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McGee traversa la chambre pour se rendre à la salle de bain qui jouxtait cette dernière. Au passage il jeta un petit regard du coin de l'œil en direction du lit. Tony occupait le coté gauche. Il était allongé sous les couvertures, les bras sous la tête et Tim remarqua, confus, qu'il avait ôté son tee-shirt. L'autre homme était-il nu sous les draps ? Tim rougit furieusement à cette idée. Tony le regardait traverser la pièce avec un petit sourire au coin des lèvres. Tim se demanda ce qu'il avait en tête. Il ouvrit la porte de la petite pièce, les joues en feu, sentant le regard fixe de Tony dans son dos.

Il s'aspergea la figure d'eau froide, ce qui lui fit le plus grand bien et soulagea sa vessie. Il fit une toilette rapide en grimaçant. Evidemment, l'eau n'avait pas encore eu le temps de chauffer. Il inspecta la petite pièce. Merde ! Il ne supportait pas de se coucher sans se laver les dents. Chacun ses petites manies. Il avisa une petite pharmacie fixée au mur. Il ouvrit la porte qui grinça. Pas de dentifrice ! Il se lava soigneusement les mains et se frotta les dents et les gencives avec son index, puis il rinça. Il se lava de nouveau les mains, jeta un coup d'œil au miroir et s'arrangea machinalement les cheveux. Il finit par se rendre compte qu'il essayait de gagner du temps. La vérité c'était qu'il était mort de trac. Est-ce qu'il se faisait des idées oui ou non? Avec Tony on ne savait jamais. Le comportement de l'autre homme, les signaux qu'ils lui avait envoyé depuis le début de la soirée lui indiquaient que ce dernier le...voulait. Où tout au moins flirtait avec lui. À moins que lui, Tim, ait tout imaginé. Dans ce dernier cas, se sentait-il déçu ou soulagé ?

Tim soupira avec exaspération et envoya à son double dans le miroir un regard irrité. Mon vieux, tu ne sais jamais ce que tu veux ! Vas-y, tu verras bien! Il ne va pas te violer. Si tu ne veux pas tu n'auras qu'à dire non, crétin ! De toute façon tu te fais surement des idées. De ce que tu en sais Tony est hétéro, tu l'as assez souvent vu en action avec les femmes.

Cette dernière pensée le rasséréna tout en lui donnant déjà un petit gout de regret. C'était vrai, Tony était un homme à femmes. Il tira la langue à son double qui lui rétorqua aussitôt : Et s'il était bi, hein? Tu y a pensé?

C'était plausible. Tim fronça les sourcils. Et si...

-Hé, McGee, tu vas coucher à la salle de bain ?

Tim sursauta.

-J'arrive, Tony ! Cria t-il en tentant de calmer les battements de son cœur. Il s'aperçut que ses mains tremblaient. Merde! Il fallait qu'il se reprenne. Il se força à respirer lentement. Une fois, deux fois, trois fois... À la dixième il commença à se sentir mieux. Allez, Tim, vas-y. Il regarda la porte close, respira un grand coup et l'ouvrit. Tony le regardait l'air intrigué.

-Mais tu faisais quoi là dedans McGee ?

-Euh, rien.

Tim éteignit la lumière, s'approcha de son coté du lit et se glissa sous les couvertures. Il s'allongea sur le dos et frissonna. Le lit était glacé et il crevait de froid.

-T'as froid, McGee ? S'enquit Tony plein de sollicitude en se rapprochant un peu.

-Non, ça va, j'ai chaud, répondit Tim en tremblant.

-Menteur.

Tony se rapprocha plus près et Tim pouvait maintenant sentir la chaleur de l'autre homme irradier comme tout à l'heure quand il s'était tenu tout près de lui et avait posé sa main sur son bras. C'était bon. Petit à petit la chaleur se diffusait lentement dans la pièce et sous les draps. Il commença à se détendre.

-Alors, Tim, t'en dis quoi ? Demanda Tony en se tournant vers lui, la tête appuyée sur son coude.

-De quoi ?

-Tout ça. Tu ne regrettes pas la plage et le reste ?

La réponse fusa, nette. Cette fois-ci Tim ne prit même pas le temps de réfléchir.

-Non.

-Et bien, ça c'est une réponse !

Tim fixa le plafond sans rien rire. La seule lumière provenait de la lueur du poêle, dans la pièce d'à coté qui faisait danser des reflets jaunes et orangés sur le mur de droite et le plafond. Il sentit une boule au creux de l'estomac et son cœur se remit à rebattre à cent à l'heure. Est-ce que Tony va entreprendre quelque chose oui ou non? Il se sentait tellement tendu qu'il se dit qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il bondisse comme un ressort. Nom de dieu! Et si Tony faisait justement quelque chose ? Comment réagirait-il ? McGee, mon vieux, t'as déjà eu cette conversation avec ton miroir tout à l'heure alors la ferme ! Lui répliqua sa petite voix intérieure. Il tenta de se détendre et calmer les battements de son cœur. Une minute passa, puis deux. Un oiseau hulula tout près. En bon ex-scout il reconnut le cri bruyant de la chouette rayée. Environ huit hululements qui déclinent vers la fin. Un autre oiseau lui répondit. Tim ferma les yeux. Il avait tout imaginé. Il s'était simplement fait un film. Question cinéma il était finalement plus fort que Tony.

Il allait se retourner quand il perçut un petit bruissement sous les draps et une main chaude vint se poser sur sa poitrine. Son cœur fit une embardée.

-Et, Tim, ça va ? Demanda Tony en se penchant sur lui.

Tim pouvait voir les yeux de l'autre homme briller dans la quasi pénombre.

-Oui, ça va, c'est juste que...

Il fit un signe de tête en direction de la main et sentit Tony sourire dans l'obscurité.

-Ton cœur bat fort, le bleu.

-M'appelle pas le bleu, surtout en ce moment, Tony.

-T'as raison.

Tim allait répliquer quand deux lèvres chaudes se posèrent sur les siennes.

-To..Tony...balbutia t-il.

Son compagnon ne répondit pas mais profita de la bouche ouverte pour se frayer un passage avec sa langue. Tout d'abord passif, Tim sentit tout son corps réagit au baiser qu'il finit par rendre avec enthousiasme. Il y en eut un second, puis un troisième. Il passa un bras autour du cou de l'autre homme qui en profita pour se coucher à demi sur lui. Le cerveau de Tim fit un arrêt complet quand il se rendit compte de deux choses : La première qu'il y avait un sexe d'homme en pleine érection qui creusait dans sa hanche et la seconde que lui bandait aussi.

-Tony ? Interpella t-il en cassant le baiser.

-Oui Tim, répondit l'autre homme d'un ton rauque.

Le désir qui perçait dans la voix fit frémir Tim.

-Tu...je...enfin, on...

-Tim, tu vas nous énumérer tous les pronoms personnels ? S'enquit Tony amusé, parce que nous avons mieux à faire, je t'assure.

Il allait se pencher pour un autre baiser quand Tim posa de nouveau une main sur sa poitrine.

-Tony, il faut que je te dise quelque chose, j'ai pas l'habitude de...enfin, je veux dire que j'ai jamais...tu sais...

-Avec un homme ?

-Oui, laissa tomber Tim soulagé.

-Je m'en doutais. Moi si alors ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais. Tout ce que je te demande c'est de te détendre et de te laisser aller. Tu verras comme ce sera bon. Tu me fais confiance ?

Tim réfléchit quelques secondes. Oui, il faisait confiance à Tony. Comme coéquipier, c'était certain. Il pouvait sans crainte mettre sa vie entre les mains de l'autre homme. Il savait que ce dernier ne laisserait jamais tomber un collègue et certainement pas un ami. Mais comme amant ? Il savait à quel point Tony était volage. Et lui, que représentait-il pour l'autre homme? Etait-il amoureux de lui, Tim ? Et lui-même, quels étaient ses sentiments pour Tony? Que se passerait-il après ?

-Détends-toi, lui souffla Tony à l'oreille, tu penses trop.

Comme pour appuyer sa déclaration il couvrit son visage de légers baisers et descendit vers le cou.

-Mais...après ? Gémit Tim.

-Chut ! Demain est un autre jour !

-Scarlett O'Hara, Autant en emporte le vent ? Haleta Tim entre deux baisers dans les plis de son cou.

Pour le coup Tony en oublia ses baisers et se redressa pour le contempler les yeux ronds.

-Tim, tu crois que c'est le moment de parler ciné ?

-Mais, euh...j'ai cru que tu faisais une de tes allusions à...

Tony soupira.

-Ce que je voulais dire c'est que nous profitions de l'instant présent. Tim ouvrit la bouche pour répliquer. Non, je sais à quoi tu penses alors ne le dis même pas.

-Comment tu peux savoir à quoi je penses ?

-Tu crois qu'avec " l'instant présent" j'ai fait une référence au Cercle des Poètes...

À sa grande surprise il fut interrompu par Tim qui l'attira à lui. Le baiser fut à la fois tendre et passionné. Quand ils se retirèrent, Tony réitéra sa question.

-Alors, tu me fais confiance ?

-Oui, souffla Tim tous ses doutes envolés. Pourquoi pas ? Après tout, que risquait-il ? Tony avait raison, il fallait profiter des bons moments. Ils n'étaient pas si nombreux avec la vie qu'ils menaient.

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À suivre