Je ne pense pas que ce chapitre ait besoin d'explications. Merci pour vos reviews. Bonne lecture.


2. You hurt me. I'm hurting you.

Le silence régna un long moment. Ils se fixèrent tous les deux, ne sachant que dire ou que faire. Hermione était en colère. En colère, de le savoir de retour, mais surtout en colère qu'il l'ait surpris dans un moment de faiblesse. Parce qu'elle n'était jamais faible, et elle ne l'avait jamais été devant lui. Et elle ne voulait surtout pas l'être devant lui. Parce qu'il lui avait fait du mal, plus que n'importe qui. Et, il était revenu, elle ignorait pourquoi. Mais, il l'avait sorti de son cauchemar comme si tout était normal, comme s'il n'était jamais parti, alors que tout ce qui lui arrivait était de sa faute. Elle ne voulait pas lui pardonner. Jamais.

Ron, quand à lui, ne savait pas quoi dire ou que faire. Il savait que si elle l'avait laissé la prendre dans ses bras, c'est parce qu'elle ne s'était pas vraiment rendu compte qu'il était là, bien réel et que ça n'était pas un rêve. Et maintenant, il continuait de la fixer, et il voyait que ses yeux lançaient des éclairs. Elle n'était pas prête de lui pardonner, et il ne savait pas quoi dire pour arranger les choses, il n'avait jamais su. Il l'a vit bouger, elle le contourna, et au bout de quelques secondes, il comprit qu'elle préparait du thé. Il avait complètement oublié qu'il était trempé. Lui tournant le dos, il ouvrit son sac et prit de quoi se changer. Quand il lui fît de nouveau face, le thé était prêt. Elle posa une tasse sur la table et son regard lui ordonnait silencieusement de s'assoir. Il obéit, la remerciant d'un mouvement de tête et s'assit.

Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Hermione d'une voix plus sèche qu'elle ne l'aurait voulu.

Je suis désolé, Hermione, murmura Ron, sachant pertinemment que ce n'était pas une excuse, surtout pour elle.

Désolé ? hurla-t-elle. Tu es désolé ? Encore heureux que tu sois désolé ! J'ai couru après toi, je t'ai supplié de revenir, supplié ! Et est-ce que tu m'as écouté ? Non. Ronald Weasley n'en a fait qu'à sa tête comme toujours.

Je sais, je t'ai entendu. Ecoute, une fois parti, j'ai voulu revenir, mais je ne savais pas où vous trouver. Je me suis retrouvé au milieu de rafleurs, et finalement à Noël, j'ai entendu ta voix dans le déluminateur. Alors je l'ai activé, et j'ai transplané. Mais à chaque fois, vous étiez déjà partis. C'est parce qu'Harry était en dehors des sors de protection que j'ai pu le trouver.

Tu ne m'as pas écouté, continua Hermione sans vraiment l'entendre. Tu m'as laissé, tu nous as laissé. Tu as agis comme si je n'existais pas. Tu n'aurais pas du revenir, reprit-elle, nous étions beaucoup mieux sans toi, poursuivit Hermione voulant lui faire autant de mal qu'il lui en avait fait.

Ron pâlit. Ses mots, les mêmes, il les avait entendu il n'y a pas si longtemps, quand l'horcruxe avait cherché à le tourmenter jusqu'à ce qu'il le détruise. Mais là, ce n'était pas l'horcruxe qui avait parlé, c'était Hermione. La seule personne sur terre qui était capable de le blesser. Et elle excellait, au centuple.

Harry et moi, on s'en sort très bien sans toi. La preuve, je suis encore en vie, et ce n'est pas à toi que je le dois. Il m'écoute, veille sur moi, me protège, et me fait même danser ! Revenir était une mauvaise idée. La pire que tu es jamais eue.

Les mots sortaient de la bouche d'Hermione tel du venin. Elle savait que c'était mal, qu'elle lui faisait du mal, elle pouvait le lire dans ses yeux, qu'il allait tirer les mauvaises conclusions et il était en parfait droit de le faire cette fois, mais rien n'y faisait, il fallait qu'elle lui fasse mal. Lorsqu'il se leva calmement, distant, froid, et pâle, elle comprit qu'elle aurait du se taire. Pour la première fois de sa vie, elle le voyait vraiment blessé, et elle n'aimait pas ce qu'elle voyait, et c'était de sa faute.

Danser, hein ? Pourquoi est-ce que j'ai cherché par tous les moyens à revenir, à m'inquiéter, à me traiter d'idiot toutes les deux secondes, alors que pendant ce temps là, vous n'en aviez rien à faire ! Ma présence ici n'est pas nécessaire à ce que je vois, je ne vais pas encore être un boulet pour vous.

Parfait ! ajouta Hermione ne sachant plus quoi dire pour revenir en arrière.

Parfait !

Hermione le vit enjamber le banc, récupérer son sac et se diriger vers la sortie de la tente. Il allait partir, encore. Et cette fois, elle était la seule à blâmer. Les larmes coulèrent sur ses joues. Et, elle ne fit rien pour l'arrêter.

Ce n'est pas parce que je t'ai sauvé de la noyade qu'il fallait me mentir Harry, murmura Ron en croisant Harry qui s'était éloigné de quelques mètres. Bonne chance.

Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Ron ne répondit pas, des tas d'horribles scénarios plein la tête en imaginant Harry et Hermione ensemble. Harry rentra dans la tente et trouva Hermione en pleurs.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Je… Je lui ai dit des choses horribles. Je lui ai... dit que nous n'avions pas besoin de lui, que nous étions beaucoup mieux sans lui. Je lui ai dit que tu m'avais fait danser aussi pour le blesser.

Hermione, il faut que tu l'empêches de partir. Tu lui as dit exactement ce que l'horcruxe lui a dit. Il va être persuadé que c'est la vérité…

Hermione n'attendit même pas qu'il finisse la fin de sa phrase qu'elle se précipitait après lui. Quand elle le vit, elle sortit sa baguette et ne réfléchit qu'une seconde.

Stupéfix !

Hermione !

Que voulais-tu que je fasse Harry ? Il fallait bien que je l'arrête.

Hermione courut jusqu'à l'endroit ou il était tombé. Elle s'agenouilla devant lui et le retourna comme il était face contre terre.

Ca va ? demande Hermione redoutant la réponse.

Ca va ? Ca va ? Mais qu'est-ce que tu as dans la tête, bordel ? Comme si ce n'était assez, tu essaies de me tuer maintenant ?

Je ne l'ai pas lancé fort. Tu ne peux pas partir.

Tu ne l'as lancé fort ? Depuis quand je mérite qu'on me lance un sort ?

Il se releva et s'éloigna d'elle. Harry se rapprocha, et ne dit rien. Ce n'était pas à lui de s'expliquer, Hermione devait le faire. Le regard de Ron allait d'Harry à Hermione. Il ne dit rien, et finalement se rendit compte que c'était le milieu de la nuit.

Aller vous coucher, je ne suis pas fatigué, je prends le tour de garde.

Son ton n'admettait pas de réplique, il retourna à la tente, balança son sac à l'intérieur, et s'assit devant celle-ci. Quand ils passèrent devant lui, il les ignora comme s'ils n'existaient pas.

Deux heures passèrent, et Ron n'avait pas quitté son poste. Il n'en revenait toujours pas, elle lui avait lancé un sort. Sur lui ! Il était peut être idiot mais il ne méritait pas ça. Il sentit sa présence bien avant qu'elle s'assoit près de lui, même si elle n'avait pas fait un bruit. Il ne dit rien, il n'avait plus rien à lui dire d'ailleurs. Il sentit qu'elle posait une partie de sa couverture sur ses épaules, et quand elle posa la tête sur son épaule, il se raidit instantanément.

Je suis désolée, murmura Hermione.

Il ne dit rien. Désolée ou pas, les faits étaient là, et il n'avait pas l'intention de les oublier. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Il avait compris depuis un bon moment déjà qu'il éprouvait beaucoup plus que de l'amitié pour elle, et c'était pour ça qu'il s'était autant détesté d'être parti, et il avait tout fait pour revenir. Pour elle. Parce qu'il avait besoin de la voir, besoin de savoir qu'elle allait bien, la voir sourire, même la voir le disputer parce qu'il n'avait pas fait telle ou telle chose. Elle lui avait manqué. Plus qu'il ne saurait le dire. Mais à quoi bon ? Elle préférait Harry, ça avait toujours été le cas.

S'il te plaît, dis quelque chose. N'importe quoi.

Sa voix le sortit de ses pensées. Il avait complètement oublié sa présence, son esprit tout du moins, car son corps était couvert de frissons, depuis qu'elle avait posé sa tête sur son épaule.

Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Hermione ?

Dis-moi que tu ne me détestes pas.

Hermione, même si je voulais te détester, je ne le pourrais pas. Et crois-moi, la tout de suite, je voudrais vraiment pouvoir en être capable.

Je t'ai menti. Ce n'était pas vrai.

De ? demanda-t-il malgré lui.

Nous n'étions pas mieux sans toi. C'était un mensonge. C'était horrible sans toi. Et, je t'ai détesté tous les jours pour m'avoir laissé alors que j'avais besoin de toi.

Elle avait dit « moi », pas nous. Ron l'avait compris, mais il ne dit rien. Il avait du mal à y croire après tout ce qu'elle lui avait dit.

Tu n'as pas besoin de moi, Hermione. Ca n'a jamais été le cas. D'aussi loin que je me souvienne.

C'est là que tu te trompes. J'ai menti et je m'en veux, je voulais que tu ais mal exactement comme j'ai eu mal pendant que tu étais parti. Je fais des cauchemars toutes les nuits depuis que tu es parti. Je n'ai pas parlé pendant des jours à Harry après que tu sois parti. Parce que crois-le ou non, tu as toujours été le pilier entre nous. Alors oui c'est vrai qu'il m'a fait danser, mais ce n'était pas comme tu peux l'imaginer. J'écoutais tous les soirs ta radio, je dormais dans ton lit, et il a bien vu que ton départ m'avait affecté beaucoup plus qu'il ne l'aurait du. Alors pour un soir, il a voulu me redonner le sourire, et ça a marché, pendant à peu près deux minutes. Car tu étais toujours parti, je ne savais pas si tu allais bien, si tu étais mort ou quoi que ce soit d'autre. Alors j'ai menti et je suis désolée.

J'ai voulu revenir tout de suite après avoir transplané, tu sais. Je suis idiot par fois, j'étais en colère, et l'horcruxe, disons qu'il m'a affecté bien plus que toi et Harry.

Je sais. Harry a dit que l'horcruxe avait parlé.

Harry parle trop, marmonna Ron.

Tu me le diras hein ?

Hermione savait qu'il ne parlerait pas tout de suite, elle l'avait senti se crisper quand elle l'avait mentionné. Mais au moins, il ne la détestait pas. Peut être même qu'il lui avait pardonné. Ce n'était pas sur, mais elle savait que le temps arrangerait les choses.

Ronald ? murmura Hermione.

Hum ?

Tu veux bien me prendre dans tes bras ? S'il te plaît.

Ron sourit malgré lui. Hermione ne disait « s'il te plaît » que quand elle n'était pas sure de la réponse. Il ne dit rien, mais la souleva et la prit dans ses bras. Elle ne dit rien d'autre et blottit son visage dans cou. La tout de suite, il se détestait. Il sentait que ses yeux étaient humides. Elle avait pleuré à cause de lui. Encore une fois. Il détestait savoir qu'il était la cause de son chagrin. S'appuyant contre le tronc d'arbre, il resserra son étreinte.


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