Disclaimer : Tout est à JKR...
Rating : T(roll ^^)
Pairings : Hermione/Drago
Résumé : Devant la mauvaise réputation qu'est en train d'acquérir Poudlard à cause de la tristesse de ses élèves, Rogue décide de réquisitionner ses préfets... En espérant que ces derniers trouvent un terrain d'entente!
NDA : Et oui, ceci est un chapitre!
Incroyable... J'étais persuadée que je finirais par abandonner cette histoire. Je ne trouvais plus l'inspiration, savait à peu près comment évoluer, mais ne trouvais plus les puis, je crois que je faisais une overdose de Dramione.
Donc voici la suite de cette histoire. Evidemment, comme elle est assez lente, il ne s'y passe pas non plus grand chose. Quoique vous pourrez noter un léger changement dans les comportements.
Dites-moi ce que vous en pensez!
Ah, et une dernière chose. A ceux qui me lisent ailleurs... J'ai une excellente nouvelle pour vous : Amour Volage et Course de Jupons va être updaté... Vers la semaine prochaine, je pense.
Et également, la suite d'I'm sick of you devrait arriver dans le même temps. Disons qu'il ne me reste plus que quelques vérifications.
Une toute dernière chose : merci pour toutes vos reviews. Je ne vous cache pas que ça me motive énormément et que sans toutes ces reviews, j'aurais arrêté depuis longtemps cette histoire...
En espérant que vous passerez un agréable moment,
Emy.
Chapitre 3 : se mettre au travail
Les douces lumières donnent une atmosphère de mystère à la Grande Salle. Tout le monde est là, le Ministre, les membres de l'ex-Ordre du Phénix, des directeurs de départements, des journalistes... Ils n'ont pas droit à l'erreur. Alors que les candélabres adoucissent leurs visages, Hermione regarde Drago, et le trouve beau. Elle arrive à ce moment de la musique à lever les yeux vers lui, elle n'a à jouer que deux notes graves, le do et le mi pour marquer un rythme dans la musique, alors que sa partie à lui est bien plus compliquée. Toute son attention est focalisée sur sa partition pour n'en perdre aucune miette, alors qu'il la connait déjà par cœur. Deux petits Poufsouffles de première année jouent les tourneurs et les aident à lire les notes au mieux.
Le visage concentré du blond est magnifique. Au piano, son masque tombe, et elle a le temps à ce moment de le regarder et de l'admirer. Elle a le temps de détailler chaque trait parfait de sa physionomie, et de s'arrêter sur chaque détail de son visage. Elle ne s'en prive pas. Elle aime le voir jouer du piano.
Drago, contrairement à de nombreux pianistes, n'appuie pas comme un forcené sur ses notes pour faire semblant d'être transporté par la musique. Non. Il est doux et tendre avec les touches, et les caresse du bout des doigts. Il les fait se compléter, il les fait s'allier pour être plus belles, il les fait se confronter pour mieux les réconcilier.
Soudain, une fausse note la rappelle à l'ordre. Elle se concentre sur son clavier, et tente d'oublier le monde autour d'elle, de négliger tout ce qui n'est pas musique. Elle se concentre, et prend alors conscience que ça va être son tour. Son tour d'éblouir. D'éblouir sur quatre mesures. Quatre mesures que Drago ne lui a apprises qu'hier. Quatre mesures qu'elle n'a jamais réussi à faire parfaitement. Mais quatre mesures pour lesquelles il a dit qu'il avait confiance en elle. Quatre mesures pour lesquelles elle doit se surpasser. Quatre mesures pendant lesquelles elle ne joue plus des noires, mais presque uniquement que des triolets. Quatre mesures pendant lesquelles ses mains sont à l'opposé l'une de l'autre.
Quatre mesures-suicide.
..oo00°°
Le jour qui entre à travers les rideaux de mon baldaquin me réveille doucement. J'aime ces matins où mes yeux s'ouvrent avant l'heure à laquelle je dois me lever. J'ai encore quelques minutes, et j'en profite pour admirer les rayons du soleil qui viennent jusqu'à mon visage. Je me perds à compter les grains de poussière que je trouve à l'intérieur, admirant cet or solide. Un bruit strident finit par se faire entendre. Je soupire. C'est l'heure.
J'ouvre mes rideaux et me mets debout. J'arrive à la salle de bain commune à Crabbe, Goyle, Blaise et moi. Alors que Vincent s'apprêtait à y entrer, j'arrive et il se fait une joie de s'écarter pour me laisser passer. Je n'aurais jamais toléré qu'un seul de mes sbires se révolte et ne se dévoue pas entièrement à moi. Pour autant, secrètement, j'aimerais qu'au moins un seul des serpentard se rebelle et un jour me dise "non". Histoire que les autres Maisons cessent de nous mépriser pour nos manières de suiveurs. À croire qu'ils ne sont pas capable de vivre sans maître. Chiens d'écoliers.
La douche achève de me réveiller. Un simple sort aurait pu être nécessaire, mais sentir l'eau couler sur mon corps est bien trop agréable. Je préfère encore louper le petit déjeuner que louper ma douche. Une fois sorti, je m'habille prestement et lance un sort de séchage et un autre de capilloglue sur mes cheveux. Parfaitement coiffé et magnifiquement habillé, je sors éblouir mes camarades de ma splendeur personnelle.
Je suis prétentieux. Oui, je le sais. Mais je préfère avoir trop confiance en moi que pas assez. Et savoir exactement qui on est, et à quel point on est supérieur aux autres n'est pas vraiment de la prétention. Simplement de la conscience de soi. Je descends prestement les escaliers pour arriver à la Grande Salle et lance machinalement un regard vers la table des Gryffondors pour voir si Granger va mieux. Elle s'est endormie comme une loque hier, ronflant presque. La regarder dormir m'avait dégoûté. Elle a un tel air de bonté lorsque ses yeux sont fermés que j'en ai eu la nausée. Elle ressemblait presque à cette traitresse de Viviane...
Elle a l'air effectivement un peu plus en forme. Elle lit un énorme bouquin poussiéreux. Et mange distraitement un croissant. Je hausse les yeux au ciel. Elle ne s'arrêtera donc jamais? Elle ferait mieux de vivre. Peut-être serait-elle alors plus estimée... Aujourd'hui tout le monde se moque d'elle, de son buisson qui lui sert de cheveux, de ses vêtements trop grands... Moi je l'ai vue hier soir un peu débraillée, et elle a largement de quoi aguicher et s'amuser. Enfin... Les pensées "Granger" sont nocives de bon matin. Elles m'enlèvent ma bonne humeur potentielle.
Je m'assois à table. Déplore silencieusement mes camarades. Dénigre ouvertement mes condisciples. Méprise à grand bruit mes ennemis.
Ma journée s'étire. Longue. Si longue. Je hais être ici. Je hais cet endroit. Je hais ma vie qui n'est qu'une longue suite d'évènements insignifiants. Je suis perdu au milieu d'un océan d'élèves qui ne me ressemblent pas. Avec qui je n'ai absolument rien en commun. Me perdant dans la recherche de mon identité. À savoir qui je suis.
Les cours s'enchaînent, et je répète machinalement les sorts demandés, écris docilement les dates énoncées, ne bavarde même pas avec mes camarades. Je ne fais que me traîner.
La soirée arrive rapidement. J'attends Granger. Elle me suit. Nous nous taisons. Nous avons arrêté de nous disputer. J'en suis heureux. Je ne supporte plus le bruit insupportable de sa voix stridente, ni la vision de ses cheveux ébouriffés s'étirant dans tous les sens pour mieux m'attaquer.
Je suis las.
La soirée avance tranquillement, et nous sommes en face des Sabliers Géants. Nous venons d'intercepter un élève qui rentrait dans sa salle commune. Granger m'a laissé cette fois m'en occuper et donner un avertissement oral au gamin. Et bien sûr, lui retirer cinq points.
-Granger, on va préparer le bal et les auditions ?
Elle baille, mais moins que d'habitude.
-Allons-y.
Nous grimpons les escaliers menant au septième étage. La Salle-Sur-Demande apparaît telle qu'elle l'était la première fois, et nous nous effondrons sur un fauteuil chacun. Je suis assis avec classe. Elle est assise avec décontraction, les jambes balancées sur l'accoudoir, une main dans ses cheveux à tortiller ses boucles, et une autre à torturer ses lèvres.
-Que t'arrive t-il Granger ?
Elle me regarde, surprise.
-Quoi ?
-Je t'ai demandé ce qu'il t'arrivait. Tu as l'air stressée, et je veux savoir si c'est en rapport avec notre projet...
-Hum... Oui. J'étais en train de réfléchir, et je viens de me rendre compte qu'il faut qu'on change toutes nos dates. Jeudi dans quinze jours tombe sur les vacances. Nous ne pouvons auditionner tous les élèves de Serdaigle alors que la plupart est en vacances...
-Très bien, il suffit de jeter un sort...
Pendant une heure, nous travaillons à peaufiner nos affiches. Une heure plus tard, nous invitons tous les membres éminents du Ministère et les personnalités influentes du monde Magique.
-Non ! Je ne veux pas inviter Rita Skeeter ! Il en est hors de question, c'est une vipère de la pire espèce.
-Et tu connais un autre journaliste qui a aussi bonne réputation ? Elle bosse à la Gazette, et elle est connue dans le milieu. En tout cas, plus que ton Lovegood ! Et elle a meilleure estime...
-Pourquoi nous ne demanderions pas à un journaliste en devenir... ?
-À qui penses-tu ?
-Astrid Memnius.
-La préposée aux articles de société ?
-Oui. Elle n'a pas beaucoup d'influence en ce moment, mais je suis sûre qu'à la moindre affaire, elle va exploser. Si ce n'est avant notre bal, ce sera grâce à lui. Elle nous coûtera moins cher, sera moins diva que Skeeter, nous sera fidèle et reconnaissante, et en plus, elle a une très bonne plume.
-C'est vrai. Va pour Memnius. Une autre idée de personnalité ?
-Nous en sommes à combien ?
-Vingt. Plus les élèves au complet, cinq-cent vingt-trois. Ce qui nous donne cinq-cent quarante-trois. Faut-il compter les parents de chaque élève ?
-Je le pense... Voire même certains voudront emmener frères et sœurs.
Je marmonne "oui c'est sûr, si tous les Weasley se ramènent, on est mal partis". Je la vois cacher un sourire dans ses boucles brunes. Je ne lui fais pas remarquer. Autrement, elle devra mentir, dire que non, elle n'a pas souri, et nous nous disputerons encore. Je tiens à ma tranquillité. Alors je cache moi aussi un sourire narquois qui fleurit à mes lèvres.
-Si nous invitons les personnalités influentes, leurs conjoints, les professeurs, leurs conjoints, les élèves, leurs parents et fratries, nous arrivons à un total d'environ mille cinq-cent. En comptant large. Tu crois que ça le fera ?
-Le problème, ça ne va pas être au niveau de la Grande Salle, elle est immense. Et je pense que par magie, nous pouvons l'agrandir encore. Non, ce sera pour la pièce de théâtre. Pour tenir tout le monde en silence pendant une heure et demi...
Je la regarde. Nos yeux se croisent et se comprennent. Nous sommes perdus. Les gamins courront partout. Les bébés pleureront. Les parents s'occuperont d'eux. Sans compter les garnements qui voudront faire une énorme bêtise à la manière des jumeaux Weasley pour se faire remarquer...
Elle soupire.
-Ça me désespère. À quoi pensait Rogue au nom de Merlin !
Je réfléchis encore. Il y a sûrement une solution...
-Il faut qu'on trouve, Granger.
Elle se redresse, et me regarde.
-Chaque chose en son temps. D'abord, les affiches sont terminées pour le théâtre.
-Oui.
-La liste des invités influents est terminée.
-Oui.
-Il nous reste quoi ?
J'énumère en marquant sur mes doigts ce qui nous reste à faire.
-Auditionner les élèves. Je lève un doigt.
-Ça viendra plus tard.
-Trouver une pièce.
-C'est à eux de le faire.
Je rabaisse mon doigt.
-Trouver une solution pour tous les enfants, trouver comment coucher les parents, trouver des costumes, une décoration pour la Grande Salle, un thème, un groupe de musique à inviter, des serveurs, les repas, la disposition de la salle, si nous gardons les grandes tables... Ah, et aussi trouver notre spectacle.
Elle gémit.
-Ça nous le trouverons plus tard. Alors, le thème. Tu aimes quoi comme couleurs ?
J'arbore un sourire carnassier.
-Vert et argent.
Elle éclate de rire. Je sens mes sourcils s'arquer.
-Arrête de plaisanter. Tes vraies couleurs préférées s'il te plaît.
Je grimace. Elle croit que je plaisante... Bon... Il faut dire qu'une pointe d'ironie était présente. Mais avant, elle serait partie au quart de tour, s'énervant et criant... Comme quoi, un miracle est possible.
-Le blanc. C'est vraiment la couleur que je préfère. Le blanc et l'or. Symbole de pureté et de richesse.
Elle hausse les yeux au ciel, mais réfléchit.
-En fait, ça me plaît assez bien. J'aime la simplicité du blanc. Et c'est vrai que c'est la couleur de la pureté. Et ça montre l'abolition de toutes les couleurs caractéristiques des maisons. Quant à l'or, c'est au diapason de la Grande Salle dont les chandeliers et certaines décorations sont en or... Ça me plaît bien, oui. Classe, simple et pourtant très chic.
-Va donc pour le blanc. Et sinon, j'ai une idée pour les tables. Ça abolit aussi les distinctions de maisons, et ça permet aux familles de rester ensemble. On place des petites tables rondes autour desquelles les familles s'assoient, et ces tables seraient face à la scène. Le repas serait pris aux alentours de neuf heures du soir, et pendant ce temps-là, les élèves feraient leur représentation...
-Oui, c'est une très bonne idée. Ça me plait bien. Et j'ai une autre idée : les enfants de première, deuxième, voire même troisième année sont conviés jusqu'à onze heures et demi. Les gens mangent jusqu'à dix heures et demi, durant la pièce. Ensuite, on verra ce qu'ils feront, et nous on commence notre représentation qui durera jusqu'à onze heures et demi. Les gosses vont se coucher, et il ne reste que les parents et les ados pour le bal plus... Disons moins... Formel. Là les parents, les profs et les élèves pourront se mêler.
-C'est bien, ça me plaît aussi. Mais il nous reste un problème : les bébés et enfants en bas âge.
-Je... Je pense qu'on pourrait recruter des élèves pour faire les baby-sitters. Il y aura de nombreuses filles qui se proposeront pour garder les enfants, j'en suis sûre. Elles les gardent dans leurs salles communes, les amènent pour manger, les couchent dans des salles de classe qu'on aura aménagées pour être des dortoirs, et les enfants y dormiront.
-C'est une excellente idée!
Je suis extrêmement surpris. Poudlard a tant de place, pourquoi n'y avions-nous pas pensé?
-De quoi?
-L'idée de transformer les salles de classe en dortoirs. Les professeurs l'ont bien fait lorsque nous étions en troisième année avec la Grande Salle. Pourquoi ne pas faire la même chose, mettre plusieurs familles ensemble ? Nous délimiterions les espaces par des rideaux... Nous demanderons aux Elfes de nous aider...
-Non.
Je suis arrêté en plein élan.
-Non quoi ?
-Pas les Elfes. Ils n'ont pas à nous aider, ils auront déjà toute la nourriture à préparer, sans compter que nous leur donnerons un travail monstre, faire à manger pour mille personnes! Nous devrons demander à Rogue s'il est possible d'engager d'autres Elfes pour préparer à manger...
-Eh bien pourquoi ne pas faire la même chose pour l'organisation des chambres?
-Les pauvres Elfes, cela ne leur apportera rien de nous aider ! Tout ce qu'ils récolteront, c'est plus de travail, toujours plus de travail, et ne seront pas payés pour autant...
Je réfléchis. J'essaie de ne pas m'énerver, de ne pas hurler contre elle, et réussis à bien me contenir. En fait, je ne suis pas surpris, je crois que c'est ce qui me sauve. Je commence à la connaître, et je sais pertinemment que je ne réussirai pas à la convaincre de les faire travailler pour leur simple plaisir, parce que nous rendre heureux est leur fonction, et qu'ils en seront contents. Non. Alors je fais ce que je sais faire de mieux. Je négocie.
-Je sais. Ils ne peuvent être payés, c'est contraire à leurs principes...
-Mais justement, c'est le moment de les faire changer! Ce n'est pas en acceptant de telles injustices que nous réussirons à leur faire comprendre! L'esclavagisme est une hérésie! C'est de la pure cruauté, et c'est...
-Stop ! Tu te rends compte que tu viens de me couper la parole pour me parler de quelque chose dont je me moque complètement ? N'essaie pas de me faire changer d'avis, et je n'essaierai pas sur toi. En revanche, si nous ne les payons pas, nous pouvons faire autre chose.
-Et quoi?
-Nous pourrions demander à Rogue de prévoir un festin pour eux aussi. Je sais Granger je sais comment tout rendre simple. Voilà, nous avons déjà pas mal avancé. Nous savons déjà que nous aurons besoin de lits, de beaucoup de nourriture, de tables, robes, costumes particuliers, que nous allons devoir acheter une multitude de choses, et que nous devrons payer les musiciens que nous ferons venir... Ainsi, ce que nous pourrions faire c'est demander à Rogue un budget. Nous le calculons, l'haussons quelque peu au cas où, et lui demandons de débloquer des fonds pour nous. Ainsi nous pourrions commander de la bonne nourriture pour tous les convives, mais également pour les elfes. Ils prennent leurs repas avec les restes des nôtres. Ainsi, nous leur proposerions un repas digne de ce nom, digne de ce que tu trouves être un salaire. Sans les payer, ainsi nous ne les offensons pas, ainsi les choses restent telles qu'elles doivent être. Et tout le monde est content.
J'adore Granger. Tout se voit sur son visage. Elle est si... Si spontanée ! Son visage reflète toujours ses émotions, et si cela me surprenait au début, cela m'amuse aujourd'hui. Je vois là qu'elle brûle de me renvoyer dans mes plates bandes. Sauf qu'elle ne le fera pas. Justement pour cette bonne entente dont nous avons besoin pour avancer. Elle est si prévisible, et si... Gryffondore. J'adore la regarder ainsi, c'est si... Ridicule ! Ca me donne envie de rire. J'évite. Je préfère ne pas entamer une troisième Grande Guerre.
Elle hoche la tête. D'un coup sec, à la manière d'une MacGonnagall dans ses bons jours. Elle reste silencieuse, et je mets alors par écrit cette nouvelle idée avec un sourire au bord des lèvres.
-Et pour nous?
-Pardon?
-Pour nous, comment allons-nous faire? La bonne question étant : Qu'allons-nous faire?
Je soupire. Je n'ai pas pensé encore à ça. Je repousse le plus difficile.
-Nous en parlerons demain soir, si tu le veux bien. Nous sommes en vacances, peut-être pourrions-nous nous voir ce week end, la plupart des élèves seront partis, et nous aurons champ libre. Et si Rogue nous convoque, de toutes façons, nous aurons des arguments à lui opposer.
-Très bien. En attendant, il faut qu'on réfléchisse chacun de notre côté à ce que nous savons faire, à ce qui constitue nos passions. Même les plus étranges.
J'éclate de rire.
-Quoi ?
-Ce sera facile pour toi : sortie des études, tu ne sais rien faire!
Elle me regarde, énervée, et à la manière d'une chatte qui jouerait avec un oiseau, renchérit :
-Parce que sorti des sarcasmes, tu sais peut-être faire quelque chose, toi ?
Je ris. J'aime sa répartie, mais je préfèrerais qu'on m'arrache les yeux plutôt que le reconnaître.
-Bien sûr, je suis beau. Je pourrais leur faire un défilé, ils baveraient sur ma sensualité...
Elle rit, et me regarde, agaçante.
-Ta beauté ? Ta sensualité ? Malefoy, il est temps de sortir du monde des rêves, et de devenir réaliste. Tu n'es plus un petit garçon, il est temps que tu grandisses, tu sais.
-Va t-en, Granger, avant que je m'énerve.
-Oh, et que me fera t-il le petit Malefoy ? Je te rappelle que j'ai une meilleure droite que toi!
-Même pas vrai!
Je me rends compte de la puérilité de ma réponse à mesure que j'entends son rire qui va crescendo.
-Par pitié Malefoy, quelle répartie ! Là je ne sais vraiment pas quoi répondre, redescends un peu le niveau, peut-être que j'arriverai à te suivre mais là tu vas trop loin pour moi !
-Parfaitement!
Je croise les bras, et me détourne, olympien. Elle rit de plus belle, et je me sens plus qu'agacé. Elle se moque de moi, et ce, impunément. En même temps, non seulement elle a raison, mais en plus, son rire n'est pas méchant. Juste légèrement moqueur. Je me rends compte que j'ai quand même bien grandi. Ne serait-ce que l'année dernière, je me serais énervé et serais parti, en petit coq que je savais bien être.
Mes lèvres s'étirent quelque peu. Oh, très peu, juste ce que je ne peux vraiment pas retenir. Parce qu'en plus, à mon grand dam, elle a un rire communicatif. J'ai du mal à me retenir, et j'en suis le premier surpris. Elle réussit à me faire sourire, alors que cela fait des mois que je suis complètement las de tout et que rien ne parvient à ne serait-ce qu'adoucir mon regard. Peut-être avais-je simplement besoin d'élargir mon horizon et que la fréquentation trop assidue de gens stupides ne me suffit plus.
-Bon, Sa Seigneurerie, je vous annonce que je vais me coucher. Tu sors maintenant, ou tu restes ici ?
-Oh, je vais rester ici encore un peu...
-Bien, dans ce cas bonne nuit Malefoy.
-La même, Granger.
Elle part, et je continue à peaufiner nos idées, à les relire. Seul, je me mets à siffloter un air qui me trotte dans la tête depuis le début de la journée. C'est une musique sorcière que je jouais beaucoup, petit, lorsque j'apprenais le piano. Au moment où je visualise les touches et les notes que je dois jouer pour cette mélodie, je vois un piano à queue apparaître dans le salon que nous avons créé, Granger et moi.
Je me lève, et les doigts quelque peu tremblants, je m'approche de l'instrument. Je n'ai pas joué depuis bien longtemps. Depuis presque un an. Depuis que la pièce qui contenait le piano au manoir a été transformée en cellule, à dire vrai.
Je chasse cette pensée noire de mon esprit, et me concentre sur la mélodie. Vais-je la retrouver?
Je m'assois sur le banc en face de l'assemblage noir et blanc, et me remémore. Ah oui. Là, ça commence sur un accord Mi majeur... J'ai la mélodie, mais il me manque les accords. je les reconstruis, les retrouve au fur et à mesure, faisant marcher ma mémoire et mon oreille. iBallade au Clair de Nuit /i commence à résonner...
Je la joue trois, quatre fois. Mon plaisir est tellement intense... Mes doigts trouvent très naturellement le chemin qu'ils doivent parcourir pour me faire atteindre la douceur nécessaire, la vigueur attendue, la caresse qui crééra du Beau. Je ferme les yeux, et continue, pendant je ne sais combien de temps. Et je varie. Je fais passer les accords majeurs en mineurs, change quelque peu la mélodie. Ralentis le tempo. Le temps se fige et mon coeur bat à l'unison de la triste mélopée. Je ralentis encore. Les blanches peuplent ma partition, et je finis sur une note plus longue encore, appuyant sur la pédale nécessaire. Je termine mon é comme je ne savais plus l'être. Heureux comme j'avais oublié que je pouvais être.
