Bonjour =D

Ce nouveau chapitre est la fin tragique. Si vous ne voulez pas voir Sherlock dans un (très) piteux état, passez-le et attendez celui de demain ;) C'est le plus long que j'ai écrit pour l'instant, j'ai contracté deux chapitres en un de manière à ce que se soit plus simple à lire.

Merci encore à ce qui m'ont laissé des reviews, elles me donnent vraiment envie de continuer à publier ^^

Réponse à l'anonyme :

Senga : Merci beaucoup pour le compliment. Comme tu vois, je n'abandonnes pas et j'espère que tu vas aussi aimer ce chapitre =)

Disclaimers : Rien n'est à moi, tout est aux talentueux Mark Gatiss, Steven Moffat et Sir Arthur Conan Doyle.

Rating : C'est LE chapitre T. Attention, mention de suicide dedans.


Des cris de peur. Un cordon de police avec des badauds amassés derrière. Un va et vient incessant d'ambulances. Et au milieu de tout ça, un corps.

Il se demande ce qu'il fait là. Il a l'esprit embrumé, tout lui échappe. Il tente à grand peine de remettre ses pensées en ordre, comme s'il résolvait une nouvelle énigme.

Il se souvient d'avoir été dans le salon. En pyjama et robe de chambre, amorphe sur le divan, comme depuis deux semaines maintenant. Il se revoit lever à peine les yeux lorsque Lestrade rentre. Il paraît agité, triste aussi. Il hésite, butte sur les mots. Mme Hudson derrière lui a les yeux baignés de larmes. Lestrade finit par lâcher les quelques mots qui font l'effet d'une bombe. A l'intérieur de la pièce, l'atmosphère a comme gelée. Il a du mal à respirer, la nouvelle n'arrive pas jusqu'au cerveau, comme s'il la rejetait de toutes ses forces. Il tremble, sent de l'humidité sur ses joues. Il pleure. Cela fait si longtemps qu'il n'avait pas pleuré devant témoin. Si longtemps qu'il n'avait pas pleuré tout court. Lestrade ne sait pas quoi faire. Il s'excuse d'avoir été le porteur d'une telle nouvelle et les saluent. Mme Hudson fait un mouvement pour le serrer dans ses bras mais comme il ne fait rien, elle lui dit qu'elle va lui ramener un bon thé. Pour s'en remettre.

Une fois les deux visiteurs partis, il se relève doucement, sans cesser de pleurer. Il jette un regard à la pièce, cherche dans ses moindres recoins une preuve que c'est un rêve. Mais rien n'a changé. Les affaires sont à la même place, les siennes aussi. Il s'attend à ce qu'il arrive, les bouteilles de laits dans les mains, en maugréant qu'il est le seul à se bouger ici. Mais rien.

Il trébuche en rejoignant la cuisine. Il fouille fébrilement dans un des tiroirs et en ressort une boîte en bois. Ça aussi, ça fait longtemps qu'il ne l'avait pas utilisé. Pas depuis qu'il était rentré dans sa vie. Il ressort avec précaution la seringue et la bouteille. Avant, il l'utilisait quotidiennement pour s'éclater. Là, il veut juste oublier. Oublier les dernières semaines. Oublier qu'il n'est plus là.

Il relève sa manche à la va-vite, laissant ses veines carmins ressortirent sur peau pâle. Sa main ne tremble plus quand il se plante l'aiguille. Il attend deux minutes. Rien ne se passe, il n'a toujours pas arrêté de pleurer. Alors il recommence. Une fois. Deux fois. Il ressent toujours la même peine. Il ressort de la cuisine, se met à la fenêtre. Tous ces gens heureux en bas. Ils n'ont pas conscience qu'aujourd'hui, un homme merveilleux est parti. Un homme qu'il leur a déjà sauvé la vie.

Il voit un enfant blond courir. Son cœur bat à 100 à l'heure. Il a le même sourire, il paraît tellement en vie. Pourquoi lui et pas moi ? se demande-t-il avec rancœur. Il se tourne vers le ciel, une étincelle de rage colore ses yeux. Pourquoi est-il mort ? Il ne le méritait tellement pas ! Moi si… Si je meurs, est-ce que tu me le rendras ? Il a l'air hagard, son visage pâle parcouru par ses larmes encore et encore. Il ouvre la fenêtre. Il l'enjambe. John, c'est pour toi que je le fais, se dit-il en tombant.

Juste deux étages. La chute est rapide. Et pourtant, il sent ses os craqué lorsqu'il tombe. Du sang s'échappe de sa bouche, il doit avoir une hémorragie interne. Il voit les passants courir vers lui, lui murmurer de tenir le coup. Il y en a un qui appelle la police et les secours. Il veut lui crier de rien en faire mais les mots restent bloqués dans la gorge. Il sent une violente douleur à l'arrière du crâne et s'évanouit. Pour toi, John.

Les ambulanciers s'agitent en vain autour du corps. Ils finissent par lâcher le défibrillateur et énoncent d'un ton professoral l'heure de la mort. Ils enveloppent le corps dans une couverture, le soulèvent et le mettent dans l'ambulance. Sherlock Holmes est mort. Mme Hudson a côté de la porte ne peut retenir ses larmes et ses épaules s'agitent en silence. Lestrade aussi est là. Il baisse la tête, sert les poings. Quand il relève la tête, ses yeux brillent des larmes qu'il refuse de verser. Il prend le ciel à témoin. Pourquoi eux ? Ils ne le méritaient pas ! L'ambulance démarre et ils la regardent emmener l'homme dont tout le monde devrait être reconnaissant. Sherlock Holmes, mort pour avoir éprouvé.

Tout le monde se lève au passage des corps. Une marche funèbre débute à l'orgue, allant en crescendo au fur et à mesure qu'ils avancent vers le centre de l'église. Toutes leurs connaissances sont là. Sherlock aurait ri s'il avait vu Donnovan à son enterrement, elle qui le traitait de taré tout le temps. Son frère aussi est là. Celui qu'il appelait son meilleur ennemi a le visage attristé d'un homme ayant perdu une part de lui-même. Il fera un discours après, où il parlera de ses qualités. De son enfance. De leur éloignement. Et à quel point il le regrette. Et aussi l'importance qu'avait le docteur Watson pour son frère. Il essuie une larme qui perle au coin des paupières. Ces hommes étaient comme frères, et il en avait été heureux.

Lestrade aussi est là. Lui, l'un des hommes le plus proche des deux hommes. Autant il admirait Sherlock pour son intellect, autant il faisait de même pour John mais là, c'était pour arriver à supporter le détective consultant. Il se sentait coupable de leur mort, il aurait dû être là à la piscine. C'était lui qui avait annoncé la mort du médecin à Sherlock, jamais il n'aurait dû s'en aller en le laissant seul. Donnovan lui serre l'épaule en signe de soutien et il laisse quelques larmes couler. Ces hommes manqueraient au monde.

Mme Hudson est un peu en retrait mais pleure elle aussi. Elle a perdu ses deux garçons. Elle est la personne qui a vu le plus leur relation changé au fil du temps. D'inconnus, ils sont passés à amis. Elle les a vus rire, se disputer et toujours se réconcilier. Elle avait été témoin des changements que chacun opérait sur l'autre. Comment pouvait-on briser de cette manière deux êtres seuls qui s'étaient cherchés pendant longtemps ?

Sarah est sur le premier banc, elle fait face aux corps. Elle aussi avait compris à quel point sa relation avec John n'équivalait pas celle qu'il avait avec Sherlock. Elle ne savait pas jusqu'où celle-ci était fusionnelle, mais il lui semblait toujours qu'elle était de trop. De trop lors de leurs enquêtes, de trop lorsqu'elle rentrait dans leur appartement, de trop tout simplement en côtoyant John. Ils se chamaillaient comme se réconciliaient. Et ne pouvaient décidément pas vivre l'un sans l'autre. Sarah avait compris que, derrière l'apparente froideur de Sherlock, se cachait un homme qui avait peur d'être seul. Elle sourit doucement. Oui, décidément, ils avaient eu de la chance de se rencontrer.

Et parmi l'assistance, il y aussi les inconnus. Ceux qui savent qu'ils doivent leur tranquillité à ce duo improbable. Les admirateurs secrets de leur légende. Mais aussi des journalistes qui feront bien le compte-rendu de cet enterrement tout en précisant à quel point la police cachait des choses aux concitoyens. Mais ils ne comprennent. Ils ne comprennent pas que le peuple préfère vivre dans l'ignorance que d'affronter la réalité. Et qu'ils avaient de la chance de pouvoir compter sur ces deux hommes, complices contre l'adversité.

Les cercueils remontent l'allée au rythme de l'orgue, côte-à-côte, jusqu'à la fin.


Surtout, rassurez-vous, je ne veux pas que ça se termine comme ça. Mais c'est la première idée qui m'est venue à l'esprit ^^" Et puis, au moins, en imaginant le pire, je suis à peu près sûre que ça ne se passera pas comme ça =)

Reviews please =x