Merci aux trois personnes qui ont laissé des reviews, c'est très sympa de votre part.
Pour les autres qui avez mis mon histoire en Alert Story merci aussi mais je vous invite à jeter un coup d'œil sur le paragraphe en gras de mon profil. Ne le prenez pas mal, je comprends tout à fait que vous avez le droit de ne pas laisser de review. Il s'agit juste de ce que je ressens à ce sujet, j'espère que vous comprendrez. Merci tout de même de vous intéresser à cette fic.
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-Bon, finalement les choses ne vont pas si mal, pérora Tony en caleçon et Tee-shirt tout en farfouillant dans un placard. Tiens, regarde, "Cambpell's Select soup". Que demander de mieux ? Il extirpa la brique de soupe et l'examina. "Homard du Maine", il a bon gout quand même le cousin Kaspar. Remarque, c'est de famille. je lui dirais la prochaine fois qu'on se verra.
-Ben, je croyais que tu voulais le tuer puis le découper en petits morceaux? S'étonna Tim.
-Le cousin Kaspar n'a pas d'héritiers alors je vais pas me fâcher avec lui. Déjà que l'héritage de l'oncle Clive m'est passé sous le nez.
McGee haussa les épaules.
-Et tu crois que cette fois-ci...
-T'inquiète, le bleu. Dis, tu devrais enlever ton pull et ton pantalon, surtout qu'il sont trempés. Tu vas prendre mal
-Ben, le problème c'est que j'ai pas de rechange, argumenta Tim, peu disposé à se retrouver en petite tenue devant son ami. Les bagages sont restés dans la voiture, je te signale.
Tony eut un petit sourire sardonique.
-Et alors ? Tu vois comme je suis moi ? Et je ne fais pas tant d'histoire. Allez, McGee, arrête de faire ta chochotte et déshabille toi.
Tim grimaça. Tony n'avait pas tort, il crevait de froid dans ses habits trempés. Tout de même, ils avaient eu sacrement de la chance que le vieux leur soit tombé dessus dans le bois. Il se remémora le cri de frayeur qu'il avait poussé quand le chien lui avait léché le visage. Puis il avait entendu l'exclamation de surprise de Tony. Il s'était redressé avec prudence, avait aperçu dans le faisceau de la torche électrique le vieil homme qu'ils avaient rencontré précédemment, et dans le même temps il avait compris que la main glacée et humide sur son visage n'était rien d'autre que la langue du chien. L'homme les avait accompagné au chalet sous la pluie qui avait repris. Heureusement car dans l'obscurité ils n'auraient jamais trouvé leur chemin. Le vieux les avait laissé devant et était reparti en marmonnant dans sa barbe des propos où il était question de crétins et de citadins. Tony avait tout de suite pris les choses en main. Au grand étonnement de Tim il avait fait preuve d'une surprenante efficacité. Il avait commencé par rétablir l'électricité en trouvant sans peine le compteur derrière la porte, allumé le vieux poêle, ôté prestement ses vêtements qu'il avait pendu devant le chauffage et fouillé dans les placards à la recherche de nourriture.
Tim enleva à contrecœur son pull et sa chemise et fit glisser son pantalon. Il s'aperçut au dernier moment qu'il avait oublié d'enlever ses chaussures et s'emberlificota dans son jeans baissé sur ses chevilles, pour le plus grand plaisir de son ami. Résigné il se laissa tomber lourdement au sol pour se débarrasser de ses chaussures et chaussettes.
-Tu nous fais un numéro de cirque, McGuignol ? S'esclaffa Tony en brandissant une casserole.
-Très drôle, maugréa l'autre homme en tirant sur une chaussette trempée. Dis, tu te débrouille bien, Tony, pour quelqu'un qui n'a jamais été chez les scouts, ajouta t-il désireux de changer de sujet.
-Je te signale que mon père m'a coupé les vivres quand j'avais douze ans alors j'ai dû apprendre à me débrouiller seul. Tim eut à peine le temps de discerner une ombre traverser le visage de Tony que ce dernier se reprenait. Alors, soupe de homard et...il examina l'étiquette d'une boite. "Refried beans", ça te va ?
-Ce sera parfait.
Tim se débarrassa de sa deuxième chaussette et se releva. Il imita Tony et étendit ses affaires sur une chaise, mal à l'aise. Il ne se sentait pas vraiment bien dans sa peau, même s'il avait perdu pas mal de kilos. Il savait qu'il lui manquait cette aisance qu'avait Tony, par exemple. L'autre homme n'avait pas l'air gêné du tout. D'ailleurs il l'observait d'un air bizarre comme s'il devinait ses pensées. Mais il y avait autre chose qui embarrassait Tim et il savait d'avance que Tony n'allait pas rater ça. En effet, le regard de ce dernier tomba sur son boxer et il ouvrit de grands yeux ébahis. Puis il poussa une sorte d' hennissement et se mit à hurler de rire.
-Ton boxeeeeeeer, McGee! C'est quoi ces trucs dessus ? Des petites fées et des petits cœurs ?
-Non, ce sont des elfes entourés de petits cœurs, rectifia l'autre homme dans un souci d'exactitude. Je l'ai acheté en ligne sur un site spécialisé dans la Fantasy, voilà.
-Trop drôle, McGee-mauve ! Quand Abby, Ziva, Gibbs, Duck et Palmer et tous les autres vont savoir ça !
-Tu vas pas leur dire, Tony, hein ?
L'autre homme s'inspecta le bout des ongles, l'air de réfléchir.
-Donnant donnant, McGee, si tu ne dis rien au sujet de tout ça, il embrassa d'un geste l'intérieur du chalet, je saurai me taire.
-OK, Tony, pas de problème. Parole de scout.
-T'es mignon, comme ça, Tim, laissa tomber Tony négligemment.
McGee se mit à rougir furieusement, se demandant si DiNozzo plaisantait ou s'il était sérieux. Parfois il avait de la peine à faire la part des choses avec son coéquipier. Il savait que l'autre homme cachait souvent ses blessures et ses failles derrière un masque fait d'humour, de séduction et de dérision. C'était une façade. Tony n'aimait pas montrer ses sentiments.
-Euh...merci Tony, c'est...heu...gentil, bafouilla Tim en rougissant encore plus sous le regard scrutateur de l'autre homme. Tu...veux...tu as besoin d'aide?
Tony s'approcha de lui avec ce sourire carnassier que McGee connaissait bien. L'espace d'une seconde il se sentit comme un elfe sur le point de se faire dévorer par un orque. Il frissonna.
-Tu trembles, Tim ? S'enquit Tony avec sollicitude. Tu as encore froid ?
Il posa une main chaude sur l'avant bras de Tim qui sentit des frissons lui remonter tout le long de la colonne vertébrale. Tony le fixait d'un air étrange qui le troublait. Il se tenait très près de lui, vraiment très près. Tim pouvait maintenant sentir la chaleur irradier du corps de l'autre homme. Il se sentait comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, tétanisé, incapable de bouger. Son cœur battait la chamade. Plusieurs questions se bousculaient dans son cerveau. Tony avait-il des penchants gay ? Allait-il l'embrasser ? Et lui, dans ce cas là qu'allait-il faire ? Il n'avait jamais été embrassé par un homme mais il ne se cachait pas qu'il avait toujours ressenti une espèce d'attirance pour Tony. Sentiment qu'il n'avait jamais vraiment eu le courage d'analyser. Son regard se posa sur la main qui n'avait pas quitté son bras. Il nota machinalement que ses poils du poignet au coude étaient hérissés par la chair de poule. Le silence était complet et la tension à son comble. Soudain un violent coup de tonnerre éclata, faisant sursauter Tim qui poussa un grand cri.
Tony reprit aussitôt ses esprits.
-Quel sang froid, le bleu ! S'exclama t-il avec un grand sourire moqueur en retirant rapidement sa main du bras de l'autre homme. Deux fois en moins d'une heure, tu cherches à battre un record ?
Ne sachant pas s'il se sentait soulagé ou déçu, Tim se força à reprendre contenance. Il se dirigea vers le placard et dégota deux assiettes et des cuillères qu'il posa sur la table. Puis il se dirigea vers une porte qui se trouvait au fond de la pièce. Il en revint cinq minutes plus tard, l'air contrarié.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? Questionna Tony en versant la soupe dans les assiettes.
-Ben, y'a qu'un lit.
-Un grand ?
-Oui.
-Alors où est le problème ?
-Je te fais remarquer qu'on est deux, Tony.
-Je croyais que t'avais été boy scout, tu dois avoir l'habitude de dormir à plusieurs, non?
-Oui, mais là c'est pas pareil.
Tony le regarda avec un sourire amusé.
-Tu as peur de moi, Tim ?
-Pas du tout, se défendit l'autre homme, c'est juste que...bon, y'a qu'un lit et...
Tony soupira.
-Laisse la porte ouverte pour faire entrer la chaleur et viens manger.
Tony s'installa sur un banc en bois.
-Au moins il y a une salle de bain.
Les deux hommes s'assirent et commencèrent à manger en silence. Tim était affamé. Il se jeta sur son assiette qu'il termina en un clin d'œil. Puis il se servit des haricots et leur fit tout autant honneur. Il finit par lever les yeux de son plat pour regarder son compagnon et se rendit compte que celui le fixait l'air amusé.
-Euh...tu dis rien ?
-"On sait qu'on a trouvé quelqu'un de spécial quand on peut la boucler et partager un silence agréable", déclara DiNozzo à brule-pourpoint.
-Euh, merci beaucoup Tony, je suis très flatté...
-"Pulp Fiction", Quentin tarentino. Tu l'as pas vu ?
-Si, répliqua Tim mortifié, je l'ai vu, bien sûr. En tout cas c'est très bon, merci beaucoup.
-Ça vaut pas une pizza aux pepperonis mais c'est pas mal du tout, je te l'accorde.
-Je ne savais pas que tu avais des talents de cuisiniers.
-J'ai beaucoup de talents, McGee. Je peux t'en faire connaitre quelques uns si tu le veux.
-Comme par exemple ?
Tony le regarda d'un air enjôleur.
-À ton avis ?
Tim se sentait un peu perdu. Il se demanda si ce n'étaient pas de paroles à double sens. Tony le draguait-il, oui ou non ? Il se sentait assez flatté mais aussi un peu terrifié. Dans ce cas là c'était un pas dans l'inconnu. Il se tortilla mal à l'aise sur son siège.
-Cool, Tim, je ne vais pas te manger, j'ai plus faim, déclara Tony en s'étirant. On va se coucher ?
Il se dirigea vers la chambre sans attendre de réponse.
Tim resta quelques minutes assis, fixant vaguement le reste de haricots qui figeaient dans son assiette. Il réfléchit rapidement. Il était un grand garçon et avait déjà fait face à pas mal de situations plus étranges que celle-là. Le problème c'était qu'il ne pouvait jamais s'arrêter de réfléchir. Il n'aimait pas céder à son instinct. Il ne savait plus le nombre de fois où il avait eut cette conversation avec Abby. Il devait apprendre à se laisser aller. Au moins un peu, à se décoincer, céder à ses envies. Il jeta un coup d'œil à la porte ouverte et se leva. Il débarrassa les assiettes et les couverts, les déposa dans l'évier et se dirigea d'un pas mal assuré vers la chambre.
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À suivre
