Chapitre IV : Discussion
Le chalet était composé de deux étages. L'entrée donnait sur un petit couloir recouvert de parquet pour ensuite ouvrir sur un grand salon où étaient posés des fauteuils blancs immaculés au milieu de la pièce. Ils étaient dirigés vers une télévision sur le mur de droite. Une cheminée dont le feu crépitait se trouvait encastrée dans le mur du fond et dégageait une chaleur plus qu'agréable. Les murs étaient beiges et de poutres de bois traversaient le plafond. Sur la droite, juste après l'entrée du salon, un petit bar que certains chevaliers promettaient de squatter.
La salle à manger était accessible par une porte en bois sur la droite. Une grande table en bois trônait au centre de la pièce. D'un rapide coup d'oeil, Saga avait compté seize chaises. La cuisine se trouvait par de là la salle à manger, encore sur la droite par rapport au salon. Elle était équipée et spacieuse. Camus s'était lancé dans la vérification du frigo, au cas où ils devraient faire des courses.
Un petit couloir sur la gauche du salon menait à l'escalier qui débouchait au premier étage où se trouvaient les huit chambres que composait le chalet. Un long couloir traversait tout le chalet, quatre chambres de part et d'autre. La première sur la gauche quand on gravissait les marches de l'escalier était occupée par les dieux jumeaux. Thanatos s'était littéralement vautré sur son lit, maugréant quelque chose comme "mal au crâne" et "chaud". Hypnos s'était assis sur le bord du lit de son frère, attendant que celui-ci finisse par s'endormir.
La chambre était petite. Le sol était recouvert de moquette rouge foncé, les murs de bois et les rideaux blancs tirés sur le gris. La pièce était réchauffée par un radiateur (qui ne fonctionnait pas). Deux lits à une place étaient collés au mur de gauche par rapport à l'entré, séparés par une table de chevet où trônait une lampe éclairant faiblement. Une salle de bain modeste se situait sur le mur de droite. À côté de la porte de celle-ci, deux grandes commodes en bois massif. Toutes les autres chambres étaient parfaitement identiques.
Dans la chambre située juste en face des jumeaux s'étaient installés Mû et Shura. Le Bélier avait voulu être dans la même chambre que Deathmask, mais celui-ci avait détourné l'invitation et s'était réfugié dans une du fond, seul. Camus et Milo s'étaient tout naturellement retrouvés dans la chambre à côté de celle du Capricorne, encore à côté c'était celle d'Aiolia et d'Aphrodite. Aussi improbable que cela pouvait paraître, le Lion avait demandé au poisson de partager sa chambre. Le chevalier des Poissons avait haussé les épaules, après tout, cela ne le dérangeait pas de dormir avec un matou.
En face de Milo et Camus et donc, à côté des dieux jumeaux, dormaient les deux Gémeaux. Et enfin, à côté d'eux, Aldébaran et Shaka. Seul Aiolia avait haussé un sourcil quand la Vierge avait énoncé avec qui elle voulait partager la chambre.
Aphrodite défaisait ses valises tandis qu'Aiolia, assis sur son lit, celui près de la fenêtre, le regardait faire, sa propre valise à ses pieds. Le Poisson commentait chacun de ses gestes, pliant ses habits les uns à côté des autres. Le Lion avait toujours l'image de son ami avec le Taureau en tête, mourant presque d'envie de tout raconter à celui à qui cela intéresserait le plus. Il savait au fond de lui qu'il devait tout garder pour lui pour ne pas trahir la confiance de la Vierge. Mais bon sang, c'était toute une histoire.
"Et toi, Aiolia ? Comment vont les amours ? lança Aphrodite sur le ton de la conversation tandis qu'il pliait un pull rouge."
L'intéressé cligna des yeux, pas certain de comprendre. C'était vrai que "ses amours" pour le moment étaient au point mort. Et il trouvait le célibat passionnant.
"Rien à l'horizon, répondit-il doucement. "
Aphrodite referma sa valise avant de la glisser sous son lit.
"Vraiment ? Rien de rien ? fit le poisson, incrédule. Et cette bonne vieille Marine ? "
Aiolia répondit par un soupir. Marine et lui, cela n'avait jamais vraiment commencé. Il l'avait revu quelque temps après leur retour sur terre et avait passé du temps avec elle. Il l'appréciait énormément.
Malgré la bonne volonté du Lion, l'Aigle avait fini par aller au Japon avec les Bronzes, sans demander son reste. Depuis lors, les « amours » d'Aiolia n'avaient pas bougé d'un iota. Et il remerciait le ciel que le chevalier des Poissons n'intervenait pas dans sa vie amoureuse. Ni même son grand frère.
Son frère. Le lion se demandait ce qu'il pouvait bien faire aux cinq anciens pics. Des affaires à régler, il n'en croyait pas une miette. Ce n'était pas la première fois qu'il s'éclipsait de la sorte en Chine, revenant au sanctuaire que deux à trois semaines plus tard, avec un sourire idiot sur les lèvres. Vraiment, le grec se posait des questions sur la nature de ces voyages.
Aphrodite déposa ses vêtements dans la commode, la plus proche de la porte, avant de la refermer d'un coup sec. Il laissa échapper un soupir d'exaspération avant de rejoindre son lit et de s'y asseoir. Aiolia contempla un chevalier des Poissons certes irrité, mais fatigué. Et il n'était qu'à peine onze heures du matin. Le lion se risqua une question, après tout, qui ne tentait rien n'avait rien.
"Dis-moi, Aphrodite."
L'intéressé émit un "hum ?" qui invita son vis-à-vis à continuer.
"C'est comment les aventures amoureuses pour le moment au sanctuaire ?"
Aphrodit, comme toute réponse, ouvrit les yeux comme des soucoupes. Voilà que le Lion s'intéressait au potin. Si tel était bien le cas, partager sa chambre avec le matou serait aussi gratifiant que de la partager avec cette pipelette de Milo. Le chevalier des Poissons chipota quelques instants à un fil qui s'échappait de son édredon (qui avait une horrible couleur jaune pâle) avant de déclarer, sans lever les yeux :
"Vous êtes tous des larves."
À sa réponse, Aiolia comprit que ce n'était pas fort joyeux au goût du suédois. Cependant, le gardien de la cinquième maison voulut en savoir davantage, juste comme ça.
"Que veux-tu dire par là ? s'enquit le Lion d'or.
- Entre Milo et Camus qui à force de se tourner autour vont finir par creuser des cercles au sol, Mû qui n'est pas décidé entre un Saga déprimé et un Deathmask têtu comme une bourrique, Kânon qui s'en va on ne sait où les week-ends et dont je soupçonne une aventure pas très catholique, Shura qui reçoit des lettres enflammées et à quoi il répond même pas...
- Des lettres enflammées ? s'étonna Aiolia. Quelles lettres ?
- Tu lui demanderas."
Certes, ce n'est pas ce qu'on pouvait appeler du romantisme au sanctuaire. Il fallait tout de même laisser le temps aux chevaliers. Juste un peu de temps pour se déclarer même si pour certain (comme Mû) ce n'était pas gagné d'avance.
Deux chevaliers au passé sombre et fou pour le prix d'un, que demander de plus.
"Et ce qui m'agace le plus là-dedans, poursuivit le Poisson, c'est que Mû pense toujours que les deux-là sont proches de lui uniquement, car ils sont ses amis. Il ne comprend rien à rien et ç'a le don de m'énerver.
- Ne dit-on pas que c'est toujours le principal intéressé qui est le dernier au courant en amour ? fit remarquer le Lion.
- Aiolia, pour l'amour d'Athéna et de Hadès, il ne faut pas exagérer !"
Aphrodite secoua la tête, dépité avant d'ajouter :
"Heureusement qu'Aldébaran est là pour relever le niveau, murmura-t-il."
À cet instant, Aiolia sentit une boule au ventre se former. Et si Aphrodite était déjà au courant après tout ?
"Que veux-tu dire ? fit le Lion sur le même ton.
- Oh ce n'était pas ironique, avoua son compagnon. Mais il appert que notre Taureau a une vache."
Le Lion sentit le sol se dérober sous ses pieds. Alors, il était au courant ?
"Tu es au courant ? s'exclama-t-il. Co...Comment ? Même moi je ne l'ai appris qu'hier !
- Ça fait deux semaines que je suis au courant, expliqua le poisson en ramenant sa jambe droite sur son genou gauche. En fait, Aldébaran est venu m'en parler, tu vois. Ce fut un choc !"
À qui le disait-il ? Le gardien du cinquième temple n'avait toujours avalé ce qu'il avait vu la veille. Au fond de lui, une partie parut plus sereine. Pourtant, c'était étrange. S'il était bien au courant (et il l'était), pourquoi ne pas chercher à le taquiner voir le charrier comme il faisait à l'accoutumée ? Car c'était un chevalier d'or ?
"Mais bon, elle est mignonne et, il paraît, très douce, acheva Aphrodite."
Attendez une seconde.
Elle ?
"Elle ? Comment ça elle ? fit le Lion, abasourdi.
- Oui, elle ! Bah quoi, Aiolia ? Qu'est ce qu'il y a ?"
Non, c'était impossible. Il devait se tromper. Ou alors Aldébaran avait menti. Il sortait avec Shaka. Il les avait vus ensemble. Il était catégorique là-dessus.
"Tu es sûr que c'est une fille ? s'enquit Aiolia."
Aphrodite, perplexe, ne comprit pas l'intérêt de la question :
"Bah, j'ai vu des photos..
- Parce qu'en plus tu l'as vue ?
- Oui, en photo. M'enfin, Aiolia, je croyais que tu l'as su hier.
- Oui, mais...non. Enfin, bredouilla-t-il.
- Quoi ? Cela te semble si étrange que ça qu'Aldébaran ait trouvé chaussure à son pied plus vite que toi ?"
Ce n'était pas ça le problème. Si Aldébaran sortait avec une fille alors il trompait irrémédiablement Shaka par la même occasion. Ou alors l'aventure avec la fille était terminée et celle avec la Vierge venait à peine de commencer. Le Lion sentit une colère s'emparer de lui et était dirigée vers le gardien de la deuxième maison. Tromper Shaka, comment il avait pu oser.
Non, il devait y avoir une autre explication. La photo était soit fausse, soit Aldébaran avait menti juste pour faire mariner le chevalier des Poissons pour qu'il leur laisse le champ libre. Aldébaran casé de cette manière, le poisson ne pouvait pas se douter que les allés et venus de la Vierge cachaient autre chose.
Mais ces visites justement au deuxième temple dataient d'il y a un moment déjà.
Aldébaran avait été malin sur ce coup-là. Vraiment malin. Aphrodite plus dans ses pattes, il pouvait faire ce qu'il voulait. Oui, il n'y avait que cette explication de plausible.
C'était cela et pas autre chose. Il ne pouvait pas faire du mal à Shaka de cette manière. Connaissant le Taureau, c'était bien une chose invraisemblable.
Tout comme l'avoir vu en couple avec le sixième gardien.
Aiolia retourna les informations dans tous les sens à s'en donner la nausée. Aphrodite remarqua son malaise :
"Il semble heureux en tout cas, ajouta-t-il. C'est bien."
Si Aphrodite savait la vérité du moins celle qu'Aiolia connaissait...
Le Lion ne put s'empêcher d'imaginer sa réaction, criant au scandale, demandant des comptes à tout le monde et surtout raillant les deux compères.
Une vache. Une vache sacrée serait le mot juste.
"Et tu sais son nom ? demanda le matou.
- Heu...alors là..., fit Aphrodite en haussant les épaules. Je n'en sais fichtrement rien.
- Tu sais comment ils se sont rencontrés, quand ils se voient, des choses comme ça ?"
Aphrodite ne put s'empêcher de laisser échapper un rire franc :
"Eh bien, mon petit chat, tu es pire que moi quand tu t'y mets ! Déteindrai-je sur toi ?
- Je me demandais, c'est tout, se défendit le Lion.
- Je ne sais rien. Aldébaran est une tombe pour ce genre de détails. Même si, je l'avoue, cela a été mes premières questions. Je voulais même les inviter à boire un thé chez moi. Mais ce Taureau a refusé, prétextant que je lui ferai peur."
Il n'avait pas eu tort sur ce coup-là. Connaissait Aphrodite, il ne les aurait pas laissé partir tant qu'il n'aurait pas eu tout ce qu'il désirait savoir.
"Et pourquoi personne ne le sait à part toi, ça ? demanda le Lion. C'est quand même un chevalier d'or, un ami, un proche, enfin tu comprends quoi. On aurait dû aussi le savoir en même temps que toi. Tu répands les rumeurs plus vite que de la poudre à canon !"
Aphrodite afficha un sourire narquois :
" Il y a un tas de choses dont tu ne soupçonnes même pas l'existence, mon p'tit chat.
- Ce n'est pas une réponse, répliqua le Lion, catégorique.
- Disons que...je ne voulais pas le nuire.
- Le nuire ? Pourquoi voulais-tu le nuire ? "
Le Poisson s'étira en large et en travers avant de soupirer :
"Ma réputation ne me précède-t-elle pas assez ?
- Je ne vois pas le rapport.
- Écoute, Aiolia, quand un couple se forme au sanctuaire, c'est du potin d'accord ? Et un potin on peut en faire ce que l'on veut. Mais Aldébaran casé, ça ne rapporte rien.
- Tu veux dire qu'il est inintéressant ?"
Aphrodite secoua vivement la tête de gauche à droite :
"Non, du tout. Seulement, les gens l'apprécient de trop. On n'a rien à lui reprocher. Il est honnête, loyal et sans bavure.
- Donc tu préfères un gars comme Deathmask à qui tu peux pourrir sa réputation par des potins ?
- Écoute. Dire que Deathmask se balade en tutu dans sa demeure, ça c'est un scoop alléchant. Mais met la même scène pour le Taureau et ça devient moins drôle. On trouvera même cela normal.
- Je ne comprends vraiment pas."
Aiolia enfouit son regard dans celui du suédois. Ce dernier esquissa un sourire, le fixant en retour :
"J'aime bien Aldé', hein. Je veux qu'on le laisse tranquille.
- Tu dis ça, mais tu l'as quand même charrié de questions personnelles, maugréa le Lion.
- C'est de la taquinerie, stupide chat. De la taquinerie."
Aphrodite soupira avant d'ajouter :
"Néanmoins, le mystère reste entier, car je n'ai aucune idée du pourquoi il est venu parler de sa relation, à moi surtout.
- Peut-être qu'il avait pitié de toi, lança le Lion avant de mettre ses mains derrière la nuque."
Aphrodite cligna des yeux, perplexe. Pourquoi de la pitié ? Parce que lui, Aphrodite des Poissons, à l'affût de la moindre étincelle d'amour ou de relation poussée, n'avait strictement rien vu ?
En tout cas, Aldébaran ce jour-là lui avait bien certifié qu'il avait besoin d'en parler et que le Poisson avait semblé le plus adéquat pour cela. Le suédois avait d'abord hésité à le renvoyer chez lui, affirmant que Mû ou même Shaka étaient plus à même de le conseiller, puis, voyant que le Taureau n'en démordait pas le moins du monde, il avait fini par l'inviter dans son salon, un bon thé en main, pour discuter. Quand l'information eut atteint le cerveau du Poisson, à savoir que le Taureau avait quelqu'un, il avait eu une réaction plutôt étrange. D'un, il avait laissé tomber sa cuillère dans sa tasse de thé comme si ses doigts avaient été paralysés. De deux, sa bouche, largement ouverte, aurait pu servir de base aux mouches ou autres insectes volant au sanctuaire. De trois, il avait eu l'impression que le Taureau lui avait parlé brésilien, car l'information avait mis énormément de temps à faire le tour des neurones d'Aphrodite.
Il n'en avait pas cru ses oreilles, tout simplement. D'habitude, Aphrodite aurait crié au scandale de ne pas avoir été mis au courant plus tôt. Mais là, c'était Aldébaran. Et Athéna savait que c'était le dernier que ce cher Poisson voyait casé.
Le comble avait été toutes ces photos que le Taureau s'était mis à lui montrer presque fièrement. Le suédois les avait jetés un rapide coup d'oeil. La jeune femme semblait être du même âge que le Taureau qui paraissait gigantesque sur les photos à côté d'elle. Aphrodite n'avait pas pu bien observer le visage. De son avis : pas moche. Pas moche du tout même.
Mais cela s'était arrêté là. Aphrodite, toujours sous le choc de cette révélation, avait bredouillé une série de questions au Taureau, cherchant à comprendre comment il avait pu la dénicher au sanctuaire. Le brésilien avait émis un rire franc, mais avait répondu fermement qu'il n'allait rien révéler à ce cher Poisson. Ce dernier s'était presque flagellé mentalement d'avoir été aussi curieux. Mine de rien, Aldébaran pouvait être très dissuasif.
Aphrodite s'arrêta dans ses innombrables questions intérieures pour se pencher sur le cas du chat du sanctuaire. Si lui avait été mis au courant par Aldébaran lui-même, comment Aiolia avait-il réussi à savoir ?
"Au fait, comment tu l'as su ? demanda Aphrodite."
Le Lion se mordit la lèvre inférieure. Il devait trouver une excuse, quelque chose. Il aurait pu tout aussi bien tout balancer pour Shaka et Aldébaran, mais il préférait mettre cette affaire au clair de lui-même. Tout d'abord, en bon ami, il ira parler à la Vierge de ce qu'il savait. Cette histoire était louche. Vraiment louche. Il ne croyait pas à la tromperie du Taureau même si au fond de lui, il savait que son signe zodiacal était réputé pour être volage. Des foutaises, bien entendu. Comme si lui, le Lion était autoritaire, arrogant et aimant la flatterie.
Si, quand même ?
Le Lion échafauda une parfaite excuse et soupira intérieurement de soulagement :
"J'ai surpris une conversation entre lui et Shaka. Heu..il lui parlait de "sa petite-amie"."
Mensonge parfait. La Vierge se rendant très souvent au deuxième temple, cela faisait d'elle une parfaite confidente. Du moins, le matou l'espérait.
Vraiment, il voyait mal le Taureau jongler avec deux relations amoureuses en même temps. C'était juste...pas lui.
Aphrodite, visiblement satisfait de la réponse, n'insista pas. Il se leva du lit, retira son écharpe et son manteau avant de les déposer parfaitement pliés sur le bord. Il portait un pull bleu clair qui se mariait bien avec son pantalon bleu foncé. Aiolia trouvait de plus en plus étrange de voir les chevaliers d'or en habit dit civil. Il ne s'y ferait jamais.
"Je commence à avoir faim, pas toi ? avoua le suédois."
Sans même attendre la réponse du Lion, il ouvrit la porte de la chambre et sortit, laissant le grec complètement en plan.
Le Lion était certain d'une chose : si Shaka apprenait que son Taureau le trompait, cela allait vite dégénérer au chalet. L'indien était le plus serein des chevaliers d'or, pourtant le Lion restait persuadé que ce genre d'information briserait n'importe quel calme. Au mieux, il se mettrait à pleurer. Au pire...Aiolia ne voulait même pas y penser.
À cet instant, le chevalier d'or du signe du Lion prit une décision : ni une ni deux, il sera muet comme un poisson-chat. Il n'avait aucune envie de prendre des dommages collatéraux.
Pourtant, son côté chevaleresque le poussait à tout révéler à la Vierge.
Que devait-il faire ?
Dans une des chambres, assis contre le lit côté fenêtre, le chevalier d'or du signe de la Vierge ronronnait. Assis sur le lit, juste derrière lui, les jambes légèrement écartées, Aldébaran s'adonnait à ces petits plaisirs de la vie qui restaient inexplicables. Brosser la longue chevelure dorée de son ami le rendait de fort bonne humeur. Aucun des deux ne se doutait du tourment lionnesque qui s'effectuait dans une autre chambre. Et Shaka se garderait bien de s'inquiéter de quoi que ce soit pour le moment. Il savourait ce moment de pure tranquillité tandis que les autres chevaliers d'or s'activaient au rez-de-chaussée. Vraiment, il n'avait besoin de rien d'autre.
