Merci pour vos reviews, surtout les anonymes à qui je ne peux pas répondre et bonne année à tous !
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-Alors ce week-end sur la plage ? S'enquit Ziva en se laissant tomber sur sa chaise derrière son bureau.
-C'était bien, répondit Tony en se renversant sur son siège.
-Pas mal, renchérit Tim en restant debout.
-Pas mal comment ?
-Pas mal comme...pas mal, répliqua t-il en se servant une tasse de café. Et toi Ziva ?
-Pas mal.
Tim sourit. Le week-end avait été plus que pas mal. Il avait été...fantastique. Il promena un doigt rêveur sur son cou ou Tony lui avait fait un suçon d'enfer. Ce qui n'était pas très malin tout de même. Il devait monter le col de sa chemise au maximum et avec sa cravate il avait un peu la sensation d'étouffer. Hors du travail il allait être obligé d'arborer un de ces horribles sous pull ringard le temps que ça s'efface. Bon, tant que cela ne se voyait pas...
Mais c'était sans compter sur l'œil exercé de sa collègue.
-C'est quoi cette tache rose qui dépasse de ton col, Tim ? Devant la rougeur qui monta subitement aux joues de l'autre homme elle s'esclaffa. C'est une sucette !
-Un suçon, Ziva, pas une sucette, la corrigea Tim horriblement embarrassé. Il nota que Tony, loin de venir à son secours était plié en deux sur son bureau. Je...bon...
-Alors t'as rencontré une fille ?
-Ouais, c'est ça, il a rencontré quelqu'un qui lui a fait une super...sucette, intervint finalement Tony. Il a adoré ça.
Ziva ricana.
-Suçon ou sucette il a été gâté notre Tim, à ce que je vois. Et toi, Tony ?
-Pareil pour moi, peut-être en mieux. J'ai vraiment apprécié.
Tim rougit de plus belle se revoyant à genoux, désireux mais inexpérimenté pratiquer une fellation enthousiaste à son ami.
-Il faisait beau ?
-Fantastique, un soleil d'enfer.
-Vous n'avez pas l'air d'avoir bronzé...
-Le bleu avait emmené sa protection solaire. Il est prévoyant, Tim.
-Ici il a fait que pleuvoir, déclara Ziva. Hé, Abby ! claironna t-elle avisant la jeune scientifique qui venait d'entrer dans la pièce. Devine ? Tim a un suçon !
Abby sauta à pieds joints, ravie.
-Alors, Tim, tu as trouvé de la compagnie pour le week-end ? C'est super cool, ça ! Raconte !
-Il n'y a rien à raconter, Abby, c'était un week-end à la plage, c'est tout. Et toi, ta convention ? Il était là Patrick McGrath ?
Abby se lança dans un long discours surexcité ou il en ressorti que les textes de l'auteur étaient absolument étranges, glauques et sombres. Donc assurément fascinants. Ils avaient fini la soirée à plusieurs au Goth Club qui possédait la particularité d'avoir des chambres équipées de cercueils comme lits. Elle avait très bien dormi, pas seule ( À ce moment de son récit elle fit un clin d'œil complice à Tim, lui rappelant une certaine nuit dans un cercueil chez elle) et le lendemain elle avait fait les boutiques avec ses nouveaux amis. Elle leur montra son nouveau tour de cou en satin noir traversé par un médaillon en étain et ses boucles d'oreilles à pointes.
-Voilà, c'était génial! Conclut-elle. Un week-end de rêve !
Tim passa le reste de la matinée à essayer de se concentrer sur son travail. À midi Gibbs l'embarqua ainsi que Tony sur le lieu du décès d'un lieutenant de la Navy. Les trois hommes enfilèrent des gants. Tim grimaça devant le corps. Il avait beau avoir l'habitude maintenant il avait toujours un peu de mal à s'y faire. D'autant plus que le type en question s'était pendu dans son atelier. Manifestement il était peintre à ses heures perdues. Des toiles recouvraient les murs et jonchaient le sols. Certaines étaient souillées d' épais traits noirs comme s'il avait voulu détruire une partie de ses œuvres avant de mettre fin à ses jours.
Ducky était déjà sur les lieux quand ils arrivèrent.
-Ah te voilà, Jethro, déclara t-il avec ce sourire qui lui était si particulier. J'ai bien peur qu'il n'y ait pas grand chose pour vous ici. Ce malheureux s'est certainement suicidé. Tout le laisse à penser. Il a laissé une lettre...
-Tu connais la règle, Ducky, au NCIS on considère tout suicide comme un homicide jusqu'à preuve du contraire, déclara Gibbs.
-Je m'en souviens, Jethro. Tiens, vous voilà vous deux. Alors ce week-end dans les Hamptons ?
-Super. Mais qui vous en a parlé Ducky ? Questionna Tim étonné.
-C'est monsieur Palmer, qui l'a su d'Abby, répondit le médecin légiste en souriant. Nous sommes une grande famille au NCIS. Pour en revenir à notre...client, il a laissé une lettre expliquant la raison de son suicide...présumé, ajouta t-il en jetant un coup d'œil à Gibbs. Pour être concis, il s'est fait larguer, pour parler comme vous les jeunes.
-Triste, commenta Tim en regardant les toiles autour de lui, il avait du talent. On reconnait une personnalité...
-« Ce n'est pas parce que tu as une personnalité que tu as de la personnalité », répliqua Tony goguenard.
-Pulp Fiction, rétorqua Tim. tu ne peux pas être un peu sérieux, Tony ? Ce type est mort tout de même.
-Que dit la lettre ? Demanda Tony ignorant la remarque de son collègue.
-Chagrin d'amour. Eternelle histoire, répondit Ducky tristement. Je me souviens, c'était en 1952 à Paris...
-Je vais faire le tour de la maison pour voir si je trouve quelque chose, déclara précipitamment Tony, toi le bleu tu restes avec Ducky pour voir si tu peux apprendre quelque chose.
Tim lui lança un regard noir ce qui n'impressionna en aucune façon son ami et resta à écouter les souvenir du médecin-légiste pendant que ce dernier examinait le mort.
Ils rentrèrent au NCIS et Tim se plongea dans la vie et les relations du peintre amateur sur son ordinateur. Il éplucha ses factures, suivit ses derniers appels téléphoniques et pirata son ordi.
À seize heures une barre de cacahuètes atterrit sur son bureau. Il lança un regard reconnaissant à Tony qui lui adressa un clin d'œil salace. Tim rougit et tapa furieusement sur le clavier de son ordinateur.
Il consulta les mails du mort, vérifia les appels téléphoniques de ce dernier et reprit de nouveau ses factures. Il rendit visite à Ducky à la morgue et le trouva en grande conversation avec le cadavre nu. Il grimaça. Il commençait tout juste à s'y faire.
-Mon pauvre ami, déclarait le médecin légiste en recouvrant le corps d'un drap propre, quel dommage que vous vous soyez donné la mort, vous aviez tant de talent. Combien de toiles auriez-vous pu peindre encore...
-Ducky ? L'interrompit Tim dans son monologue.
-Oh, désolé Timothy, je disais au-revoir à ce monsieur. Je peux t'affirmer que ce pauvre homme s'est bien suicidé. Va voir Abby, elle analyse la lettre mais je crois qu'elle corroborera mes dires.
Tim se rendit auprès d'Abby. Il était toujours heureux de la voir. C'était une des personnes qu'il aimait le plus au monde, avec ses parents, bien sûr et sa sœur Sarah. Abby avait une place particulière dans son cœur. C'était sa seule véritable amie.
La jeune scientifique l'accueillit avec un grand sourire.
-Salut Tim, ça va ? J'ai analysé la lettre. Des traces de beurre de cacahuète et de Whisky. Ducky en a trouvé dans les intestins de l'homme. Sinon, c'est bien son écriture.
-Il avait des dettes énormes. Il n'était pas seulement peintre, il jouait et sa fiancée a rompu avec lui...par mail.
-C'est moche, commenta Abby compatissante.
-Ouais, répondit Tim ailleurs. Il se demanda si Tony était capable de faire une chose pareille. Un mail..."vaut mieux arrêter tout ça, c'est mieux pour nous deux...". Non, bien sûr que non, il lui dirait de vive voix.
Tim se rendit compte qu'Abby le fixait d'un air intrigué.
-T'es ailleurs, Tim, ne me dis pas le contraire, je te connais. Tu penses à cette fille ?
-Quelle fille ? Répondit le jeune homme perplexe.
-Ben, celle de la plage ! Celle qui t'a fait le suçon, voyons !
-Euh...non...enfin...non, bien sûr, je...
-C'est déjà fini ?
Tim chercha désespérément une réponse. Abby n'avait pas l'air de vouloir lâcher le morceau.
-Je...ben tu vois, la plage...
-T'es plus sur la plage, McGee, résonna une voix derrière lui. Alors, tu en es où avec l'enquête ? Continua Gibbs en tendant un soda géant à Abby.
Tim résuma les résultats de ses recherches tout en bénissant son patron qui venait de le tirer d'un mauvais pas. Puis il prit congé non sans noter le regard pensif de la jeune femme sur lui tandis qu'il se dirigeait vers la porte.
À 19 heures il décida qu'il était temps de partir. Nerveux il se demanda si lui et Tony allaient se voir ce soir. Ce dernier ne lui avait rien dit à ce sujet.
Un coup de chance, Ziva était justement en train de se préparer à partir. il farfouilla un peu dans sa mallette et fit mine de ranger quelques dossiers puis quand la jeune femme se fut éclipsée il se mordit les lèvres et se rendit près de son ami.
-On se voit ce soir ?
-Ce soir je suis crevé le bleu. Demain ça va ?
-OK, pas de problème, répondit Tim en essayant de cacher sa déception. moi aussi je suis claqué. Je crois que je vais regarder un peu la télé et me coucher.
-Bonne idée.
Tim se demanda si Tony allait lui dire comment il allait occuper sa soirée mais ce dernier n'ajouta rien. Il enfila son pardessus, prit sa mallette et sortit. Il traversa la rue et rejoignit l'arrêt de bus, mortifié. Il se réprimanda. Merde, il n'était plus un gosse ni un de ces adolescents fleur bleue ! Ils ne s'étaient rien promis, bordel! Tony n'avait pas à lui rendre des comptes sur ce qu'il faisait. Il ne fallait surtout pas qu'il se fasse des illusions. Tony était Tony, un coureur.
Le lendemain soir ils se donnèrent rendez-vous à l'appartement de Tony. À peine Tim arrivé son ami lui sauta dessus dans le couloir et l'embrassa voracement. Puis, avant même d'avoir compris ce qui lui arrivait il se retrouva nu à quatre pattes sur le lit de Tony pendant que ce dernier le prenait avec vigueur. Il devait reconnaitre que l'autre homme était un partenaire attentif. Tony s'assurait toujours qu'il ait du plaisir et le menait sans faute à l'orgasme. C'était un homme qui aimait et savait faire l'amour. Une fois qu'ils eurent terminé et se furent écroulés dans le lit, haletants et à bout de souffle Tim songea avec amusement que les vantardises de son ami n'étaient pas exagérées. C'était un amant hors pair. Il attendit que les battements de son cœur reprennent un rythme normal avant de lui poser une question qui lui brulait les lèvres depuis trois jours.
-Dis, Tony...
-Ouais ?
-Tu n'as...enfin, je veux dire, c'est toujours toi qui...euh...
Tony soupira.
-Viens en au fait, McBégaye.
-S'il te plait Tony, évite ça en ce moment, c'est pas...
Tim hésita. Il allait dire romantique, tendre ou un mot comme ça mais manifestement cela n'avait pas cours ici, dans ce lit, avec lui. Il se mordit les lèvres.
Tony se tourna vers lui, ennuyé.
-Désolé, Tim, c'est l'habitude. Il déposa un baiser sur ses lèvres et sur son menton. Tim ne réagit pas. Il se pencha sur lui et embrassa le front, les pommettes. Toujours aucune réaction si ce n' était un petit air courroucé. Oh!Oh! On dirait que notre petit bleu est fâché à ce que je vois !
-Tony ! S'exclama Tim excédé.
-Re-désolé, Tim répondit Tony en appuyant sur son prénom. Comment est-ce que je peux me faire pardonner ? Comme ça ? Il lui grignota le lobe de l'oreille, faisant se tortiller son amant. Où ça ? Il plongea son les draps et s'occupa de lui de façon à ce que Tim ne puisse plus prononcer de paroles cohérentes pendant le quart d'heure suivant.
Tim émergea de sa brume dans les bras de Tony. Punaise, à ce rythme là il allait faire une crise cardiaque. Mais comment faisait Tony ? Tim grimaça et se dit perfidement que Tony ne manquait pas d'entrainement dans ce domaine.
-Alors c'était quoi ta question tout à l'heure ? demanda Tony en lui tendant une petite bouteille d'eau.
Tony la prit avec reconnaissance et but longuement à la bouteille qu'il vida d'un trait.
-Merci, dit-il en la rendant à Tony. Voilà, je voulais savoir si tu n'avais jamais été...comment on dit ? Dessous ? Tu es toujours celui qui est... actif ?
-Pourquoi ? Demanda Tony un peu sur la défensive. Ça ne te plait pas comme ça ?
-Si, tu le sais bien. Je veux seulement savoir.
Tony se détendit un peu.
-J'aime mieux être celui qui est dessus quand je suis avec un homme, pour répondre à ta question. Je ne me suis jamais posé trop de questions à ce sujet pour tout te dire. Je suis d'ailleurs largement plus souvent avec des femmes qu'avec des hommes. C'est plutôt rare qu'un type me plaise. Ça arrive, mais vraiment pas souvent. Je suis très difficile et...
-Merci, je suis flatté, plaisanta Tim. Le grand DiNozzo a daigné poser les yeux sur moi. Quelle chance ! Je vais vite déposer un cierge à l'église la plus proche dès demain pour remercier Dieu de m'avoir fait la faveur incommensurable d'attirer ton regard!
-Tu te fous de moi, McGee ! S'exclama Tony en lui sautant dessus en riant. Tu veux un cierge ? J'en ai un à ta disposition tout de suite.
-C'est très vulgaire ça, DiNozzo, je suis choqué, répliqua Tim en se tortilla sous l'autre homme.
Il songea vaguement que Tony n'avait en fait pas répondu à sa question mais ce n'était pas le moment. Il s'abandonna aux caresses de l'autre homme et n'y pensa plus.
Pour l'instant.
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À suivre
