27/01/12

Bonjour à tous (toutes) !

Suite et fin de cet OS devenu three-shot. Cette dernière partie est un peu longue mais tout finit bien (pour de vrai n.n)

Avertissement 1: UA à partir du tome 6. Voldemort n'a pas fait d'Horcruxes. Les reliques de la mort n'existent pas.
Avertissement 2: slash/yaoi
Avertissement 3: mpreg (grossesse masculine) sous-entendue

Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling

Sur ce,
Bonne lecture :)


Déjà neuf mois que Draco est parti avec lui, Voldemort. Oh bordel ! Je n'en peux plus, c'est trop dur… Je ne sais rien de rien, même Snape n'est pas venu me voir ! Il me l'avait pourtant promis, mais j'ai comme l'impression qu'il ne fait pas grand cas de moi finalement ! Toutes ses paroles et ses belles promesses de savoir si je vais bien, de me donner des nouvelles de Draco, tu parles ! Je fais taire la petite voix qui me dit qu'avec la surveillance constante de Voldemort il n'est pas vraiment libre de ses mouvements, et je me contente de me mettre en colère, ça fait du bien. Ça me rappelle cruellement mes années passées seul ici, avant l'arrivée de Draco puis de Snape. Quand je me mettais en colère pour un rien, histoire de ressentir encore quelque chose, de me sentir vivant… Non Harry, ressaisis-toi, ne te laisse pas abattre ! Le temps qui passe est cruel, et emporte chaque jour un peu plus l'idée de revoir Draco vivant, d'avoir de ses nouvelles, ou même de voir Snape pointer le bout de son nez crochu par cette porte.

Qu'est-ce qu'on peut s'ennuyer quand on est seul, inquiet et sans pouvoir sortir ! J'ai voulu boire à nouveau, pour que le temps passe plus vite, mais je n'ai pas pu l'espoir encore et toujours, et l'envie que Draco ne me retrouve pas comme un déchet à son retour, ont eu raison de mon envie de m'abandonner à la douce torpeur induite par l'alcool. Et la bague de Draco, la chevalière des Malfoy, que je regarde souvent, que je touche tout le temps, me rend une certaine sérénité, et me rappelle tous ces mois passés ici à deux.

Du coup, il a bien fallu que je me fasse à manger également, malgré mon appréhension à le faire seul. Cuisiner ne m'a finalement pas apporté la souffrance et la peine que je croyais subir de plein fouet, mais plutôt un bien-être certain. Je me souviens des moments passés ces derniers mois avec Draco dans cette même cuisine : au début alors que je le regardais donner du cœur à l'ouvrage en nous préparant de bons plats et ensuite alors que je l'aidais et que nous cuisinions à deux.

J'ai aussi continué à entraîner ma magie sans baguette en me souvenant des conseils de Draco, et en y allant au fur et à mesure de mes capacités et de ma volonté. Je pense avoir retrouvé quasiment intégralement ce que j'avais perdu toutes ces années. Draco serait fier de moi. Oh j'espère qu'il va bien. Ça me tue de ne rien savoir. Je ne veux même pas penser à l'éventualité où…

Je suis assis sur le canapé à faire m'entraîner quand la sonnette retentit. Je me crois neuf mois en arrière quand Draco venait de me couper les cheveux ici même. Mais cette fois, je sais qui sonne, ou en tout cas, je sais qu'il ne peut s'agir que d'une seule et unique personne. Je me lève péniblement du sofa et laisse retomber la table et le pouf devant moi d'un geste de la main. J'ouvre la porte et c'est effectivement Snape qui se dresse devant moi. Ma bouche s'entrouvre pour lâcher le flot de questions qui me brûlent les lèvres mais il me coupe d'une phrase qui me soulage instantanément et réfrène mes ardeurs.

- Draco va bien. Et pas un mot Potter, je n'ai pas le temps de m'attarder. Vous allez m'écouter tranquillement d'accord !

Je hoche la tête, à la fois heureux et inquiet d'avoir des nouvelles. Snape se dirige lentement vers le salon et s'assoit sur le canapé en me désignant le fauteuil en face de lui pour que je m'y mette. Je ne discute pas de ce choix – les excentricités de l'ancien professeur ne sont pas ma priorité en ce moment.

- Très bien. Alors une fois le Maître rentré au Manoir, lui et Draco ont conçu l'enfant directement. (Je retiens un frisson de dégout à ces mots.) Puis l'enfant est né vingt jours plus tard, le 31 décembre.

- Quoi ? Comment c'est possible ! C'est à cause de votre potion ?

Snape secoue la tête et mon cœur fait comme un creux dans ma poitrine.

- C'est ce que nous avons cru au début. Le ventre de Draco s'arrondissait à une vitesse démesurée et chaque nuit il donnait l'impression d'avoir pris deux kilos de plus, ce qui n'est pas si loin de la vérité en réalité.

- C'est horrible… Et après ?

- Après la naissance, le Maître a pris l'enfant avec lui car il faisait déjà de la magie et il voulait commencer son éducation immédiatement. Au début, il l'a confié à Lucius Malfoy, mais on s'est très vite aperçu que l'enfant vieillissait très vite, comme lors de la grossesse de Draco. Ce qu'on a supposé, c'est que pour lui un mois passé dans le monde correspond à un an de vie, et avec les capacités physiques, intellectuelles et magiques qui vont avec.

Quelle horreur ! Même si je hais ce gosse pour avoir fait subir ça a Draco, une partie de moi ne peut s'empêcher de le plaindre.

- Puis à la fin du mois d'avril quand l'enfant a eu l'apparence et le mental d'un garçon de quatre ans, le Lord a décidé de prendre sa formation en main. Je ne sais pas ce qu'il a fait exactement, car tout le monde a été écarté de cet apprentissage à partir de ce moment-là. Et j'ai enfin pu contacter Draco. Il voulait de vos nouvelles, mais je n'ai pas pu passer avant aujourd'hui, à croire que j'ai été délibérément tenu occupé pendant tout ce temps. Ensuite, c'est-à-dire ce matin, le Lord m'a demandé de me débarrasser de l'enfant, car il s'est apparemment rendu compte qu'il est dangereux pour lui. Je lui ai fait croire que c'était fait, et me voilà ici pour vous le laisser, enfin.

- Et où est-il ce monstre ? demandé-je d'un ton hargneux.

- Le voici Potter.

Snape sort sa baguette et je ne peux m'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Il la dirige vers l'espace vide sur le canapé à côté de lui et murmure le sortilège du Finite Incantatem.

Je ne peux m'empêcher de regretter mes paroles coléreuses en voyant le pauvre gosse assis devant moi. Il n'a rien demandé à personne lui, il n'a pas demandé à naître, à être le futur de tout un monde. Et Merlin, qu'il ressemble à Draco ! Les larmes me montent aux yeux, mais je les refoule bien vite. En même temps, heureusement qu'il ne ressemble pas à Voldemort, sinon je crois que j'aurais pas pu trouver le courage ni l'envie de m'occuper de lui.

- Il va falloir que j'y retourne Potter, dit-il en se levant et en prenant l'enfant dans ses bras. Sinon quelqu'un va finir par se poser des questions.

- Déjà ? Mais moi aussi, j'ai des questions ! m'exclamé-je en me levant d'un bond. Comment va Draco ? Il s'est complètement remis de cette grossesse finalement ? Il va bien ? Il pourra venir me voir bientôt ?

- Il va bien et il s'est parfaitement remis, du moins physiquement. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de lui parler depuis la naissance de l'enfant, si ce n'est récemment. Et il ne viendra sûrement pas. Il ne faut pas que le Lord se doute de quelque chose.

- Mais…

- C'est bon maintenant, plus de questions.

Je me renfrogne, mais je sais qu'il a raison et que l'enjeu est plus grave que mon envie de voir mon amour, alors je ne dis rien. Au moins je sais qu'il va bien maintenant.

- Bon, vous avez compris Potter, c'est à vous de continuer sa formation et de le prendre en charge dorénavant.

Il place l'enfant dans mes bras. Je fixe l'ancien maître des Potions d'un air dubitatif mais il ne me laisse pas le temps de réagir et enchaîne :

- Et n'oubliez pas, il ne passera pas l'année, alors faîtes en sorte qu'il soit prêt avant cette échéance.

- Mais qu'est-ce que je suis censé faire ?

- Ça, c'est votre boulot, pas le mien.

Snape hausse un sourcil et fait volte face. L'enfant dans mes bras, je secoue la tête de dépit en entendant la porte claquer.

- Bon, qu'est-ce que je vais faire de toi, maintenant.

Le garçon n'est pas conscient de mon trouble, évidemment, et semble prendre ce qui lui arrive avec détachement et une certaine apathie. En même temps, je me demande ce que ça fait de vieillir plus vite : prendre un an tous les mois, ça doit pas être facile. Je le mets face à moi, toujours dans mes bras, et il croise ses jambes autour de ma taille. Il est tout léger ce môme.

- Alors comment tu t'appelles ?

Il reste muet en me regardant de ses grands yeux gris - les mêmes que Draco. Je répète ma question mais il ne semble pas comprendre ou bien il est vraiment muet ? Qu'est-ce que Snape a encore oublié de me dire ? J'en ai marre de ces devinettes. Déjà que je me suis rongé les sangs pendant ces derniers mois en ne sachant pas comment Draco se portait, il faut maintenant que je m'occupe d'un gosse dont je ne sais rien et qui pourrait me faire bien plus de mal que Voldemort lui-même ! Et dire que d'après cette prophétie, c'est moi qui suis censé lui apprendre le bon côté de la magie pour l'émanciper, tu parles !

Je sors de mes souvenirs en sentant quelque chose tirer sur ma manche, ou plutôt quelqu'un. Je baisse de nouveau les yeux vers ce bout de chou dont les yeux me rappellent douloureusement que je n'ai pas vu son père depuis presqu'un an maintenant. Et même si j'ai déjà passé cinq ans loin de lui, j'avais l'alcool pour m'aider à supporter à cette époque. L'enfant commence quand même à peser lourd sur mes avant-bras et je le pose sur le sol. Impossible de croire qu'il est né il y a huit mois seulement ! Même si la prophétie avait prédit que ça se passerait comme ça, c'est quand même dur à croire.

Il ne bouge pas, immobile au milieu du salon, regardant par terre et semblant inquiet de savoir quel autre traitement il allait subir. Oh mon pauvre, que t'a-t-on fait là-bas ? Moi qui me plaignais de l'absence d'amour que je ressentais dans mon enfance, au moins j'ai découvert l'amitié et l'affection après (non, ne pas y penser) Mais lui ! Dire que c'est dix fois pire que tout ce que j'ai pu vivre serait un euphémisme. Élevé au sein du bastion des Mangemorts, sous la tutelle de Lucius Malfoy, puis de Voldemort lui-même. J'espère qu'il n'est pas trop abîmé, ni trop atteint de Magie Noire, sinon je ne donne pas cher de ma peau… Putain de prophétie !

Mon instinct de 'sauveur' dont Draco se moquait allégrement à une époque maintenant révolue et que je croyais enfoui sous des couches de désespoir et de cynisme, reprend le dessus et je m'accroupis à côté de lui.

- Qu'est-ce que tu veux faire ?

- L'enfant, me murmure-t-il.

Bon, il parle, c'est déjà ça. Mais sinon il est attardé ou quoi ce môme ? C'est quoi cette réponse, il veut faire l'enfant, c'est ça ? Bon calme-toi Harry, c'est qu'un enfant justement. Et techniquement, il n'a même pas un an, faut pas lui en demander trop non plus.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- On m'appelle l'enfant.

Ah c'est donc ça, il répondait à ma première question. Mais quoi ?

- L'enfant ? Mais c'est pas un prénom, ça !

Il se tait à nouveau et me regarde avec ses grands yeux vides de toute expression, comme s'il voulait que je le comprenne.

- Je sais pas. Mon père il veut que je choisisse un prénom, car lui n'a pas eu cette chance, car son prénom Tom vient de son père moldu qu'il aimait pas.

Il débite son discours comme une tirade apprise par cœur et ça me fout les jetons. Il a été complètement manipulé, ce petit. Pas que je m'en doutais pas, bien sûr, mais entre le penser et le voir, il y a une différence.

- C'est quoi ton prénom à toi ?

Sa question me sort de mon désarroi.

- Moi c'est Harry.

Sa bouille craquante me fait fondre mais je me souviens bien vite que j'ai sous les yeux le fils de Voldemort qui l'a manifestement entraîné à la Magie Noire, si j'en juge les flammes sombres qu'il vient de faire jaillir du bout de ses doigts, sans préavis.

J'ai un mouvement de recul quand il tourne brusquement la tête vers moi, s'arrachant à sa fascination pour les flammes. Il faut que je lui trouve un truc à faire, n'importe quoi, sinon les semaines à venir vont être difficiles. Je suis supposé l'entraîner, pas le regarder avec dégout ou adoration, voyons !

Très bien, autant commencer par le début.

- Alors euh… l'enfant, qu'as-tu fait avant que Snape ne t'amène ici ?

- Snape ?

- Oui, tu sais, le monsieur en noir avec le nez crochu, les cheveux gras et les yeux renfoncés qui vient de partir ?

Mon imitation gestuelle de Snape est visiblement réussie puisqu'il éclate de rire en tapant dans ses mains. Bon il est humain finalement ce petit, on va pouvoir essayer de s'entendre.

- Oui, oui je vois !

- Alors, qu'as-tu appris ?

- Quand j'étais petit, j'étais avec un monsieur aux cheveux très blonds qui s'est occupé de moi comme un bébé, dit-il en ricanant. Il était vraiment bête et il me détestait. Mais moi aussi je le détestais, alors je l'ai puni. (Un frisson me parcourt le dos.) Mais après c'était beaucoup mieux. J'ai été avec un homme à tête de serpent qui disait qu'il est mon père mais que je devais l'appeler Maître comme tout le monde. Avec lui, j'ai fait apparaître des flammes comme celles-ci. C'était bien ! J'ai aussi appris les sorts du Doloris, de l'Imperium et de l'Avada Kedavra. Je devais rester dans une pièce toute noire et voir des choses maléfiques en gardant les yeux grands ouverts, comme ça. J'ai aussi torturé et tué des gens et des animaux et j'ai su comment les faire revivre, mais c'était pas drôle parce qu'après ils étaient pas comme avant et c'était trop facile de les tuer de nouveau.

Je retiens une grimace à son ton boudeur d'enfant capricieux, mais il enchaîne sans faire cas de mes réticences.

- Je sais aussi parler aux serpents. J'ai appris le Sectumsempra et le sort de confusion et d'Oubliettes. Et aussi léviter les choses et les gens, c'est marrant ! Mais quand j'y arrivais pas, mon père m'attachait les mains et je devais me pencher en avant et alors je recevais des coups de fouet dans le dos. Ça, ça faisait mal, dit-il en baissant la tête. Mais comme après j'y arrivais très bien, j'avais plus de punition et mon père me donnait des récompenses. J'aime bien.

Le contraste entre son air innocent et le timbre calme de sa voix avec lesquels il énonce ce qu'il a été contraint de faire me dégoûte, mais je ne m'y attarde pas. Il va bien falloir que je m'y fasse. C'est Voldemort qui l'a élevé, pas un ange ! Et c'est à moi de changer tout ça.

Je lui prends les mains et contemple son visage extatique alors qu'il se remémore ce que son pè… Voldemort lui a appris. Un frisson plus violent me parcourt le corps cette fois et je ne peux m'empêcher d'avoir peur de l'enfant qui se trouve devant moi. Je me demande comment lui annoncer ce qui va suivre, ce qu'il va faire avec moi. Sa voix interrogatrice me sort de mes pensées.

- Harry ?

- Hm oui ?

- Pourquoi je suis là ?

Ok, alors c'est lui qui entame directement les hostilités. Harry, te loupe pas. N'oublie pas que tu as une partie de la prophétie à réaliser.

- Eh bien, tout ce que tu as appris à faire jusqu'à maintenant était une… partie de la magie que certains sorciers utilisent, mais pas tous. Et moi je suis là pour t'apprendre l'autre moitié. Tu comprends ?

- Oui. Je vais faire du mal à des gens ? Ils sont où ? demande-t-il en tournant la tête de droite à gauche.

- PAS QUESTION !

Son air apeuré me chamboule mais je reste ferme. Pas question de renoncer à mes principes.

- Il n'y aura pas de personnes à torturer, ou à tuer dans cette maison, on est bien d'accord ? Tu es ici pour apprendre la Magie Blanche, la magie curative, la magie qui aide, qui défend, ou tout du moins qui ne fait pas de mal. Ni à toi, ni aux autres, ni même aux plantes ou animaux, compris ? Je vais te montrer que la magie s'est aussi… se protéger, ou bien soigner une personne, devenir invisible, ou faire pousser une fleur, faire jaillir de l'eau et encore plein d'autres choses très belles qui ne font de mal à personne, et qui rendent la vie plus facile. Tu vois ?

Au fur et à mesure que je lui énonçais ces différents points, je joignais le geste à la parole.

- Oui, fait-il d'une petite voix. Tu ne me crieras plus dessus ?

- Non, mais seulement si tu es sage. Et tu n'auras pas de punition, ou bien… je te ferai dessiner, tiens ! Tu apprendras à être une bonne personne et un bon sorcier.

- J'oublierai tout de ce que je connais déjà ?

- Bien sûr que non ! Tu sais la magie est neutre en réalité. C'est l'usage que tu en fais qui la rend bonne ou mauvaise, blanche ou noire. Par exemple les flammes que tu faisais tout à l'heure ? Eh bien, si tu les projettes sur quelqu'un pour lui faire mal et le brûler, c'est une mauvaise chose, mais si tu t'en sers pour faire un feu qui réchauffera des personnes qui ont froid alors c'est une bonne chose, tu comprends ?

- Oui, c'est simple !

- Oui, ça l'est. Mais tu auras tout le temps d'apprendre ce type de subtilité dans ton apprentissage avec moi, je conclus en lui ébouriffant ses cheveux blonds.

Je passe le reste de la journée à tester ses capacités et c'est tout simplement prodigieux ! Il a malheureusement souvent la tendance à se laisser emporter par les pulsions meurtrières qui lui viennent de ses premiers apprentissages avec Voldemort, mais je vais corriger tout ça, foi de Potter ! Et c'est un vrai plaisir d'être le professeur d'un tel élève aussi doué, donc tout se passera bien, j'en suis sûr.

Même s'il semble avoir compris et assimilé mon discours du début, je n'ose pas le laisser seul dans une chambre pour cette première nuit. Qui sait ce qu'il serait capable de faire ? Non, je vais rester auprès de lui pour le surveiller. Je ne dormirai pas de toute façon. Et ainsi j'aurai la nuit pour réfléchir à comment respecter ma part du marché dans cette prophétie.

oOoOoOo

L'enfant a eu dix ans. Enfin dix mois, mais ça correspond à dix ans, si j'en crois la théorie de Snape. Nous avons célébré son anniversaire à notre façon. Je lui ai fait un gâteau au chocolat et aux amandes que nous avons fini en deux jours et je lui ai offert l'écharpe de Gryffondor de Sirius restée dans la chambre du deuxième étage. Il avait l'air surpris que je lui donne quelque chose à lui et je pense que les "récompenses" que Voldemort lui faisait n'étaient pas vraiment de ce genre-là. En tout cas, il a eu l'air d'aimer et il est maintenant constamment enroulé dedans.

L'enfant s'est calmé depuis notre première rencontre et heureusement. Les premiers jours ont été difficiles, il faisait des cauchemars, et je n'étais pas loin d'en faire aussi, mais finalement ça s'est arrangé, et j'ai réussi à trouver un moyen de l'entraîner à la Magie Blanche. Il ne s'est toujours pas décidé à se donner un prénom malgré tous ceux que je lui propose, alors je continue à l'appeler "l'enfant" comme les autres avant moi.

Depuis deux mois qu'il est au Square, nous avons instauré une sorte de routine lui et moi. Il est finalement resté dormir à mes côtés toutes les nuits depuis qu'il est au Square. Nous nous levons donc ensemble, et je nous prépare le petit déjeuner. Nous nous mettons ensuite à la théorie. J'ai retrouvé mes livres de Poudlard, mais il assimila les sept années en un mois - à croire que ses capacités à apprendre sont proportionnelles à sa croissance. Alors j'ai dû fouiller dans la bibliothèque des Black pour trouver autre chose pour continuer et nous consacrons toujours les heures de la matinée à la lecture. Il me demande ce qu'il ne comprend pas mais la plupart du temps il n'a pas besoin de moi alors je me contente de le regarder, et parfois de lire avec lui. J'en apprends moi-même tous les jours un peu plus. Puis je nous prépare le repas du midi. Au début l'enfant était craintif, à croire que ce qu'on lui donnait à manger au Manoir était infâme, puis il s'est mis à m'aider.

L'après-midi est consacré à la pratique, de manière tout à fait logique. Des sortilèges de défense, d'attaque, de soin, de protection, de métamorphose etc. Il apprend tout et réussit tout. Je suis bien souvent son cobaye et si au début je n'étais pas très rassuré, je lui fais maintenant complètement confiance en ce qui concerne la réussite des sortilèges du premier coup ! D'ailleurs, heureusement que je m'étais remis à faire de la magie sans baguette pendant ces longs mois où j'étais seul, parce que là il me surpasse complètement ! J'ai du mal à le suivre.

Depuis qu'il est là, je pense moins à Draco. Peut-être parce qu'il est son portrait craché. J'ai l'impression de revoir le petit Draco Malfoy que j'ai rencontré la première fois chez Mme Guipure, dans un autre temps, une autre vie.

En tout cas, il ne peut pas être plus prêt qu'il ne l'est maintenant. Je lui ai enseigné tout ce que je savais, et même tout ce que je ne savais pas. J'espère que Snape va bientôt arriver, car à part le faire s'entraîner un peu plus chaque jour, je ne peux rien faire pour qu'il se souvienne de tout ce qu'il a appris. Bon, ses capacités sont étonnantes, alors je ne devrais pas me faire trop de souci. Je vais le laisser lire tous les livres qui sont dans la bibliothèque des Black. Même si pour la plupart se sont des livres de Magie Noire, au moins il ne perdra pas la main.

Alors que je suis perdu dans mes pensées, l'enfant vient vers moi et se blottit dans mes bras, comme il a pris l'habitude de le faire depuis quelques temps.

- Ben alors, qu'est-ce qu'il y a ? Tu en as marre de travailler ? lui demandé-je. Prends une pause, tu as raison. De toute façon, je ne pense pas que tu puisses apprendre quoi que ce soit de plus dans cette maison. Si encore, on avait la bibliothèque de Poudlard sous la main… Enfin, ça sert à rien de repenser à tout ça. (Je soupire profondément avant de reprendre :) Alors, qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est que… je comprends pas… Dans tout ce que j'ai lu et ce que tu m'as dit, j'ai vu qu'il y avait plein de trucs méchants qu'il fallait pas faire, mais mon père me les a tous appris, me murmure-t-il d'une voix étouffée dans mon giron.

Je ne me ferai jamais à l'idée que ce petit est la progéniture d'une personne aussi maléfique que Voldemort. Il est si adorable et attendrissant. Je le serre plus fort contre moi. Comment vais-je répondre à ses interrogations ?

- Tu sais, tout dépend ce que tu devras faire bientôt, enfin… de ce que tu veux faire de ta vie.

- Ça veut dire quoi ?

Je me suis repris à temps, mais je ne veux pas avoir à lui dire que selon la prophétie il n'est pas censé survivre après. Oh Merlin, pauvre enfant. Mais peut-être est-il temps de lui en parler justement. Pas de son sort funeste, mais de la prophétie qui le concerne. Il a le droit de savoir quand même ! Je suis sûr qu'il sent bien qu'il n'est pas comme les autres. C'est pas comme s'il avait connu beaucoup d'autres personnes ou enfants de son âge, mais ça se sent ces choses-là, je pense. Et je sais que moi à sa place, j'aurais voulu savoir ce qu'il m'arrive.

- Alors tu vois, tu es un petit garçon très spécial et tu vas devoir faire des choses très importantes, tu comprends ? (Je le sens hocher la tête.) Très bien, et plus précisément, tu as le pouvoir de défaire et de refaire, et tu vas devoir utiliser ce pouvoir très bientôt. Tu comprends ?

- Ça veut dire que je peux détruire et créer, c'est ça ?

- Tout à fait et…

- Donc détruire et créer la vie ?

- Eh bien… c'est une possibilité, mais ça n'exclut pas qu'il y ait d'autres choses que tu puisses créer ou détruire, par exemple…

- Non, je suis sûr que c'est ça ! dit-il en se dégageant de mes bras. Je le sais, c'est la vie, c'est tout.

Son air grave et sûr de lui me prend au dépourvu mais peut-être a-t-il raison après tout. C'est son pouvoir, donc il doit bien le ressentir quelque part. Et si c'est la vie qu'il a entre ses mains, eh bien… je sens l'espoir renaître en moi. Il peut donc détruire, et il va pouvoir défier Voldemort et le tuer, enfin.

- Mais c'est bien ou c'est pas bien alors ?

- De quoi ?

- De détruire la vie. Tu m'as dit que c'est pas bien, mais si c'est mon pouvoir de le faire, et que je suis quelqu'un de bien, pas vrai ? Je comprends pas…

Il verse quelques larmes qui me fendent le cœur, mais je ne peux rien y faire.

- Bien sûr que tu es un petit garçon très gentil. C'est juste que tu es spécial, tu as les deux pouvoirs en toi : la mort et la vie, dis-je en tenant de le rassurer, même si je ne vois pas en quoi ce que je vais bien pouvoir dire sera réconfortant. Tu peux faire le choix d'être gentil ou méchant, ou bien les deux à la fois.

- Mais je veux pas être spécial ! sanglote-t-il de plus belle. Je veux pas faire des choses étranges et gentilles et méchantes. Je comprends pas ! Je peux plus, je veux pas…

Je n'arrive pas à le calmer, il est complètement sous le choc. Je n'aurais jamais dû lui dire ça comme ça, aussi brutalement. Merlin qu'ai-je fait ! Il est complètement paniqué, mais j'ai dû mal à savoir exactement ce qu'il ressent, je ne sais pas me mettre à sa place. Comment imaginer ? Je tente des caresses apaisantes dans ses cheveux et sur son dos, mais rien n'y fait. Il pleure encore plus et… Oh non ! Les meubles se mettent à trembler sur eux-mêmes et s'élèvent autour de nous, puis les ustensiles de cuisine arrivent un à un dans le salon et se mettent à tournoyer en cercle au-dessus et autour de nous ! Que dois-je faire ?

Les couteaux et hachoirs se dirigent lentement mais sûrement dans la direction de l'enfant dans mes bras et j'ai comme l'impression que c'est tout à fait délibéré. Il veut se tuer, et moi aussi par la même occasion ! Bon aux grands maux les grands remèdes : sortilège d'endormissement informulé, c'est tout ce que j'ai en stock. Ça y est, le petit est endormi. Je soupire. Les meubles retombent à grand fracas sur le sol et les instruments de cuisine s'éparpillent en cercle autour du canapé sur lequel nous sommes installés.

Je monte les marches quatre à quatre et enfin, l'enfant dort dans son lit. Je crois qu'il est plus prudent pour moi de le laisser seul cette nuit. Je retourne dans le salon, allume un feu dans la cheminée et m'installe sur le canapé sous une couverture. Plusieurs heures plus tard, je trouve enfin le sommeil, et passe une nuit agitée, peuplé de garçonnets maléfiques.

oOoOoOo

Snape arrive en catastrophe. Nous sommes deux semaines après la crise de pleurs de l'enfant. Apparemment il a sans s'en rendre compte désactivé les sortilèges de surveillance du Square Grimmaurd et Voldemort risque de s'en apercevoir. Dire que je ne m'étais aperçu de rien, quel piètre sorcier je fais à présent ! Pas le temps de discuter, Snape a tout prévu et nous fait toucher un Portoloin qui nous emmène au Manoir Snape. Je dépose l'enfant dans une chambre isolée, non loin de celle de Sybille Trelawney, d'ailleurs. Si elle savait ! Le petit s'endort rapidement, le voyage l'a sûrement épuisé, et je redescends au selon.

Oh Merlin ! Je m'arrête, sous le choc. Face à moi se trouve Draco ! Mon cœur rate un battement à sa vue et je me précipite dans ses bras. Je ne peux pas le croire ! Que fait-il là ? Mes épaules tressautent sous l'effet de mes sanglots incontrôlés. Draco sourit en me voyant dans cet état - et il y a de quoi se moquer de moi en effet - mais je fais comme si de rien n'était et prononce son prénom comme une litanie. Je ne peux pas le croire. Nous sommes enfin réunis, quasiment un an après son départ. Des larmes de joie dévalent aussi ses joues et je m'empresse de les aspirer avec ma bouche en embrassant frénétiquement son visage. Nous exultons, en pleurs dans les bras l'un de l'autre, tour à tour nous embrassant à en perdre haleine ou nous enlaçant à en briser une côte.

- Comment es-tu là ? Pourquoi es-tu là ? demandé-je entre deux baisers.

- Je n'ai pas pu sortir du Manoir depuis la naissance de mon fils et j'étais enfermé seul dans l'une des tours. Tu peux pas savoir à quelle point tu m'as manqué, Harry ! Oh je suis si heureux de te revoir !

Ses mains agrippent mon dos à m'en faire mal, mais je n'en ai cure. Draco est là, dans mes bras !

- Moi aussi, mon amour, oh moi aussi ! J'étais mort d'inquiétude de te savoir là-bas ! Mais comment as-tu pu venir aujourd'hui ? Tu n'étais pas surveillé ?

- Non je ne l'étais plus depuis quelques temps. Et puis le Lord veut réunir tous les Mangemorts pour une réunion exceptionnelle demain. Il n'y a plus personne au Manoir car il a ordonné que chaque Mangemort parte convoquer ses alliés aux quatre coins du monde. Du coup Severus est venu me chercher et m'a ramené ici avant que qui que ce soit ne revienne au Manoir. Et me voilà !

- Mais tu es sûr que personne ne s'apercevra de rien ? C'est bizarre quand même, non ?

- Ne t'inquiète pas, personne ne savait que j'étais enfermé là, à part le Lord, mon père et Severus, donc personne ne s'inquiètera de mon absence.

- Oh c'est merveilleux, Draco ! Je désespérais de jamais te revoir un jour, et nous voilà enfin réunis.

- Pour le meilleur, renchérit mon amour en m'embrassant passionnément.

Un mouvement dans la pièce nous arrête. Toujours enlacés, nous regardons le petit bonhomme qui nous observe, un air interrogateur sur son beau visage qui ressemble tant à celui de Draco. Justement, je sens celui-ci trembler dans mes bras et je le regarde d'un air inquiet. Il a le regard fixé sur l'enfant à nos pieds.

- C'est… je, je ne l'avais jamais vu… ils me l'ont pris dès qu'il est né et…

Il s'agenouille en tombant quasiment devant lui et le prend par les épaules. Je regarde ces retrouvailles d'un œil attendri, même si je sais que malheureusement elles ne dureront pas longtemps.

- Oh, mon bébé, c'est moi qui t'ai porté pendant ce qu'il m'a semblé une éternité. Je suis désolé de t'avoir détesté, tu ne le méritais pas bien sûr, c'est ton autre géniteur que je détestais évidemment ! Oh tu es si grand déjà et tu me ressembles…

Draco fond en larmes et je le prends dans mes bras en m'accroupissant à côté d'eux. Le petit n'a pas l'air de savoir comment réagir et il reste droit comme un i face à son père. Je le rassure d'un geste et m'occupe de Draco qui est maintenant complètement effondré dans mes bras. Il relève la tête et m'offre un sourire éblouissant. Puis il se tourne vers son fils et le prend dans ses bras.

- Tu te souviens de moi ? Est-ce que tu sais qui je suis ?

L'enfant le regarde pendant un moment puis penche la tête sur le côté.

- Moi, dit-il finalement en touchant le ventre de Draco.

- Oui, c'est ça ! sourit de plus belle mon amour. Tu étais là pendant presqu'un mois. Je t'ai porté, je t'ai nourri, tu étais en moi. Tu le sens, ce lien entre nous ?

- Oui. Maman.

J'éclate de rire tant l'étrangeté de la situation me saute aux yeux en cet instant. A croire que l'instinct maternel est vrai pour tout le monde, y compris pour un homme, ou pour un petit garçon qui a grandi trop vite et qui ne connaissait même pas le mot maman.

Snape entre dans le salon et interrompt ce moment de tendresse et de joie.

- Préparez-vous, la réunion majeure du Lord avec tous ses alliés a lieu demain. (Nous hochons la tête de concert.) Je pense que c'est le bon moment pour agir. Je serai déjà sur place, mais voici un Portoloin qui se déclenchera à 10h demain et qui vous emmènera directement dans la salle du conseil.

J'empoche le vieux grimoire qui fera office de Portoloin et Snape nous quitte. J'installe l'enfant dans le lit de la pièce où je l'avais placé sous les directives de Snape et nous attendons qu'il s'endorme. Puis je vais avec Draco dans sa chambre où nous faisons l'amour enfin et pour la dernière fois avant demain, où nous essayerons de réparer le mal qui a été fait à ce monde.

oOoOoOo

A notre arrivée dans la grande salle du Manoir Voldemort, tous sont réunis et semblent étrangement nous attendre, comme si notre arrivée était prévue. Je jette un coup d'œil à Snape mais son visage inexpressif ne m'apprend rien alors qu'il nous rejoint à nos côtés, dos à la porte d'entrée.

Des hoquets de stupeur des Mangemorts se font entendre dans toute la salle. Mais ils s'arrêtent bien vite sous le regard noir de Voldemort qui lance ses ordres d'une voix glaciale. Trois Mangemorts nous entourent et l'enfant est rapidement arraché de mes bras puis littéralement jeté sur le côté gauche de la salle. Il est réceptionné par un Lucius Malfoy plus pâle que jamais et qui nous fixe Draco et moi avec un regard haineux et dégouté. L'enfant me regarde avec un air triste et je crains que s'il se mette à pleurer, Lucius ne sera pas aussi gentil que moi. Je tente de lui lancer un regard rassurant, et ça semble marcher. Du moins pour le moment.

Je refocalise mon attention sur Voldemort qui se tient devant nous, dans toute sa splendeur maléfique. Je ne peux m'empêcher de penser à ce que Draco a dû faire avec ce spectre désincarné et des sueurs froides coulent le long de ma colonne vertébrale. Mais c'est bon, l'heure est venue, et tu vas enfin payer pour ce que tu as fait ! A Snape, à Draco, à cet enfant qui n'avait rien demandé, à l'Ordre, à moi, à tous ces moldus enfermés, à tous ces sangs-mêlés réduits en esclavage ! Ton heure est venue !

Mais le sourire triomphant de Voldemort fait vaciller mes convictions. Que se passe-t-il ? Pourquoi n'est-il pas étonné de voir l'enfant vivant et Draco à mes côtés ? Pourquoi n'a-t-il pas peur ? Je tourne ma tête vers mon amour qui semble dans le même état de confusion que moi. La voix perçante du Lord retentit dans la pièce.

- Comme c'est gentil d'être venus nous voir aujourd'hui, mes amis ! Nous vous attendions enfin !

Mon sang se fige dans mes veines. Non ce n'est pas possible ! Je tente de ne rien laisser paraître. Peine perdue.

- Mais voyons Harry, que crois-tu ? Que je ne savais pas ? Que je n'étais pas au courant de cette prophétie et de votre petit arrangement avec mon cher Snape ? Quoi ? Tu as l'air surpris ! Vous n'avez quand même pas cru que je ne savais rien, reprend-il en s'adressant à Draco et moi. Que j'avais envoyé Draco au Square comme punition juste pour ses beaux yeux ? Je savais que Severus s'empresserait de tout vous dire sur la prophétie dès qu'il aurait découvert l'endroit où était mon cher Draco.

Il a un regard concupiscent en le dévisageant de haut en bas et je sens mon amour frissonner de dégout à côté de moi. Je serre fortement sa main pour le rassurer.

- Bien sûr que je savais que Severus était un espion auparavant. Et alors comment aurais-je pu lui faire confiance ? J'ai placé un sort indétectable sur lui pour enregistrer tout ce qu'il fait, dit et entend. C'est comme ça que j'ai appris qu'il a recueilli Trelawney chez lui ! Puis quand elle a fait la prophétie, j'ai su qu'elle devait se réaliser à tout prix. J'ai donc demandé à mon cher Draco s'il voulait bien me faire un enfant, mais malheureusement il a refusé, ajoute-t-il avec un air boudeur qui ne lui va pas du tout.

Mes pensées meurtries et meurtrières doivent se refléter sur mon visage car il enchaîne en me regardant droit dans les yeux.

- Je savais pertinemment que vous vous aimiez, toi et lui - tu sais, Draco, tu n'as jamais été très doué en occlumencie, ironise-t-il d'un ton attristé - et que seul toi, Harry Potter, pouvait lui faire entendre raison pour qu'il accepte de faire cet enfant avec moi. C'est donc pour ça que je l'ai laissé au Square Grimmaurd. J'avais aussi éloigné mon fidèle Snape pendant quelques temps, juste assez pour qu'il ne puisse pas le prévenir de la prophétie avant qu'il n'arrive au Square. Et quand il a retrouvé la trace de Draco, il s'y est précipité pour tout vous raconter et pour que tu puisses convaincre ton cher et tendre de laisser la prophétie s'accomplir… et pour ne pas faire comme toi, à l'époque, quand tu avais refusé de suivre ta propre prophétie. Et j'avais parfaitement raison, n'est-ce pas ?

Le fait que Voldemort ait si bien parvenu à comprendre et deviner mes sentiments et mes pensées me laisse hagard. Je me laisse aller dans les bras de Draco, aussi perdu que moi. Nous nous sommes bien fait avoir en beauté depuis le début.

- Et bien sûr, pour que la prophétie se réalise et que cet enfant puisse vous éliminer, j'ai fait semblant de me rend compte que l'enfant était dangereux et j'ai demandé à Severus de le tuer. Je savais qu'il allait tout faire pour que la prophétie se réalise, pour avoir l'espoir d'oser penser m'éliminer, moi !, et qu'il allait donc l'emmener au Square pour que tu finisses d'achever la prédiction, mon cher Harry. Et ainsi nous voilà tous réunis, pour que vous assistiez à l'aboutissement de mes manœuvres !

Son air triomphant me donne la nausée. Je n'y crois pas. Je jette un coup d'œil vers Snape et alors que les émotions ont souvent du mal à apparaître sur son visage, il est cette fois aussi abasourdi et abattu que moi. Notre attitude prostrée et nos regards ternes font apparemment la joie de Voldemort qui rit une nouvelle fois.

- Que croyiez-vous donc ? Il fallait bien que la prophétie s'accomplisse si je voulais pouvoir enfin asseoir ma suprématie définitivement et régner en maître sur le monde ! Une fois Trelawney enfin morte, il ne me restait plus qu'à vous éliminer tous les deux, ainsi que ce cher Snape, pour finalement assouvir mon Empire ! Et c'est ce qui va se produire aujourd'hui, merci d'être venu jusqu'à moi, je n'aurais même pas à me déplacer !

J'ai l'impression que le monde s'écroule sous mes pieds. Trelawney morte et Voldemort au courant depuis le début, c'est pas vrai. Mes jambes tremblent sous moi. Alors tout ce que j'ai fait avec l'enfant n'aura servi à rien, le sacrifice de Draco, le double jeu de Snape… Rien ! Ça n'a servi à rien ! Pour un peu je m'en cognerais la tête contre un mur, si seulement j'avais un mur à proximité et si Draco ne me serrait pas contre lui avec une force incommensurable. Il vient sûrement de réaliser les mêmes choses que moi. Je me déteste, je me hais. Tout ça, toute cette mascarade, tous ses sacrifices, juste parce que j'ai voulu ma liberté il y a tant d'années !

Voldemort se tourne vers l'enfant.

- Allez, viens mon enfant, viens rejoindre ton papa !

Le mot papa dans sa bouche sonne comme la pire des insultes. Alors tous les regards se tournent vers l'enfant de dix ans qui tient le destin de deux mondes entre ses mains. Intérieurement je le supplie de ne pas le rejoindre, de comprendre, de se souvenir de tout ce que je lui ai appris.

Comme au ralenti, l'enfant fait quelques pas devant lui, sans direction particulière. Il tourne la tête vers moi et Draco et fait un pas en avant. Mon cœur se remet à battre dans ma poitrine. Je vois la tête dépitée de Voldemort et je serre fort la main de Draco dans la mienne. Un sourire commence à se dessiner sur mes lèvres. J'ai réussi ! La Magie Blanche que je lui ai inculquée, mon apprentissage, ça a fonctionné : il est de notre côté et pas de celui de Voldemort ! Un frisson d'excitation se propage depuis mon estomac et menace de sortir en éclat de rire quand je comprends qu'on a réussi.

Tout à mon exaltation, je ne saisis pas tout de suite ce que Draco murmure à côté de moi. Mais en tournant de nouveau le regard sur la scène qui se déroule devant moi, je l'entends, car ses mots font écho à mes propres pensées. Non ! Pas ça !

L'enfant a changé de direction et se dirige d'un pas tranquille vers Voldemort.

Non ! Non ! Pas alors que je croyais que c'était fini ! Mes jambes s'écroulent sous moi sous l'afflux de ces émotions contradictoires et du saut émotionnel que je viens de vivre, et je m'effondre au sol alors que tout est perdu. Je me retiens de pleurer de désespoir en sentant que Draco est dans le même état à côté de moi. C'est son fils malgré tout, il est sorti de ses entrailles après un mois de souffrance. Ça doit être encore plus dur pour lui. Nous nous serrons l'un contre l'autre frénétiquement. J'entends la respiration saccadée de Snape derrière nous.

Voldemort éclate d'un rire sardonique alors qu'il prend l'enfant dans ses bras.

- C'est bien, mon fils ! Tu as fais le bon choix, même s'il n'y avait pas vraiment de choix à faire, pas vrai ? ajoute-t-il en regardant avec mépris la loque que je dois représenter en cet instant. Maintenant, fais ton travail, mon enfant.

Le garçon se dégage de ses bras et se met debout devant nous.

Je tente de me diriger pitoyablement vers lui dans un dernier espoir pour lui rendre la raison. Mais il me regarde au fond des yeux et je sens toute sa puissance me terrasser. Ma volonté n'est pas assez forte face à la sienne.

- C'est mon combat maintenant, ce n'est plus le tien, énonce-t-il d'une voix où transparaît la sagesse de dix vies.

Même Voldemort ne paraît plus autant rassuré.

C'est étrange de voir ce petit bout d'homme de dix ans né il y a dix mois seulement se dresser devant tout ceux qui le surplombent, en taille oui, mais certainement pas en puissance. Sa ressemblance frappante avec Draco me choque en cet instant. Je le vois s'élever au-dessus de nous dans les airs et il disparaît dans les ombres du plafond. Il n'y a plus aucun bruit dans la salle et je me retiens de respirer. Draco broie ma main et au moment où je me demande ce qui peut bien se passer là-haut, Voldemort s'élève également, apparemment contre sa volonté, et je vois bien à son visage défait que ceci n'était pas prévu dans son plan.

On n'entend ni ne voit rien à nouveau pendant de longues minutes et après ce qui semble à nouveau une éternité, je distingue une forme mouvante se dirigeant vers le sol. Lentement, comme au ralenti, le corps de Voldemort retombe. Désarticulé, défiguré, démembré, seules sa cape noire et la canne qu'il avait à la main et qui est à présent enroulée autour de son cou, témoignent de son identité. Le bruit mou que fait son corps sur le plancher rejoint celui de l'enfant qui lui atterrit gracieusement sur le sol.

Le pouvoir de défaire.

La voix de Snape nous énonçant la prophétie de Draco et de l'enfant résonne dans ma tête alors que je prends toute la mesure du carnage qui vient de se dérouler sous nos yeux. C'est la débandade chez les Mangemorts, et le temps qu'ils comprennent que Voldemort est bel et bien mort, tous se précipitent vers l'enfant. Sans doute pour le tuer lui aussi. Mais celui-ci se redresse de nouveau, à peine essoufflé de l'acte qu'il vient d'accomplir et je vois la folie dans ses yeux.

Le pouvoir de défaire.

J'ai peur de comprendre toute l'implication de ces mots à présent que je le vois à l'œuvre et qu'il s'élève de nouveau dans les airs. On dirait bien qu'il n'a pas eu assez d'une mort et qu'il en a besoin d'autres pour se satisfaire.

Une onde de choc se propage dans la pièce, tuant tous ceux qui sont sur son passage et je la vois progresser vers Draco et moi sans que rien ne l'entrave. Le bruit des corps tombant assourdit la pièce et je me sens sur le point de m'évanouir. Ça y est, c'est la fin. Seule la présence de Draco qui me tient dans ses bras m'empêche de défaillir. Alors que nous attendons que l'onde nous traverse, nous nous regardons une dernière fois dans les yeux et je lis un je t'aime sur ses lèvres et dans ses yeux, faisant écho au mien. Puis je ferme les paupières. Je ne veux pas voir ça, voir sa mort à lui est ce qu'il pouvait m'arriver de pire. Je préfère encore que ma dernière image soit celle de Draco vivant plutôt qu'il ne meure avant moi et que je vois l'étincelle de sa vie disparaître de ses yeux.

Le pouvoir de défaire. La voix de Snape tourne dans mon esprit et s'entremêle avec celle de Draco me murmurant des je t'aime apaisant. Puis c'est le noir.

oOoOoOo

J'ouvre les yeux. La tête me tourne et je vois flou. Mes pupilles se fixent enfin et je distingue au-dessus de moi la tête blonde de mon amour. Il ne me regarde pas et semble concentré sur un point devant lui. Je distingue ses lèvres remuer mais aucun son n'en sort, ou bien c'est moi qui n'entends plus rien ? J'essaie de me relever mais mes membres sont lourds et je me sens fatigué. Que s'est-il passé ? C'est ça la mort ? Non, c'est sûrement pas ça, j'ai bien trop mal partout pour être en état de félicité absolue.

Draco remarque mes pitoyables tentatives pour me relever et me dit quelque chose que je n'entends pas. Ma bouche est pâteuse. Pourquoi sourit-il ? Que s'est-il passé à la fin ! La dernière chose dont je me souviens c'est l'enfant dans les airs. Une onde d'énergie traversant la pièce. Puis plus rien.

Enfin le bruit envahit ma bulle de silence et je perçois les sons à nouveau. Enfin, des sons il n'y en a pas beaucoup. Je distingue des corps à terre, des Mangemorts reconnaissables à leur cape noire, et ils sont sans aucun doute plus de ce monde. Le seul bruit perceptible est celui du bruissement de la cape de Draco alors qu'il se jette à mon cou. M'embrasse. Me dit qu'il m'aime. Que l'enfant a réussi. Que Voldemort est mort. Que les Mangemorts sont morts. Que nous sommes vivants. Lui. Moi. Snape. L'enfant.

Je mets bien dix secondes à réaliser ce qu'il vient de me dire. C'est incroyable ! C'est pas vrai ! Il a réussi. Nous avons réussi. La prophétie a finalement été accomplie pour nous, par nous, et non pas selon les plans de Voldemort ! Je sens un sourire étirer mes lèvres et je pense que Draco et moi devons ressembler à deux fous souriant jusqu'aux oreilles en cet instant.

Du coin de l'œil, je vois Snape fouiller les corps des Mangemorts et de Voldemort, sans doute pour s'assurer qu'ils sont bien morts. Je détourne la tête de ce spectacle pour plonger mes pupilles dans celles de Draco. Je ne veux pas penser à l'avenir pour l'instant, je sais que ça sera dur, mais pour l'instant je profite juste de ma vie et de Draco dans mes bras, m'embrassant encore en encore, indifférents à tout.

- Et… comment va l'enfant ?

- Il va bien, regarde, me répond Draco en se détachant de mes bras.

La forme recroquevillée au milieu de la pièce me fait craindre le pire mais Draco me rassure en me disant qu'il est simplement endormi. Nous nous approchons lentement de lui et au moment même où nous lui touchons le bras, moi l'épaule, Draco le poignet, un filin d'énergie venant de l'enfant nous traverse, passant de moi à Draco. Je manque de tomber à la renverse, mais il m'est impossible de retirer ma main de son épaule. Je regarde Draco d'un air inquiet mais il a les yeux fermés et semble extatique. Après ce qu'il me semble une éternité, il ouvre enfin les yeux comme émergeant d'un long rêve et me regarde fixement. L'enfant se réveille également et nous observe à tour de rôle. Je peux enfin le lâcher et je le regarde les yeux écarquillés.

- Merci Harry.

Le faible murmure de sa voix enfantine m'interpelle et je le prends dans mes bras. Les larmes me montent aux yeux.

- Oh, mais non ! Merci à toi, merci, tu nous as sauvés, tu nous as tous sauvés !

- Merci mon fils, chuchote Draco en nous enlaçant tous les deux.

oOoOoOo

Le lendemain nous trouve tous les quatre, Snape, Draco, moi et l'enfant, au Square Grimmaurd, incapables de se décider sur la marche à suivre. Tous les Mangemorts ou presque, en tout cas les plus importants, sont morts. Les moldus surveillés par les quelques sangs-mêlés qui font office de miliciens restent enfermés. Personne n'est au courant de rien. Voldemort avait annexé toute l'Europe, l'Amérique du nord et une partie de l'Asie Mineure. Heureusement il doit rester des sorciers de par le monde au-delà. Les barrières magiques qui nous séparent seront difficiles à briser mais nous y arriverons, j'en suis sûr. Mais pour l'instant nous devons nous occuper de l'Angleterre.

Snape décide de commencer par Londres et sa banlieue, en libérant les moldus de leurs cages et en libérant les sangs-mêlés de leur joug. Nous laissons l'enfant au Square Grimmaurd et avançons dans les rues désertes de Londres. Les volets sont clos, le ciel est gris, les arbres sont morts et je ne distingue aucun être vivant - humain ou animal - à l'horizon. Je commence à regretter d'être sorti de la maison. Je ne suis pas prêt à affronter le monde extérieur, sachant que tout est de ma faute, celle que j'ai commise cinq ans plus tôt. Des taches blanches se forment dans mes yeux dès que nous apercevons les premières cages à moldus et je me sens trembler de tous mes membres. Draco me retient par le coude mais je tombe et me retrouve assis par terre au milieu de la chaussée.

- Je… je ne peux pas… continuer, murmuré-je d'une voix blanche.

- Mais c'est très important ce qu'on doit faire, tu sais.

- Oui, je sais, mais c'est trop dur, je ne peux pas. Tout est de ma faute et…

- Ne dis pas ça ! Il est trop tard pour culpabiliser maintenant, me réprimande Draco.

Snape s'accroupit à nos côtés et pose une main sur le genou de mon amour.

- Ramène Potter au Square, Draco, je peux m'occuper de ça tout seul. Il a raison, ajoute-t-il en faisant un signe de tête en direction de la rue. Certaines images ne sont pas bonnes pour tout le monde.

- Mais… et toi ?

- Je suis habitué, Draco. Ce n'est pas moi qui suis resté auprès du Lord sans avoir aucune mission sur le terrain pendant toutes ces années.

Mon amour baisse la tête, vaincu, et je remercie intérieurement Snape de nous laisser retourner au Square ensemble.

Avec Draco, nous sommes donc retournés au Square Grimmaurd rejoindre l'enfant, et depuis une semaine, nous vivons à trois tandis que Snape parcourt les villes pour annoncer la mort de Voldemort et libérer tant bien que mal le pays. Il est dur pour moi de réapprendre à vivre avec le monde extérieur. Tant d'années seul m'ont éloigné de tout et les images de ces quelques minutes passées dans la rue restent derrière mes paupières et ne veulent pas s'éloigner. Draco est heureusement très patient avec moi et l'enfant est calme, ce qui facilite notre cohabitation. Le futur sera plus dur, mais je n'y pense pas pour l'instant.

Snape passe de temps en temps donner des nouvelles du monde extérieur qui se remet petit à petit. Cinq années de sévices, de brimades et de tueries ne s'effaceront pas en un jour mais la résilience humaine est si forte que je ne m'inquiète pas. Je reste malgré tout assez détaché de tout ça, mais je vois bien que Draco en souffre. Il a vécu tout ça lui, du bon côté certes, mais il sait ce qu'ont vécu ces gens alors que je ne peux qu'imaginer. Et je reste sans doute bien en-deçà de la vérité. Il voudrait participer à cette renaissance, je le vois, mais il reste avec moi, à me soutenir et je ne peux que l'en remercier infiniment pour ça.

En ce bel après-midi ensoleillé de décembre, nous nous trouvons donc tous les trois dans le salon du Square, moi et Draco sur le canapé, l'enfant assis sur une chaise et penché sur la table du salon. Nous le regardons dessiner tranquillement, comme tous les autres enfants de son âge devraient pouvoir le faire, et comme si les événements de la semaine dernière n'avaient pas eu lieu. Depuis que nous sommes rentrés au Square, il ne quitte plus l'écharpe de Gryffondor que je lui ai donnée et elle est présentement enroulée autour de son cou.

Draco est dans mes bras et c'est comme s'il n'avait jamais quitté cette place toute cette année écoulée. Seule la présence du garçon nous rappelle que tout cela n'a rien d'un rêve. Draco et son fils ont appris à se connaître et leur tableau de père et fils m'émeut aux larmes à chaque fois que je les regarde discuter tête contre tête. Nous aussi, notre amour a survécu à ces long mois passés chacun de notre côté et il en est ressorti plus fort que jamais. Chaque nuit, nous réapprenons le corps de l'autre et c'est comme un retour à la maison.

- Il a réussi, tu as réussi finalement. Il a agi pour toi, tu as bien fait, déclare doucement Draco.

- Oui, c'est un garçon courageux et il nous a tous sauvés. Je n'ose imaginer ce qui se serait passé s'il avait été avec Vold…

- Chut, c'est fini, c'est du passé, maintenant, me dit mon amour en posant un doigt sur mes lèvres.

Doigt que je m'empresse de mordiller en hochant la tête en guise d'assentiment. Mes caresses deviennent plus appuyées et ma langue se faufile entre ses doigts écartés, le faisant quasiment gémir.

- A… arrête Harry, il est toujours là, tu sais.

J'arrête mes effleurements à regret et nous tournons la tête pour observer l'enfant. Il s'est endormi, la tête dans ses bras croisés sur la table.

- Je vais le réveiller, me dit Draco en se levant de mes genoux. C'est une position inconfortable, et puis de toute façon, on allait manger.

Je le vois se diriger vers son fils et poser une main sur son épaule. Son air catastrophé m'alerte et je me lève à mon tour tandis que Draco tombe à genoux devant la chaise. Les larmes aux bords des yeux, il lui caresse les cheveux.

- Oui mon bébé, repose-toi, c'est fini. Tu as bien travaillé, tu as trop vécu, c'est bon, repose-toi maintenant.

J'ai peur de ce qu'impliquent les paroles de Draco, mais je comprends à l'air figé des mains de l'enfant et à l'absence de souffle devant sa bouche, que ce qui avait été prévu est arrivé. L'enfant n'a pas passé l'année. Il vient de mourir.

Nous l'avons enterré dans le jardin et nous nous sommes habitués à son absence dans la maison. C'est seulement trois semaines plus tard, alors que je retrouve par hasard le dessin qu'il était en train de faire le jour de sa mort, qu'il nous rappelle que sa présence sera à jamais ancrée dans nos vies.

- Regarde ce que j'ai trouvé ! crié-je en direction de Draco.

Il se dirige vers moi mais change tout d'un coup de direction pour se précipiter aux toilettes vomir le contenu de son estomac, comme il le fait depuis plusieurs semaines. Oh Merlin ! Je baisse les yeux vers le dessin que je tiens dans les mains et comprends. Je comprends le lien entre ce dessin de l'enfant et les nausées de Draco. On croyait que c'était une conséquence de l'énergie qui avait traversé nos corps le jour de la mort de Voldemort.

Et finalement on avait raison en un sens. Mais ce n'était pas à cause de l'onde de choc qui a causé la mort des Mangemorts, mais plutôt à cause du fil d'énergie qui nous a traversé moi et Draco quand nous avons touché le bras du garçon. Sur le dessin, Draco et moi sourions à un bébé porté par Draco. L'enfant s'était représenté comme un ange dans le ciel planant au-dessus des trois personnages du bas. Le pouvoir de défaire et de refaire. Le jour de la fin des Mangemorts, la magie de l'enfant avait en passant par moi implanté en Draco un futur enfant à naître.

J'aide mon amour à se relever et à s'essuyer la bouche et je lui montre le dessin. Il relève la tête et je vois ses yeux qui pétillent. Il a manifestement compris le pourquoi de ses nausées lui aussi.

- Tu… tu penses la même chose que moi ?

- Je crois bien que ce petit ange nous a laissé un ultime cadeau avant son départ, lui répondis-je en souriant à mon tour.

Les lèvres de Draco rencontrent les miennes dans un baiser doux et tendre et je sais qu'ensemble, nous allons recréer notre monde idéal.

Fin


J'espère que cette dernière partie vous a plu et que je ne suis pas partie trop loin dans mon délire !

On m'a fait remarquer à juste titre que cette fin était un peu rapide, donc si j'ai le temps un jour, je la retravaillerai pour l'améliorer, et peut-être en faire un quatrième chapitre, qui sait ?

Merci d'avoir lu :)

A bientôt !
K
elewan