Le majordome faisait glisser ses longs doigts dans le rectum de son maître, celui ci haletait bruyamment. Un grand frisson commençait à se répandre dans l'intégralité de ses membres et de bonheur, sa tête se penchait vivement en arrière.
Sebastian, non content de cette vision, accélérait la cadence. Il se délectait du pouvoir qu'il exerçait sur le garçon, enfin il lui appartenait pleinement. Quel joie de contrôler le plaisir du jeune maître... De le voir se tortiller si ardemment dans la baignoire.
L'homme, le regard fixe et son perpétuel sourire en coin aux lèvres enfonçait encore plus profond ses doigts, ce qui fit grimacer Ciel.
-Ainsi ancrés, je crois que vous les apprécierez davantage.
Et comme pour souligner ses dires, il alla encore plus vite. Il se frayait un passage dans l'intimité de son prince et appréciait chaque passage bref en lui. Tout était si doux... Un intérieur de velours. Sebastian, bien qu'atrocement excité ne voulait pas prendre Ciel, du moins pas dans l'immédiat. De toute manière, il fallait d'abord modeler son rectum afin de ne pas trop le faire souffrir lorsque il irait plus loin et se contenterait. Tout en pensant, il poursuivait son délicieux travail. Ciel, ayant échappé quelques instants à la vigilance de son majordome avait clos ses yeux. Cela ne plaisait pas à l'adulte, qui lui, voulait saisir l'instant précis où son maître se laisserait absorber par un violent orgasme.
-Monsieur... Je vous ai déjà dis de ne pas fermer les yeux.
D'un geste vif, il se saisit à nouveau du menton parfaitement dessiné du garçon et le tint fermement. Le jeune homme, désirant par dessus tout les caresses de son majordome ne se fit pas prier, de peur de les voir cesser. Le maître et son employé dévoué se fixaient, conscients de partager un moment intense et attendu depuis bien trop longtemps. Le temps se figea, la chaleur les pénétra de plus belle, la buée vint se fixer au miroir. Les gémissements exténués de Ciel redoublaient et Sebastian ne vivait plus que pour le contenter. Puis, lentement, tout reprit un cours normal. Le majordome ralentit ses va-et-viens, écarta doucement les cheveux du maître, entrouvrit la bouche, et prit rapidement le pénis en lui. À peine eût-il le temps de le prendre, que Ciel eut une sublime éjaculation. Le liquide blanchâtre emplit la bouche du domestique, qui, ravit, en avala une grande partie. L'enfant hurla de plaisir, serrant les cuisses dans un ultime réflexe.
-Sebastiaaaaaaan ! Je n'en peux plus ! Ta langue ! Offre moi ta langue !
Le majordome, ayant encore une partie de la semence amer de son maître en bouche sourit de façon crocodilienne. Ainsi, il ne serait pas le seul à goûter l'hypothétique descendance du comte...
Ruisselant, Ciel attendait tout en frémissant. Il en voulait plus, tellement plus ! C'est alors qu'il vint se coller contre son doux bourreau, avide de plaisir.
N'attendant que cela, Sebastian se lécha les lèvres en quête de sperme, se saisit de la tête du garçon et l'embrassa fougueusement. Il se jouait de la petite langue, la faisait doucement tourner, tout en prenant bien soin de lui faire goûter son foutre. La matière visqueuse rendait leur baiser encore plus excitant... Leur bouche faisaient un bruit de succion et semblaient se dévorer l'une et l'autre. Doucement, l'adulte repoussa un peu l'enfant et lui tint ses paroles :
-Monsieur, retournez vous. Je vais vous laver à présent.
Ciel, quémandeur, s'agrippa à Sebastian et lui jeta un regard des plus farouche.
-Allons Monsieur...
Légèrement déçu, Ciel se retourna. Il faisait clapoter l'eau devant lui. Le démon se saisit d'un gant de toilette et se colla contre son maître. Il l'humidifia et y mit un peu de savon à la lavande. Il frottait doucement le dos du jeune garçon tout en prenant bien soin d'en nettoyer chaque parcelle. Le parfum du savon haut gamme emplissait la pièce, à la grande satisfaction de Sebastian. Cette odeur de lavande était si... Piquante. Une fois le dos de son maître lavé, il passe tout doucement le gant sur son buste, sur son ventre. Le tout moussait allègrement et rendait la peau de Ciel encore plus douce et tendre. Il se mit à rincer le corps du jeune homme, et s'apprêtait à sortir lorsque Ciel le retint par le bras :
-Tu ne t'es pas lavé toi.
-C'est à dire que je pensais le faire dans ma propre baignoire...
-Reste avec moi. Je vais te laver.
-Bien Monsieur.
Sebastian se plaça donc de nouveau face au garçon et lui donna le gant humide. Ciel se rapprocha de lui, de sorte que leurs visages ne soient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, il remit un peu de savon et commença à s'affairer. Il passait le gant dans le cou musclé de son majordome en prenant tout son temps. Il souriait, et semblait très content de pouvoir ainsi toucher le très beau corps de l'homme. Il commença à descendre vers son torse, toujours avec beaucoup de lenteur et se mit à frotter. À travers le gant, il sentait toute sa musculature et le mouvement imperturbable de sa respiration. L'odeur l'enivrait et il ne cessait de fixer Sebastian avec un regard intense. Ses gestes empreints de langueur plaisaient au domestique qui affichait son fidèle sourire narquois tout en appréciant le moindre battements de cils du garçon. Ciel se colla tout contre le torse luisant de l'homme et lui glissa dans l'oreille :
-Je suis l'adulte cette fois-ci. C'est moi qui prends soin de ta belle enveloppe...
Il se laissa tomber en arrière en gloussant.
-Inversement des rôles ! Approche-donc que je te rince.
Sebastian obéit et se rapprocha. L'adolescent prit un peu d'eau dans ses mains et en aspergea la peau de l'adulte. Le liquide coulait, traçant de minuscules chemins dans la mousse blanche. Ciel passait sa main afin de faciliter l'écoulement. Il caressait tendrement la peau de l'homme et puis y déposa un baiser. Une fois lavé, Sebastian se leva et alla chercher le peignoir du jeune homme qui sorti à son tour. Le voir ainsi ruisselant, il fut subjugué. Tout chez son jeune maître était parfait et donnait terriblement envie, tout comme un bon fruit juteux doré au soleil... Revenant à la réalité, Sebastian se pressa vers Ciel afin de lui faire enfiler le peignoir et de le sécher. Il se saisit d'une serviette et enveloppa les cheveux de son employeur. Ciel se laissait faire, ravi de tout ce qu'il venait de subir.
L'employé se saisit du garçon et le porta jusqu'à la chambre. Il le posa sur le rebord du lit, lui retira son peignoir et commença à le vêtir d'une façon très lente, soutenue. Il débuta par ses bas en soie blanche, qu'il fit doucement glisser le long des jambes de son maître, poursuivit par ses dessous et sa culotte, pour finir avec une chemise violette foncée surmontée d'un nœud papillon noir.
-Vous êtes semblable à un roi.
Ciel, enorgueillit, releva fièrement la tête, un rictus hautain au coin des lèvres.
-Je n'y suis pas semblable. Je suis ton roi.
-Yes my Lord. Mon seul et unique.
-Je ne veux que toi Sebastian. Tu entends ? Que toi. Et ce jusqu'à la fin.
-Je l'entends. Et le veux. Mon corps est vôtre comme vôtre âme est mienne...
-Serre moi contre toi.
Et l'homme s'exécuta, empoignant l'enfant de plus belle. Il le tenait fermement entre ses bras fins et musclés, il faisait de son mieux pour offrir une enveloppe protectrice à l'enfant. Il sentait le souffle chaud de Ciel contre sa poitrine, il sentait la vie le transpercer. Avec une infinie douceur il caressait les cheveux de l'enfant, souhaitant plus que tout apaiser sa douleur et ses inquiétudes. Au plus profond de lui même, il se jura d'adoucir du mieux qu'il pourrait les turpitudes de son roi. Jamais plus personne ne lui ferait de mal. Jamais plus. Il y veillerait personnellement.
Sebastian reposa l'enfant par terre. Ciel le fixait, l'air songeur. Dans ce regard profond, il pouvait y déceler un soupçon de mélancolie, voir de tristesse... Il semblait démesurément fragile, comme une fine brindille prête à céder sous le moindre poids. Ce faciès empreint de nostalgie touchait Sebastian. Mais il ne laissait rien transparaître, sûrement plus par incapacité que par volonté. Il se contentait de le regarder et d'essayer de comprendre. Il le sondait tant bien que mal.
Dans un élan de bienveillance, il approcha sa main du visage de Ciel qui l'arrêta violemment :
-Je n'ai plus mal à la tête. En revanche, le dîner ne se préparera pas tout seul.
-Monsieur... ?
Le majordome ne comprenait pas. Les yeux grands ouverts, il l'interrogeait du regard. Que valait ce brusque changement d'humeur ?
-Tu ne m'as pas entendu ? Va préparer le dîner.
Voyant bien qu'il se heurtait à un mur, le majordome acquiesça et se courba dans un infini respect.
-Bien monsieur.
Ayant obtenu ce qu'il voulait, Ciel alla s'asseoir face à la fenêtre. Il ne bougeait presque pas et se contentait de fixer le paysage, presque inerte. Il appuyait sa tête sur son poing serré, lui même supporté par l'accoudoir du fauteuil. Il semblait plein de rêves, prisonnier de ses propres souvenirs.
Sebastian, contraint de se retirer, laissa son maître dans cet état troublant et alla s'acquitter de sa tâche. Il se retourna vers la porte et s'avança vers elle. Il s'apprêtait à sortir lorsque Ciel brisa son brusque mutisme.
-N'oublie pas. Des vermicelles.
-Yes, my lord.
Le démon, abasourdi sortit de la chambre et tenta de reprendre ses esprits. Il se mouvait lentement, tel un fantôme. La sombre tapisserie qui ornait le couloir semblait se confondre avec l'homme, l'enveloppait délicatement. Sebastian réfléchissait à tout ce qu'il venait de se produire. Tout ce qu'ils avaient fait ensemble... Cela avait était merveilleux. Voilà bien longtemps qu'il attendait cela, et il en était de même pour Ciel lui semblait-il. Tout avait était exactement comme il l'avait si souvent imaginé. Dieu sait combien de fois il s'était surpris à élaborer de curieux fantasmes à l'égard de son maître. Combien de fois il avait profité de son enveloppe charnelle pour profiter des avantages que le corps humain pouvait lui offrir... À jouer avec son pénis tout en s'imaginant les mains de l'enfant à la place des siennes. De petite mains fines prendre possession de son intimité, de sa sombre toison pubienne... Que de choses réalisables à présent. Seulement, il y avait un problème. Ou du moins, une ombre au tableau. Bien qu'étant certain du plaisir qu'avait éprouvé son jeune maître, Sebastian se rendait bien compte que quelque chose de mauvais et de destructeur avait resurgi dans l'esprit de Ciel. La perte de ses parents sûrement, ou encore les sévices qu'il avait subit... Cela n'avait sûrement rien à voir avec les choses qu'ils avaient faites ensemble, mais il fallait avouer qu'il s'inquiétait un peu. Il était à peu près sûr qu'il s'agissait d'une de ses passades habituelles, et que tout rentrerait dans l'ordre bientôt, seulement il ne voulait pas que cela empire. La tristesse engendre la grandeur. Mais en excès, elle souille l'être.
Sebastian fini par arriver à la cuisine, et se vêtit d'un tablier blanc. Il se lava les mains, prit tous les ustensiles dont il avait besoin et commença à s'affairer. Pour ce soir, il cuisinerait une soupe d'origine ukrainienne à base de betteraves en y ajoutant quelques vermicelles, accompagnerait le tout de pirojkis (petits pains russe généralement fourrés au choux ou bien à la viande) et finirait par un Ptitchie Moloko (gâteau également russe à base de chocolat et de gélatine). Son jeune maître aller se régaler, lui qui aimait tant découvrir de nouvelles choses... Surtout lorsqu'il s'agissait de gastronomie . Sa bonne humeur ravivée, le démon avait la rapidité de quatre hommes. Il rinçait, coupait, ébouillantait avec tant de ferveur ! Pendant que les betteraves cuisaient dans l'eau frémissante, Sebastian s'occupait de remplir et de rouler la pâte des Pirojkis. Il dessinait de tous petits sillons sur le pain refermé de manière à enjoliver le tout. De nombreux petits pains après, il baissa le feu sous les betteraves et y mit les longs vermicelles, les cheveux d'anges comme certains les appelaient. Les fines pâtes tombaient délicatement dans le fond de la marmite faisant apparaître de petites bulles à la surface, Sebastian sala l'eau. Laissant tomber le coin marmite, il enfourna les Pirojkis dans le four, tout en prenant soin de ne pas les mettre trop loin. Ayant du temps avant que tout ne soit parfaitement cuit, il commença la préparation du gâteau. Il prit un saladier, de la farine, un œuf, deux sachets de gélatine en poudre, une baratte de beurre, une tablette de chocolat noir et une gousse de vanille. Il découpa finement quelques morceaux de la gousse et les mit dans un petit ramequin à part. Il versa les deux sachets dans le saladier, et y mit un peu d'eau froide. Ensuite, il mélangea le sucre et le beurre, ajouta l' œuf et mélangea de nouveau. A cette mélasse jaunâtre, il y rajouta la farine et les petits morceaux de vanille préalablement découpés. Il mit la pâte à chauffer au second niveau du four et poursuivit par la préparation de la garniture avec la gélatine. Tout allait très vite, et le majordome faisait preuve d'une dextérité monstre. Il s'emparait de tous les ingrédient à une vitesse saisissante et si quelqu'un était en train de le regarder, il en aurait sûrement eu la tête qui tourne. Dans sa cuisine, il n'était qu'une ombre. Zélée, certes. Mais une ombre tout de même. Si seulement les autres domestiques pouvaient prendre exemple sur lui, le maître ne s'en sentirait que mieux. Malheureusement, il n'en était rien et il devait s'occuper de toute la demeure seul tout en corrigeant les erreurs des autres employés... Soupir... Comme les temps étaient durs...
Froid. Il avait froid.
Tout était froid. Son passé, son présent, son futur... Enfin. Par futur il entendait le temps qui lui restait avant d'abandonner son âme. Il ne savait même plus ce que ça voulait dire de toute façon. Pour lui, tout n'était que vie. La vie avant la mort. Le remplissage. Tout se confondait, plus rien n'avait le même sens, depuis cette nuit tragique ou... Ses parents avaient péris. Diantre. Quel tour ignoble l'existence lui avait joué. Et ces êtres dégoûtants qui lui avaient volé sa famille, les seuls êtres pour lesquels il comptait réellement. Tsss... Abomination. Quel plaisir il ressentirait en les tuant de ses propres mains... En absorbant la moindre petite parcelle de vie existante. En fixant son reflet dans leurs yeux insipides, lorsqu'il leur serrerait le cou dans l'espoir d'expier la vie de ces corps si informes et laids... Huuum... Grisant. Tout cela valait bien tous les plaisirs qu'il avait pu ressentir avec Sebastian, assurément. Il se vengerait avec tant de ferveur, de violence et de haine que même son démon en rougirait. Ce qu'il voulait, c'était faire ressentir l'humiliation qu'il avait subi. Il était tout à fait inacceptable de s'en prendre ainsi à la famille Phantomhive sans en subir les douloureuses représailles. Inacceptable ! Mais pour cela, il comptait énormément sur Sebastian, lui seul pouvait lui offrir ce qu'il désirait par dessus tout : Une vengeance dans les plus strictes règles. Il avait déjà tout prévu. Une nuit, sans qu'il crie gare, il s'introduirait dans la demeure du traître, supprimerait toutes les personnes qui lui sont chères et, avec l'aide de Sebastian les disposeraient en tas, un par un, au pied de son lit. Ensuite, il le réveillerait et jubilerait devant le visage horrifié de son bourreau. « Ainsi vous aussi vous avez énormément perdu. Mais il vous reste encore une chose... La dignité. Eh bien mon cher, sachez que nous allons y remédier dès à présent... Dites moi, que seriez vous prêt à faire pour garder la vie sauve ? »
Et Ciel lui ordonnerait de nombreuses choses humiliantes. Oh oui, il se roulerait par terre, appellerait sa mère, le supplierait... En vain. Car, bien évidemment, la charogne finirait par mourir le soir même. Et lentement, très lentement. Il y veillerait personnellement. Après tout, c'est eux qui avait commencé, non ?
Les yeux dans le vide, Ciel tressaillait de rage. Le temps s'étirait inlassablement, il avait la nette impression d'avoir grandi trop vite. Combien de choses avait-il raté ? Le tendre âge de l'enfance s'était envolé en même temps que ses parents, et il ne le retrouverait jamais. Ce qui lui restait ? De misérables souvenirs ayant appartenu à sa famille. Des souvenirs... Toujours ces fichus souvenirs. Il n'avait que ça maintenant, de brefs petits instants où il se souvenait de sa vie d'avant. Et tous ces gens à l'enterrement de ses parents... Tous de pauvres rapias avides d'argent et de pouvoir. Ah ça ! Quand il est question d'intérêts, les amis se font multiples ! Comme si il était trop bête pour se rendre compte qu'il était seul. Il n'en voulait absolument pas de leur fausse compassion, son majordome lui suffisait amplement. Quel soulagement de l'avoir près de lui, de sentir son souffle chaud à chaque pas qu'il faisait. Voilà une chose qui n'était pas désagréable. La seule qui le satisfaisait du moins... Car même si Elizabeth était sa fiancée, elle l' insupportait au plus haut point. Elle était si naïve et inconsciente. Et puis de toute façon, il n'avait pas choisi de se fiancer à elle ! Il ne s'agissait là que des nombreux désagréments lié au titre de compte. Et il devrait faire avec tout au long de sa courte vie.
La nuit tombait et Ciel s'enlisait de plus en plus dans la mélancolie. La brume s'épaississait et dévorait la moitié du parc. Les arbres, dressés tels de courageux soldats se tenaient droits comme des « i » comme pour toucher le sombre ciel de leur cimes. Vu d'en haut, le point d'eau central, situé pile sous la fenêtre de la chambre du garçon ressemblait à une de ces misérables flaques d'eau boueuses le lendemain des fortes pluies. L'obscurité semblait s'emparer des moindres recoins que la nature offrait, comme pour dire : « Il n'a plus rien à voir, partez... ». Le froid se collait aux vitres et la différence de température faisaient naître de fines nervures sur la glace. L'eau coulait, inexorablement, paisible... Tout était si lent, si paresseux... Comme si l'univers entiers s'accommodait de l'humeur de Ciel. Les yeux mis clos, il ne pouvait s'empêcher de soupirer. Il ne voulait plus vivre comme ça. Il était si fatigué, il devait s'en remettre à Sebastian. Lui seul pouvait soigner ses douloureuses blessures, panser ses plaies purulentes... Tout ça était énorme comme poids, il ne pouvait en supporter davantage. Toute à l'heure, après dîner, il ordonnerait à son majordome de rester avec lui dans sa chambre. Il irait bien mieux après... Il en était certain.
La joie soudainement ravivée, Ciel sourit. Souhaitant vraiment penser à autre chose, il se remémora la scène de la salle de bain avec Sebastian. Foutre Dieu... Cela avait était si intense. Son majordome était assurément un as en la matière, il n'avait jamais ressenti ça en se touchant. Peut-être était-ce parce que ces doigts étaient trop petits, ou bien parce qu'au final il n'était qu'humain. Soudainement, une question importante lui vint à l'esprit. Et si il était incapable de donner du plaisir à Sebastian ? Certes, il l'avait vu bander toute à l'heure, mais rien n'indiquait que Ciel allait vraiment bien s'y prendre... Peut-être devrait-il lui en parler ? Oh et puis non. Sebastian le guiderait sûrement, et le connaissant, il adorerait avoir le contrôle de la situation. Cette fois-ci, ce serait lui qui dicterait les ordres et Ciel qui devrait s'exécuter. Après tout, cela le tentait bien. Pour une fois, il n'aurait pas de décisions à prendre et il se contenterait simplement de s'en remettre à l'autre. A cette simple idée, le bas ventre de Ciel s'embrasa de nouveau et ses joues s'enflammèrent. Argh... Comment pouvait-il être autant attiré par son majordome ?
Il se revoyait, haletant bruyamment dans la baignoire, se tortillant comme un chat au soleil, avide de plaisir... Le pénis endurci et humide n'attendant qu'une seule chose : les mains fines de Sebastian.
Il était ravi de savoir que son majordome le désirait, après tout ce temps passé à fantasmer à son sujet. Voilà un des aspects de la puberté qui n'était pas négligeable... Les pensées obscènes l'assaillaient de plus en plus, et les rêves remplis de gâteaux, de confitures, de jouets en tout genre, avaient laissé place à un Sebastian le prenant dès que l'occasion se présentait, murmurant des choses indécentes tout doucement dans son oreille, le mordillant gentiment un peu partout et surtout, le serrant tendrement dans ses bras pour le rassurer. Il voulait que Sebastian l'aime, il voulait que chaque souffle, que chaque geste soit à lui. Et à personne d'autre. La nature possessive de Ciel s'était accentuée depuis l'arrivée de l'homme au manoir. Voir sa servante lui courir après, lui faire les yeux doux... Lui avait essayé tant bien que mal de dissimuler ses sentiments, alors qu'elle, elle s'affichait sans une once de honte, toujours à quatre pattes sur le sol en train de réparer on ne sait quelle stupide erreur. Elle le fatiguait, elle aussi. Était-ce trop demandé un entourage compétent ? À elle toute seule elle avait déjà sûrement pulvérisée plus de la moitié du servie à thé du manoir Phantomhive. Sans parler des deux autres. Ce stupide cuisinier et ce jardinier complètement niais...
Mais quand s'arrêterait ce foutu massacre ? À croire que s'entourer des humains les plus incapables était une discipline dans laquelle il excellait. Souvent, il se demandait ce qu'aurait fait ses parents. Les auraient-ils renvoyés, ou bien leur auraient-ils pardonné, au quotidien comme lui le faisait ? Cela le tracassait, seulement c'était une chose parmi tant d'autres. Agissait-il comme il le fallait ? Ses parents auraient-ils réellement voulu qu'il se venge de cette manière ? N'aurait-il pas plutôt préféré qu'il se reconstruise normalement et poursuivent sa vie de grand enfant ? Tant de questions pour lesquelles il n'aurait jamais de réponse... Tout se bousculait, son esprit s'échauffait !
Comme c'était dur de vivre dans l'ignorance. À bout de force, Ciel décida de lire un peu, histoire de se calmer. Il reprit son livre de la veille, Le Corbeau, d'Edgar Allan Poe. Il commença à lire quelques lignes :
« Le Corbeau »
Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m'appesantissais, faible
et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié, tandis
que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt,
comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma
chambre, cela seul et rien de plus
Ah! distinctement je me souviens que c'était en le glacial décembre :
et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol.
Ardemment je souhaitais le jour; vainement j'avais cherché d'emprunter
à mes livres un sursis au chagrin - au chagrin de la Lénore perdue
de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore
de nom! pour elle ici, non, jamais plus!
Et de la soie l'incertain et triste bruissement en chaque rideau purpural
me traversait, m'emplissait de fantastiques terreurs pas senties
encore : si bien que, pour calmer le battement de mon coeur, je
demeurais maintenant à répéter : C'est quelque visiteur qui sollicite
l'entrée, à la porte de ma chambre; quelque visiteur qui sollicite l'entrée
à la porte de ma chambre; c'est cela et rien de plus
Mon âme se fit subitement plus forte et, n'hésitant davantage :
"Monsieur, dis-je, ou madame, j'implore véritablement votre pardon ;
mais le fait est que je somnolais, et vous vîntes si doucement frapper,
et si faiblement vous vîntes heurter, heurter à la porte de ma chambre,
que j'étais à peine sûr de vous avoir entendu." Ici j'ouvris grande
la porte : les ténèbres et rien de plus
Les ténèbres... voilà exactement ce qu'il pressentait. Une sombre atmosphère, pesante et lourde. C'est comme cela qu'il s'imaginait la mort, une porte close entourée d'obscurité et emprunte d'une odeur macabre. Une de ces choses qui vous condamne à errer, sans fin du mauvais côté.
Rêveur, Ciel promenait le regard dans la pièce en se demandant quelle heure il pouvait bien être.
Soudainement, le majordome frappa à la porte comme si il avait lu dans ses pensées :
-Entrez.
Sebastian entra en souriant et se courba devant son jeune maître.
-Monsieur le dîner est prêt. Et comme vous avez était particulièrement agréable aujourd'hui, je vous ai préparé une surprise au dessert.
Ciel se sentit rougir et bafouilla misérablement :
-Reum.. Euh, me-merci Sebastian.
Décidément, il savait comment s'y prendre celui là...
Le démon sembla ravit de cette réponse et s'avança vers Ciel, désireux de tendresse.
Il se baissa au niveau de l'enfant, mit un genou à terre et lui dit en le fixant :
-Jeune maître, je suis là.
Ciel l'entoura vivement de ses deux bras se serrant autant qu'il le pouvait contre lui. Il se sentait si bien à présent, en harmonie avec lui même. Au bout d'une longue minute, il se retira en souriant à son majordome.
-Allons dîner, j'ai faim.
Sebastian acquiesça, prit la main du jeune homme et le guida jusqu'à la sortie. Ensemble, ils entrèrent dans le salon, au milieu, il y avait la grande table sur laquelle Ciel avait l'habitude de dîner. Sur la longue surface était disposés de nombreux mets tous plus fins les uns que les autres. Le récipient plein de soupe trônait fièrement au centre de la table et l'odeur qui en émanait était délectable. Ciel enivré par tant d'odeurs succulentes semblait avoir des étoiles pleins les yeux...
-Tu as fais tout ça en aussi peu de temps ?
-Rien de plus normal pour un diable de majordome...
-Bien évidemment.
Tous les deux échangeaient des regards complices supposant de nombreuses choses... Ciel alla s'asseoir tout au bout, sur la plus haute des chaises et Sebastian commença à le servir.
-Dis moi Sebastian, où sont Finny et les autres ?
-J'ai cru comprendre qu'ils vous importunaient quelques peu en ce moment. J'ai pris l'initiative de les congédier quelques temps. Aurais-je mal fais ?
-Cela dépend... Avons nous le manoir pour nous tous seul ce soir ?
-Yes my Lord, il sera aussi silencieux qu'une tombe.
Ciel, le regard ravageur et des idées perverses plein la tête poursuivit :
-Alors tu as très bien fais Sebastian...
Le majordome ne put s'empêcher de pousser un soupir de satisfaction. Ainsi son maître en désirait d'avantage... Eh bien, il n'allait pas être déçu.
Excité, mais pensant d'abord au bien être de son maître, il lui servit de la soupe, que Ciel s'empressa de manger. Il semblerait que les attouchements qu'il avait subi l'avait mit en appétit.
-Eh bien jeune maître, vous avez une faim de loup. Rien ne pourrait plus me satisfaire.
En entendant son majordome, Ciel arrêta de se sustenter, écarta les cuisses et se mit la main entre les jambes.
-Hummm... Es-tu vraiment sûr de cela ?
Se sentant bouillir, Sebastian essayait de se calmer. Son maître savait diablement bien y faire... Si il continuait ainsi, il allait lui sauter dessus, et dès lors... Il ne s'arrêterait plus.
-Je vois que vous n'avez plus très faim... Dans ce cas, nous pouvons passer à la suite, n'est-ce pas ?
Tout en prononçant ces paroles, Sebastian empoigna l'enfant et le dirigea jusqu'au canapé. Il l'assit, et se plaça juste à côté de lui. Il se coucha à demi sur lui et lui murmura dans l'oreille :
-Ainsi vous voulez que je m'occupe... Différemment de vous ? Dans ce cas, préparez vous à me sentir au plus profond de vos entrailles.
N'en attendant pas moins, Ciel prit la tête de son démon entre les mains et l'embrassa fougueusement. Il lui caressait les cheveux, et commençait à diriger sa main vers l'entrejambe de Sebastian. Ce dernier se laissait faire, désireux des caresses que pouvait lui offrir son maître. Ciel se redressa et commença à se déshabiller, il enlevait rapidement tous ses vêtements, tant l'excitation le gagnait. Il fit de même à Sebastian, et alla plus lentement lorsqu'il enleva son pantalon. Lui, déjà nu, faisait subir un véritable supplice à Sebastian qui avait le pénis plus dur que jamais. Lorsqu'enfin l'adolescent lui eut enlevé le bas, Sebastian se coucha et l'attira tout contre lui.
-Jeune maître, serait-ce trop vous demander de... ?
-Voyons Sebastian, tu n'as même pas besoin de quémander.
Ceci étant dit, Ciel descendit du canapé, se mit à genoux et cala sa tête entre les deux jambes de son majordome. Il prit d'abord le sexe imposant à pleines mains et observait Sebastian, qui lui jetait un regard atrocement pervers et excité. Comprenant le message, le garçon ouvrit grand la bouche et la fit doucement glisser sur le membre érectile de son employé. Sebastian poussa un grand râle de satisfaction, pour le plus grand bonheur de Ciel. Le jeune homme s'amusait à titiller le gland de l'homme, tout en lui pressant violemment les testicules. Il faisait de grand va et vient tout en étant très attentif aux moindres soupirs, grognement et râles de Sebastian.
-Oh jeune maître... Merci, merciiii...
La bouche pleine, Ciel ne pouvait répondre mais il n'en pensait pas moins... « De rien petit démon, tu me remercieras en emplissant ma bouche de tes délicieuses sécrétions »
De plus en plus excité, et voyant que Sebastian appréciait grandement la gâterie qu'il lui administrait, Ciel lui carra deux doigts dans l'anus, ce qui eut pour effet de le faire se cambrer et de pencher violemment la tête en arrière :
-Monsieur ! C'est si bon... Vos mains semblent expertes !
Arrêtant sa fellation, Ciel répondit du tac au tac :
-Avant que tu ne me touches, il a bien fallu que je me débrouille...
N'en pouvant plus, Sebastian attira violemment l'enfant contre lui et lui dit:
-Jeune maître, laissez moi vous installer de manière à ce que je puisse accéder à votre fondement.
Ne demandant que cela, Ciel se laissa faire et leva bien en l'air son postérieur, il était en érection.
Alors, Sebastian mit sa bouche à son niveau et commença à lui lécher l'anus afin de pouvoir y faire pénétrer son pénis.
-Se-Sebastian !
Ciel, ne s'attendant pas à cela mais appréciant grandement se masturbait tout en gémissant. Il couinait de plus en plus fort en criant presque. Quant à Sebastian, il y allait de plus belle, faisait en sorte de lubrifier correctement l'endroit stratégique. Et puis, au bout de quelques temps, lorsqu'il lui sembla que le passage serait facilité, il se stoppa et commença à insérer son pénis dans le rectum de son protégé. Ciel hurla, dans un mélange de douleur et de plaisir absolu :
-Se-Sebastiaaaaaaaan ! J'aime tant cela, baise moi !
-C'est exactement ce que je compte faire, my Lord.
Assénant de terribles coups de reins, l'homme s'enfonçait de plus en plus dans l'intimité du garçon qui hurlait de satisfaction. Les va et vient se faisaient tantôt lents, tantôt violents et rapides. Chaque fois qu'il s'insérait entièrement, Ciel hurlait son nom et s'agrippait fermement au dossier du canapé. Le plaisir faisant tourner la tête à Sebastian, il le sodomisait avec encore plus de virulence.
-My Lord ! Je veux vous entendre aboyer ! Aboyer comme le chien de garde que vous êtes !
Et Ciel, au bord de l'extase s'exécuta violemment :
-Wouf, wouuuuf !
Lorsqu'il entendit son maître, Sebastian se laissa submerger par un violent orgasme.
-Aaaaaarrrrrhhh !
Il se vida en Ciel qui hurla à son tour. Tout avait était si bon, si délectable... Encore mieux que ce que tous deux s'étaient imaginé. En sueur et tout essoufflé, Sebastian embrassa Ciel en ingurgitant presque sa langue.
Il le plaça sur le côté et se mit à nouveau sur lui en le serrant tendrement dans ses grand bras :
-Ciel... Vous êtes de loin la plus belle personne qu'il m'ait était donné de voir et d'honorer. Si il y a bien une chose dont vous pouvez être sûr, c'est que je serais toujours là pour vous. Toujours.
Et ce, au détriment de n'importe quel contrat...
