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Une semaine passa, puis deux. Ils enquêtèrent sur la mort d'un plongeur de la NAVY qui recherchait un trésor. Un peu la routine habituelle pour l'équipe.
Au grand soulagement de Tim Abby ne mentionna plus cette hypothétique fille de la plage. Mais il lui semblait qu'elle attendait quelque chose, peut-être qu'il se confie à elle, il ne savait pas trop. Ce qu'il savait par contre c'était qu'Abby avait un sixième sens le concernant. Elle devinait toujours quand il était tourmenté ou s'il lui cachait un secret. Elle savait qu'il se passait quelque chose, c'était évident à ses petits silences quand ils se trouvaient seuls tous les deux mais elle ne le brusquait pas. Elle attendait, tout simplement. Enfin, c'était ce qu'il pensait.
Sa relation avec Tony continuait... au gré des désirs de ce dernier. C'était toujours Tony qui était l'instigateur de leurs rencontres. Il décidait quand et où ils se voyaient et dans leurs rapports c'était presque toujours lui qui prenait les initiatives. Au début Tim avait mis cela sur le compte de son inexpérience et se laissait guider avec reconnaissance mais parfois il aurait aimé décider un peu, au moins sur la fréquence de leurs rendez-vous.
Ils se retrouvaient le plus souvent chez Tony. Parfois à peine arrivé ce dernier lui sautait dessus. Il avaient même baisé à plusieurs reprises dans le couloir et d'autres fois ils commandaient des pizzas, descendaient quelques bières en regardant des vieux films puis faisaient l'amour pendant des heures. Tony était insatiable et Tim se disait que d'ici peu il connaitrait tout le Kâma-Sûtra gay. Finalement heureusement qu'ils ne se voyaient pas tous les soirs sinon il n'aurait jamais tenu le coup.
Mais pour rien au monde il n'aurait voulu que cela s'arrête.
Le samedi de la troisième semaine Tim reçu la visite de sa sœur. Ils dinèrent dans un restaurant végétarien dans le quartier de Georgetown puis allèrent se promener le long du Potomac.
-Alors, comment ça se passe demanda Sarah en se baissant pour chercher un galet plat. Quoi de neuf au NCIS ?
-Toujours pareil. Gibbs est toujours Gibbs, Ducky parle toujours aux morts, Ziva améliore son anglais de jour en jour et Abby est toujours aussi...fantastique.
-Tu l'aimes bien, hein?
-Tout le monde aime Abby, Sarah.
-Oui mais elle a un faible pour toi. Vous avez vécu quelque chose ensemble, hein? Questionna la jeune fille en repérant un galet bien plat près d'une touffe d'herbe. Elle le ramassa et se releva.
-Rêve pas, Sarah, je sais que tu cherches à me caser mais tu fais fausse route.
Sarah tenta un ricochet. Le petit caillou fit deux rebonds puis alla se perdre dans les eaux du fleuve.
-Je parie que je peux faire mieux, déclara Tim en choisissant un galet sur la grève. Il se mit de profil, la pierre dans les mains, prêt à viser.
-Et Tony ?
Tim en lâcha la pierre de saisissement. Il se mit à rougir violemment.
-Quoi, Tony ?
-Ben tu ne m'as pas parlé de lui, répondit Sarah étonnée par la réaction étrange de son frère. D'habitude tu n'arrête pas. DiNozzo par-ci, DiNozzo par là. Gibbs lui tape toujours derrière la tête ?
-Ouais et sur le coup Tony a pris la manie de me faire la même chose, c'est agaçant.
-T'as qu'à lui faire pareil.
Tim la regarda étonné. La réflexion de sa sœur ne manquait pas de pertinence. Pourquoi il ne le ferait pas lui aussi ? Mais il savait que la réponse était simple. Tony, par sa position dans la hiérarchie, son charisme et son expérience pouvait se le permettre. Lui il était le bleu, Tony le lui répétait assez souvent.
Il lança son galet qui fit trois ricochets.
-Gagné ! S'exclama t-il en riant puis il reprit son sérieux. Je ne peux pas lui faire pareil parce qu'il n'accepterait pas, Sarah.
-Mais toi tu acceptes, insista sa sœur.
Tim fronça les sourcils, un peu agacé par la tournure que prenait la conversation. Merde, elle avait raison la petite sœur ! Oui, c'était vrai. Implicitement il acceptait que Tony lui fasse cela alors qu'il n'y avait pas de réciproque possible. Il se rappela cette phrase qu'il avait trouvé un jour sur Internet : "Les gens ne nous font que ce qu'on leur autorise à nous faire". Il grimaça. Son regard se posa sur un grand pont à l'Est.
-Dis, tu sais que c'est ce pont que le vol d' Air Florida a heurté avant de s'abimer dans le fleuve gelé en 1982 ? Il n'y a eut que cinq surviv...
-Je sais surtout reconnaitre quand quelqu'un essaye de changer de sujet de conversation, répliqua sa sœur. Ça te gêne de parler de Tony?
Tim hésita. Il pouvait parler de beaucoup de choses avec sa sœur mais là... C'était vrai qu'il mourrait d'envie de se confier, histoire de voir plus clair dans ses sentiments mais pas déjà, pas aujourd'hui alors qu'il ne savait même pas où il en était.
-Mais non, que vas-tu chercher là ? Tony est toujours fidèle à lui même. Belles voitures, belles filles, macho et excellent investigateur. Je suis content de l'avoir comme collègue. Et toi, tes études ?
Au grand soulagement de Tim la conversation se porta sur Sarah et la famille. Ils se baladèrent une heure ou deux, firent un concours de ricochets que Tim gagna et se rendirent à un magasin de jeux vidéos qu'il connaissait bien. Il acheta quelques nouveautés et prit congé de sa sœur, heureux de sa journée. Il rentra chez lui et commença à charger un des jeux sur son ordi quand son téléphone portable sonna. C'était Tony.
-Dis Tim, ça te dit ce soir ?
Tim regarda son ordinateur.
-Pas de problème, Tony.
-Alors à neuf heures.
Tim reposa son téléphone et grimaça. Il devait avoir une conversation avec Tony. Cette relation ne pouvait pas continuer que dans un sens. Lui aussi avait le droit de proposer des rencarts, de faire des suggestions et puis...il avait besoin de savoir où ils en étaient tous les deux. la conversation au bord du fleuve avec Sarah l'avait un peu ébranlé.
À neuf heures pile Tim sonnait à la porte de l'appartement de Tony. Ce dernier l'accueillit avec un sourire carnassier et commença à l'entreprendre dans le couloir. Tim gémit quand les doigts de Tony glissèrent sous son pull et pincèrent ses mamelons.
-Et, arrête, laisse-moi au moins enlever mon pardessus ! Se plaignit Tim en tentant de se dégager de l'emprise de son ami.
-Pourquoi faire ? Garde-le, suggéra Tony avec un petit sourire lubrique, ça pourrait être ...excitant.
-T'es vraiment un pervers Tony, rit Tim en enlevant son vêtement qu'il pendit soigneusement au portemanteau de l'entrée..
-Ouais mais t'aime ça !
Tony essaya de le plaquer contre le mur mais Tim se dégagea et se dirigea vers la chambre à coucher. Il s'assit sur le lit pour se débarrasser de ses chaussures et de ses chaussettes qu'il posa soigneusement dans un coin. Puis vient le tour du pantalon que Tim posa sur le dos d'un siège pour éviter de le froisser.
Tony le regarda amusé.
-T'as bientôt fini ton strip-tease, McManiaque ?
-Très amusant de la part de quelqu'un qui accorde une telle importance à ce qu'il porte! Ironisa Tim.
Tony grimaça.
-Passons aux choses sérieuses, décréta t-il en poussant son amant sur le lit. Il s'attaqua au reste de vêtements de Tim puis aux siens. Dès qu' ils furent nus tous les deux, il commença à caresser, lécher, mordiller le corps de son amant qui gémissait et se tordait sous les caresses. Tony sourit. Il savait exactement comment faire réagir Tim, ce qui le faisait gémir et pousser ces petits cris excitants. Ses lèvres glissèrent d'un mamelon à l'autre, les suçant et les mordant légèrement. Tim se cambra sous la caresse brulante. Tony descendit plus bas mais fut surpris de sentir deux mains agripper les cotés de sa tête pour la ramener vers le haut.
-Qu'est-ce qui t'arrives ? Demanda t-il étonné à son ami. T'aime plus ?
-Si, mais pour une fois je voudrais, enfin...je voudrais te faire l'amour, lâcha Tim étonné lui même par sa propre audace.
Tony soupira.
-On en a déjà parlé, Tim, je peux pas. ne me demande pas ça.
Il se détacha de son compagnon et s'abattit à son coté sur le dos.
Tim hésita entre l'envie de se lever et de s'en aller et le désir de rester. Bon, ce n'était pas comme s'il ne s'y était pas attendu. Il soupira à son tour.
-Désolé, Tony, je ne voulais pas t'embêter, c'est juste que...
Merde, songea t-il, voilà qu'il était pratiquement en train de s'excuser. Il avait bien le droit de demander, non?
-C'est pas grave, Tim. Je croyais que cela était clair entre nous, voilà.
-Alors, laisse-moi au moins m'occuper de toi ? Suggéra Tim.
Il ressentit un vague malaise mais il se sentait en même temps soulagé. Il savait au fond de lui qu'en demandant à Tony d'inverser les rôles il ne s'était pas vraiment montré honnête envers lui-même. Ce n'était pas vraiment ce qu'il voulait. Il avait seulement voulu tester "Tony" et se faire croire que lui aussi... Bon, le moment n'était pas à l'introspection, il verrait ça plus tard.
-Avec plaisir, sourit Tony soulagé, mon corps est à ta disposition, mon cher, sers-toi.
Tim éclata de rire et se pencha sur Tony. il commença par l'embrasser longuement puis descendit avec sa bouche et lécha les plis de son cou. C'était...savoureux. Puis à son tour il attrapa les mamelons de l'autre homme et les malmena avec sa langue et ses incisives. Tony grogna de plaisir sous la caresse. Puis sans lâcher les pointes sensibles Tim saisit son sexe et commença à lui imprimer de lents mouvement de va et vient. Tony commença à se tortiller et à gémir de plaisir.
-T'aime ça ? Demanda Tim d'une voix rauque.
-Putain, ne t'arrête pas ! Répondit Tony en haletant.
La bouche de Tim abandonna les mamelons et descendit le long du ventre, suivant la ligne de poils qui allaient jusqu'au pubis. Il s'arrêta au dessus du sexe gonflé et souffla légèrement sur le gland. Tony s'arc-bouta avec un petit cri. Tim lécha toute la longueur du pénis de bas en haut et recula. Tony rugit, attrapa sa tête et essaya de l'orienter de nouveau vers son sexe brulant.
Tim émit un petit rire
-Pas de ça, DiNozzo, c'est moi qui décide!
-T'es un sadique, McGee, haleta Tony, je te croyais pas comme ça !
-Et bien tu me découvres, voilà. Humm, c'est bon, répliqua Tim en léchant la petite goutte qui perlait au bout du sexe de son ami.
Tony laissa échapper un pur cri de plaisir.
-Fais quelque chose, Tim ! Geignit-il en saisissant son sexe pour le caresser.
-Non ! Tim chassa la main d'une petite tape puis il se pencha et engloutit le sexe dressé de son amant tout en caressant ses testicules.
-Ouiiiiiiiiiiiiii! Oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! T'arrête pas!
L'injonction était inutile. Tim n'avait aucune intention de cesser ce qu'il avait commencé. Sa bouche descendit et remonta sur le sexe brulant. Tony au paroxysme du plaisir commença à donner des coups de reins frénétiques. Il ne tint pas longtemps et explosa en un long cri dans la bouche de son amant. Tim avala jusqu' à la dernière goutte. C'était amer mais il s'y était fait. La première fois il avait failli avoir la nausée mais maintenant il appréciait. Il nettoya Tony à petits coups de langue et se reposa à ses cotés.
Tony avait l'air assommé, perdu dans le brouillard.
-Putain, Tim, t'as des talents cachés ! Commenta t-il quand il eut repris ses esprits. J'aurais jamais cru ça de toi.
-C'est de ta faute, tu m'as dévergondé.
-Faut dire que tu es un élève doué, le bleu.
-Merci Tony, mais ne m'appelle pas comme ça quand on est ensemble tous les deux. je t'ai déjà dit que j'aime pas.
-OK, Tim.
Les deux hommes se turent, partageant un moment de silence bienvenu. Puis Tim se lança.
-Dis, Tony, je voudrais savoir...
-Ouais ?
-Qu'est-ce que tu ressens pour moi ?
Il sentit Tony se raidir imperceptiblement et regretta aussitôt d'avoir posé cette question. mais c'était trop tard.
-Comment ça ?
-Et bien...on couche ensemble et tout mais je voudrais savoir ce que tu éprouves pour moi, voilà tout.
Tony réfléchit, mal à l'aise.
-Je t'aime bien, on est bons collègues, amis et on s'accorde bien tous les deux au lit.
-Tu trouve que je suis un bon copain de baise, c'est ça ?
-Oui, enfin, c'est pas comme ça que je le dirai mais...c'est un peu ça, voilà.
-Oh !
-Quoi, oh !
-Rien.
Tony se redressa sur un coude et contempla son amant.
-Tu ne t'attendais pas à des fleurs et à des diners aux chandelles quand même ? Rit-il.
-Bien sûr que non ! Allez, n'en parlons plus, ce n'était qu'une question en passant.
Tony lui souffla dans l'oreille.
-Arête, ça me chatouille ! S'exclama Tim en essayant de s'éloigner. mais Tony le retint fermement par la taille et le serra contre lui.
-Et toi ? Demanda t-il en déposant un baiser sur le bout de son nez.
-Moi quoi ? S'étonna Tim.
-Je te renvoie la question. Qu'est ce que tu ressens pour moi ?
-On a dit qu'on en parlait plus ! Se défendit Tim.
-Tu as dit qu'on en parlait plus, pas moi, le contra Tony.
-J'ai pas envie d'en parler.
-Pourtant tu as lancé le sujet, Tim.
-Laisse-moi tranquille ! Grogna Tim en rougissant.
-Ecoute...
-Mais fous-moi la paix ! Cria Tim en se levant d'un bond. Tu es sourd ou quoi ? J'ai pas envie d'en parler. Sa voix se brisa. Allez, je rentre chez moi, déclara t-il en récupérant ses affaires et en commençant à s'habiller rapidement.
Tony s'assit sur le bord du lit en fronçant les sourcils. Merde, exactement ce qu'il détestait, une scène de ménage. Ça allait trop bien pour durer.
Il se leva et attrapa son amant par la taille. Celui ci essaya de se dégager mais Tony était fort. Il le plaqua en douceur contre la paroi et appuya les mains contre le mur des deux cotés des épaules de Tim, l'empêchant de s'enfuir.
-Tim, écoute, je ne t'ai jamais rien promis, tu le sais bien. Je ne peux rien te donner de plus que ce que je te donne en ce moment, je suis désolé.
-C'est bon, laisse tomber, répondit Tim mortifié, refusant de le regarder dans les yeux. N'en parlons plus, j'aurai jamais dû te poser cette question. Laisse-moi partir, je bosse demain.
-Moi aussi. Au cas où tu ne t'en souviennes plus on travaille ensemble, plaisanta t-il ce qui arracha un pale sourire à Tim. Tu ne veux toujours pas me répondre ?
Tony saisit Tim par le menton et le força à le regarder dans les yeux. Il y lut la réponse à sa question et grimaça. merde ! Il aurait dû s'y attendre.
-Tim...commença t-il.
-Laisse-moi, Tony, chuchota l'autre homme, laisse moi partir maintenant.
Tony le libéra. Il entendit Tim récupérer le reste de ses affaires, enfiler son pardessus dans le couloir et refermer la porte d'entrée derrière lui.
À suivre
