Bonjour à toutes !

Je reprends enfin cette fics, après des années de friche ! Il n'a jamais été question pour moi de l'abandonner, mais je voulais me consacrer à des projets me tenant plus à coeur. De plus, j'ai commencé à la corriger, car à l'époque, mon logiciel de traitement de textes n'était pas bien digéré par le site.

Quoiqu'il en soit, PLACE A LA SUITE, qui je l'espère, vous plaira et aura valu toute cette attente !

Enjoy !


Depuis le début, Milo avait déjà failli jeter l'éponge à plusieurs reprises. Il était passé à un cheveu de long de Shaka de succomber. Il devait admettre, à sa grande stupéfaction, que la « petite » épreuve concoctée par Camus était plus difficile à surmonter que prévu. Preuve s'il en était que le Verseau pouvait se montrer aussi perfide que tordu. Certes, le scorpion l'avait bien cherché et mérité, mais là n'était pas la question, n'est-ce pas ? Il arrive parfois que le bourreau soit plus encore à blâmer que le coupable. Et dans ce cas précis, Milo en était intimement convaincu. La punition était disproportionnée.

Les lèvres de Dohko goûtaient les siennes sans vergogne, les noyant dans une brume alcoolisée qui lui faisait perdre la raison. Et comme si cela n'était pas suffisant, le tigre le bloquait, appuyant de tout son corps sur lui. Milo pouvait sentir chaque muscle tendu contre les siens. La peur, l'appréhension et la surprise laissaient peu à peu place à de l'excitation. L'alcool enivre même les volontés les plus fortes. C'était une arme redoutable face à laquelle Milo se trouvait être un homme comme les autres. Tous ses pouvoirs ne lui étaient d'aucune utilité contre cet ennemi sournois qui en avait fait plier de plus durs. Lentement, mais sûrement, ce venin diabolique amoindrissait ses réflexes et faisait naître un désir chaud au creux de son ventre, le laissant aussi inoffensif qu'un agneau pris en chasse par un loup affamé. Il ne pouvait plus lutter, il ne le voulait plus. Camus avait gagné.

Camus…

…avait…

…gagné ?

« Non ! » Cria brusquement le scorpion en s'arrachant à la bouche intoxicante de son aîné.

Dans un élan de lucidité, il rassembla ses dernières forces pour enflammer son cosmos et éjecter sans délicatesse le pauvre Dohko. Pas question de laisser Camus avoir le dernier mot en démontrant qu'il n'était qu'un obsédé, incapable de résister à ses pulsions ! Milo allait lui faire regretter d'avoir douté de lui ! Il en allait de son honneur plus que de son amour pour la Reine des Neiges ! Il se releva, fier comme un paon et jeta un regard désolé à Dohko, en s'éloignant.

« Désolé papy, ne le prend pas mal tu es toujours aussi attirant malgré ton grand âge, mais il faudra plus qu'un peu d'alcool pour m'empêcher d'aller botter le cul gelé de l'Icerberg ! »

C'était sans doute à cause de l'alcool, mais le tigre n'essaya pas de le retenir. Il comprenait. Lui, avait accepté ce petit jeu sordide pour une bouteille et parce qu'il s'ennuyait, mais Milo avait un but réel dont rien ni personne ne semblait pouvoir le détourner. Ainsi Dohko se résigna. La quête de Milo n'avait rien de noble évidemment et les circonstances ne jouaient pas vraiment en sa faveur, mais la détermination du scorpion laissait le vieux sage admiratif. C'était donc cela, la fougue de la jeunesse, celle qu'il avait perdue depuis si longtemps… Il ne pouvait rien contre elle, c'était perdu d'avance. Mais dans cette histoire, ce n'était sûrement pas l'amour qui allait triompher de l'adversité et ressortir vainqueur. Dommage, mais à présent c'était un règlement de comptes qui avait tourné à l'affaire personnelle. Il avait vu le regard de Milo quand ce dernier avait repris ses esprits.

Un regard empli de haine et ressentiment envers l'insensible Verseau. Nul doute que si Milo parvenait au bout de cet exercice de style imposé par un esprit machiavélique, ce ne serait pas pour se réconcilier avec Camus. Ca l'avait peut-être été, au départ, mais les choses avaient irrémédiablement changées maintenant. Les enjeux étaient devenus plus forts puisque le Grec avait réalisé que lui et Camus n'étaient pas les seuls à souffrir ni à être concernés par ces petites histoires de tromperies en apparence anodines et puériles. C'était tout le Sanctuaire et ses habitants qui étaient impliqués dans leur querelle de couple en crise. Et pour Milo l'humaniste, pas question de laisser passer cela. Il allait réparer ses erreurs, faire son mea culpa devant les victimes, mais Camus n'en faisait assurément plus partie… Il était bien trop tard, toute cette petite plaisanterie étaient allée beaucoup trop loin en virant au drame. Pas question pour Milo de jouer les clowns tristes et de se laisser manipuler. Il était évident que Camus se moquait bien de se servir de ses camarades tant qu'il pouvait obtenir sa petite vengeance personnelle. Et ça, Milo ne pouvait le pardonner.

Comme ils ne pouvaient plus faire machines arrière, autant continuer jusqu'au prochain temple, non ?


Le prochain temple qui se profilait à l'horizon ne lui avait jamais paru aussi lugubre. Normalement, il aurait du être le symbole de la délivrance, puisque le scorpion rentrait enfin chez lui. Home sweet, home ? Que nenni ! Camus n'allait certainement pas lui laisser la moindre seconde de répit ni s'arrêter en si bon chemin. Du coup, Milo restait extrêmement vigilant, ignorant quel serait le comité d'accueil.

L'intérieur de ses quartiers était toujours aussi sombre. Il y soufflait toujours ce vent froid et humide qui ramenait une odeur de vieille pierre. Le scorpion n'eut qu'à faire quelques pas pour tomber sur son adversaire. A peine entré, des cliquetis familiers lui avaient mis la puce à l'oreille.

Shun.

Andromède se tenait là, au centre de la pièce principale, ses chaînes animées serpentant dangereusement atour de lui, en guise d'avertissement. Et même s'il n'était qu'un chevalier de bronze plus bas dans la hiérarchie et que Milo pouvait le balayer d'une pichenette, le scorpion s'en méfiait comme de la peste. En effet, sous son aspect féminin, frêle et doux, se cachait un combattant d'une puissance à ne pas sous-estimer et surtout, l'ancien hôte d'Hadès. Ce qui faisait du fragile japonais un adversaire à prendre au sérieux. D'autant plus lorsque l'on savait que ce dernier avait pour frère l'increvable Ikki du Phénix, toujours prêt à voler à son secours, dans tous les sens du terme.

C'est pourquoi Milo ne continua pas sa route et ne l'ignora pas. Avec lui, pas d'entourloupe possible, pas d'accord sous le manteau non plus. Shun était de ces chevaliers pour qui le mot loyauté avait encore tout son sens et qui étaient prêts à se battre jusqu'à la mort par pure conviction. Ce qui était assez paradoxal pour un pacifiste.

« Je ne me souvenais pas t'avoir laissé un double des clés. » Lança Milo pour détendre un peu l'atmosphère qui était à couper au couteau.

Mais cela ne dérida pas le chevalier rose et la vanne du Grec tomba à plat. Tant pis.

« Bon, je suppose que ça veut dire qu'on va devoir se battre… » Déplora le scorpion.

Il était curieux de connaître la motivation profonde du paisible frère d'Ikki. Pas besoin de chercher bien loin cependant, comme la logique désignerait une raison toute prête : Milo était responsable de la destruction de l'île d'Andromède, où Shun s'était entraîné et le scorpion avait combattu à mort le maître du chevalier de Bronze. Shun avait donc toutes les raisons de lui en vouloir et pourtant, Milo doutait que cela soit aussi simple.

« Pas nécessairement, si tu te laisses attacher à ce pilier et que tu restes bien sagement ici pendant une heure. »

« Mais qu'est-ce que vous avez tous à vouloir me saucissonner ? »

Et avec ces chaînes, ça virait carrément au SM là. D'ordinaire, cela n'aurait pas dérangé Milo, mais ce n'était ni l'endroit, ni le moment de jouer !

« Chaîne Nébulaire ! »

Le jeune bronze lança les hostilités et Milo sauta pour éviter l'attaque. Il y allait fort le gosse !

« Du calme ! On peut discuter avant que tu ne joues à l'indien m'attachant au totem ! »

« Je regrette, mais je n'ai rien à te dire… »

« Vraiment ? Dois-je en conclure que tu m'attaques juste pour ton bon plaisir ? » Demanda t-il en retombant gracieusement au sol.

Mais bien loin de répondre verbalement, il répondit par une nouvelle vague d'assauts. Le scorpion fronça des sourcils, il n'avait pas que cela à faire quand même !

« Ne me force pas à jouer de mon dard… »

« C'est justement parce que tu en as trop joué que tu en es là aujourd'hui ! »

Milo sourit.

« Le bébé des Bronzes a de la répartie, qui l'eût cru ? »

« Et encore… tu ne sais pas tout à mon sujet. »

« Sache que je serais ravi d'un discuter une autre fois avec toi autour d'un thé, mais là je suis pressé par le temps, alors laisse-moi passer ! » Exigea t-il autoritairement.

« Je ne peux pas faire ça… je te l'ai déjà dit. »

« Pourquoi ? Qu'est-ce que Camus a bien pu te promettre à toi ? Quoi qu'il ait pu te dire, il ne te le donnera pas… »

« Ce n'est pas Camus. »

Hein ? Quoi ? Mais qui cela pouvait être alors ? Parce que Milo voyait bien mal le jeune japonais être intéressé par lui ! Et puis, Shun n'était-il pas censé être en couple avec Hyoga ? Le cygne risquait d'avoir une syncope s'il apprenait cela et…

Attend une minute !

Hyoga ? Serait-ce lui la raison de tout cela ?

« Est-ce que par hasard… cela aurait rapport avec un russe blond qui a une fâcheuse tendance à faire une complexe d'Œdipe ? »

Furtivement, Milo perçut un éclat révélateur dans le regard émeraude de son adversaire et néanmoins frère d'arme. Un sourire narquois se dessina sur son visage : il avait vu juste !

« J'en étais sûr. C'est donc pour lui que tu fais cela… Camus a dû lui demander de te monter contre moi et comme c'est un petit élève bien docile, il l'a fait ! »

« Tu n'y es pas du tout… Hyoga ne m'a rien demandé. Il ne sait même pas que je suis en train de t'affronter à l'heure qu'il est. »

« Tiens donc. Mais tu ne nies pas qu'il est ta réelle motivation, n'est-ce pas ? »

« C'est vrai, mais pas tout à fait exact. C'est bien plus complexe en réalité… et ça ne change rien au fait que je ne te laisserai pas passer. » Assura t-il fermement.

« T'es têtu gamin… » Soupira le scorpion, décidant enfin de passer à la vitesse supérieure.

« Et c'est toi qui parles… N'espère pas que les autres chevaliers te laissent passer sans contrepartie. Tu es encore loin d'être arrivé au Palais du Pope. »

« Sans contre partie, hein ? Tu m'intéresses là. Nous parlons enfin le même langage. Dis-moi ce que tu désires et je l'obtiendrai pour toi. C'est le cygne que tu veux plumer ? Pas de problème ! Mais à ta place, je changerai de proie. S'il est aussi insensible et frigide que son maître, tu vas souffrir. »

« Tu mériterais que je ne te laisse même pas passer au vu des propos que tu tiens… »

« Mais tu vas le faire quand même. »

« Et pourquoi le ferai-je ? Pour l'amour que tu portes à Camus ? Tu l'as tellement trompé que cet argument ne vaut plus rien. »

« Pourquoi ? C'est très simple, tout d'abord, tu n'as pas envie de te battre. Ensuite, c'est vrai, j'ai échoué. Mon amour pour lui n'était pas assez fort finalement. Mais cette fois, je vais réussir, non pas au nom de cet amour que j'ai bafoué et qui, déjà, n'avait pas su me servir de garde fou, mais au nom de la vengeance. Si l'amour n'est pas le plus fort, crois-moi, le désir de se venger est la motivation la plus forte qui soit ! »

Et le scorpion avait déclaré cela ave une telle véhémence et une telle brillance dans le regard, que Shun avait senti sa volonté vaciller comme la flamme d'une bougie engloutie par les ténèbres. Il ne s'attendait pas du tout à cela de la part de Milo. Il pensait que son amour pour le Verseau était le moteur principal du Scorpion. A tort. Shun était donc choqué d'apprendre que ce qui poussait Milo à ne pas céder était en réalité un sentiment d'une telle noirceur. Et malheureusement, il savait que s'il y avait bien une chose qui pouvait maintenir à flot le Scorpion, ce n'était plus cet amour qu'il y avait eu un jour entre lui et son amant, mais bel et bien le désir tenace de se venger.

Même s'il était déçu par l'attitude de Milo qui n'avait rien de noble, il était sûr qu'il réussirait et ne faiblirait pas. Il s'écarta donc, essayant de dissimuler ses larmes. Une telle franchise l'avait blessé et la désillusion y était pour beaucoup… L'amour était-il donc destiné et condamné à finir ainsi, sans aucune chance de sauvetage ? L'amour se transformait-il en haine au fur et à mesure des années et coups bas ? C'était tellement inconcevable pour lui que se prendre une réalité aussi laide de plein fouet le meurtrissait profondément.

« Est-ce que Hyoga et moi… » Mais impossible pour lui de finir sa phrase. Il prenait décidément un bien grand choc. Milo et Camus incarnaient l'amour impossible mais surmontant l'adversité. Ils étaient un exemple pour tous.

Milo s'arrêta, mais ne le regarda pas pour autant.

« Non. Chacun est différent, chaque couple à son histoire. Ca n'a jamais été facile entre Camus et moi alors, ça devait arriver. Personne n'est responsable, c'était juste voué à l'échec dès le départ. Tu dois me trouver fataliste, mais en fait j'ai été trop optimiste. Lui et moi, nous savions que ça finirait de cette façon, mais je l'ai tellement forcé dans cette relation qu'il a finit par perdre sa lucidité et moi, j'ai continué à me voiler la face… »

« J'espère quand même que tu réussiras. Et pas pour ta vengeance… »

Mais le Scorpion ne l'écoutait déjà plus, trop concentré sur le prochain adversaire : le temple d'Aioros. Qui l'y attendrait puisque son occupant officiel était décédé ?

« Putain… j'espère que son fantôme va pas chercher à me la mettre… manquerait plus qu'ça ! »


Vous voulez ériger une statue à l'effigie de l'auteur ? Ou au contraire la lyncher en place publique ?

Ca se passe en dessous !