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Tim se sentit emporté dans un tourbillon de sensations pour la plupart nouvelles. Les mains et les lèvres brulantes de Tony furent partout sur son corps. Il avait l'impression d'être dévoré par l'autre homme. Les mains expertes de Tony le débarassèrent de son boxer et de son tee-shirt en un clin d'oeil. La première fois qu'il sentit la paume de Tony sur son pénis il sursauta mais la caresse fut à la fois si douce et si intense qu'il finit par s'abandonner. Puis ses mains s'activèrent à leur tour pour explorer des territoires inconnus. Il découvrit avec étonnement les sensations étranges procurées par le fait de caresser un corps d'homme à la fois si différent et si semblable au sien. Ses caresses étaient un peu timides, en tout cas loin d'être aussi assurées que celle de son ami mais ce dernier ne semblait pas s'en plaindre. Au contraire il l'encourageait par de petits cris et des gémissements de plaisir. Il se sentait perdu dans une brume de sensations et de plaisirs aussi ressentit-il comme un vide quand Tony s'écarta de lui. Le corps chaud fut brusquement remplacé par un vide froid. Il frissonna.
-Que se passe t-il ? Questionna t-il d'une voix tremblante. Mince, est-ce qu'il avait fait quelque chose de mal ? L'inquiétude le saisit.
-Attends.
Il entendit Tony tâtonner du coté de sa table de nuit et une lumière tamisée éclaira la pièce.
Tony se retourna vers lui en souriant et s'installa à califourchon sur ses cuisses.
-Tu ne peux pas éteindre ? Demanda Tim soudainement embarrassé.
-Pas question, je veux te voir, déclara Tony arborant son sourire carnassier.
Tim se sentit soudain comme un lapin entre les pattes d'un loup. Il frémit.
-Tony !
-Humm?
-Je me sentirais mieux si tu éteignais.
-Chut, répliqua l'autre homme en se penchant pour déposer un baiser sur ses lèvres. Tu es beau, Tim.
-Je ne suis pas beau, répliqua l'autre homme en rougissant.
-Si je dis que tu es beau, c'est que tu l'es, rétorqua Tony d'un ton ferme. Ses mains se posèrent sur la poitrine de Tim et la caressèrent doucement, glissant dans le duvet fin et clair. Elles s'arrêtèrent sur les mamelons dressés. Il les prit délicatement entre ses doigts et en caressa l'extrémité avec le pouce. Tim poussa un petit cri et s'arqua sous la caresse.
-Tonyyyyyyyyy!
-Oui, Tim, c'est bon hein ?
Il resta un long moment à caresser les mamelons puis les serra un peu. Tim sursauta mais ne l'en empêcha pas et se tortilla sur le matelas. Tony serra un petit peu plus et les tordit doucement. Tim pinça les lèvres et cria. La dualité entre le plaisir et la légère douleur était...extraordinaire. Il ne savait plus s'il voulait que cela continue ou s'arrête. Puis d'un coup cela cessa et son mamelon droit fut englouti par une bouche chaude et humide. Tim se demanda si cela n'allait pas court-circuiter son cerveau. Toute gêne et toute pudeur avaient disparu. Il était avide de sensations et s'offrait maintenant sans aucune réticence à son amant. Il gémissait et criait de plaisir. Tony abandonna son sein droit pour attaquer le gauche tout en continuant à stimuler son jumeau. Il le léchait, le suçait, le dévorait. Tim n'aurait jamais cru que les mamelons d'un homme puissent être aussi érogènes. Ses mains allaient alternativement des épaules de l'autre homme aux draps qu'il serrait convulsivement. Il sentait l'érection de Tony appuyer contre la sienne ce qui ne faisait qu'intensifier son plaisir. Il commença à se frotter contre l'autre homme, sentant le plaisir monter en lui. Il allait jouir ainsi, rien que du frottement de leurs deux sexes et de la caresse buccale qui lui était infligée. Il le sentait.
Mais Tony s'écarta de nouveau et se redressa. Il avait les yeux brulants et les lèvres gonflées. Son sexe dressé était érigé fièrement contre son ventre et un petit filet de liquide pré-éjaculatoire commençait à s'en échapper. Tim préféra ne pas penser à quoi il ressemblait, lui. Tony avait l'air...magnifique.
-Attends, Tim, retiens-toi, lui intima t-il en déposant un léger baiser sur ses lèvres. Je veux faire durer le plaisir.
-J'en peux plus, avoua l'autre homme dans un souffle, j'ai envie...
-Je sais, répliqua Tony tendrement. Il se coucha sur lui et l'embrassa profondément. Tim l'entoura de ses bras et répondit avec fièvre au baiser. Quand Tony se détacha il tenta de se contrôler. C'était difficile mais il pouvait y arriver. Il n'avait qu'une envie, c'était de jouir. Tout de suite. Il se força à respirer et à se concentrer sur les solives du plafond. Au-dessus de lui, Tony attendait patiemment. Finalement Tim sentit qu'il pouvait y parvenir. Il huma l'odeur de transpiration musquée de l'autre homme. C'était...absolument délicieux et excitant. Il enfouit le nez dans la chevelure de Tony qui couvrit sa joue de petit baisers.
-Que veux-tu faire, Tim ?
La question ne prit pas Tim par surprise. Depuis quelques secondes il avait compris qu'ils en étaient arrivés à une sorte de "moment de vérité". Plus précisément la question que venait de poser Tony signifiait"jusqu'où veux-tu aller ?" Il fut reconnaissant à Tony de ne pas l'avoir brusqué. Jusqu'où voulait-il aller ? Il avait une peur panique de ce qui pouvait ou allait arriver mais en même temps tout son être lui criait de se laisser aller, de s'abandonner complètement. Il était en feu et avait l'impression qu'il n'en aurait jamais assez. Il ne voulait pas manquer quelque chose et se sentait disposé à prendre tout ce que Tony pouvait lui donner.
-Je veux...il rougit et sentit sa gorge se serrer. Je veux...tout.
Le sourire radieux qui illumina le visage de Tony chassa ses derniers doutes.
-Tu te sens prêt ? C'est sûr ?
-Je crois, Tony.
-N'aie pas peur, je serais doux.
-Je sais, Tony, répondit Tim avec confiance.
Il sentit Tony glisser hors du lit et le vit se diriger vers l'autre pièce. Il l'entendit farfouiller dans la poche de son ciré. Puis Tony revint à la chambre et se dirigea vers la salle de bain. Tim tendit l'oreille, le cœur battant d'appréhension. Il entendit un grincement et sut que Tony venait d'ouvrir la petite pharmacie au mur puis l'autre homme revint et déposa ses items sur la table de nuit.
-Je suis allé chercher ce dont nous avons besoin, déclara t-il en s'asseyant au bord du lit. Il observa le visage un peu anxieux de son compagnon. Nous pouvons arrêter là, si tu veux, il y a d'autres façons de se donner du plaisir entre hommes. Je ne veux pas te brusquer.
-Je t'ai dit que je le voulais, répliqua Tim avec une pointe d'impatience dans la voix qui fit sourire Tony. Il leva le menton avec un petit air de bravade. Je suis prêt.
-Je t'adore, répliquant Tony en riant et en s'allongeant contre lui.
Tim sentit son cœur faire une nouvelle embardée. Je t'adore...ce n'était pas rien. Il attira Tony pour un nouveau baiser que ce dernier ne se fit pas prier pour lui accorder.
Tony finit par se redresser. Sans quitter Tim des yeux il lui écarta les cuisses avec un genou pour s'installer entre elles. Puis ses mains reprirent leur activité mais beaucoup plus bas cette fois-ci. Il se saisit du sexe de son ami et lui imprima un lent va et vient puis il se pencha et le prit dans sa bouche. Tim hoqueta de surprise.
-To...Tony..
Tony ne répondit pas mais plaça une main sur sa poitrine pour l'apaiser. Tim respirait de plus en plus fort et se tordait de plaisir. Puis la main droite se glissa doucement entre ses cuisses et un doigt vint appuyer légèrement sur son anus. Tim se cambra. La sensation était...grisante. Puis le doigt s'enfonça doucement mais pas complètement. Tim retint sa respiration. Tony abandonna son sexe pour le regarder.
-Ça va, Tim ?
-Ou...oui...enfin, je crois.
Tony sourit et se redressa.
-Je sais que tu appréhendes mais détends toi. Ça va aller, dit-il en l'embrassant.
Le baiser réconforta Tim. Il se força à se détendre, trop conscient du doigt immobile en lui. Tony s'était agenouillé entre ses jambes et ne le quittait pas des yeux. Puis il bougea doucement le doigt, si lentement au début que Tim n'en fut même pas sûr. Puis doucement, petit à petit le doigt s'enfonça plus loin. Tim se contracta. Des sensations étranges mais plaisantes l'accablaient. Il sentit le doigt de Tony bouger en lui et s'enfoncer plus encore. C'était...absolument excitant. Puis le doigt atteignit un endroit à l'intérieur de son corps et il poussa un cri de plaisir.
-C'est ça, j'y suis, murmura Tony au-dessus de lui, c'est bon, hein ?
Incapable de parler Tim acquiesça d'un signe de tête. Le plaisir l'envahissait. Il ferma les yeux et sentit un deuxième doigt s'insérer en lui. Celui lui fit un peu mal mais pas assez pour prier l'autre homme d'arrêter. Qu'était un peu de douleur si cela signifiait une jouissance pareille ? Les phalanges en lui se tordaient, variaient l'angle de pénétration, se retiraient et rentraient de nouveau, ne lui laissant aucun répit. Puis il y eut un troisième doigt mais Tim avait passé le stade où il pouvait s'en inquiéter. Il gémissait, haletait et poussait des cris de plaisir.
Puis les doigts se retirèrent lentement. il ouvrit les yeux sur l'autre homme qui le fixait, l'air sauvage. Tony l'embrassa de nouveau et il sentit des mains insistantes au niveau de ses hanches. Il comprit. Après un dernier regard à son amant il s'installa sur le ventre. La bouche de Tony se posa sur sa nuque, le faisant frémir et descendit le long de sa colonne vertébrale. puis il sentit deux mains écarter ses fesses et il se contracta de nouveau.
-Shhht ! Détends-toi, lui murmura une voix rauque.
Ce qu'il s'efforça de faire jusqu'à ce qu'il sente quelque chose de mouillé balayer son anus. Il se cambra et poussa un cri de pur plaisir.
-Aaaaaaaaaaah !
La langue de Tony revint à la charge, le léchant, le caressant et s'enfouissant en lui. La tête dans l'oreiller Tim ne pouvait que crier son plaisir en étreignant les couvertures. C'était intense. Chaud, brulant, excitant au possible. Puis la langue disparut comme les doigts l'avaient fait précédemment lui laissant la même sensation de vide. Il entendit Tony saisir quelque chose sur la table de nuit. Bientôt les doigt revinrent, couverts de ce qui devait être du gel et s'enfoncèrent de nouveau en lui, le préparant sans précipitation. Puis le bruit d'un emballage qu'on déchire. Enfin Tony glissa un oreiller sous son bassin et s'allongea sur lui en prenant ses mains dans les siennes. Il songea qu'il n'avait jamais rien connu de plus érotique que la sensation de ce corps en sueur se posant sur le sien. Il sentit un souffle brulant contre sa nuque et une pression douce mais ferme sur son anus. Il frissonna à la fois d'appréhension et de plaisir. Enfin doucement, régulièrement, sans se presser Tony le pénétra et resta un instant sans bouger, le laissant s'accoutumer à l'intrusion. Puis il débuta de légers va et vient. Tim ne pouvait pas dire que cela ne faisait pas mal mais c'était aussi...bon. Tony s'enfonça plus loin. Tim sentait l'excitation de son partenaire ce qui l'excita encore plus. Tony haletait et gémissait dans son cou en murmurant son nom. Puis il heurta de nouveau le point sensible et Tim oublia tout malaise. Il cria en soulevant les hanches à la rencontre de l'autre homme. Les mouvements de Tony s'accélèrent et devinrent frénétiques. Il glissa une main sous le bassin de son amant et encercla le sexe palpitant de Tim dans sa paume, essayant tant bien que mal de lui imprimer des va et vient au rythme de ses coups de reins. Il entendit Tim jouir et atteindre le point culminant en poussant des râles de plaisir. Son sperme inonda sa main. Il cessa de se contrôler et se laissa emporter à son tour par les vagues de plaisir qui le submergeaient. Dressé sur ses bras tendus il atteignit l'orgasme en poussant des cris rauques et des grognements sonores. Enfin, exténué, il finit par se laisser retomber sur le corps de son amant..
Pendant un long moment le silence de la pièce ne fut troublé que par les halètements des deux hommes qui tentaient de reprendre leur souffle. Puis les respirations se calmèrent et Tony se retira doucement. Il ôta le préservatif et s'installa à coté de son amant. Il lui caressa doucement le dos. Tim, le visage toujours enfoui dans l'oreiller était perdu dans sa brume post orgasmique. Il savourait la main de l'autre homme sur sa peau. Les minutes passèrent, la sueur refroidit sur leurs corps et Tim frissonna.
-Ça va, Tim ? Demanda Tony en remontant les couvertures sur eux.
Tim hocha la tête. Il se sentait épuisé. Apaisé mais aussi...un peu triste. Toute la tension sexuelle intense des derniers moments était tombée, le laissant vidé.
-Oui, ça va, répondit-il d'une voix enrouée. Et toi ?
-Je me sens bien. Je plane un peu, même. Et j'ai sommeil, pas toi ?
-Non.
-Dis-moi comment tu te sens, Tim, questionna Tony en déposant un baiser dans ses cheveux...
-Ça va, répondit l'autre homme.
-Menteur.
-Laisse tomber, Tony, j'ai pas envie d'en parler pour l'instant.
-T'as un peu de vague à l'âme mais c'est normal, ça arrive parfois. Tu...tu as mal ?
-Non, ça va Tony, répéta Tim un peu gêné.
Tony lui caressa doucement les épaules, l'incitant à se retourner. Petit à petit Tim se laissa faire. Il se demanda si Tony voulait remettre ça ce soir. Même s'il avait beaucoup aimé il ne se sentait pas vraiment de recommencer maintenant. Il était trop épuisé et avait tout de même un peu mal. Mais il se rendit compte que ce n'était pas ce que l'autre homme avait à l'esprit. Tony l'attira contre lui et passa un bras autour de sa taille.
-Dors bien, Tim.
-Dors bien, Tony, répondit Tim en fermant les yeux. Il huma à plein nez l'odeur de Tony. Sueur, after shave, musc, chaleur...Bientôt de légers ronflements se firent entendre. Tony dormait. La chouette rayée hulula de nouveau. Une autre lui répondit. Tim se dit que jamais il n'arriverait à s'endormir. Il avait trop d'émotions qui foisonnaient dans sa tête. Il allait passer et repasser le film de la journée et de la soirée sans arrêt pendant des heures. Il se connaissait. Il fallait qu'il cogite, analyse, rationalise.
Deux minutes plus tard il sombrait à son tour dans le sommeil.
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À suivre
