l'ascenseur et se concentra sur les bruits et vibrations qu'il ressentait, elle allait bientôt arriver à l'étage souhaité.

Il enleva sa main et guetta de l'animation dans l'appartement de Mark et Sue, des bruits de pas, des objets qu'on pose.

Rien.

Son ouïe allait-elle vraiment si mal ? La présence de Lynn annihilait-elle ses capacités ? Etait-ce là son futur don ? Il inspira très profondément, récupérant les moindres particules d'odeurs environnantes. Il sentit Lynn et son parfum enivrant. Tout allait bien. Il était normal.

Par contre …

Quelle était cette odeur ? Sa gorge laissa échapper un grognement effrayant. Du sang … Beaucoup de sang… La seconde d'après, il était à côté de Lynn qui venait de sonner à la porte, celle-ci sursauta mais ne posa aucune question, elle se demandait pourquoi il tirait cette tête, pourquoi il était venu. En tout cas, voilà une nouvelle preuve qu'il n'était pas normal.

Elle s'inquiétait, il ne la regardait pas, ils ouvrirent la porte de l'appartement et découvrirent l'horreur, Démétri savait qu'il était trop tard…

" - Mark !"


Alors alors alors ?

Un commentaire à faire ?