HirumaXMamori chap3
Mamori s'était déjà couché, le chat au pied du lit. Elle semblait s'être endormi pourtant le petit être à côté, lui, n'y parvenait pas. Ses pensées s'entrechoquaient entre elles. Il réfléchissait au moyen qu'il utiliserait pour dire à Mamori la galère dans laquelle il s'était mise mais il ne réussissait pas à trouver la bonne manière de s'y prendre. Il avait d'une certaine façon peur de sa réaction. Et si elle ne le croyait pas? Et si elle se refusait de le croire? Et si elle le croyait mais qu'elle pensait qu'Hiruma avait fait tout ça dans le seul but d'en apprendre plus sur elle? Et si elle le croyait mais qu'elle lui faisait une crise d'hystérie pour mille autres bonnes raisons? Il redoutait ce moment d'avance, après tout, Mamori Anezaki était la seule personne qu'il n'arrivait pas totalement à comprendre. Au fil de la nuit, il finit par choisir un moyen doux pour lui annoncer son état et il décréta qu'il devait agir vite, ce qui voulait dire, pas plus tard que le lendemain.
La lycéenne était parti tôt dans la matinée à son lycée. Hiruma avait aussi disparut de la maison une dizaine de minutes plus tard, se rendant au lycée Zokugaku. Rapidement, il arriva devant la porte blindé de l'établissement, totalement tagué et usé. En trois sauts, il l'escalada, redescendit et mena son bonhomme de chemin jusqu'à la salle de leur club de football américain. Furtivement il se glissa à l'intérieur, vérifiant naturellement qu'il n'y avait personne. Ensuite, il sauta sur la table et déposa sur leurs documents une enveloppe qu'il avait eu le soin d'écrire le soir même. Il se trouvait dedans tous les entrainements spéciaux qu'Hiruma avait concocté pour ses chères joueurs, bien sûr, il terminait avec des menaces tout à fait convaincantes. Il fallait que ses coéquipiers soit près au cas où il ne pourrait pas assister au match.
De son côté, Mamori était en cours de mathématique. Elle n'écoutait même plus son professeur qui se tuait à expliqué un théorème que personne ne comprenait. Non, car la manager de l'équipe de football américain ne pensait plus qu'à une chose: Est-ce qu'elle avait pensé à nourrir le chat?
Lorsque la sonnerie du lycée Deimon sonna pour une énième fois, c'est avec plaisir que onze élèves se dirigèrent avec empressement au même endroit et Mamori en faisait parti. Bientôt, ils se trouvèrent tous au local, certain allant directement se changer, d'autre qui prenait le temps de dire bonjour. En une vingtaine de minutes, le brouhaha qui avait entouré Mamori disparut aussi vite qu'il était arrivé. Elle se mit machinalement à ranger le bazar et à passer un coup de balais quand elle se souvint: "Je n'ai pas vu Hiruma-kun aujourd'hui...". Elle se retourna vers l'endroit où s'asseyait toujours le démon pour trainer sur son ordinateur puis vers la porte, l'observant. Il n'était pas venu de la journée. Elle fut assommé par l'information. Hiruma ne pas venir à l'entrainement? C'était vraiment étrange. Cela devait être pour une raison grave car le démon ne ratait jamais les heures pendant lesquelles toute l'équipe était au complet. Elle s'inquiéta soudain quand elle pensa furtivement au fait qu'il était possible qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave. La panique la prit au dépourvu, accélérant frénétiquement ses battements de cœur et sa respiration. Elle réussit pourtant à se calmer bien vite: que pouvait-il arriver à un démon? Les heures défilèrent tandis qu'elle ne cessait de se faire du mouron pour le quater-back, après tout, son absence à cette période importante était impensable. Les joueurs ne tardèrent pas à revenir, lessivé. A peine étaient-ils rentré à l'intérieur du local qu'ils s'effondrèrent tous dans un coin. Mamori les regarda, tétanisé.
"Oh mon dieu, vous avez l'air d'être passé sous un bus! Mais que vous est-il arrivé?"
Elle s'approcha de Sena en courant puis s'agenouilla devant lui pour lui appliquer du spray sur les genoux. Les frères hein-hein furent les premier à parler malgré qu'ils soient essoufflé.
"Ce Hiruma... Il va nous tuer... commença Jumonji
-Même s'il n'est pas là... On s'est quand même donné à fond... continua Togano
-S'il avait été là... avec ses armes... je crois qu'on aurait été déjà mort... termina Kuroki"
Mamori n'en revenait pas. Il avait quand même penser à leur entrainement? Mais il n'était pas venu? C'était certain, il lui était arrivé quelque chose!
"Mais qui vous à entrainé alors?"
Puis soudain, Habashira entra en claquant violemment la porte, une massue pleines de piques posé sur son épaule:
"A demain les mioches et je vous préviens... il souriait de toutes ses dents avec un regard démoniaque. Ce sera deux fois pires qu'aujourd'hui."
Puis il rigola avant de partir. Toute l'équipe se mit à pleurer en redoutant l'entrainement du lendemain.
La manager finissait de dire au revoir et se mit à fermer le local quand Suzuna vint vers elle en roller.
"Dit, Mamo-nee, pourquoi You-nii n'était pas là aujourd'hui? demandait-elle, inquiète.
-Oh, je pense qu'il avait encore des personnes à aller menacer tu sais. elle lui souriait bien qu'au fond, elle ne croyait pas un instant à la fiabilité de ses paroles.
-Si tu le dis Mamo-nee. Bon, à demain! elle lui fit signe de la main en s'en allant.
-A demain Suzuna-chan!"
Elle soupira longuement avant de fermer sa porte à clé. Elle se dirigea directement vers la station de métro.
Au même moment, Hiruma qui avait fini toutes ses tâches de la journée se rendait chez la manager. Il marchait de toit en toit quand il s'arrêta sur l'un d'eux et observa les alentours. Le calme qui régnait dans cette ruelle réussit à l'apaiser et il soupira: "Mais quelle merde serieux! J'arrive pas à croire ce qu'il m'arrive. J'ai vraiment fini en chat...". Il remit ses mains devant lui et vit de nouveau ses coussinets roses légèrement sales. Il pesta encore. C'était le grand soir après tout. Celui où il allait avouer à la fuckin'folle des choux à la crème qu'il était le chat. Il commençait à craindre aussi le fait qu'elle aura maintenant une manière de le faire chanter vu ce qu'il s'apprêtait à lui dire. Cela le rendait fou furieux, c'était vraiment la pire chose qui pouvait lui arriver: Devoir demander de l'aide à Mamori Anezaki. C'était vraiment une chose énorme qu'il allait faire là, si ça se savait, il ne doutait pas une seconde à quel point cela affecterait sa réputation de démon. Il le craignait mais il n'avait pas d'autre choix.
Bientôt, il se remit en marche quand, à quelques rues de chez la manager, il entendit un cri strident. Son cœur rata un battement lorsqu'il crut reconnaitre la voix. Il avança plus rapidement vers la provenance du hurlement jusqu'à ce qu'il voit, du toit d'une maison, la rousse se faire agresser par un homme à capuche. Mamori essayait de se débattre en foutant plusieurs fois de suite son sac dans le visage de l'inconnu mais il revint à la charge, lui mettant une bonne droite qui rata de justesse. La peur de la jeune fille fut doublé quand elle sentit l'appel d'air qui avait frôlé sa joue, si elle l'avait reçu, elle aurait certainement voltigé. De nouveau elle hurla, tombant au sol et se protégeant de ses bras. L'homme à la capuche eut un large sourire, sortant un grand couteau de sa poche intérieur, le tournant en direction de Mamori. Elle avait les larmes aux yeux et des tremblements apparurent quand la lame toucha sa peau au niveau de son torse. Dans un geste vif, il trancha sa chemise abandonnant sa peau blanche et sa poitrine au vent vif d'un début d'automne. Hiruma assista à la scène, décontenancé. Avec son corps de chat, pouvait-il lui venir en aide? Il n'avait pas l'ombre d'une réponse et n'attendit pas d'en avoir pour faire un grand saut, atterrissant sur l'inconnu. Avec des gestes vifs et rapides, il lui griffa le visage manquant d'arracher son oreille, lui mordit la main puis finit sous une avalanche de coup, n'oubliant pas en retombant sur ses pattes de lui donner un coup de tête dans ses bijoux de famille. L'homme sans visage ne comprit pas ce qu'il lui arrivait et riposta aveuglement à coup de couteau. Il réussit tout de même à toucher l'animal à son épaule gauche, le faisant tomber au sol. La panique prit l'inconnu car il ne savait pas vraiment à qui il avait à faire. Il faisait nuit noir et les griffures qu'il avait reçu plus tôt se situaient au niveau de ses yeux et l'aveuglaient. Bientôt, on ne le voyait plus dans la ruelle.
Mamori, encore sous le choque, eut beaucoup de mal à reprendre ses esprits. Elle tenta tout d'abord de régulariser sa respiration puis de voir si elle contrôlait encore tout ses membres. Apparemment, ça allait. Quand elle se souvint d'un coup! Elle se mit sur ses pieds et se dirigeait en titubant près du corps de la pauvre bête. Elle s'accroupit auprès de lui, tenant sa tête des deux mains, et regarda immédiatement sa blessure. Le chat démon avait perdu connaissance. Vite, elle le prit dans ses bras, ramassa son sac puis courra en direction de chez elle. Heureusement, sa mère n'était pas là alors c'est aisément qu'elle balança son cartable dans le couloir, marcha rapidement vers la salle de bain et posa notre démon sur la machine à laver. Elle s'équipa par la suite de bandage, coton, alcool à quatre-vingt dix degrés, avant de se mettre à désinfecter la plaie. Certes, c'était un chat mais il ne devait pas être très différent d'un être humain non? En à peine quelques minutes, elle avait terminé de bander le corps frêle du petit animal. En le touchant ci et là, elle avait pu sentir de forts muscles cachés sous la fourrure. Cela lui rappelait une certaine personne qu'elle avait hasardeusement vu se rhabiller et elle avait été choqué de voir sa musculature furtive mais si parfaite et toutes ses balafres qui recouvrait son corps. Elle continuait de se demander comment et pourquoi elle trouvait tant de ressemblance à se chat avec un certain individu. Elle avait fini par ramener notre démon endormi sur son lit et était retourné à la salle de bain pour se changer car son haut était bon à être jeté.
Dans la chambre, Hiruma s'était réveillé par la douleur qui lui lançait à l'épaule et par une envie de boire. Comme à chaque fois, il se dirigeait vers la salle de bain pour se réhydrater avec l'eau du robinet puisque la cuisine était trop occupé par la famille Anezaki. Il remarqua son bandage à l'épaule en ouvrant la porte de la salle de bain mais ce qu'il vit en tournant sa tête vers l'avant ne fut pas sans surprise: une Mamori en sous-vêtement rose qui remettait sa robe de chambre. Il en rougit carrément. "Mais qu'est ce qu'elle va pas me faire endurer cette fuckin'manager?" pensa immédiatement notre démon qui en avait vu de toutes les couleurs par sa faute. La rousse se retourna à cause du léger courant d'air et finit rapidement de s'habiller pour prendre le chat dans ses bras.
"Tu devrais te reposer petit chat, ta blessure risque de te faire mal."
Elle le ramena sur le lit, l'installant confortablement dans un coussin, une taie d'oreiller sur son corps pour le couvrir. Elle mit son visage devant celui du démon qui ouvrit de grand yeux émeraude face au sourire angélique qu'elle arbora.
"Merci de m'avoir sauvé petit chat."
Et elle lui caressa chaleureusement le dessus de sa tête. Hiruma fut un court instant envouté par le visage de la jeune fille. Si beau, si frêle, si rayonnant. Il ne parvenait pas à croire que c'était elle qui faisait battre son cœur à une allure folle en ce moment même. Ses oreilles se replièrent malgré lui vers l'arrière le rendant infiniment plus craquant sous sa forme actuelle.
"Tu es vraiment trop adorable toi!"
Elle souriait une seconde fois avant de se lever et de se diriger au rez-de-chaussé. Hiruma, après avoir reprit ses esprits, jaugea qu'il était temps de lui avouer la vérité. Il avait assez enduré de sa fuckin'manager et il ne voulait pas que ce qu'elle venait de faire recommence. Il avait ses caresses en horreur! Ou plutôt, ce qu'il ressentait lorsqu'elle le touchait échappait à sa vision des choses et il détestait ça. De perdre le contrôle. Il se releva et alla chercher l'enveloppe qu'il avait fait la veille, en même temps que celle de Habashira, sous la table de chevet. Il la coinça dans sa gueule puis monta sur son bureau où il la déposa bien à sa vue. Il se réinstalla sur son coussin puis attendu avec patience l'arrivé de la rousse.
Après trois longues heures, quand ses parents arrivèrent, qu'ils mangèrent et qu'ils firent tout ce que une famille banale faisait chaque soir, elle remonta à l'étage se brosser les dents. Hiruma avait à plusieurs reprise envie de récupérer la lettre pour enfin de compte changer de plan et lui annoncer de manière différente. Avant qu'il ne réagisse, Mamori fit son entrée dans la chambre pour déposer son portable sur sa table de chevet et enfin, elle s'assit à son bureau. La couleur rouge et noir de l'enveloppe fidèle aux couleurs des Devil Bats en disait long sur la provenance de la lettre et était remarquable. Sans tarder, elle déchira un des côtés de papier et s'empara de la feuille plié en deux sous les yeux soucieux du démon. Puis, elle débuta sa lecture.
Des minutes sans fin semblaient s'écouler rendant le chat démon impatient. Il connaissait la vitesse de lecture de la jeune fille alors il se remémorait son texte, mot par mot, suivant à la trace ce qu'elle lisait intérieurement. Alors qu'elle finissait la lettre, son regard fut comme voilé de stupéfaction pendant un long moment. Elle n'en revenait pas, pire, elle refusait d'accepter ce qu'elle venait d'apprendre. C'était absurde, gênant, embarrassant, incompréhensible, incroyable, impossible et autres. Puis, à la fin de son instant de folie, elle braqua ses yeux sur le chat à la fourrure blanche et aux yeux émeraudes.
"Hiruma...kun?"
Fin
