Voici l'un de mes chapitre préféré de tout ce que j'ai pu écrire et ma beta misaya m'a dit qu'elle l'aimait bien aussi. Donc n'hésitez pas à nous confirmer et déconfirmer cela en laissant un ti message
Enjoy
Azniv
Ce soir-là, elle coucha dans le lit et ils se retrouvèrent tous les deux sur le sol du salon.
Assis. Attendant que les minutes s'égrènent. De temps en temps, l'un d'entre eux se levait pour aller pousser la porte et vérifier le sommeil de Ziva. Qui restait imperturbablement allongée, les yeux grands ouverts, à fixer le plafond. La lampe de chevet allumée. Chassant des ombres qu'elle était la seule à voir.
Le lendemain matin, Gibbs les appela, ordonnant qu'ils viennent manu militari au bureau. Ils y accoururent comme de bons petits soldats.
Sans trop poser de questions, mais certainement pas prêts au combat.
A leur grande surprise, (oui, il y a des périodes comme cela où la vie vous en réserve des tonnes par jour...) Gibbs les attendait dans le bureau de Vance, assis en train de siroter un café, frais comme un gardon. Pour un débriefing.
Depuis quand Gibbs faisait dans le débriefing?
Le premier à s'assoir fut McGee. Premier en tout en ce moment, nota mentalement Dinozzo, non sans une pointe de...Il ne savait pas trop mais ça ne lui plaisait pas en tout cas. Le plus jeune des agents prit le fauteuil que le Directeur lui présenta et attendit patiemment les questions à venir.
Lui, il pouvait être passif, se dit encore Tony, il n'avait fait qu'attendre, allongé, à même le sol. Ce n'est pas lui qui avait dû faire face au tortionnaire de Ziva sans pouvoir rien faire d'autre que de voir défiler le temps entre eux et prier pour que Gibbs n'ait pas perdu la main. C'est lui, Anthony Dinozzo, qui avait dû raconter leurs vies, les voir devenir des cibles potentielles devant les yeux de Salem.
Le Bleu n'avait pas eu de sérum de vérité datant de l'air soviétique injecté en lui, il n'avait pas dû livrer ses tripes devant ce sale type.
Et sa première image de Ziva n'était pas un corps sans tête. Ni un visage surpris qu'ils aient pu penser venir la chercher dans ce trou à rat somalien. Lui, il avait dû affronter sa souffrance immédiate, ses questions, son refus de vivre. Il avait dû y répondre tout en calculant soigneusement les secondes qui les séparaient de la liberté.
Ou de la mort.
McGee répondit aux questions, scolairement, proprement, une vraie dissertation de premier de la classe. Une ou deux fois, il cru même reconnaître les mots d'un écrivain dans ses paroles.
Le Directeur semblait ravi. Il écoutait avec attention. Ne l'interrompant pas. Un vrai dialogue courtois autour d'une tasse de thé dans un salon cossu en début de matinée.
Rien à se plaindre.
Si on ne tournait pas la tête vers sa voisine de droite qui fixait le sol. Au vue de l'attention qu'elle portait à la moquette, il pourrait parier qu'elle en comptait les mailles. Sa posture n'avait rien de détendu. Au contraire. Elle était tellement tendue que ses muscles devaient la faire souffrir. Elle était pale. Ses lèvres sans sang. Et elle agrippait les accoudoirs comme si sa vie en dépendait.
Et le dialogue qui leur servait de bruit de fond s'arrêta. Et il eut le réflexe de reporter son attention vers Vance qui lui fit signe que c'était son tour.
Il jeta un coup d'œil rapide en coin vers Gibbs, simple réflexe mais eh, on ne se refaisait pas.
Il cru discerner une lueur d'amusement noyée dans le bleu lagon mais ne s'y arrêta pas. Il n'y avait certainement rien d'amusant dans tout cela.
-Agent Dinozzo
-Directeur Vance.
-Comme pour l'agent McGee, je vais recueillir votre témoignage sur l'opération en Somalie, dit-il en appuyant sur un enregistreur numérique au milieu de la table.
Et les questions commencèrent.
- Tout d'abord, confirmez-vous l'histoire de l'agent McGee?
Euh, oui, sans doute. Après tout, McGee écrivait certains de ses propres rapports, sans qu'il ne prenne la peine de les relire, pourquoi serait-ce différent cette fois ci ?
-Oui, dit-il en se raclant la gorge.
-Comment avez-vous trouvé l'officier David?
Elle frémit mais Gibbs posa une main rassurante sur son avant-bras.
Lui pouvait la toucher mais pas eux?
-Euh...Après être tombé dans un piège dans le désert. Des...insurgés somaliens ont pris notre voiture pour cible alors que nous nous étions perdus non loin du camp de Saleem
Elle frissonna, ses craintes étaient fondées. Ils avaient fait exprès de se jeter dans la gueule du loup.
-Et après?
Après? Ils s'étaient laissés frapper sans résistance. Il les avait vus frapper McGee comme plâtre, même lorsqu'il était inconscient. Ou qu'il faisait semblant de l'être. Sur le moment, étant lui même assommé, il n'aurait pas pu faire la différence. Ziva, et son instinct de Ninja, avait su de suite...Mais lui, tant qu'ils n'avaient pas été seuls dans la cellule, n'aurait pas pu en être certain. Et pendant de longues et interminables minutes, il l'avait vu, inconscient, à même le sol, respirant si doucement qu'il devait se concentrer pour voir un signe de vie.
Il avait craint le pire. Avait eu peur pour Tim.
-Ils nous ont conduits dans le camp. Ont organisé une petite réception de bienvenue et nous ont montré notre chambre pour la nuit, sourit-il de toutes ses dents.
Le Directeur lui jeta un regard noir mais continua.
-Ensemble?
Oui, pour que j'ai à subir le remord d'avoir entrainé Tim dans cette histoire qui n'est pas la sienne. Parce que ce n'est pas lui qui a avoué, sous effet de sérum de vérité certes mais tout de même, qu'il ne pouvait pas se passer de Ziva David, fille du Directeur du Mossad, ancien assassin, espionne d'élite, envoyée dans une mission suicide pour je ne sais quelle raison qui me dépasse, dont j'ai dû tuer le petit ami pour la protéger...
La petite voix dans sa tête reprit son souffle, il en profita pour donner une réponse positive silencieuse.
Attention, je ne l'ai pas tué par jalousie, je ne suis pas jaloux. Loin de là. Simplement protecteur en ce qui concerne les miens. Mais, cela vaut pour tout le monde, Gibbs comprit. Et Grand Dieu, jamais, même drogué, je n'avouerais à Gibbs qu'il m'est indispensable pour vivre.
Je ne suis pas suicidaire...
-D'après vous, après qui et quoi était Salem?
-Le NCIS. On a arrêté, mis hors d'état de nuire certains des siens. Il avait la dent dure...
-Comment a-t-il fait le lien entre l'officier David…
Ils entendirent le bois de l'accoudoir pleurer...
-Et le NCIS? Ne se démonta pas le Directeur, vrillant ses yeux sur Dinozzo
Mister Cure Dent pouvait vraiment faire peur des fois...
-Je ne sais pas. Je me souviens juste qu'il a posé des questions sur nous, que j'y ai répondu sous l'effet de ce qu'il m'a si gentiment injecté dans le sang et que la seconde d'après, une balle lui a traversé la cervelle.
Comme Kate...
Ironique, une héroïne et un terroriste mourraient de la même manière, la première tuée par un terroriste; le second, tué par un héros...Histoire de karma?
Pourquoi pensait-il à cela?
Besoin de vacances sans doute. Les derniers jours ont été un peu fatiguant non?
-Vous a t-il torturé?
Cette fois, ce sont les yeux de l'italien qui se plantèrent, durs, dans ceux, ébènes, de son supérieur...
-Pas plus que Gibbs quand il décide de nous faire faire de la gym...C'est fini Di-rec-teur?
On dirait en effet.
Il n'attendit pas la suite des réjouissances et sortit du bureau. La seule chose qu'il voulait, c'était de rentrer chez lui, non pas que l'appartement de McGee ne soit pas sympa, de prendre un bon bain, de relaxer ses membres endoloris et de dormir.
De picoler un peu avant pour chasser ces images qui le harcelaient.
Elles n'avaient pas le droit d'ailleurs. Il était le chevalier dans son armure étincelante qui, avec l'aide de son fidèle écuyer, avait secouru la princesse. Il devait être le plus fort, le plus beau, le plus intelligent et spirituel. Pas commencer à développer un PTSD.
Dans les livres, personne ne parlait de cauchemars que le héros valeureux craignait de faire. Seulement qu'il sauvait la belle princesse, qu'ils s'embrassaient fougueusement et qu'ils rentraient chez eux. Bon après, il y avait l'histoire du mariage et des nombreux marmots mais...il fallait bien qu'il y ait de légères différences entre le réel et l'imaginaire. Il devrait questionner McGemcity à ce sujet. Pourquoi est-ce que dans les livres, les héros étaient des héros jusqu'au bout? Et pourquoi les princesses étaient-elles belles et fraiches, qu'elles acceptaient les baisers, alors que la sienne était détruite physiquement et moralement et que personne, outre Gibbs visiblement, ne pouvait l'approcher. Il était le héros, elle était la princesse, il devrait pouvoir la tenir dans ses bras, pouvoir la rassurer, lui faire les promesses les plus folles du style :
«Tu verras, tout va aller pour le mieux maintenant, personne ne te fera plus de mal tant que je serais près de toi... ». Et toutes ces sortes de niaiseries qui faisaient les films de catégorie B qu'il collectionnait.
Au lieu de cela, il devait se contenter de regarder son second prendre les initiatives et son patron la reconquérir...
La...Non, pas dans ce sens...Reconquérir sa confiance. Sa confiance.
Il devait lui rester une bonne bouteille de whisky à la maison.
Il en avait grandement besoin...
PTSD= post traumatic stress disorder. Réaction qu'une personne qui est passé prêt de la mort ou à vécu une situation pouvant lui faire croire à son dernier jour peut développer. Il en existe différentes formes. Certaines durent quelques jours d'autres des années. Beaucoup de soldats de la première guerre mondiale et du Vietnam l'on développé.
