Yoh à toutes mes chères demoiselles! Merci énormément de vous encouragements.Je précise tout d'abord que la suite de ce chapitre s'ouvrira sur "mais que deviennent donc les autres chevaliers pendant ce temps là"? Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas! Je laisse donc avec un Milo désorienté...enjoy! ;'p


Pas rassuré.

Il n'était pas du tout rassuré à l'entrée du septième temple.Mais il ne restait plus qu'une maison à parcourir avant de pouvoir se reposer un peu chez lui.Il devait donc être courageux et déterminé.Gravissant une à une les marches de ce temple la plupart du temps désert, il se remémora la fois où il avait embrassé Camus la première fois...c'était ici même.

Comme Milo était entouré de deux temples vides, il y amenait souvent ses conquêtes et profitait ainsi de l'absence des propriétaires.Un soir, le scorpion avait prétexté avoir entendu des bruits suspects émanant de chez Dokho et il était allé chercher Camus.le français ne se doutant de rien, l'avait docilement suivit...et alors qu'il inspectait aimablement le temple, Milo en avait profité pour le plaquer contre une colonne et lui voler un baiser sulfureux.

La piqûre du scorpion avait fait effet, le venin du désir se répandant en Camus...ce dernier s'était laissé faire sans protester...Contrairement au dard mortel du scorpion, les baisers de Milo étaient aphrodisiaques et le sage Verseau avait succombé à son agresseur.

Leur relation venait de prendre un tour nouveau et de meilleurs amis, ils étaient passés à meilleurs amants...leurs deux corps nus s'étaient ébattus ici-même, sur les dalles gelées et inhôspitalières...

Un triste sourire croisa le visage du Grec en repensant à l'air naïf et précieux de Camus lors de leur première fois...Le Verseau était si doux avant de devenir aussi froid.Quel dommage.

Chassant ces souvenirs fantômatiques de son esprit, Milo s'avança d'un pas décidé dans le son cosmos l'indiquait le vieux maître s'y trouvait bel et bien, mais...

Milo hoquetta de surprise.

Dokho était affalé sur le sofa, des bouteilles d'alcool disséminées partout autour de lui.Il était torse nu, les cheveux ébouriffés et sa pose lascive était extrêmement émoustillante.

Le scorpion était fortement étonné, c'était le moins que l'on puisse dire! La seule fois où Milo avait vu Dokho sous sa forme jeune, c'était lors de la bataille d'Hadès et la situation ne se prêtait pas vraiment au...relucage.Mais maintenant qu'il avait pleinement le temps et l'occasion de pouvoir le détailler un peu plus, Milo se maudissait intérieurement...

Il n'aurait pas du croiser ce regard de félin...de tigre affamé.

Pourquoi Diable n'avait-il pas connu Dokho sous cette forme plus tôt? Il aurait rendu plus souvent visite à son voisin, s'il avait su ce que ce vieillard violet cachait sous sa carcasse fossilisée! Mais comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, Milo décida de faire plus ample connaissance avec le gardien du septième temple.A cet instant, il ne pensait plus à Camus.Seules comptaient ces deux pupilles irisées de brun qui le fixaient avec intérêt et curiosité...Dokho paraissait étonné de le voir, tout autant que Milo l'était, mais pas pour les même raisons...en effet, l'ancien vieillard semblait très porté sur la bouteille, ce qui étonna très fortement le jeune Grec.Peût-être fallait-il se méfier? Un homme éméché peut avoir des réactions imprévisibles...

«Milo, que fais-tu ici?»

Cette première prise de contact fit sursauter le scorpion.La voix lente et caverneuse de Dokho semblait indiquer qu'il n'était pas au courant de sa venue ici.Mais alors...se pourrait-il que Dokho ait refusé de coopérer pas Camus? Un rapide éclair de soulagement frappa Milo.Si c'était le cas, alors il n'avait rien à craindre!

-«Hum...je...j'étais descendu voir Aiolia et là, je regagne mon temple.Rien de bien passionant, haussa t-il des épaules.

-Aiolia...Tu tiens beaucoup à lui, n'est-ce pas?

-Oui, mais...

-Mais pas au point de quitter Camus pour lui, hum?» Le coupa le Chinois.

Un peu de sueur coula sur les tempes de Milo.Que répondre à cela? Le faux vieillard avait vu clair dans son jeu...Il ferma les yeux et commença à avancer pour sortir.

-«Cela ne concerne que moi et Camus.Je n'ai pas envie d'en parler.

-Vraiment? C'est bien dommage...te confier t'aiderait à y voir plus clair je pense.Je sens ton cosmos brouillé et confus.Tu as les idées noires, Milo.Partager tes doutes avec une personne qui a un peu plus d'expérience pourrait t'aider à trouver une nouvelle motivation.Parce que dans ton état actuel de rancune, tu n'arriveras à rien, crois-moi.

-Oh...et je suppose que vous êtes cette personne patiente et sage qui allez jouer les Cupidon Psychologue pour moi? Se moqua Milo, un sourire aux lèvres.

-Pourquoi pas? Je n'ai rien de mieux à faire de toutes façons.

-Permettez-moi de décliner votre offre.Pas que je doute de vos capacités à recoller les coeurs brisés, mais vous vous trompez sur moi.Je vais parfaitement bien et je connais tout ce qu'il y a à savoir sur l'Amûûûûûr et ses mystères! Je pense même sans vouloir me vanter, en être le spécialiste ici bas.

-Ce n'est pas parce que tu as mis dans ton lit la moitié du Sanctuaire que tu connais quelque chose à l'Amour, le grand.Ca ne prouve absolument rien, peût-être juste que tu es un excellent amant...mais l'Amour, c'est plus que de l'attirance physique.Or, tu sembles l'avoir oublié...oui, tu as négligé l'aspect humain et incontrôlable de la chose.

-Comment cela? S'arrêta le scorpion, intéressé par les propos de Dokho.

-C'est simple.Tu vois l'Amour comme un jeu.Un jeu de hasard...parfois, on gagne la tombola, parfois on perd tout.Toi, tu mises tout dès le départ sans te soucier des conséquences.Tu es trop «instinctif» et tu en oublies complètement le côté sentimental.Seule l'orgie des sens compte pour toi, mais tu as un coeur pourtant.Et tu es blessé en ce moment, même si tu ne veux pas l'admettre.

-Blessé? Et par quoi? Parce que Camus me fait passer cette stupide épreuve pour tester ma volonté? Parce qu'il n'a plus confiance en moi? Non, absolument pas.Je sais ce que j'ai fait, je ne regrette rien, je ne changerai rien même s'il m'étais donné de le faire.Je veux assumer mes erreurs et en finir avec ça! Affirma Milo sur un ton corrosif.

-Tu es sur la défensive, j'ai donc touché un point sensible.Je sais que tu n'en veux pas à Camus parce qu'il doute de toi.Tu as cherché ce qui t'es arrivé.mais ce que tu n'accèptes pas, c'est cette inversion des rôles.Pour la première fois de ta vie, tu ne contrôle rien, tu subis.Et tu détestes ça, parce que tu as l'impression que Camus se sert de toi pour se divertir...pour satisfaire un désir...or, tu détestes avoir cette impression d'être «dominé».Mais c'est aussi ça l'Amour.C'est laissé l'autre tenir les rênes de temps en temps et se soumettre à lui.

-Ben si c'est ça, j'en veux pas! Répondit le scorpion en croisant les bras et en détournant la tête.

-C'est trop tard, Milo.Malgré ton attitude enfantine et capricieuse, tu es amoureux de Camus.Le mal est déjà fait...alors au lieu de perdre ton énergie à le nier, concentre ton dynanisme sur ta quête.Tout ce qu'il y a de négatif en toi, doit devenir positif si tu veux réussir.

-Tssss...j'aurai du me douter que vous saviez déjà tout...mais je vous croyais trop vieux et sage pour vous intéresser à ce genre d'affaires sordides.

-Et moi, je te croyais assez intelligent pour prendre sur toi et te confier au lieu de ruminer et de tenir Camus pour responsable de tous tes petits tracas, alors que c'est toi le problème.

-Vous...vous aussi, vous êtes de son côté...

-Tu te trompes, ce n'est pas une question de «côté».Je veux juste que tu réalises qu'avec un tel état d'esprit tu succomberas à la prochaine maison.

-Avez vous au moins idée de tout ce que j'ai subi? J'ai été face à des personnes, à des situations qui m'ont blessées bien plus que toutes les batailles que j'ai menées! Tout ça, à cause de mes foutues sentiments! Et vous prétendez que Camus ferait cela pour me faire reconnaître mon Amour pour lui? Quelle bonne blague! Il veut au contraire que je renonce à tout cela, et que je devienne insensible à son image! Comme il l'a fait pour Hyoga en coulant davantage le bâteau de sa mère...et s'il gagne...je deviendrais son chein docile et fidèle...qui me dit qu'il n'exigera rien d'autre par la suite? Je ne tiens pas à m'enliser dans la morosité de la monogamie!

-Mais tu l'aimes.Sinon, tu aurais déjà abandonné.Alors, ne gâche pas tous tes effots, ce serait stupide.Tu dois te battre pour toi seul, pour te prouver que tu peux résister! Après, tu seras libre de continuer ou non avec Camus, mais continue! Tu y es presque, tu as fait plus de la moitié du chemin, ce serait vraiment dommage de tout envoyer valser.»

Milo le fixa sévèrement quelques instants, mais rapidement, il ne tarda pas baisser la tête et il vint s'asseoir sur le canapé à côté de Dokho.Se saisissant d'une bouteille, il bu, sous les yeux éberlué de la Balance.Les lèvres tremblantes, les yeux rougis par les larmes qui naissaient dans ses magnifiques yeux océaniques.Après plusieurs minutes de silence, il déclara:

-«Que vous a t-il promis? Que vous a promis mon «Amour» pour que vous me remettiez dans le droit chemin? Il sait...il sait tout, il voit tout depuis le début et il me surveille, n'est-ce pas? Il sait que je suis au bord de la crise de nerf et que je ne vais pas tarder à craquer parce que la haine que je lui porte est au moins aussi forte que mon affection pour lui...cette histoire ne concernait que lui et moi, mais il a choisi de l'étendre à tout le Sanctuaire.Et maintenant, nous ne sommes plus les seuls à souffrir...il a fallut qu'il rende cela publique, qu'il ouvre les plaies de tout le monde! Pourquoi! Avait-il vraiment besoin de me tester de cette façon en y impliquant tout le monde! Je sais que c'est Camus qui t'a demandé de me raisonner, ne me prenez pas pour un imbécile!»

Le scorpion paraissait hors de lui, plus que jamais disposé à tout laisser en plant.Et Dokho ne nia pas...Milo avait raison et il avait très vite vu clair dans son ton moralisateur, mais paternaliste.La Balance fut surpris de la rapidité d'esprit de Milo et de sa légendaire lucidité.Portant une nouvelle fois la bouteille de champagne à ses lèvres, Milo eut un sourire mélancolique:

-«Quelle ironie...ce bougre de Camus avait prévu mon petit coup de blues, à tel point qu'il même avait sorti les bouteilles pour mon passage...je vais continuer ouais...qu'il s'inquiète pas l'icerberg...mais quand je l'aurai choppé il pourra plus s'asseoir pendant trois semaines!

-Milo...comment as-tu su?

-Disons que malgré ce qu'en pense sa Majestée des Galace, je le connais parfaitement bien.Il espère vraiment que je réussisse, alors sans le dire explicitement ou sans interrompre l'épreuve, il essaie de me motiver à sa manière...et puis, il n'y a vraiment que lui pour coller des bouteilles d'alcool en plein milieu du chemin...et du champagne en plus! LA boisson typiquement française! Je ne suis pas tombé de la dernière pluie, monsieur Sibérie and Co s'est trahi tout seul!

-Peût-être n'a t-il pas cherché à cacher qu'il était derrière tout ça? C'est sûrement sa façon de t'encourager à sa manière et de te dire qu'il est avec toi.

-Tu sais quoi? Ca n'a pas la moindre espèce d'importance, parce que je vais poursuivre pour moi et avant tout pour moi.Si je dois cèder, je cèderai, mais pas sans m'être battu avant.Je veux voir jusqu'où je peux arriver!

-Tu prends vraiment ça comme un jeu et...»

Mais le regard du scorpion était si triste et perdu que Dokho se senti attendri.Oui, pas de doute, Milo était fou amoureux de son Verseau.même s'il se cherchait des excuses pour continuer, il voulait surtout retrouver Camus plus que tout.Le Grec resta quelques instants en compagnie de Dokho pour profiter de calme inhérant entre eux et reprendre un peu de poil de la bête avant de se rendre au prochain temple: le sien...

Camus avait-il préparé quelque chose là-bas?

Mystère...mais Milo préfèrait ne pas y penser...il se sentait juste bien et paisible maintenant qu'il avait tout relâché.Il n'y avait plus de pression, il savait parfaitement ce qu'il devait faire et pourquoi aussi.Dokho ne cessait d'être surpris par la faculté que Milo avait à se remettre de ses blessures, aussi bien physiques que psychologiques.Il ne laissait jamais personne se mettre en travers de son chemin, aucun obstacle ne semblait pouvoir l'arrêter...

Il avait été réticent à aider Camus, pensant que Milo n'arriverait même pas jusqu'à lui.Mais ça en avait vallut le coup, pour découvrir une autre facette de la personnalité flamboyante du Scorpion.Le chinois se laissa même aller à caresser avec délicatesse les cheveux de Milo...se rapprochant de lui, il entoura la nuque de Milo de ses bras musclés.

Le Grec se laissa aller sans résister.Il avait vraiment souffert...et un peu de réconfort désintéressé n'était pas de refus, sauf que...

Les lèvres du maître de Shiryu dérapèrent sur les siennes, «accidentellement».La douceur de ce contact, la tendresse qui émanait de Dokho, lui rappelèrent celle dont il avait fait preuve avec Camus le soir de leur première fois...

Le Verseau avait parut si effrayé que Milo n'avait pu résister à ce regard profond...

Il retourna ce baiser à Dokho, l'accentuant davantage et forçant la passage de la bouche de la Balance.Ce dernier acquiesça et laissa Milo prendre le contrôle...jusqu'à ce que...

«Camus...»

Murmura Milo alors qu'une larme roulait sur sa joue et vint s'écraser au sol...