Merci pour les review : )

Note : En italique gras se sont les paroles tirées de la série.

Bonne lecture à tous et à toutes.


Chapitre 2 / Voyage intérieur. Part 1


Arthur semblait partir dans un rêve dont il ignorait la source. Tout était étrange comme si une obscure entité voulait qu'il sache ou qu'il se souvienne. Et ce fut en tant que spectateur qu'il revivait toute une partie de sa vie. Une main auréolée blanche se tendait en sa direction. Arthur la prit avec confiance et suivit cet étrange être lumineux qui lui parlait d'une voix douce :

« Suis-moi Arthur, je dois te montrer… je veux que tu comprennes… »

Le blond reconnu cette voix, celle qu'il n'arrêtait pas de lui murmurait ses phrases à chacun de ses rêve depuis plus d'un an…

« Te souviens-tu de ta seconde rencontre avec Merlin ?

Encore jeune dans ta tête, tu venais d'entendre Merlin t'appeler '' l'ami'' pourtant rien en ton comportement pouvait l'autoriser à t'appeler ainsi.

Une audace bien ancrée dans sa personnalité, qui plus tard le différencierait des autres serviteurs.

Quelques temps après, Merlin te sauvait la vie du poignard qui t'était destiné.

Un dégout s'était faufilé en ton âme, quand ton père lui donna la place de valet… ton valet.

Puis, tu avais pris conscience que tu étais quelqu'un de plus important pour lui et tu souris quand à chaque fois il te surnommait l'abruti… ou le crétin royale.

Et pourtant, au fur et à mesure, Arthur sans le savoir, tu l'appréciais de plus en plus.

Tu n'aurais su donner la raison mais Merlin avait quelque chose qui t'attirait inéluctablement vers lui.

Te rappelles-tu de cette confiance subite que tu avais eue en lui contre le chevalier Vaillant… ?

Et dans tes doutes infondés, tu l'avais renvoyé et pourtant, Merlin était revenu auprès de toi… il avait à nouveau accepté d'être ton valet.

Et quand, celui-ci s'était accusé lui-même de sorcellerie, toi, te souviens-tu comment tu avais dû le faire passer pour un idiot atteint d'une grave maladie mentale… voire même, dire qu'il était amoureux de la servante Guenièvre, tout cela juste pour le sauver…

Pourquoi le protéger, lui qui n'était qu'un simple serviteur ? »

Le prince voyait sa vie défiler, lentement en passant par des moments clés avec Merlin à ses côté. Le corps tendu, le prince semblait revivre à part entière tous ces instants…

« Tu avais chancelé quand ton valet avait bu la coupe empoisonnée qui t'était encore destinée.

Pour la première fois de ta vie, tu avais ressenti cette étrange douleur de perdre quelqu'un qui t'était cher. Une sensation où tes entrailles se tordaient…

Te rappelles-tu que tu avais du mal à gérer ses émotions si loin de ta personnalité ?

Depuis quand te souciais-tu de ton personnel ?

Mais à tes yeux, il n'était pas n'importe qui… n'est-ce pas ?

C'était Merlin, celui dont la présence t'était nécessaire…

Te souviens-tu encore de cette lueur bienfaisante qui te guidait à travers la grotte ?…

Ne t'es-tu jamais posé la question de qui cela pouvait venir ?

Ho bien sûr, tu l'as fait… futilement…

Parce que vois-tu, même agonisant, Merlin maintenait toujours ce lien entre vous.

Et quand la peur au ventre d'être arrivé trop tard, d'avoir échoué ?

Te souviens-tu de ta colère contre Uther ? Jamais elle n'avait été aussi forte !

Demandes-toi aussi, pourquoi tu étais parti trouver cette plante ?

Et derrière la porte du médecin, cette souffrance qui te prenait tout le corps quand tu entrevoyais les visages de Gaius et de Gwen, pleins de désarroi ?

Tu n'avais même pas osé faire un pas, car tu n'avais pas cru en toi.

Non, tu as préféré te cacher ? Pourquoi ne t'être pas présenté ? De quoi avais-tu peur ?

Et quand enfin, tu avais entendu sa voix, ton cœur s'était relancé encore plus vite… alors jetant un regard sur la porte entrouverte, le cœur blessé, tu avais vu Gwen l'embrasser.

Te remémores-tu cette peine qui te glaçait parce que toi-même, tu ne comprenais pas, non, tu ne comprenais vraiment pas pourquoi cette scène t'avait si longtemps perturbé.

Te souviens-tu de ce jour où Merlin te présenta Lancelot qui n'était pas du tout de sang noble.

Mais ce qui t'intriguait, était cette amitié qui s'était soudée subitement entre ces deux jeunes gens.

La ressens-tu cette jalousie qui venait presque te tirailler… et ce soulagement que cela t'avait procuré lorsque Lancelot avait dû quitter le royaume ?

Et quand Gaius, face au jeune sorcier Edwin, avait été congédié par ton père…

Te rappelles-tu encore du visage décomposé de Merlin ?

Celui-ci avait toujours des traits expressifs mais cette fois, tu avais partagé sa peine…

Tout au long de cette épreuve, tu avais vu cette autre facette de ton valet, triste et déterminé… tu savais combien Gaius comptait pour lui…

Et quand enfin, le roi sauvé lui donna le titre exceptionnel de citoyen à part entière de Camelot, quelle ne fut ta joie en lisant le bonheur de ton ami… les yeux brillants et reconnaissants… et cette étreinte à son mentor.

Tu aurais voulu aussi… »

Un autre bond, plus difficile pour Arthur qui aurait voulu oublié cette partie de sa vie…

« Te souviens-tu quand tu avais décidé de rejoindre Merlin dans son village ?

Restant fidèle à toi-même, tu avais rencontré pour la première fois William.

Ce fut à moment-là que son nom te signifiait un souvenir dont tu ignorais encore l'importance…

Tu avais essayé d'empêcher leurs retrouvailles en lui ordonnant de te suivre.

Sans que Merlin ne s'en rende compte, tu avais vu leur amitié dans leurs regards, bien que leur geste ne soit brève,

toi, Arthur, tu avais vu renaitre cette jalousie au creux de ta poitrine…

Te rappelles-tu les avoir vus pénétrer dans une grange et tu semblais perdre pied face à son vieil ami.

Tu avais du t'avouer que ta présence à ses côté était seulement dû au faite que tu tenais trop à lui.

Tu craignais qu'il ne revienne plus à Camelot alors ce fut la raison de ton aide.

Pourquoi te donnais-tu autant de mal pour reconnaitre ce qu'il représente pour toi ?

Quand tu avais voulu retrouver Merlin chez lui, tu avais surpris les paroles de sa mère :

'' ― Arthur a beaucoup d'affection pour toi, il t'aime beaucoup''

Et sa réponse qui te brisa le cœur :

'' ― S'il me connaissait je serais déjà mort…''

Arthur, toi l'enfant choisi des dieux, comprends-tu enfin ses paroles qui jusque-là n'avait eu aucun sens ?

Et quand en vous préparant au combat, Merlin t'avait dit :

''― Quoiqu'il se passe durant le combat, ne changez pas l'opinion que vous avez de moi…''

Te mettrais-tu à sa place et aurais-tu compris sa position ?

Mais tu te demandes pourquoi Merlin te cachait sa nature ? Pourquoi agissait-il ainsi ?

Et là, tu te maudis d'avoir accusé l'ami de Merlin de sorcellerie…

Quand évidement William l'aurait protégé jusqu'au bout.

La sens-tu cette honte qui te prend le corps ?

Tu revoyais ton ami Merlin, les larmes aux yeux et ce jusqu'à la cérémonie du défunt.

Au dehors de la grange, tu avais entendu les paroles de Will :

''― J'ai peur…

― T'inquiète pas ça va aller…''

Adossé au mur de cette grange, Arthur, tu t'étais retenu de pleurer de sa perte.

Te souviens-tu d'avoir jeté un coup d'œil et d'avoir vu ainsi Merlin désemparé ?

Sens-tu cette souffrance ?

Ces sentiments nouveaux qui s'insinuaient en toi à cet instant ?

Toi qui ne te souciais jamais de qui conque, vois-tu combien sa présence t'était indispensable ?

Vois combien Merlin arrivait à faire de toi une personne encore bien plus meilleur que tu ne l'avais été.

Aurais-tu eu encore le courage de lui dire tes propres paroles :

''― Je suis désolé je sais qu'il était un grand ami. Tu savais qu'il était magicien, c'était ça que tu allais me dire !

Tu sais combien la magie est dangereuse, tu n'aurais jamais dû me la dissimuler !'' »

Comme un esprit, Arthur voyait le visage dure de Merlin. Le prince semblait toucher cette douleur. Il s'excusait seulement du fait qu'il ne savait pas encore qui était Merlin, mais cela devait-il justifié son manque de tac ? Lui faire ses reproches au lit du défunt ? Arthur se sentait encore plus misérable. Etait-il donc un si piètre ami que cela ? Et avant de repartir pour la suite des évènements, il s'aperçut que ce jour-là, il portait un foulard rouge…

« Encore un autre moment de ta vie où tu te souviens très bien avoir blessé ton valet en tuant cette licorne.

Le malheur s'était abattu sur Camelot.

Merlin t'avait presqu'accablé mais toi, le prince ne voyait rien de cette malédiction… juste de la sorcellerie.

Te rappelles-tu de ce moment au bord de la mer où les belles paroles de Merlin t'avaient réchauffées le cœur et pourtant tu n'étais pas fier de ton arrogance.

Et quand tu revoyais Merlin, les yeux rouges, se jetait sur ton corps inerte… tu t'étais dit que plus jamais tu ne mettrais ses dires en doute. »

Arthur arrivait à sentir ce lien qui les unissait…

« Que lis-tu dans ses yeux quand la bête t'avais blessé ?

Sens-tu sa tristesse qui traduisait son échec…

Et son dévouement, encore une fois, il te la montrait.

A travers ses paroles qui paraissaient te dire adieu, te souviens- tu t'être demandé pourquoi Merlin voulait te quitter ? »

Son cœur parut sortir de sa poitrine quand il put vivre la suite des évènements qu'avait pu vivre son valet. Il avait l'impression de sentir ses propre larmes… Merlin aurait sacrifié sa vie pour lui mais la magie n'en avait cure. Elle allait lui prendre sa mère… Et le cœur meurtrie, il vit Nimué qui l'affligeait de tous les reproches contre les siens mais Merlin, sans aucun remord, l'avait vaincue… rendant ainsi la vie à Gaius… Arthur ne supportait plus de voir ces épisodes… et quand, il se voyait en compagnie de Gwen, son cœur s'arrêta. Comment avait-il tenté de le rendre jaloux en la lui prenant ? Lui qui pensait que Merlin l'aimait… Une douleur de honte s'empara encore plus de lui…

« Arthur, il est temps que tu ouvres les yeux, que tu comprennes… »

La voix n'était plus qu'un écho quand il sentit l'air frais de sa chambre. Il se réveilla en sueur. Tâtonnant le lit de ses doigts, il sentait encore la chaleur de cette main… si présente et si lointaine pourtant… Qui était-elle ? Assis au bord de son lit, il se prit la tête entre ses mains sentant les perles de peine qui avait dû couler pendant son sommeil. Il sentait la honte le reprendre… Merlin… soufflait-il entre ses lèvres tremblantes… Avait-il donc eu si peu eu confiance en lui pour lui avouer qu'il était sorcier ? Pourquoi le sauver à plusieurs reprises si ce n'était que pour recevoir des tâches ingrates et aucune reconnaissance ? Il secoua la tête… Vraiment, Merlin devenait de plus en plus un mystère… Puis il se souvint des paroles que Merlin lui avait dites le jour où il était devenu aveugle.

― Mon devoir est de vous servir, de vous protéger et de vous préserver jusqu'à votre monté sur le trône.

Arthur essayait de rassembler tous ses morceaux comme un puzzle… Il savait que Merlin était ce petit brun. Il comprit que son valet était né de cette magie qu'il lui avait montrée et non lui qui avait dû l'apprendre. Il secoua la tête en se remémorant durement son cri qui l'avait blessé… Et comme si elle avait été inscrite au fer sur son corps, il se souvint encore de cette douleur glaciale qui l'avait parcouru…

― Si Arthur n'était pas né ! Alors je ne serais pas là à le surveiller… je ne serais pas là à courir après ce satané crétin !

Arthur se traita de triple idiot en sachant maintenant qui était réellement Merlin. Ainsi à cause de lui, Merlin était venu au monde pour le protéger… Il en avait mal à la tête, tout semblait si absurde, si irréel… Serrant les poings, il se rendait compte à quel point il n'avait pas accepté ses sentiments envers Merlin. Posant sa tête sur son oreiller, il résistait, il ne devait pas pleurer… Et pourtant, la gorge serrée, il ne s'en sentait pas le droit… Lui qui l'avait profondément blessé… or Merlin, comme à chaque fois, revenait vers de lui.

Dans ses draps devenus froid, il s'y engouffra mais le sommeil était parti depuis bien longtemps. Arthur savait que ce qu'il ressentait pour son valet, ne devait pas avoir lieu. Pourtant au fond de lui, il voulait le revoir sourire… pas de ces sourires figés, mais de ce sourire innocent d'autrefois. Celui-là même quand dans la grotte, il lui avait révélé ses dons. Il fixa sa main gauche, comme il aurait encore voulu la tenir. Mais en remémorant le visage de dégout de Merlin en parlant de son ami, des sentiments contradictoires le torturaient. En découvrant une partie de Merlin, il avait envie de plus le connaitre et parfois seulement, il semblait si proche de lui qu'il avait peur. Etait-ce seulement qu'une impression ? Pourtant, il savait que lui seul était celui qui mettait cette distance entre eux. Et cette peur qui s'emparait de lui, que pouvait-elle signifier ? Il ferma un instant les yeux murmurant encore le nom de son valet.

Merlin sursauta sur son lit. Il avait entendu quelqu'un l'appeler… jetant un regard ensommeillé de chaque côté de la pièce, il ne voyait personne mais cette voix, il la reconnaissait. Sans réfléchir, la peur au ventre, il courut jusqu'à la chambre d'Arthur, inquiet qu'il puisse lui être arrivé quelque chose durant la nuit. Sans crier gare, il entra dans la chambre, faisant tressaillir le maitre des lieux. Arthur se releva du lit en entendant le grincement de sa porte et apercevant la personne qui lui prenait autant d'espace dans sa mémoire, il ne put que lui demander d'un ton qu'il se voulait si Arthurienne :

― Merlin, que me vaut une visite SI matinale ? Serais-tu tombé de ton lit ?

Yeux dans les yeux, le temps semblait s'être figé. Arthur le détaillait de son regard. Merlin était débraillé et ses cheveux complément ébouriffés. Le prince ne put s'empêcher de le trouver beau à cet instant et pourtant le pouvait-il ? Merlin se sentait idiot… Pourquoi avait-il eu subitement voulu voir le prince ? Il voyait de la surprise dans son regard mais il y avait quelques choses de diffèrent. Le valet fut le premier à interrompre ce silence en souriant bêtement :

― Veuillez m'excusez Sir, avait-il répondu les yeux rond et de son sourire en coin…

Sans attendre sa réponse, il vit Merlin sortir comme il était entré. Il y avait quelque chose d'étrange dans son comportement mais le prince n'aurait su dire ce que cela pouvait être. L'avait-il entendu appeler ? Le blond était troublé. Arthur sauta de son lit et se mit devant sa fenêtre pour réfléchir. Contemplant les premières lueurs du levé, les bras croisés sur son torse, il réfléchit à son rêve. Quelqu'un voulait qu'il voit… mais qui et pourquoi ? Bien sûr qu'il tenait à Merlin… Seul un crétin ne l'aurait pas vu… mais n'était pas lui-même ce crétin royal ? Il lui aurait fallu presque plus de deux ans pour comprendre qu'il l'avait toujours aimé. Serrant sa mâchoire, il aurait dû comprendre que Gwen ne lui suffisait pas… car elle n'était pas Merlin.

Quel imbécile !

Et dire qu'Arthur était resté avec elle jusqu'à ce que… Puis en y réfléchissant, il comprit qu'il s'était aperçu de l'état de Merlin que lorsqu'il s'était séparé d'elle… Non, quand elle l'avait quitté. Le blond s'était tellement convaincu derrière ses propres mensonges qu'il en avait même oublié l'existence de Merlin. A cause de cela, le jeune sorcier s'était éloigné de lui… non, c'était lui qui l'avait presque forcé à mettre de la distance sur ses émotions. Il avait réussi jusqu'à présent à se tenir convenable envers Merlin et jamais il n'aurait pensé un jour se dire qu'il le voulait maintenant rien que pour lui… Il passa une main sur sa figure, las de toutes ses incertitudes.

Quelques mois plus tôt, il avait failli le perdre… il était hors de question pour lui que cela arrive définitivement… Revivre sa première année au côté de Merlin lui avait montré à quel point celui-ci avait de l'influence sur sa vie. Pourtant jamais il ne s'était intéressé aux hommes, mais ce n'était pas n'importe qui…car lui-seul avait su se frayer un chemin jusqu'à lui… L'instant calme et chaud de ce jour où, Merlin aveugle, l'avait touché. Bien qu'il le fasse déjà bien avant, il devinait combien il était attiré par lui. Mais en se rappelant de ces mouvements lents et doux contre son corps, de ce qu'il avait ressenti… Arthur ne pouvait plus se mentir.

Il savait que Merlin était ce petit garçon… Il soupira profondément, en se demandant comment il allait faire pour lui dire qu'il savait dorénavant qui il était exactement. Mais le plus dure serait de lui avouer ses sentiments… son torse se crispa parce que Merlin n'aimait pas les hommes. Baissant la tête, les cheveux lui chatouillaient le front. Il souffla dessus pour les écarter puis retourna s'assoir au bord de son lit.

Merlin avait attendu que le soleil se lève pour apporter le repas du prince. Il n'avait pas réussi à se rendormir malgré la mauvaise humeur de celui-ci. D'accord, il avait débarqué à une heure où il n'aurait pas vraiment eu de raison de le faire. Mais ce qui le troublait, était que d'habitude, Arthur mettait du temps à sortir du sommeil. Merlin n'y réfléchit pas plus devant la chambre du prince et frappa à la porte. Il attendit quelques minutes et comme le prince ne semblait pas lui répondre, il entra. La chambre était vide, le lit défait et le placard ouvert. Déposant le plateau sur la table, il vit un mot :

'' Je ne serais pas là ce matin, apporte-moi le repas pour midi. ''

Merlin sentait que quelque chose clochait chez le prince. Il savait qu'Arthur avait ses moments de solitude mais ces dernier temps, il paraissait préoccupé. Il commença le rangement entre ses pensées et ses questions. Le jeune sorcier repartit une fois qu'il avait fini de ranger la chambre.

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Arthur était sorti prendre l'air tôt le matin. Il avait dû mal à regarder Merlin. Le voir était comme une torture, il avait l'impression de lui mentir et pourtant, n'était-ce pas ce que faisait son valet depuis tout ce temps ? Merlin n'était pas un sorcier comme les autres, il était l'élu de l'ancienne religion. En y repensant, il trouvait cela bien que ce soit lui, il se sentait privilégié… mais qu'en était-il pour lui ? Toute la matinée il avait songé à la manière de lui dire… Les pas trainant, il regardait la valse des feuilles qui virevoltaient au grès du vent. Il trouvait cela tout d'un coup merveilleux. Immobile, fermant ses yeux, il se laissa caresser par les rayons du soleil, si doux et si chaud en cette fin d'automne. Cela avait pour but de le détendre et cela l'aida. Quant au bout de quelques minutes, il rouvrit ses paupières, prenant sur lui, il rentra au château.

Il croisait les servants dont pour la plupart, il se rendait compte qu'il ne connaissait même pas les noms. Frôlant les murs, il observait les gens qui l'entouraient et ce fut avec le cœur lourd qu'il se disait que la vie était ainsi faite. Soudain, Arthur manqua d'air, le monde semblait vaciller devant ses yeux. Il courut presque jusqu'à sa chambre, essoufflé. S'asseyant au bord de son lit, il n'avait pas à cœur de faire quoi que soit. Il voulait juste patienter quand il entendit quelqu'un frapper à la porte. Le brun passa la tête et lui sourit comme à son habitude.

― Il t'arrive parfois d'attendre que je te répondre Merlin ? Dit le prince en contenant son trouble.

Comment Merlin avait-il réussi à vivre avec son secret, surtout au royaume d'Uther? Puis il se gifla mentalement, en se disant qu'il s'était fait une potion pour ça…

― Vous voulez que je ressorte ? Ainsi je vous laisserais ce plaisir ! hurlait-il presque en se moquant de lui.

Le prince aurait surement ri dans d'autre circonstance…

― Non, plus sérieusement je m'inquiétais, repris Merlin, je vous ai vu courir jusqu'à votre chambre et je voulais être sûr que vous n'aviez besoin de rien.

Arthur était déjà perdu dans la contemplation de son valet. Immobile, sur le lit, il vit Merlin s'approcher puis sa main douce se posa sur son front. Le prince n'arrivait même plus à bouger, quel était donc son pouvoir ?

― Vous ne vous sentez pas malade, sir ? Murmurait-il en le basculant sur le lit. Restez allongé, je vais chercher Gaius.

Prestement, Arthur se releva de son lit devant le regard médusé de son valet :

― Mais sir ? Vous êtes sûr que vous allez bien ? demanda inquiet Merlin.

― Bien sûr Merlin, maugréait-il. C'est toi qui te fais des idées, cesse de venir m'importuner… va plutôt récurer l'écurie, ajoutait-il en lui montrant la sortie.

Sans un mot son valet, déçu par comportement, le laissa seul.

Merlin était perplexe. La voix d'Arthur était dure et douce à la fois, il n'arrivait pas à comprendre sa manière d'être et cela le tracassait. En arrivant chez Gaius, il ne put s'empêcher de lui demander s'il avait vu que le prince était malade.

― Ah non, je pense qu'il serait venu me voir.

― Vous devriez alors le voir. Merlin étira légèrement une grimace puis ajouta, je ne sais pas… ces dernier temps il agit bizarrement…

Le jeune sorcier grimaça une seconde fois sous l'œil de son mentor puis continua comme pour lui-même :

― Il me parait préoccupé…

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Gaius se dirigeait vers la chambre d'Arthur et se demandait de quoi parler son pupille. Il donna un léger coup sur la porte qui s'ouvrit rapidement. Le médecin détailla l'allure du blond. Il paraissait bien mais quand il croisa son regard, il vit une crainte ou une lueur qui s'en approchait.

― Bonjour sir, Merlin m'a dit que vous ne vous sentez pas bien.

Arthur ne savait pas s'il devait lui parler de cette entité… puis après tout, autant le faire avant qu'il ne pète un plomb.

― Savez-vous s'il existe des esprits qui peuvent vouloir vous montrer des parcelles de votre vie ?

― Pourquoi cette question ? S'étonna Gaius.

― Vous savez, quand je vous ai parlé de mon rêve où je revois ce petit garçon… il y avait toujours cette voix qui me parlait sans arrêt. Et ce matin, elle est venue…

Arthur faisait les cents pas en relevant de temps en temps son regard sur le médecin.

― Comment cela venue ?

― Je ne l'ai pas vraiment distinguée mais elle m'a montré ma vie comme si je devais ouvrir les yeux sur quelque chose…

Arthur ne pouvait pas lui dire qu'il était question de ce qu'il éprouvait pour son propre pupille et que surtout celui-ci, le considérait comme son fils…

― Seule un esprit très proche de vous à ce pouvoir… il doit énormément tenir à vous pour faire cela. Mais quel période vous montre-t-il, si cela n'est pas indiscret ? demanda le médecin.

Arthur semblait hésiter puis lui répondit :

― Ma première année auprès de… Merlin.

Il avait prononcé le nom de son valet si bas que Gaius du tendre l'oreille et à ce nom, son cœur palpita… Il sourit au prince et intérieurement, il se disait que quelque soit cet esprit, il le remerciait.

― Alors je crois que vous devriez l'écouter, seules ses paroles doivent vous aider… je ne peux rien faire contre ces esprit mais je vous rassure, il ne vous veut que votre bien.

― Il me demande de me rappeler… et j'ai beau tout revivre, la seule chose dont je vois…

Arthur avait la gorge serré, pouvait-il dire à haute voix ce qu'il avait été pour Merlin ?

― J'ai été qu'un abruti avec Merlin… je n'ai pas cherché à le connaitre et je …

Le reste s'éteignit. Le médecin lui tapota l'épaule et lui chuchota :

― C'est déjà un début… reconnaitre ses erreurs…

Gaius le laissa et espérait qu'enfin, le prince ouvre ses yeux. Depuis le rétablissement de son pupille, il avait gardé un œil sur ces deux jeunes gens. Il voyait ce qu'eux ne pouvaient comprendre : Arthur et Merlin étaient faits du même métal et ils se complétaient. Il savait que le brun avait accepté ses sentiments et le vivait mieux qu'avant la mort de son père. Quant au prince, caché derrière un faux semblant d'amour pour Guenièvre, l'avait empêché de voir ce que l'esprit voulait surement qu'il comprenne. Gaius sourit en rentrant au laboratoire parce qu'enfin, il savait maintenant qu'ils s'aimaient… Il soupira en espérant qu'Arthur ne reculera pas devant cette vérité et que Merlin s'ouvrira plus envers ce dernier.

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Un coup à la porte et Arthur se dépêcha de s'assoir, éparpillant prestement des parchemins devant ses yeux.

― Entrez, dit-il.

Merlin ne se fit pas prier et pénétra dans la pièce avec son plateau au bout d'un bras. Le valet le déposa sur la table puis jeta un coup d'œil rapide sur le prince. Parfois il se sentait vraiment proche de lui… mais ce dernier repoussait sans arrêt leur amitié et cela ne faisait que le rendre nerveux… Merlin n'était pas si idiot que cela, il savait que le prince était perturbé… Or il ne trouvait pas la réponse et il connaissait déjà celle du blond s'il lui demandait. Il allait repartir quand le prince prit la parole en se saisissant de son plat :

― Dis-moi Merlin, d'où te vient ce foulard rouge ?

Le regard de son valet le fit baisser ses yeux sur son assiette.

― Pourquoi vous intéressez-vous… à mes foulards ? demanda Merlin le sourire aux lèvres. Ne seriez-vous pas vraiment malade ? dit-il en s'approchant une main sur le front du prince.

Arthur crut s'étrangler et recracha le morceau de viande avant de balayer d'un geste de la main celle de son valet qui allait surement encore la poser sur son front.

― Bien sûr que je vais bien… avait-il dit en prenant un air indigné.

Merlin semblait s'amuser de cette situation et lui répondit joyeusement :

― William me l'a offert à mes dix ans…

Arthur en l'écoutant ne put s'empêcher de le détailler. Il avait ce sourire… Puis au nom prononcé, le prince ressentait un nœud dans son estomac. Le regard perdu, Merlin se souvenait de cet instant. Avant que le blond ne lui pose une autre question, Merlin ajouta :

― Pour se faire pardonner de son attitude, il m'a offert celui-ci et depuis je porte un coup le bleu et un coup le rouge… en fonction du pull que je porte.

Arthur remarqua qu'aujourd'hui, son valet portait un pull bleu d'où le fameux foulard rouge. Sentant une étrange sensation l'envahir, il répondit du tac au tac :

― Dans ce cas-là va falloir je t'offre des pulls rouge…

Merlin, les yeux ahuri, lui demanda :

― Pardon ?

Le blond ne se sentait vraiment pas à l'aise… Il fallait faire diversion…

― Je dois couvrir quelques choses, portant une main sur son front, va voir Gaius et dis-lui de passer me voir.

Merlin le contempla avec incrédulité puis s'en alla. Il se demandait si Arthur n'avait pas seulement envie de se moquer de ses foulards et de lui-même… Puis il s'arrêta un moment dans le couloir. Il tourna la tête et fixa l'horizon au bord d'une fenêtre, se demandant ce qui pouvait le travailler. Il avait l'habitude de le voir moins crispé que ce midi. Merlin sentait une drôle de tension, comme si sa présence lui était insoutenable, malgré ses questions indiscrètes. Lui-même qui gardait toujours le sourire, sentait sa tristesse se mêler à sa personnalité. Il soupira en se disant que cela allait surement lui passer.

Il ne s'autorisait plus à penser à ce qu'il ressentait, quand Arthur était heureux, Merlin l'était et quand c'était le contraire, il en faisait autant… Et il voulait de tout son cœur qu'il soit content de sa vie… Peut-être n'aimait-il pas tant que ça sa présence ? Peut-être n'osait-il pas le congédier après avoir cru qu'il le détestait? D'ailleurs, Arthur ne lui avait pas reparlé de ce fameux jour… Et tristement, Merlin cherchait des réponses…

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à suivre

Anath63

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