NdA: Voici donc la suite! J'espère qu'elle vous plaira.
Bonne Lecture!
Retrouvailles et Appels
La noirceur envahissait l'appartement qui semblait vide. Pourtant, quelqu'un s'y trouvait. Un jeune homme d'origine italienne était étendu sur son lit, à réfléchir dans le noir. Il n'avait pas daigné ouvrir la lumière à son retour. Il n'avait pas vraiment été surpris de voir que Dylan n'était pas là. Cette fois, ce dernier ne lui avait pas laissé de note à son travail, mais plutôt sur la porte du réfrigérateur.
Je sors avec les joueurs. Je rentrerai tard. Dylan.
Marco devenait accoutumé à ces notes, bien plus présentes que son petit ami. Ainsi, vers neuf heures trente du soir, il était étendu sur son lit, à réfléchir dans le noir. Il réfléchissait à un tas de choses. À sa relation avec Dylan. À son bénévolat. Au jeune Sylvio qui l'avait appelé cette journée-là. À Tim, aussi...Tim... Tim qui entrait au même Cégep que lui. Après s'être croisés dans la rue, ils étaient allé manger un petit quelque chose ensemble. C'est alors que le plus jeune des deux avait raconté à l'autre garçon qu'il s'était découvert une passion pour la médecine vétérinaire, alors qu'il était jeune.
«J'ai toujours aimé les animaux. À huit ans, j'ai dit à mes parents que je voulais devenir vétérinaire. Comme tu vois, je suis toujours sur la même voie.» raconta Tim.
Marco l'écoutait attentivement. Il trouvait surprenant que l'autre jeune homme ait choisit le même Cégep que lui. Après tout, Tim n'était pas au courant qu'il allait à celui-là. L'italien se sentait un peu mal à l'aise. Le jeune homme aux cheveux châtains avait été très en colère contre lui, quelques années plus tôt. Comment se passerait une année à le voir? Quoique, il semblait bien moins fâché. En fait, le jeune homme semblait avoir totalement oublié leur dispute. Puis, Marco réalisa une chose. Ils iraient au même Cégep, mais n'étudieraient pas la même chose. Ils ne se croiseraient donc probablement que très rarement. L'italien se demanda s'il devait être rassuré ou déçu.
«C'est génial que tu poursuives tes rêves. Je suis heureux pour toi.» dit-il.
Le plus jeune lui sourit.
«Merci.» répondit-il.
Ils restèrent un court moment en silence, prenant du même coup quelques bouchées de leurs assiettes.
«Alors?» reprit alors Tim. «Tu es toujours avec Dylan?»
Marco hocha doucement la tête.
«Oui. Toujours. Nous habitons ensemble depuis environ un an.» dit-il.
«Wow. C'est génial.»
«Oui, ça l'est.» dit l'italien, un brin incertain.
Le plus jeune remarqua la légère incertitude.
«Tu sembles incertain. Ça ne va pas très bien entre vous deux?»
Le plus vieux aurait tant préféré que Tim n'ait rien vu. Il ne voulait pas répondre à cette question mais, connaissant son ex-amoureux, il savait qu'il ne pouvait pas l'éviter.
«Bof... Comme-ci, comme-ça. Chaque couple a ses hauts et ses bas!»
Le jeune homme à la chevelure châtaine hocha doucement la tête.
«J'espère pour toi que ça va s'arranger.»
«Je l'espère aussi.»
Oui, il l'espérait aussi. Mais comment sauver une relation de couple lorsque l'autre est toujours absent? Peut-être était-ce fini? Marco s'obligea à se retirer cette idée de la tête. Oui, Dylan était souvent absent, mais ils s'aimaient. Les sorties de son amoureux finiraient bien par reprendre un rythme normal, un jour! Il ne devait pas baisser les bras! Il aimait Dylan! Et il était prêt à tout, ou presque, pour sauver leur couple. Le jeune homme se tourna sur le côté et fixa un court moment la fenêtre par laquelle il pouvait voir des branches d'arbres. Oui, il organiserait un petit quelque chose entre amoureux. Juste entre lui et Dylan. Peut-être que cela aiderait. Il l'espérait.
Le lendemain, Marco était de nouveau au poste, prêt à répondre à des tonnes de téléphones. Il se sentait de bonne humeur, sans véritable raison. Il était simplement dans une bonne journée. À peine s'était-il assis dans son fauteuil que le téléphone sonna.
«Gai Écoute.» dit-il de sa voix qui se voulait douce.
«Heuuummmm...» dit simplement une voix à l'autre bout de l'appareil
C'était une voix féminine. Cette fille ne semblait pas très vieille. Certainement pas plus de dix-sept ans. Elle semblait chercher ses mots, timide.
«Oui? Que puis-je pour toi?» demanda l'italien de sa voix la plus douce.
Il n'eut pour réponse qu'un déclic. Elle avait raccroché. Marco haussa les épaules avant de raccrocher à son tour. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. En fait, cela était relativement fréquent. Bien souvent, les jeunes hésitaient longtemps avant d'appeler et, lorsqu'ils trouvaient finalement le courage de composer le numéro, ils paniquaient lorsque quelqu'un décrochait et ils raccrochaient. Il ne s'en préoccupait plus vraiment, mais ressentait tout de même une certaine sympathie pour ces personnes qui craignaient de parler de leurs inquiétudes et problèmes. Il n'eut pas vraiment le temps de réfléchir, puisque le téléphone sonna à nouveau.
«Gai Écoute.» répéta-t-il de sa voix habituelle des circonstances.
«Hum... je... je crois que j'ai besoin de parler.» dit une voix masculine.
Cela aussi semblait être un adolescent. À vrai dire, les jeunes de onze à dix-huit ans étaient ceux qui appelaient le plus. C'était plutôt normal puisqu'à cet âge, on se pose toujours bien des questions.
«Eh bien, je suis là pour t'écouter. Qu'est-ce qui ne va pas?» demanda doucement Marco.
«Je...J'ai un ami... qui est gai aussi. Je ... je l'aimais, mais je croyais que c'était terminé. Mais... j'ai réalisé que je l'aimais toujours. Je ne sais pas vraiment quoi faire.»
«Est-ce qu'il t'aime aussi?»
«C'est justement ça le problème: Non!»
«Ah bon... eh bien, si ce que tu ressens pour lui n'est pas réciproque, il n'y a pas grand chose à faire. Assure-toi d'abord qu'il ne ressent pas la même chose et, si c'est effectivement le cas, eh bien je crois que votre relation devra rester amicale. Je sais que c'est malheureux et que c'est dur, crois-moi. Une peine d'amour, c'est très dûr, mais tu trouveras certainement quelqu'un d'autre qui t'aimeras autant que tu l'aimes.»
«Vous croyez?»
«Mais bien sûr! Quel est ton nom?»
Il y eut un court moment de silence.
«Quel est VOTRE nom?» demanda le jeune garçon.
«Marco. Écoute, je te dirais d'appeler plus...»
L'italien ne put terminer sa phrase qu'un déclic vint l'interrompre. Le garçon venait de raccrocher. Il n'avait même pas eut le temps de lui dire de rappeler ultérieurement pour lui dire comment ça allait. Encore une fois, à peine avait-il reposé le combiné à sa place que le téléphone sonna à nouveau. Il posa sa main sur le combiné pour décrocher, mais un cognement à la porte l'interrompit dans son mouvement. Il tourna la tête vers la porte pour y voir Louise, une autre bénévole.
«Bonjour, Louise. Que se passe-t-il?» demanda-t-il.
«Eh bien, il y a un garçon au téléphone qui demande à te parler.»
«Ah bon...» L'italien regarda un moment le téléphone qui sonnait toujours. «Tu veux bien prendre les appels dans mon bureau en attendant?»
«Oui, bien sûr.»
Il se leva donc et quitta la pièce alors que Louise prenait sa place dans son fauteuil et répondait au téléphone. Marco eut un sourire en coin en repensant à ce qu'il aimait dans ce bénévolat. Il aimait aider les jeunes (et moins jeunes aussi) dans leurs recherches d'identité et dans leurs dilemmes amoureux. Par contre, les appels s'accumulaient. Il n'avait pas deux secondes à lui. Le téléphone sonnait sans arrêt. Il marcha un court moment avant d'atteindre le bureau de la trentenaire qui l'avait interrompu dans ses appels. Dans la petite pièce presque identique à son propre bureau, il remarqua que le combiné du téléphone était posé sur le dessus d'un meuble. Le jeune homme s'asseya dans le fauteuil et saisit le combiné avant de le porter à son oreille.
«Oui?»
«Salut... Marco.» dit une voix masculine qui lui semblait familière, malgré qu'il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Qui était-ce?
«Salut. Qui est-ce?»
«C'est... Sylvio.»
«Sylvio! Salut! Ça va?» demanda l'italien, se souvenant de l'adolescent qui était terrifié à l'idée que sa mère dise à son père qu'il était gai.
«Non.» répondit simplement l'adolescent.
«Ah bon... et pourquoi cela?» demanda le bénévole, à Gai Écoute, de sa voix la plus douce. (NdA: Bon ,je crois que vous avez compris qu'il prend une voix douce lorsque quelqu'un appelle!)
«Ma... ma mère lui a tout dit.»
«Et puis? Comment ça s'est passé?»
«Mal! Mon père m'a jeté à la porte!»
Marco ferma les yeux. C'était ce qu'il craignait. Il avait dit à ce jeune que son père l'aimait et qu'il comprendrait certainement.. Maintenant, il apprenait que le père en question avait mit son fils à la porte. Il se crut alors revenir trois ans en arrière, lorsqu'il avait fait le même genre d'erreur avec Tim. Qu'avait-il fait?
«Oh mon dieu! Mais... ça va? Je veux dire... comment tu t'en sors?»
«Je ne m'en sors pas! Je suis dehors! J'appelle d'une cabine téléphonique!»
Réfléchis, Marco! Réfléchis!
«Heuum... écoute, je dois t'avouer que j'ignore quoi dire. Je ne sais pas trop quoi faire dans ce genre de situation, mais je peux certainement trouver un collègue qui saurait t'aider...»
«Non! Non... je voulais simplement appeler pour te dire cela...»
«Écoute, je tiens à t'aider...»
«Ça ne vaut pas la peine. Je ne vois pas comment je peux me sortir de ce merdier! De toute façon, je comprends mon père. Je ne suis rien du tout. Je ne crois pas que je mérite encore de vivre!»
Marco paniqua alors. Disait-il qu'il allait se suicider?
«Non, Sylvio! Tu ne dois surtout pas te dire ça. Crois-moi, je sais ce que c'est que de se sentir nul et sans intérêt. J'ai déjà moi aussi pensé au suicide, mais jamais réellement sérieusement, je dois l'avouer. Mais je sais une chose: il y a toujours une lumière au bout du tunnel. Elle est souvent dure à trouver, mais elle existe! Elle est là, à quelque part, attendant seulement que tu la trouves! Je sais que tu peux la trouver! Écoute, je sais...»
Un déclic lui indiqua que Sylvio avait raccroché. Il avait raccroché, ne le laissant même pas terminer sa phrase. L'italien s'inquiétait. Et si cet adolescent se suicidait vraiment? Oh Seigneur! Il préférait ne pas y penser. Il se sentait déjà si mal. On lui avait raccroché trois fois au nez en seulement vingt minutes. Ça c'était plutôt dur pour la bonne humeur!
NdA: Voici donc pour le quatrième chapitre! J'espère que vous avez apprécié!
À la prochaine!
