A mes chers Non-Inscrits:
Une fane de ta fic: Merci beaucoup, je suis contente que ma fic te plaise. Eh bien oui, j'ai continué, et voici donc le troisième chapitre et l'avant-dernier si tout se déroule comme prévu. J'espère qu'il te plaira! ^^
Elisa: Bon, la suite a un peu tardé à arriver mais la voici ! Et puis un peu d'attente rend la dégustation plus savoureuse, non ?
Lily : Comme on se retrouve! ^^ Pour ce qui est du passé d'Hermione, en fait, je garde des détails pour la fin, c'est-à-dire pour le chapitre suivant. Mais ne t'inquiète pas, les révélations finiront par arriver ! ;p Ce chapitre est déjà...assez mouvementé alors j'espère qu'il t'aidera à patienter!
Merci à tous pour vos commentaires! Dans ce chapitre, Hermione se met dans de sales draps, enfin c'est surtout Draco, qui l'y met... Mais je ne vous en dit pas plus, à vous d'aller apaiser votre curiosité.
Bonne lecture, tout le monde!
Part III: A not muggle at all mom with no secret left (*)
Hermione, assaillie par des pensées importunes, passa une nuit presque blanche. Vers trois heures du matin, elle se dit qu'une potion de sommeil sans rêves lui aurait été bien utile. A quatre heures, elle pensa à sa baguette, sagement rangée entre soutien gorges et petites culottes. A cinq, elle se rappela le bonheur qu'elle ressentait plus jeune à feuilleter ses livres de magie. Elle se rendit dans le salon et alla se planter devant la bibliothèque où elle contempla avec horreur tous ces bouquins moldus qu'elle avait acheté uniquement par soucis du détail. Elle ne lisait même plus. Jamais. A six, elle sortit promener Jimmy. Elle faillit lâcher la laisse lorsqu'il voulut courir après un chat qui lui rappela Pattenrond. De retour à l'appartement, Sarah était levée, elle lui sauta dessus avant même qu'elle ait eu le temps de retirer sa veste.
« Mais qu'est-ce qui t'as pris de sortir à une heure pareille ? », s'écria-t-elle.
« Je suis allée promener Jimmy. »
« Oh arrête, t'aurais pu le faire plus tard ! T'es en pyjama sous ton manteau, en plus ! »
« Personne ne m'a vue, j'étais seule dans les rues. »
« Maman, qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Tout va bien, ma chérie », affirma Hermione sur un ton qu'elle espérait convainquant.
« T'as toujours été nulle, pour mentir ! »
La jeune femme eut un sourire désabusé.
« Si tu savais ! », laissa-t-elle échapper malgré elle.
« Quoi ? »
« Rien… »
« Non, non, j'ai très bien entendu ! Est-ce que tu me caches quelque chose ? », s'enquit Sarah, soupçonneuse.
« Bien sûr, que je te cache quelque chose, les parents cachent toujours des choses à leurs enfants, c'est comme ça que ça fonctionne ! »
« Maman, n'essaie pas de me la faire à l'envers et dis-moi ce qui cloche », hurla presque l'adolescente, exaspérée.
« Va manger sinon tu vas être en retard ! »
« Mais j'en ai rien à ******, d'être à la bourre ! »
« Langage ! »
« C'est tout ce que t'as à dire ? »
Hermione détourna le regard et partit s'enfermer dans sa chambre sans dire un mot de plus, sous le regard furieux de l'adolescente. Une heure plus tard, la jeune femme, douchée et habillée, était installée dans le canapé, une tasse de café à la main. Sarah fit irruption dans le salon où elle avait laissé son sac de cours et, sans un regard pour sa mère, elle sortit de l'appartement en criant : « Je prends le métro ! » et claqua la porte derrière elle. Hermione soupira. La journée s'annonçait difficile. Encore.
…
Hermione insulta les automobilistes avec plus de vigueur que d'ordinaire, faillit écraser un piéton et emboutir une voiture, klaxonna à cinq reprises, mais fut klaxonnée bien plus de fois encore. Lorsqu'elle arriva en vue de This House is Yours, elle était d'une humeur massacrante. Si massacrante qu'elle faillit faire l'école buissonnière, passer devant l'agence sans s'arrêter et aller se faire un bon film histoire de se changer les idées. Malheureusement, sa conscience se rappela à son bon souvenir et elle passa le seuil de l'agence en affichant une tête d'enterrement qui alerta immédiatement le patron.
« Harmony, qu'est-ce que c'est que cette mine ronchon ? Ce n'est pas comme ça que vous allez attirer les clients ! Faites-moi plaisir, ayez l'air avenant ! Vous vous êtes peut-être levée du pied gauche, mais on travaille, ici, alors ressaisissez-vous. »
Hermione pensa sérieusement à faire volte-face et à prendre la porte. Juste comme ça. Parce qu'elle n'avait jamais vraiment aimé ce job, et qu'elle en avait marre de supporter les humeurs d'un patron acariâtre et manifestement frustré. Mais elle se souvint presque simultanément qu'elle avait une fille à nourrir et des factures à payer, alors elle respira un bon coup et parvint à plaquer un sourire très large et très faux sur son visage.
« Eh ben voilà, c'est beaucoup mieux. Vous voyez, quand vous voulez ! Le secret de la réussite, c'est la bonne volonté ! », s'écria aussitôt monsieur Gucklemayer en lui postillonnant au visage.
Il affichait l'air bête et optimiste de celui qui ignore les problèmes que peut rencontrer une mère de famille. Cela énerva tellement la jeune femme qu'elle dut faire un effort surhumain pour ne pas l'étrangler. Ce type n'avait aucune vie privée, il était bien plus à plaindre qu'elle ! C'est ce qu'elle se dit pour se calmer en s'installant à son bureau.
« Au fait, je me charge de vos clients de la journée, le gros poisson de la semaine dernière a rappelé, il a dit qu'il passerait. »
« Entre ce qu'il dit et ce qu'il fait… », fit remarquer Hermione d'une voix acide.
« Cessez immédiatement ce mauvais esprit, on n'insulte par les clients, chez This House is Yours ! Je vous fais une fleur, et voilà comment vous me remerciez ! »
« Me faire une fleur ? Vous plaisantez ? Vous me collez dans les basques un mystérieux client soi-disant ultra riche et super pressé qui vous mène par le bout du nez. Si vous voulez mon avis, vous vous êtes bêtement fait avoir par un canular téléphonique ! Et deux fois, en plus ! »
« Il se trouve qu'en l'occurrence, je n'ai que faire de votre avis, Harmony ! Je suis chef d'agence et vous êtes une vulgaire petite employée qui se donne des airs en prétendant tout savoir mieux que les autres. Pour qui vous prenez-vous, à la fin ? J'ai supporté votre mauvais caractère, vos bavardages intempestifs avec Dana et votre tendance à me prendre de haut parce que vous faisiez du bon boulot. Mais je commence vraiment à douter de votre sérieux et de votre motivation ! »
Monsieur Gucklemayer avait les deux mains posées sur le bureau d'Hermione, et il la fixait avec sévérité, sourcils froncés et lèvres pincées, un parfait mélange des expressions les plus effrayantes de Rogue et de McGonagall. Contre toute attente, les paroles de son patron touchèrent la jeune femme de plein fouet : en clair, il la traitait d'arrogante miss-je-sais-tout. Avait-elle si peu changé ? Cachée si longtemps sous le masque d'Harmony Garner, la jeune femme avait fini par penser qu'Hermione Granger avait définitivement disparu. Peut-être avait-elle eu tort… Mais elle ne savait pas s'il s'agissait là d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle. Elle avait vraiment très envie de pleurer, comme ces nombreuses fois où Malfoy l'avait insultée au détour d'un couloir. A l'époque déjà, elle refusait de se montrer faible face à l'ennemi, elle se dit alors qu'à vingt neuf ans, ce n'était certainement pas le moment de craquer. Devant son patron en plus ! Non mais quel adulte fondait en larmes devant son patron ?
« Ecoutez, monsieur Gucklemayer, la seule chose que je demande, moi, c'est de pouvoir faire mon boulot correctement. Alors vous devez comprendre que me faire délester de tous mes clients pour attendre pendant des heures un type qui ne vient jamais puisse me poser un problème. »
« Nous sommes au service du client, ici, que voulez-vous que je vous dise ? Vous attendrez monsieur Malfoy, un point c'est tout ! »
Hermione se figea de surprise. C'était impossible ! Des coïncidences comme celles-ci n'existaient pas dans la vie réelle, on ne les rencontrait que dans les feuilletons de seconde zone et autres mauvais romans, n'est-ce pas ?
« Monsieur Malfoy ? »
« Oui, monsieur Malfoy ! », confirma un Gucklemayer dont la patience semblait être mise à rude épreuve.
« Très bien », répondit la jeune femme, que la surprise avait soudain rendue docile.
« Bon, maintenant que vous avez repris vos esprits, je vous prierai de me donner la liste de vos clients de la journée. »
Hermione s'exécuta sans broncher et le patron s'éloigna bientôt. Durant toute la matinée, cependant, il la surveilla avec une attention fébrile. En son for intérieur, il se demandait si les sautes d'humeur suspectes de son employée n'étaient pas dues à ce bouleversement biologique et hormonal que l'on appelait communément grossesse. Or, en tant que patron, il considérait les femmes potentiellement enceintes d'un très mauvais œil… Si son meilleur agent immobilier prenait un congé maternité, il devrait embaucher quelqu'un d'autre. Malheureusement, il ne trouverait jamais personne qui soit à la hauteur de la jeune femme, il devait bien l'avouer.
…
Lorsqu'elle vit Malfoy entrer dans l'agence, Hermione se força à garder son calme. Elle posa un regard appuyé sur Dana pour lui indiquer que le fameux client mystère approchait. Cette dernière le déshabilla du regard et fit un clinc d'œil appréciateur à Hermione qui ne put s'empêcher de rougir. Durant la pause déjeuner, elle avait confié à son amie le fait quand même assez étrange que le client qui se faisait désirer depuis une semaine et l'ancien camarade rencontré par hasard étaient la même personne. Comme d'habitude, là où son amie restait méfiante, Dana ne voyait que les bons côtés et lui conseillait de foncer.
« Mais non, y a rien d'étrange, les coïncidences, ça arrive, tu sais ! Les âme-sœurs se rencontrent toujours pas hasard ! », avait-elle répliqué pour rassurer Hermione.
« Tu peux me rappeler comment vous vous êtes rencontrés, avec Max ? », s'était enquit la jeune femme, une lueur de malice dans les yeux.
« Oui…mais non… Enfin… Nous c'est différent, voilà tout ! »
« Bien sûr que c'est différent : vous êtes le contre exemple parfait de ce que tu viens de m'affirmer ! »
« Rares sont les gens qui finissent ensemble à la suite d'un rendez-vous arrangé, enfin ! Pour nous, il se trouve que ça a marché, mais la plupart du temps, ça vire à la catastrophe ! »
« Admettons que tu ais raison, deux hasards comme ceux-là ne te paraissent pas être…arrangés ? »
« Pourquoi le seraient-ils ? Quel intérêt aurait ce Malfoy à te suivre un peu partout ? C'est pas comme s'il était moche et désespéré ! »
« Merci beaucoup… », avait répondu Hermione, quand même un peu vexée. D'accord, elle n'était pas franchement canon, contrairement à Malfoy, mais elle méritait bien qu'on la harcelle pour obtenir ses faveurs, non ? Même pas un petit peu ?
« Ce que je veux dire », avait poursuivi Dana, pas le moins du monde perturbée par le regard meurtrier que lui adressait son amie « c'est qu'il a vraiment un fils qui va vraiment dans la même école que ta fille, qu'il cherche vraiment un appartement, apparemment, puisqu'il est en train de divorcer. Tout paraît plutôt logique, dans cette histoire. C'est la chance, c'est le destin, tout ce que tu veux, sauf un coup monté ! »
Le destin lui ferait-il signe après toutes ces années pour lui dire qu'il était temps de reprendre contact avec son ancienne vie ?
« Si tu le dis… », avait conclu la jeune femme, peu convaincue malgré tout. Elle avait été tellement isolée du monde magique, durant tout ce temps, que voir son passé lui sauter à la figure à chaque coin de rue, maintenant en particulier, si soudainement, lui semblait suspect. Extrêmement suspect. Le destin n'avait rien à voir là dedans. Hermione était bien trop rationnelle pour croire au destin.
Mais, en ce mardi après-midi, Hermione se souciait bien peu de qui avait eu l'idée farfelue de lui envoyer Malfoy. Ce qui comptait, c'est qu'il était bel et bien chez This House is Yours, qu'il s'avançait bel et bien vers elle et qu'elle allait bel et bien devoir se mettre à son service en tant qu'agent immobilier. Tout cela resterait strictement professionnel. Le destin, s'il existait réellement, ne lui envoyait pas Malfoy, mais un bon client. Rien de plus.
« Mademoiselle G…Garner, quelle surprise ! », s'écria le sorcier en lui tendant la main.
Hermione tiqua un peu : il avait buté sur son nom. Mauvais signe… En général, quand on oublie le nom de quelqu'un, c'est qu'il ne nous intéresse pas vraiment. Elle jeta un œil à Dana, par-dessus l'épaule de Malfoy, cette dernière lui adressa un sourire désolé.
« Monsieur Malfoy », répondit Hermione sur un ton professionnel en lui serrant la main, « vous savez faire durer le suspense,vous, ça fait déjà plusieurs jours que je vous attends ! »
L'homme parut gêné. Il se racla la gorge.
« Oui, veuillez m'excuser, j'ai eu quelques…problème personnels à régler… »
« Vous m'en voyez désolée », répliqua Hermione sur un ton qui laissait deviner le contraire.
Elle lui fit signe de s'asseoir et passa rapidement aux choses sérieuses. Cela lui permit de se cacher derrière son écran d'ordinateur, d'où elle pouvait échapper aux magnifiques et si reconnaissables yeux gris de son interlocuteur. Elle mourrait d'envie de s'y plonger mais il ne fallait pas, elle le savait. Et puis, il avait beau être canon, il restait Malfoy : il était non seulement dangereux pour sa couverture, mais en plus il avait fait de sa scolarité un véritable enfer. Elle n'avait pas le droit d'avoir envie de se plonger dans ses yeux. Ses yeux étaient ordinaires, parfaitement ordinaires !
« Dites-moi ce que vous recherchez, exactement », commença la jeune femme, le regard toujours rivé sur l'écran de son ordinateur.
« Un appartement, minimum 100 m2, deux ou trois chambres, dans un quartier en vue, pas loin du collège Nelson. »
« Très bien, j'avais déjà fait une sélection grâce aux informations que m'avait données mon patron. Plusieurs biens pourraient vous intéresser. Quand seriez-vous disponible pour les visiter ? »
« Dès que possible ! »
« Hum… », Hermione fit mine de taper quelque chose, « Nous pouvons aller en voir un maintenant, si vous le désirez », poursuivit-elle.
« C'est parfait ! »
Ils se levèrent tous les deux, leurs regards s'accrochèrent, Hermione se maudit intérieurement de lui avoir proposé une visite aussi rapidement. Elle aurait parfaitement pu reculer l'échéance, de cette manière elle aurait eu plus de temps pour se faire à l'idée. Elle aurait pu…accrocher un poster géant de Malfoy dans sa chambre pour s'entraîner à l'ignorer. Eh oui, le désespoir peut pousser n'importe quelle personne raisonnable à faire des choses stupides. Elle se demandait tout de même comment elle avait pu rester froide à la beauté du jeune homme lorsqu'elle était à Poudlard… Elle secoua mentalement la tête pour se remettre les idées en place. Il était le père d'un ami de sa fille et un client de l'agence, rien de plus, rien de moins.
…
« La cuisine, comme vous pouvez le constater, est entièrement équipée : lave-vaisselle, hotte, frigo américain avec distributeur de glaçons, four dernier cri, vide-ordures. Il y a bien sûr une alarme incendie. Si vous voulez me suivre, nous allons maintenant passer dans le salon. »
Hermione, d'une froideur toute professionnelle, faisait visiter un magnifique appartement à son ancien camarade de classe en évitant soigneusement son regard. Elle le précédait dans chacune des pièces pour lui débiter son discours bien rodé et s'arrangeait pour lui tourner le dos en permanence. De cette façon, elle arrivait presque à se persuader qu'elle avait à faire à un client ordinaire.
« Il donne sur la rue mais il n'y a pas de vis-à-vis », poursuivit-elle de plus belle, « Comme vous pouvez vous y attendre, les fenêtres sont équipées de double-vitrages, vous ne serez donc pas importuné par les bruits de la circulation. Vous trouverez tous les branchements nécessaires, y compris une prise téléphone. Cette fenêtre donne sur un large balcon, très pratique si vous êtes fumeur ou si vos amis le sont. Le salon, ainsi que la cuisine sont orientés plein sud. Le parquet qui a été posé dans tout l'appartement est flambant neuf et de la meilleure qualité, par conséquent, il exige un entretien des plus rigoureux. Aucun des appartements récents de cet immeuble ne compte de pièce tapissée de moquette à cause des acariens : de plus en plus de personnes y sont allergiques. L'appartement compte trois chambres, par contre elles sont orientées au nord. Si vous voulez voir le soleil se lever, il vous faudra vous rendre dans la salle de bain, au bout du couloir. Allons-y. »
Les deux jeunes gens s'engagèrent dans le couloir. Lorsqu'ils furent arrivés à destination, Hermione risqua un œil vers son client. Il se demandait sûrement sur quelle planète il avait bien pu atterrir. Il ne connaissait absolument rien au monde moldu, après tout ! Il conservait pourtant un air impassible assez agaçant.
« Une douche tout ce qu'il y a de plus classique », reprit la jeune femme, « mais une grande baignoire à remous avec jets massant. Le parquet n'est pas le même ici que dans le reste de l'appartement, il est en bambou, ce bois résiste beaucoup mieux à l'humidité, il est très à la mode, en ce moment. Vous avez deux robinets, ce qui est très pratique : votre fils et vous pourrez vous brosser les dents en même temps. Les toilettes sont dans une pièce séparée, la première porte à gauche après l'entrée, nous y reviendrons tout à l'heure. Vous avez deux grandes chambres de même dimension et une plus petite, parfaite pour y faire un bureau, si vous voulez mon avis. »
Hermione aurait aimé s'attarder plus longtemps dans la salle de bain. Cette pièce était sa préférée. Que n'aurait-elle pas donné pour se prélasser sous un litre de mousse et d'eau bien chaude et odorante ! Sa propre salle de bain n'était dotée que d'une douche ridiculement petite, si bien qu'elle ne se souvenait même pas de la dernière fois qu'elle avait eu le bonheur de prendre un bain ! Mais elle revint rapidement à la raison, elle était une professionnelle, une professionnelle !
« Suivez-moi. »
Les deux adultes changèrent une nouvelle fois de pièce, Hermione toujours fermement attachée à sa position de tête.
« Comme vous pouvez le voir, les murs ne sont pas tapissés, ils sont peints dans des tons neutres pour faciliter la probable personnalisation des futurs propriétaires. Pour éviter toute allergie, encore une fois, la peinture utilisée est écologique. Je ne sais pas si vous comptez engager une femme de ménage mais l'appartement est pourvu d'une buanderie où vous pourrez installer lave-linge et sèche-linge et qui pourra idéalement accueillir une table à repasser et tout ce qui servira à l'entretien. C'est la porte juste en face des toilettes, vous voyez ? »
Hermione se tourna vers Malfoy. Il hocha la tête, plus par politesse qu'autre chose. La jeune femme se demanda comment la sale petite fouine arrogante qu'elle avait connue faisait pour supporter ses babillages. Sans doute ne l'écoutait-il que d'une oreille…
« Je n'engagerai pas de femme de ménage », fit soudain remarquer le sorcier.
Le son de sa voix fit presque sursauter la jeune femme, il n'avait pas prononcé un mot depuis qu'ils avaient quitté l'agence. Un silence pesant s'était installé entre eux dès le trajet en voiture. Malfoy avait semblé quelque peu tendu, sans doute avait-il une peur bleue des transports moldus, comme tous les sorciers de sang pur, d'ailleurs. Elle se demanda pourquoi il tenait à lui donner ce genre d'informations. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire, à elle, qu'il ne compte pas engager de femme de ménage ? Sans doute allait-il s'allouer les services d'un elfe de maison. A cette idée, elle secoua la tête. S'il y avait bien une chose qu'elle regrettait, dans le fait d'avoir déserté le monde magique, c'était bien d'avoir dû abandonner la S.A.L.E derrière elle.
« Je m'occuperai de ces tâches moi-même », ajouta Malfoy.
Hermione le fixa, yeux écarquillés, bouche grande ouverte. C'était sûrement une plaisanterie ! L'homme haussa un sourcil.
« Quoi ? Vous n'avez jamais vu un homme faire le ménage, mademoiselle Garner ? »
« Un de votre…condition, jamais ! »
« Et quelle est ma … condition ? », s'enquit Malfoy en se rapprochant légèrement d'Hermione, une lueur de malice dansant dans ses prunelles d'acier.
La jeune femme déglutit avec difficulté. Cherchait-il à la séduire, était-ce juste un jeu ou insinuait-il quelque chose de précis ? Elle n'aurait su le dire… Son soudain changement d'attitude lui semblait tout de même très suspect, elle était sur un terrain glissant et elle avait intérêt à ne pas tomber, si elle voulait que sa couverture en ressorte intacte.
« Vous êtes…riche, je ne vous l'apprends pas, tout de même », répondit-elle avec effronterie.
« Non, effectivement. Je sais que je suis riche, mais mes comportements n'en sont pas moins imprévisibles, sachez-le. Ne m'enfermez pas dans un rôle, mademoiselle Garner. »
« Je pense que nous pouvons reprendre les prénoms, puisque nous sommes seuls, Draco. Si je vous ai donné l'impression de vouloir vous cataloguer, vous m'en voyez désolée. Vous aimez les femmes élégantes, vous l'êtes vous-mêmes, alors il m'est tout simplement impossible d'imaginer que vous ayez tenu un aspirateur même une seule fois entre vos mains ! »
C'était une provocation et elle le savait. Bien sûr, qu'il n'avait jamais tenu d'aspirateur de sa vie, puisqu'il était un sorcier. Il ignorait sans doute même de quoi il s'agissait.
« Quoi, vous voulez une preuve ? »
« Absolument ! », s'écria Hermione, que cet échange amusait beaucoup.
« Marché conclu. Dès que j'ai mon chez moi, je vous invite à une séance de ménage, vous pourrez même prendre des photos ! »
La jeune femme laissa échapper un rire. Elle n'avait jamais pensé que Malfoy était quelqu'un de drôle, cela l'étonnait beaucoup. Mais tout ce qu'elle connaissait de lui, à l'époque de Poudlard, c'était ses insultes blessantes et ses regards méprisants. Sans doute montrait-il un bien meilleur visage à ses amis. Elle se força cependant à se concentrer sur son travail, elle était en pleine visite, il ne fallait pas l'oublier !
« Alors, cet appartement ? »
Le sorcier allait lui répondre lorsque la sonnerie du téléphone portable d'Hermione retentit. Avec un regard d'excuse, elle s'empressa de décrocher.
« Allô ? »
« … »
« QUOI ? Vous plaisantez, ça ne peut pas être possible ! »
« … »
« Scorpius aussi ? Je n'aurais jamais pensé… »
« …. »
« Non, bien sûr que non, elle n'avait jamais eu ce genre de problèmes auparavant, je ne comprends vraiment pas ! »
« … »
« Oui, son téléphone est en dérangement mais il est avec moi, je lui faisais visiter un appartement, nous serons là dans cinq minutes. »
« … »
« A tout de suite ! »
Les yeux de la jeune femme rencontrèrent le regard inquiet de Draco.
« Est-il arrivé quelque chose à Scorpius ? », s'enquit-il d'une voix tremblante.
« Oui mais…rien de grave, à ce que j'ai compris. Sarah est aussi impliquée », admit Hermione en baissant les yeux. Sans trop savoir pourquoi, elle se sentait coupable… La surveillante générale ne lui avait pas expliqué grand-chose néanmoins elle avait un mauvais pressentiment. « Nous ferions mieux d'y aller ! », poursuivit-elle.
Les deux adultes quittèrent l'appartement sans plus attendre. Malfoy avait l'air en si piteux état à l'idée que quelque chose ait pu arriver à son fils que le cœur d'Hermione se serra. Elle espérait sincèrement que Sarah n'était pas la cause des ennuis du jeune garçon.
…
Hermione et Draco firent irruption dans le bureau de la surveillante générale à peine cinq minutes plus tard. La jeune femme avait conduit comme une folle, si bien que Malfoy était ressorti de la voiture avec un teint olivâtre et une forte envie de vomir. Mais il était passé outre : toutes ses pensées étaient dirigées vers son fils dont il se demandait bien ce qui avait pu lui arriver. En réprimant un haut le cœur, il était entré le premier et s'était littéralement figé sur place, le regard fixé sur Scorpius. De verdâtre, il avait presque instantanément viré au rouge vif.
« Oh mon dieu ! », ne put s'empêcher de lâcher Hermione lorsqu'elle aperçut le visage tuméfié du jeune Malfoy.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? », hurla un Draco tout bonnement furieux en ignorant royalement la surveillante générale, une femme replète à l'air revêche.
« Je pense que Sarah sera la mieux à même de répondre à vos questions, monsieur Malfoy », répondit cette dernière avec un rictus digne de ceux de feu le professeur Rogue.
Hermione arrêta de respirer, c'était bien ce qu'elle craignait. L'adolescente posa un regard suppliant sur sa mère et tenta pitoyablement de se défendre.
« Ce n'est pas ce que vous croyez, je ne voulais pas … »
Malfoy adressa un regard polaire à Sarah, qui se recroquevilla sur elle-même. Il passa un bras rassurant autour des épaules de son fils et voulut l'attirer vers lui pour l'éloigner de la folle dangereuse qui l'avait mis dans cet état. Mais Scorpius ne se laissa pas faire et demeura aux côtés de son amie, inflexible. Malfoy laissa tomber son bras le long de son corps, une lueur dangereuse dans le regard. Il reporta son attention sur l'adolescente, qui se tenait légèrement en retrait, comme pour se faire oublier.
« Qu'as-tu fait à mon fils, stupide m… », commença-t-il, visiblement incapable de contrôler ses propos.
Heureusement, Hermione se rendit compte de ce qu'il était sur le point de dire et le coupa à temps.
« Monsieur Malfoy », intervint-elle en se plaçant entre lui et sa fille, « veuillez garder votre calme. Laissez-la tranquille ! »
« Mon fils est complètement défiguré alors que votre fille n'a pas une égratignure, j'estime donc avoir le droit à des explications ! C'est elle, qui t'a fait ça, Scorpius ? »
« Non, bien sûr que non, papa ! », s'écria le garçon, scandalisé, « je…j'ai voulu la défendre. Je lui avais pourtant dit de ne pas leur répondre ! »
« Tout ça est ma faute », s'écria l'adolescente au bord des larmes, « je n'ai rien pu faire, je suis désolée. »
« Commence par le début, ma chérie », recommanda Hermione d'une voix rassurante.
« Je… je suis allée voir Scorpius à la récré pour qu'il me montre ses nouveaux dessins. Des garçons de ma classe nous ont vu et se sont mis à se moquer, à nous insulter, à nous balancer des horreurs. J'ai essayé de les ignorer mais ils m'ont tellement énervée… Alors je suis allée vers eux pour leur demander d'arrêter. Ils m'ont ri au nez et m'ont bousculée, je suis tombée par terre. Scorpius a voulu me défendre et voilà ce qu'ils lui ont fait ! »
« Dans ce cas, ni lui ni toi n'êtes responsables, ma chérie. C'est ceux qui vous ont fait ça, qui devraient être punis ! » s'écria Hermione, scandalisée, avant d'attirer sa fille vers elle pour la serrer dans ses bras.
« Quel charmant tableau ! », s'écria Malfoy sur un ton des plus ironique. « Il n'empêche que tout ça est la faute de votre satanée gamine ! ».
« Papa ! », protesta Scorpius.
« Je t'interdis de la défendre ! Elle t'a attiré des ennuis à force d'ouvrir sa grande bouche ! Non mais c'est bien les moldus, ça, toujours à se taper dessus comme de vulgaires animaux, aucune classe ! Et lever la main sur un sang pur, un Malfoy, c'est… C'est… »
Le sorcier s'étranglait presque de rage, Hermione ne l'avait jamais vu dans un tel état. Il avait lâché les mots, des mots qu'il n'aurait pas dû prononcer, pas en présence de moldus. Il était trop tard, maintenant, ils allaient débarquer, ce n'était plus qu'une question de secondes. Son cœur battait à tout rompre. Elle tenta d'attirer Sarah à l'extérieur du bureau mais celle-ci se détacha d'elle.
« Maman, enfin, qu'est-ce qui te prend ? Et lui alors, il délire complètement ! C'est quoi, ces histoires de « molu » et de « sang pur » ? Il se croit sous Hitler, ou quoi ? »
Complètement paniquée, la jeune femme ne tenta même pas de donner le change.
« Ils vont arriver, ma chérie, ils vont arriver et jamais tu ne me pardonneras, il faut sortir d'ici ! »
Les larmes coulaient le long de ses joues et son regard avait l'air presque dément. Sarah s'éloigna d'elle, comme effrayée. Malfoy fixait la jeune femme, complètement sidéré par sa réaction. Scorpius, qui savait parfaitement ce qui allait se produire, lança un regard désolé à son amie. La surveillante générale, quant à elle, dépassée par les évènements, avait discrètement décroché le téléphone pour demander de l'aide. Elle n'était pas payée pour raisonner des parents désaxés, après tout ! Mais avant qu'elle ait pu joindre quiconque, deux agents de la Sécurité Magique avaient transplané dans le bureau. Hermione tremblait comme une feuille, le regard rivé sur leurs baguettes. Ils lancèrent un sort dérivé du « Stupéfix » mais qui ne pouvait affecter que les moldus présents dans la pièce. La jeune femme tenta de les tromper en cessant de bouger mais elle tremblait tellement que c'était peine perdue. Malfoy ne la lâchait pas des yeux.
« C'est vous, qui avez enfreint la Loi du Silence ? », lui demanda un des agents.
Machinalement, le sorcier hocha la tête, le regard toujours rivé sur la jeune femme.
« C'est votre première fois alors ça vous fera une amende de cinquante gallions à verser au Ministère, département Sécurité Magique, avant la fin du mois. Nous allons maintenant suivre la procédure et lancer un « Oubliette » aux deux moldues présentes. Veuillez tous suivre mon collègue à l'extérieur, je vous appellerai lorsque la procédure sera terminée. »
Draco, Hermione et Scorpius quittèrent la pièce en silence. La porte se referma derrière eux avec un claquement sonore.
« Dites… il n'y aura pas d'effet secondaire, n'est-ce-pas ? L'une des victimes est ma fille », voulut savoir Hermione. Elle avait été choquée de voir Sarah stupéfixée et se sentait extrêmement nerveuse à l'idée qu'on lui fasse en plus subir un « Oubliette ». Elle avait encore en tête l'état dans lequel avait fini le professeur Lockhart lors de sa deuxième année à Poudlard.
« Ne vous inquiétez pas, madame, nous avons l'habitude. Nous lui supprimerons de la mémoire uniquement la phrase malencontreuse de monsieur ici présent ainsi que notre intervention. Vous vous remettrez en place, nous la déstupéfixerons et vous reprendrez là où vous en étiez avant la dite phrase. »
« Très bien », répondit simplement Hermione, la gorge nouée.
« Si je puis me permettre, madame, étant donné que cette jeune personne vous est extrêmement proche, il serait plus simple que vous la déclariez au Ministère afin de pouvoir lui apprendre l'existence de notre monde. Si c'est la première fois qu'elle se retrouve dans une situation de violation de la Règle du Silence, c'est une grande chance, croyez-moi. Un seul « Oubliette » n'aura aucune conséquence néfaste sur son cerveau mais il n'est pas recommandé qu'un être humain normalement constitué en reçoive plus de deux dans toute son existence. »
« Je vais y penser. »
« Bien. Je vais maintenant devoir relever vos identités. Vous d'abord, mon garçon. »
« Scorpius Malfoy, fils de Lucius et Astoria Malfoy née Greengrass. »
L'agent de la Sécurité Magique avait fait apparaitre une plume et un parchemin, sur lequel il notait scrupuleusement ce qui disait le jeune Malfoy.
« Vous devez être son père, c'est bien cela ? », poursuivit-il en se tournant vers Draco.
« C'est exact, Draco Malfoy, fils de Lucius et Narcissa Malfoy née Black. »
« Auriez-vous vos papiers ainsi que ceux de votre fils, monsieur Malfoy ? »
« Non, ils sont chez moi. »
« Dans ce cas, vous devrez passer au Ministère dès que possible pour régulariser la situation. Vous y êtes obligé sous peine de poursuites judiciaires. Est-ce bien clair ? »
Malfoy hocha la tête. Son regard croisa celui d'Hermione, qui n'en menait vraiment pas large. Elle le soutint quelques secondes avant de baisser les yeux.
« C'est votre tour, madame. »
« Mademoiselle », corrigea-t-elle.
« Nom et prénom, s'il-vous-plaît », insista l'agent sans relever en la scrutant avec une attention particulière, comme s'il flairait quelque chose de pas net.
« C'est que… Ma situation est quelque peu compliquée… »
« Je ne veux rien entendre, nom et prénom, je vous prie ! »
Hermione toussota, gênée.
« Hermione Jean Granger, fille de Michael et Jane Granger née Samuels, moldus de leur état », souffla-t-elle.
« Granger ? », s'écria Malfoy, « mais c'est impossible ! »
« Puisque je me tiens en face de toi, Malfoy ! », répondit la concernée en poussant un soupire exaspéré. Sa couverture venait de voler en éclats. Malfoy et sa stupidité légendaire venaient de mettre un terme à sa petite vie tranquille, une vie qu'elle avait pris tant de soins à reconstruire bien loin du monde magique. C'était tellement…rageant !
« Monsieur Malfoy a raison, mademoiselle. Hermione Granger a été officiellement déclarée morte il y a tout juste un an. Elle a été portée disparue après la Bataille Finale. Qui que vous soyez, vous n'êtes pas Hermione Granger ! », intervint l'agent de la Sécurité Magique.
« QUOI ? On me croit morte ? Ecoutez, j'ai quitté le monde magique et j'ai changé de nom pour que l'on me fiche la paix mais je suis bien Hermione Granger. J'ai mes papiers sorciers pour le prouver ! », s'écria-t-elle en brandissant triomphalement un morceau de parchemin soigneusement plié.
L'agent s'en empara et l'examina avec soin durant deux bonnes minutes.
« Ces papiers me paraissent authentiques… », laissa-t-il tomber.
« Ah, vous voyez ! »
« Mais les copies circulent très facilement, de nos jours, et elles sont très convaincantes », ajouta-t-il soupçonneux, « monsieur Malfoy, connaissiez-vous Hermione Granger ? »
« Oui, nous étions ensemble à Poudlard. »
« Et vous ne l'avez pas reconnue ? »
« Pas vraiment non, mais ça faisait onze ans qu'on ne s'était pas vus… Maintenant que je sais qui elle est, je me demande comment j'ai pu ne pas faire le rapprochement ! Même taille, mêmes yeux, même manie de vouloir toujours avoir raison, je pense que c'est elle ! Ce qui m'a empêché de la reconnaître, ce sont ses cheveux : ils étaient horriblement broussailleux, à l'époque, une vraie paillasse ! Et puis elle a quand même pris quelques rides ! »
« Papa ! », s'écria Scorpius, étonné par un tel manque de respect. Son père ne semblait plus se contrôler : un Malfoy se devait de conserver une attitude froide et impassible, un Malfoy n'insultait pas les femmes.
« Ecoute ton fils, Malfoy, c'est la voix de la raison », répliqua Hermione avec un sourire en coin.
« Je t'emmerde Granger, retourne dans ta tombe ! »
L'agent du Ministère leva les yeux au ciel.
« Ça suffit ! », s'écria-t-il fermement, « cessez de vous comporter comme des enfants, nous traitons une affaire des plus sérieuses, ici. Si vous êtes bien celle que vous prétendez être, mademoiselle, vous risquez des poursuites judiciaires ! »
« Quoi, mais pourquoi ? »
« Faire croire à sa propre mort est puni par les lois sorcières », répondit Malfoy.
« Mais je n'ai pas fait croire à ma propre mort, c'est vous qui y avez tous cru, il y a une différence ! »
« Tu t'attendais à quoi, Granger, en disparaissant comme ça ? On était en pleine guerre, bien sûr qu'on allait finir par te déclarer morte ! », répliqua-t-il durement, « Tu aurais pu mourir d'un million de manières différentes. Personne ne pouvait deviner que tu avais décidé de filer en douce en abandonnant tous tes amis sans le moindre remord ! »
« De quel droit me juges-tu, Malfoy ? Si la justice sorcière était vraiment efficace, tu serais à Azkaban, à l'heure qu'il est ! »
« Ca fait des années que tu vis cloîtrée chez les moldus, Granger, tu ne sais plus rien de rien alors je ne te permets pas de faire des remarques de ce genre ! Weasley et Potter t'ont recherchée inlassablement durant toutes ces années, tu devrais avoir honte de ce que tu as fait ! »
« Tu étais mangemort et en plus tu as tenté à maintes reprises de tuer Dumbledore, qui es-tu pour me donner des leçons ? »
Les deux sorciers furent interrompus par le second agent de la Sécurité, qui venait d'ouvrir la porte du bureau pour leur faire signe d'entrer. En voyant l'ambiance tendue qui régnait dans le couloir, il lança un regard interrogateur à son collègue. « Tu vas pas en revenir », lui assura ce dernier en réponse.
« Oh, c'est bon vous, je ne suis pas une bête de foire ! », s'écria Hermione.
« Calmez-vous, mademoiselle, et veuillez entrer. Mon collègue et moi-même allons nous entretenir quelques instants dehors pour trouver une solution à votre situation disons…compliquée. »
« Ça, je vous l'avais dit ! », répliqua-t-elle.
Puis, sans plus rechigner, elle suivit Draco et Scorpius Malfoy dans le bureau. Ils patientèrent un bon quart d'heure sans échanger un seul mot avant que les deux agents ne refassent leur apparition.
« Nous avons conclu que le mieux était de commencer par régler cette affaire de violation de la Règle du Silence. Nous ne pouvons pas attendre que votre situation soit régularisée, mademoiselle Granger, cette affaire est plus urgente », affirma le premier.
« C'est pourquoi nous allons transmettre votre dossier au service concerné. Vous recevrez alors un courrier de convocation pour votre audience auprès du Magenmagot. Nous vous recommandons de profiter du lapse de temps que nous vous accordons pour contacter un avocat et pour parler sérieusement avec votre fille. En attendant votre comparution, votre identité demeurera secrète, c'est pourquoi nous avons placé un sceaux de confidentialité sur votre nom pour ce qui est de l'affaire qui nous occupe actuellement », continua le second.
« Monsieur Malfoy », reprit le premier, « nous sommes dans l'obligation de vous faire jurer par Serment Inviolable de ne pas dévoiler l'identité de mademoiselle Granger avant la date du procès. Sortez votre baguette. »
…
De retour chez elle, quelques heures plus tard, Hermione était au bord de la dépression nerveuse. Malfoy l'avait traitée d'une telle manière qu'elle se demandait comment elle allait pouvoir faire face à ses amis. Si même son pire ennemi qualifiait son acte d'impardonnable, quelle serait la réaction de Ron, Harry, Ginny et tous les autres ? Elle n'osait pas l'imaginer. L'idée de devoir les affronter un jour ou l'autre l'effrayait bien plus que sa future comparution devant le Magenmagot. Le pire, ce serait Sarah. Comment lui dire qu'elle lui avait menti depuis… depuis toujours, en fait. Oui, depuis toujours. Jamais elle ne pourrait lui pardonner, elle allait la perdre, Hermione en était intimement persuadée. A ses seize ans, elle pourrait parfaitement demander son émancipation et alors elle ne la reverrait plus. La jeune femme passa toute la nuit à pleurer.
Le lendemain matin, cependant, un peu calmée, elle prit la résolution de régler les choses progressivement, les unes après les autres, de manière méthodique. Elle alla farfouiller dans son tiroir à sous-vêtements et s'empara de la boîte en acajou qui contenait sa baguette magique. Elle l'ouvrit en tremblant et, pour la première fois depuis onze ans, elle tint la longue tige de bois clair entre ses doigts. Elle sentit une chaleur réconfortante l'envahir mais elle s'empêcha de faire le moindre mouvement. Si des étincelles s'échappaient de la baguette, sa signature magique serait immédiatement reconnue et alors le Ministère apprendrait officiellement qu'Hermione Granger était encore en vie. Pour l'instant, l'information devait circuler officieusement au sein du département de la Justice Magique mais les sorciers qui y travaillaient étaient liés par un Serment Inviolable au même titre que Malfoy. Si fuite il y avait, elle ne viendrait pas d'eux. Puisque le pot au rose allait être révélé de manière imminente, la brillante sorcière qu'était Hermione se disait qu'elle devait tout tenter pour que cela se fasse dans les meilleures conditions possibles. Si seulement Malfoy n'avait pas fait irruption dans sa petite vie bien tranquille !
(*) Une maman pas du tout moldue avec plus aucun secret (ça sonne vraiment moche, en français, hein ? ^^") En fait, le titre est un peu exagéré parce que techniquement tout le monde n'est pas au courant qu'elle est une sorcière d'un côté, qu'elle est en vie de l'autre. Mais bon, on va faire comme si!
TO BE CONTINUED . . .
