NdA: Me revoilà donc pour un troisième chapitre.
N'ayant rien d'autre à dire, je passe directement à l'histoire.
Voici donc le troisième chapitre! Bonne Lecture!
Premier Appel
À peine avait-il reposé le combiné du téléphone, que ce dernier se mit à sonner à nouveau. Il décrocha.
«Gai-Écoute.» dit-il simplement, d'une voix se voulant douce et accueillante.
«Je... je me sens mal.» dit une voix masculine plutôt jeune à l'autre bout du fil.
«Pourquoi cela?» demanda gentiment Marco.
«Je... J'ai dit à ma mère que je suis gai et elle s'est mise en colère.»
Marco prit une grande inspiration, réfléchissant rapidement à ce qu'il allait dire à ce garçon qui ne semblait pas avoir plus de quinze ans.
«Tu sais, même si quelqu'un est très ouvert face à l'homosexualité, c'est toujours un choc de découvrir qu'un de nos proches est gai. Moi, je crois que ta mère était sous le choc. Si tu lui laisses un peu de temps, elle va sûrement s'y faire.» dit-il.
«Mais elle m'a menacé de le dire à mon père!»
«Heu... Et qu'est-ce qui se passerait si ton père le savait?»
L'italien crut entendre l'adolescent déglutir.
«Oh mon dieu... je ne veux même pas le savoir. Il se metterait certainement en colère. Beaucoup plus que ma mère! Oh mon dieu!» paniqua le jeune.
Marco sentit que ce dernier semblait commencer à hyperventiler. Que fallait-il faire? Le jeune italien commençait à son tour à paniquer, mais il reprit rapidement son sang froid.
«Écoute, calme-toi! Comment tu t'appelles?» demanda-t-il.
«Sylvio.»
«Eh bien, Sylvio, j'ai moi aussi dût faire mon coming out et, crois-moi, je sais à quel point c'est dur. J'ai eut la chance d'avoir une mère ouverte, mais mon père ne l'était pas du tout. Lorsque je lui ai dit, nous ne nous sommes pas parlé pendant très longtemps. Mais ça s'est arrangé.»
Cette dernière phrase était mensongère, mais pouvait-il dire à un adolescent paniqué qu'il ne parlait plus à son père depuis près de deux ans? Voyant que le jeune ne parlait pas, il continua.
«Crois-moi, si ta mère le dit à ton père et qu'il se fâche, moi je crois qu'il t'aime et qu'il s'y fera, à la longue. Il n'est pas impossible qu'il soit très fâché au début et qu'il y ait un froid entre vous pour un certain temps, mais je crois que tout va finir par s'arranger.»
«Vous... Vous croyez?»
«Oui, je le crois. Écoute, regarde un peu comment ça se passe et, s'il y a quoi que ce soit, rappelle ici et demande Marco. Redonne-moi de tes nouvelles.»
«D'accord. Merci.»
Il y eut un déclic, démontrant qu'on avait raccroché. Le jeune homme se félicita, jugeant qu'il s'en était assez bien sortit. Il espérait vraiment que tout se passe bien pour ce Sylvio. Il l'avait assuré que tout finirait par se replacer, mais ce n'était pas une certitude. Et si le père de cet adolescent refusait de lui parler et que rien ne s'arrangeait? Et s'il le mettait à la porte? L'italien se rappela le jour où il avait convaincu Tim de dire à son père qu'il était gai. Le soir même, le jeune adolescent avait cogné à sa porte, découragé et en pleurs. Son père l'avait mis à la porte. Le plus vieux s'était senti si mal d'avoir encouragé un autre garçon à sortir du placard alors que son propre père ignorait son homosexualité. Il espérait qu'il n'avait pas fait la même erreur.
Le soleil plombait, semblant décidé à faire fondre tout ce qui avait le malheur de ramollir à la chaleur. Il y avait toujours autant de monde au bar laitier. Marco, en passant devant le tout petit bâtiment, commença à envier toutes ces personnes qui s'étaient permis cette gâterie rafraîchissante qu'était la crème glacée. Il désirait toujours y aller avec Dylan, mais celui-ci était de moins en moins présent à l'appartement. Le jeune italien commençait à se demander s'il ne ferait pas mieux d'y aller seul. Il se disait que c'était probablement la seule façon d'y aller un jour. Attendre que son amoureux se libère était probablement peine perdue. En cette journée ensoleillée, il prit donc la décision d'y aller seul... mais pas tout de suite. Il gardait encore un peu l'espoir que Dylan serait, comme par magie, d'accord pour y aller avec lui dans les jours à venir. Il se contenta donc de continuer son chemin jusque chez lui. Il prenait son temps, profitant du beau temps, bien que, mêlé à l'humidité, le tout devenait écrasant. Trop occupé à observer les différents bâtiments qui défilaient à ses côtés, il ne remarqua pas qu'un passant l'avait remarqué et se dirigeait vers lui.
«Marco!»
L'interpelé posa les yeux sur la provenance de la voix. Tim.
«Tim! Salut!» dit le jeune italien, ne sachant pas trop quelle intonation prendre.
Depuis les deux dernières années, ils ne s'étaient plus vraiment revu, Marco étant au Cégep et Tim, toujours au secondaire. En réalité, ils ne s'étaient plus reparlé depuis le jour où l'italien avait rompu avec l'autre garçon. Mais voilà qu'ils se croisaient à nouveau, deux ans plus tard. Le plus vieux des deux ignorait quel ton adopter, ignorant totalement si le jeune homme devant lui était toujours en colère. Lorsque ce dernier lui adressa un sourire, il se détentit. Il n'était plus fâché ou, à tout le moins, plus autant.
«Qu'est-ce que tu fais ici?» demanda le plus jeune.
«Eh bien, je reviens du travail... heu... enfin, si on peut appeler ça du travail... c'est du bénévolat en fait...» répondit Marco.
Ce dernier observa l'autre garçon. Celui-ci avait les cheveux sensiblement plus longs, cachés presque entièrement sous une casquette, tournée à l'envers, qui semblait avoir remplacé sa tuque par cette journée de canicule. L'italien eut un sourire en coin en se souvenant de la tuque dont le plus jeune ne se séparait jamais. Il se demanda s'il l'avait toujours. Tout cela mit à part, Tim portait un T-Shirt bleu foncé avec des bermudas beiges, le tout accompagné de sandales foncées. Un look normal, quoi.
«Tu fais du bénévolat?» demanda le jeune homme aux cheveux châtains, apparemment un peu surpris.
«Oui.» répondit simplement celui à la chevelure noire.
«Où?»
«À Gai-Écoute.»
«Vraiment? Ç'est génial!»
L'enthousiasme du plus jeune surprit légèrement le plus vieux.
«Hum... oui. Ça l'est. Je fais ça pour l'été. Lorsque l'école va recommencer, je vais chercher un autre travail.» ajouta ce dernier.
«Ah bon.»
«Hum... Je crois que tu entres au Cégep cette année?» demanda l'italien.
Le plus jeune fit un large sourire.
«Oui.»
«À quel Cégep comptes-tu aller?»
NdA: Voici donc la fin du chapitre. Je vous entend déjà me dire: «Mais c'est quoi cette fin?» Eh bien, je tiens à vous garder dans le suspense encore un peu... Vous verrez!
Bon, si vous habitez ailleurs qu'au Canada, probablement ne comprenez-vous pas cette histoire de secondaire et de Cégep. Eh bien, laissez-moi expliquer brièvement la scolarité canadienne (Ou plutôt québécoise car, si je ne me trompe, ce n'est pas ainsi partout au Canada...):
-Il y a d'abord six ans d'école primaire (elementary school).
-Ensuite, cinq ans de secondaire (Secondaire 1, secondaire 2... jusqu'à 5)
-Par la suite, il y le cégep ou la formation professionelle. La formation professionelle est une école où, pendant quelques années, nous apprenons à pratiquer un travail (généralement manuel). Le cégep est plutôt une préparation à l'université. Cela dure quelques années (2-3 ans).
-Finalement, il y a l'université.
Le Cégep et l'Université sont facultatifs.
Bon, si vous étiez déjà au courant de tout ça, désolée de vous avoir ennuyé avec ces explications...
À la prochaine, alors!
