**** Préquelles.****

*** vert ***

Harry se réveilla doucement sans bouger, Théo sur son dos, ses cheveux étalés lui chatouillaient la nuque et les flancs. Il tendit la main et tâtonna sur la table de chevet pour trouver ses lunettes. Avec douceur il se retourna et reçu un grognement avant que le blond ne se recale sur son ventre, inconsciemment il enroula ses jambes autour d'Harry et le brun eu un sourire en sentant l'érection matinale de Théo contre sa cuisse. Il passa une main dans les cheveux blonds et évita quelques nœuds pour ne pas faire mal à la belle au bois dormant étalée sur lui.

« Continue... » Avait marmonné le blond alors que Harry amorçait un mouvement pour arrêter la caresse. Il sourit et reprit le passage de ses doigts entre les mèches de son amant.

Théo reprenait doucement ses esprits, il se souvint de la soirée et soupira. Jamais aucun mec ne s'était soucié de lui comme le brun. Ça faisait du bien d'être entouré d'attentions et d'amour. Et même si pas un des deux n'était encore prêt à vraiment dire à haute voix des mots d'amour, leurs gestes le compensaient facilement.

Théo ronronnait presque de ce réveil agréable et Harry somnolait avec un sourire bête.

Le blond caressait la peau du brun, bien plus foncée que la sienne, sous le pyjama qu'il avait enfilé. En passant sa main sur le flanc son bras frôla le sexe du brun qui se réveilla par petits soubresauts. Harry soupira en profitant du toucher, c'était aussi une méthode de réveil très agréable.

Théo, en face de l'érection maintenant dressée dépassant de l'élastique du boxer, donna un coup de langue timide. Harry poussa un gémissement et arracha le blond pour le tirer contre lui, la tête dans son cou.

« Ne te sens pas redevable de hier soir. » Harry savait par Kevin et Ludo et par expérience que dans le milieu, les boîtes ou les bars, il était simple de tirer son coup mais qu'il y avait certaines règles. Comme rendre ce qu'on a reçu, à moins que ce soit clairement énoncé avant, recevoir une fellation voulait souvent dire en donner une en retour.

Théo se tortilla un peu avant de soupirer.

« Je ne t'ai presque pas touché hier. »

Harry resserra sa prise sur ses hanches.

« Je l'ai choisi. Et ton corps étalé sur moi c'était plus que suffisant. Prends ton temps, fais les choses à ton rythme, ne te force pas pour moi. Tu ne me dois rien et certainement pas une fellation si tu n'en a pas vraiment envie. »

Théo se rebella.

« Je veux te faire plaisir, » gronda le blond en se redressant pour regarder son amant dans les yeux. Harry souriait en lui remettant une mèche derrière l'oreille. Sur ce point Théo lui ressemblait, même s'il était Serpentard, le blond dans une relation prenait soin de son partenaire.

« Alors reste dans mes bras, ça me fait plus plaisir de te savoir collé à moi tendrement plutôt que tu tentes une fellation simplement pour me faire plaisir et pas nous faire plaisir. »

Théo souleva un sourcil.

« Je ne te suis pas. »

Harry lui caressait le dos.

« Hier soir je me suis occupé de toi pour te faire plaisir, parce que j'en avais envie, parce que ça me faisait aussi très plaisir. Pas par obligation, juste parce que te faire plaisir me fait plaisir. Si tu me fais une fellation ou autre, je veux que tu en retire toi aussi autant de plaisir que moi. »

Théo soupira en s'étalant sur le torse du brun. Dans le sexe pour le sexe c'était normal de rendre à l'autre ce qu'il avait fait. C'était presque une obligation et il devait avouer qu'il n'était pas fan de donner une fellation, mais le faisait. Parce que c'était comme ça, un échange. Harry, lui, ne le voyait pas de cette façon et ça le rassurait quelque part. S'il n'avait pas envie ou n'aimait pas... Il n'était pas obligé de le faire.

Et moins il s'y sentait contraint plus il avait envie de juste lui faire plaisir pour se faire plaisir.

Mais il se contenta de rester dans ces bras ce matin-là. Ils auraient d'autres matins, d'autres soirées où il pourrait à loisir rendre à Harry son savoir et son plaisir.

La matinée coula doucement entre préparation du déjeuner et fainéantise dans les draps. Harry emmena Théo dans les quartiers moldus qu'il appréciait et main dans la main ils avaient passé une excellente après-midi. Le brun une glace à la fraise, le blond au chocolat dans la main.

Théo avait découvert tout un monde, avait posé des millions de questions, et Harry avec patience lui avait expliqué du mieux qu'il avait pu. L'électricité, les moyens de transports, la science et sa façon de soigner avec des médicaments...

« Théo, tu voudrais aller voir un match de quidditch ? Depuis que je suis sorcier, je n'ai jamais vu de vrai match officiel à part la coupe du monde. »

Théo le regardait avec le sourire.

« J'aime bien les matchs, mais ça dépend de quelle équipe tu veux aller voir. »

« Pas les Canons de Chudley, » ricana le brun, arrachant un rire et un sourire narquois à Théo.

OOOO

Depuis quelque temps Théo devenait à fleur de peau. Ho bien sûr personne ne le remarquait. Sauf peut-être Harry.

En fait ils étaient fâchés depuis la veille. Théo avait sorti à Harry des choses très cruelles et crues. Des mots qui avaient blessés Harry, mais avec la colère de la dispute il ne voyait pas qu'il avait été trop loin.

Harry était malheureux, enfermé dans son lit dans son dortoir.

Ron tapa le montant en bois. Harry soupira en le laissant entrer et refermer comme toujours avec un sort de silence.

« Holà, t'as une sale tronche et les yeux rouges. »

Harry roula des yeux.

« Il a rompu… »

Les larmes revenaient d'elles-mêmes et Harry les effaça de la manche. Ron lui tapotait l'épaule.

« Je suis désolé… »

« Je ne sais même pas pourquoi il m'a envoyé bouler comme ça. Il a hurlé que je ne faisais aucun effort… Que j'en voulais juste à son cul… »

Ron le regardait, compatissant.

« Des efforts sur quoi ? »

Harry s'énerva.

« Mais justement j'en sais rien. Ça fait quatre mois qu'on est ensemble et on n'a même pas couché ensemble, si j'en voulais qu'à son cul il y a longtemps que j'aurais abandonné mais je veux pas de ça… »

Ron encaissa les cris de son ami visiblement affreusement malheureux.

« Et ça, tu lui as dit ? »

Harry s'arrêta de pleurer une seconde.

« Ça semble logique non ? Après quatre mois à ne rien faire s'il n'a pas compris que je veux une relation sérieuse… »

Ron soupira.

« Je saurais pas trop t'aider là. Moi et les relations tu sais ce que ça donne… »

Harry se calma.

« Je sais. »

Il se décida à aller dessiner dans la salle sur demande. Une fois entré il soupira, ici c'était son monde à lui, il pouvait être lui-même et il avait laissé Théo entrer. Dans un coin de la pièce il enleva la couverture et caressa la cane en bois deux secondes. Il déplia le fauteuil roulant et s'y installa. Les médicomages lui avaient dit qu'une contrariété pouvait l'affaiblir et il sentait les douleurs de sa colonne revenir en flèche. Il roula jusqu'à la table retro-éclairée. Avec l'aisance de l'habitude il déboulonna la grosse vis de serrage pour la réadapter. Avec un soupir il reprit une feuille de sa BD et se pencha dessus pour la continuer.

Une heure plus tard il lança le crayon en haut de la table, consterné. Il n'y arrivait pas. Il pensait à Théo sans arrêt et il ne parvenait pas à accrocher à son histoire de fantasy (NdB : à vérifier, mais il me semble qu'on utilise le terme anglais…) deux minutes.

Pourquoi Théo était-il si sensible ? Pourquoi l'avait-il envoyé chier ? La peur du rejet ? Pourquoi s'étaient-ils emportés si vite tous les deux… La frustration ? Il en doutait un peu…

Il se décolla et fit rouler le fauteuil vers son lit pour s'y affaler, épuisé de se poser des questions sans réponse.

Le lendemain.
Il avait hâte de se lever et alla en vitesse dans son dortoir se préparer.

Arrivé sur le terrain Ron pesta, une fois de plus les Serpentards avaient outrepassé leurs droits et squattaient le terrain. ça semblait être une partie amicale. S'il regardait bien, il y avait Parkinson, Malfoy, les gorilles Crabbe et Goyle, Nott, Zain…

Les premiers sur les lieux descendaient sur le sol l'air peu avenant mais pour une fois Harry, chef d'équipe, bâillonna Ron.

« Avant qu'on n'ait un meurtre ou une bagarre, je propose une partie amicale… »

Draco le dévisageait, pas franchement content, mais s'adoucit un peu, juste un peu, on parle de Malfoy quand même là.

« Potter aurait enfin une cervelle ? »

« C'est pas une mauvaise idée, » fit Blaise. Ron fusilla du regard Harry, sachant très bien qu'il le faisait uniquement pour être avec Théo.

« Harry, on va quand même pas… faire ça ? »

Le regard vert s'assombrit.

« Non seulement on va le faire, mais si tu veux rester dans l'équipe, tu vas le faire. »

La mâchoire du roux se décrocha.

« Mais Harry… »

Un moulinet de la main plus tard Harry fit apparaitre les contours scintillants d'un tableau dans le vide et inscrivit les noms et les emplacements.

« Malfoy, ça te convient comme ça ? »

Draco inspecta et inscrivit lui-même les noms et les postes de ses amis.

« C'est par galanterie que tu laisses la belette femelle jouer en attrapeuse ? » railla Draco alors que Ron bouillait de plus en plus. Harry soupira.

« Je croyais que tu serais le premier à le savoir. Je ne joue plus. »

Draco souleva un sourcil dubitatif.

« Caprice de star, monsieur se trouve trop bien pour voler avec les autres ? »

Malfoy prit des regards noirs de la part des griffy. Harry se pinça l'arête du nez et remit ses lunettes carrées.

« Explosion, oreille interne gauche bousillée, remercie Lucius pour ça. Carpiens et métacarpiens de la main droite brisés et ressoudés par Pompom comme elle pouvait vu les dégâts subis. Remercie ta tante Bellatrix pour ça. Vision périphérique pratiquement nulle, lésion due à vingt-six doloris. Remercie Tom pour ça, et pour les deux vertèbres cervicales qu'il m'a fendillé et que même les meilleurs Médicomages ne peuvent pas réparer sans me paralyser davantage. Au moins leurs potions immondes font que je ne peux pas trop m'abimer plus, mais notre dernière bagarre m'a dessoudé le petit orteil que j'avais eu tant de mal à réparer avec Pompom. Tout ça fait que je suis non seulement incapable de tenir en équilibre sur un balai mais aussi d'attraper le vif avec ma main abimée et que prendre un cognard risquerait de me coller sur des roulettes à vie sur le plancher des vaches. Tu as peut-être quelque chose à redire là-dessus Malfoy ? »

Plus personne ne pipa mot. Ron regardait ses orteils et Draco avait une mine constipée.

« J'aurais bien tué ma tante et mon père de mes mains si Sévérus n'était pas passé avant moi, » grogna le blond à l'étonnement de tous. Il reprit.

« Bien, la composition des équipes me va parfaitement. »

« Parfait. »

Une fois les autres en l'air il grinça de douleur et s'assit sur le sable. L'idée même de monter encore une série de marches lui donnait des sueurs froides et en plus les escaliers des tribunes de quidditch étaient affreusement hauts.

Une fois tout le monde redescendu Harry ricana.

« Pour une fois dans ta vie Malfoy tu as gagné… Félicitation. »

Malfoy le vit se redresser avec difficulté et il le regarda avec compassion dix secondes avant de lui tendre le vif.

« Je suis désolé pour ce que tu as subi, encore plus car je perds mon meilleur adversaire au quidditch. Personne ne devrait perdre l'usage de ses jambes et de son corps en général d'une aussi horrible manière. Nos distrayantes altercations attendront que ta santé aille mieux si tu le souhaites. »

Harry ouvrit la bouche, surpris d'une certaine manière de déceler le respect du blond pour lui. Il la referma conscient d'être ridicule et prit le vif.

« Ce geste… généreux me laisse perplexe venant de toi Malfoy, mais il me touche. Nos attrayantes altercations ne serons jamais altérées par Voldemort soit en certain, c'est ce qui me rend si … »

Draco fit un rictus.

« Vivant ? »

Harry le lui rendit.

« Ouais petit con, ça ne changera jamais entre nous et c'est rassurant. Tu es un connard imbu de lui, supérieur au monde et tu me vois comme une gravure de mode, héros adulé et imbu de moi… »

Draco métamorphosa une branche en cane et la lui tendit.

« On n'est plus des gamins Potter, tu étais un petit con hautain et sans gêne, tu es devenu mon meilleur ennemi, et les meilleurs ennemis ça se protège pour les avoir toujours dans son champ de vison, on ne sait jamais la crasse qu'il pourraient faire dans notre dos. N'est-ce pas Potter ? »

Potter prit la cane en soupirant.

« Depuis quand tu sais que j'ai besoin d'une cane ? »

« Tu ne tiens plus debout. »

« Fouineur. »

« Crétin. »

« Manipulateur. »

« Abruti de cachotier… »

Ron les sépara.

« Oui, oui, oui c'est fabuleux, merveilleux… On connaît maintenant la rengaine les deux, et il est midi, si tu ne l'as pas entendu Harry j'ai faim ! Mon estomac grogne. »

Harry reparti avec le sourire en claudiquant avec sa cane alors que Draco croisait les bras. Théo fit la moue intérieurement.

« Tu fais la cour à Potter ? »

Draco souleva un sourcil face à Théo.

« Ho non, je lui laisse ses hordes de fan, très peu pour moi les relations homo, je préfère de très loin les femmes. »