Ceci est le dernier chapitre, merci à tous ceux qui ont suivi cette histoire et merci pour vos reviews. J'avoue qu'au départ j'étais assez découragée. Je tiens tout de même à préciser que les quelques lignes en gras sur mon profil, je les pense sincérement.
Bonne lecture !
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11
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Tony, affalé sur son divan balança la télécommande de la télé d'un geste rageur sur le fauteuil le plus proche. Putain, impossible de se concentrer sur le film! Il l'avait déjà vu au moins une dizaine de fois et d'habitude il ne s'en lassait pas. Mais ce soir... Il se leva, éjecta le DVD de "La mort aux trousses" et parcourut des yeux son étonnante collection. Son regard s'arrêta sur "Sa Majesté des mouches" de Peter brook, celui qu'il avait proposé à Tim de voir avec lui avant de se faire envoyer sur les roses par ce dernier. Il le saisit et le glissa dans le lecteur DVD en soupirant. La première fois qu'il était venu chez lui le bleu lui avait conseillé d'acheter un lecteur Blu-Ray mais Tony n'avait pas envie se débarrasser de ses DVD. Il visionna le film. L'histoire se passait pendant la guerre. Un avion qui transporte des enfants s'écrase sur une île déserte paradisiaque. Au début tout va bien et puis le chaos...
Tony soupira et se renversa sur le divan. Au début avec Tim tout allait bien aussi. Et puis...Que s'était-il passé ? Au départ, dans le chalet près du lac il avait en quelque sorte saisi l'opportunité. Cela faisait un moment qu'il y pensait mais sans rien faire pour passer à l'acte. Les circonstances ne s'y prêtaient pas. S'ils n'y avait pas eu ce quiproquo au sujet de la plage il ne se serait certainement rien passé. Il aurait dragué des filles en bikini et charrié son ami mais ...Tim était si craquant ce soir là, se demandant visiblement quelles étaient les intentions de son ami, gêné, hésitant, rougissant à tout bout de champ...Absolument irrésistible, sans le savoir bien sûr.
Et Tony avait craqué. Il se doutait bien qu'il était le premier et avait initié Tim du mieux qu'il le pouvait, avec patience. Beaucoup de personnes qu'il avait eu dans son lit auparavant, hommes ou femmes ne l'auraient pas reconnu. Mais Tim était spécial et il méritait un traitement spécial. Fort de son expérience il avait rapidement saisi que ce dernier n'était pas quelqu'un de dominant au lit et c'était parfait pour lui. Mais Tim avait changé la donne. Il voulait des sentiments et lui, Tony, dérouté, avait pris peur et n'avait rien fait de mieux que de se comporter comme un salaud et d'essayer de le rendre jaloux, ce qu'il était parvenu à faire, bien sûr. Il n'en était pas fier. Et Tim ? Putain, qu'il lui avait fait mal quand il lui avait dit qu'il savait baiser mais pas aimer. C'était faux, il ressentait des sentiments pour son ami. Tim pouvait être dur parfois et il n'avait pas lancé cela au hasard. Il savait où ça ferait mal et il avait atteint son but.
Comment en étaient-ils arrivés là ?
Tony ne voulait pas que cette liaison finisse mais il ne voulait pas s'engager non plus. Il voulait continuer, voir ou tout ceci allait les mener. Aimait-il Tim ? Tout ce qu'il savait c'était qu'il en était amoureux à sa façon, ce qui n'incluait dans son esprit ni promesse, ni serment d'amour. C'était cela l'honnêteté "made DiNozzo". C'était cela qu'il devait expliquer à Tim.
Timothy McGee se tortillait nerveusement devant la porte de son ami Tony DiNozzo. Merde! Il commençait à manquer de courage. Et si Tony l'envoyait balader ? Et s'il lui disait que c'était fini entre eux ? Et si... Il se mit à faire les cent pas sur le palier.
La porte d'un appartement s'ouvrit et une femme corpulente avec des lunettes en sortit.
-Il ne répond pas ? Brailla t-elle, c'est bizarre parce que je l'ai entendu rentrer il y a une heure de ça.
Tim réprima l'envie de l'étrangler. Si tout l'étage, Tony y compris n'avait pas entendu il avait de la chance. Plus question de tergiverser maintenant. Il appuya sur la sonnette en s'imaginant faire avaler ses lunettes à cette espèce de commère. La porte s'ouvrit.
-Ha ! Je vous avais bien dit qu'il était là ! Renchérit la femme de sa voix haut perchée. Elle pinça les lèvres et descendit l'escalier.
-Charmante voisine, commenta Tim.
Tony le regarda étonné. Tim nota qu'il avait l'air un peu fatigué. Ses cheveux étaient en désordre ce qui lui donnait l'air encore plus jeune.
-Je peux entrer ?
-Oui, bien sûr, répondit Tony. Faut dire que tu es bien la dernière personne que je m'attendais à voir.
-Tu attends de la visite ?
-Non, rentre.
Tony referma la porte derrière lui. Tim fit un pas dans le vestibule où ils avaient si souvent fait l'amour, incapables d'attendre le confort d'un divan ou d'un lit. Il hésita, ne sachant pas par où commencer. Il inspira un grand coup, histoire de se donner du courage et se lancer dans de grandes explications mais tout ce qui sortit de sa bouche fut:
-Je suis désolé.
Tony le regarda les yeux ronds.
-Tu...tu es désolé ?
-Oui, je n'aurais jamais dû te parler ainsi, c'était moche. J'ai voulu te blesser parce que j'avais mal et...
Tony le coupa.
-Tu es désolé ?
Tim le regarda décontenancé.
-Oui...
La seconde suivante il était dans les bras de Tony.
-Mais putain, Tim, c'est MOI qui suis désolé, je me suis conduit comme un con, j'ai tout fait pour te rendre jaloux, je...oh, et puis merde! Il faut que je te le dise, je tiens à toi, le bleu.
-Tony ! S'écria Tim exaspéré et riant en même temps. Puis il redevient sérieux. Moi aussi je tiens à toi, Tony. Je...j'ai des choses à te dire. Sur ce que je ressens et sur la personne que je suis mais c'est donnant donnant, Tony, je veux que tu me parles sincèrement de toi.
Tony sourit et déposa un baiser sur ses lèvres.
-OK, donnant donnant, viens...
Tony l'entraina dans le séjour et l'invita à s'installer sur le divan. Il disparut dans la cuisine et revient avec deux bières. Il en tendit une à Tim et porta le goulot à ses lèvres en se laissant tomber sur le canapé. Il en but une longue gorgée et posa la petite bouteille sur la table basse.
Tony commença à parler, livra le fond de sa pensée, eut quelques difficultés à évoquer ouvertement ses sentiments. Il exprima ses désirs, ses attentes. Tim lui parla de lui, de ce qu'il ressentait, de ses envies. Il rougit plus d'une fois au grand amusement de son ami.
Tony se leva pour aller chercher deux autres bières. Ils discutèrent encore une bonne heure puis, quand les paroles ne furent plus nécessaires, qu'ils estimèrent l'un et l'autres s'être bien écoutés, entendus, compris, pardonnés les mots durs et conclu qu'ils verraient où cette relation les ménerait les mains se nouèrent et les lèvres se joignirent. Bientôt ce ne fut que gémissements, soupirs et cris de plaisirs. Les deux hommes firent l'amour à même le sol et finirent par se hisser sur le divan pour somnoler un peu dans les bras l'un de l'autre.
Tony finit par s'étirer et déposer un baiser sur le bout du nez de son ami qui entrouvrit les paupières.
-Douche ? Proposa t-il.
-C'est pas de refus, répondit Tim en s'asseyant sur le bord du canapé. Toi ou moi en premier ?
-T'es fou, faut économiser l'eau, rétorqua Tony l'air lubrique. Tu ne sais pas que c'est la sécheresse ? Nous devons tous faire des efforts même si parfois c'est dur. "La vie c'est pas d'la tarte hein ?"
-C'est une réplique d'un grrrrrand chef d'œuvre du cinéma ?
-Euh..."American Pie 2", désolé le bleu.
-Tu dois être vraiment fatigué, Tony, rit Tim. Il se saisit d'un coussin et l'envoya à la tête de Tony. Tiens, DiNozzo, ça c'est pour m'avoir appelé le bleu.
-Tu vas me le payer, McGee, déclara Tony en se levant, un sourire carnassier aux lèvres.
-"Attrape-moi si tu peux !"
Tim se dirigea vers la salle de bain en riant, Tony sur ses talons.
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FIN
