Bonjour à toutes ! Je vous remercie pour vos encouragements, qui me vont droit au coeur. Sans plus tarder la suite, avec un chapitre au rating M bien senti.

Allez Milo, plus que deux temples et c'est la fin !

Enjoy !


Enfin, l'avant dernier temple se dressait fièrement devant Milo. C'était un lieu chargé de souvenirs et le scorpion en connaissait les moindres recoins. Tout d'abord, les alentours de la Maison du Verseau, qu'il avait maintes fois étrennés avec Camus, dans l'espoir de ne pas se faire surprendre par leur maître respectif. Mais bien vite les câlins à la fraîche et en cachette avaient perdu de leur attrait.

Ils avaient donc passé la vitesse supérieure et Milo avait pénétré la demeure de Camus, enfin. Et dans tous les sens du terme, même les plus salaces. Ils avaient testé toutes les pièces du temple durant leurs ébats et plusieurs meubles avaient rendu l'âme, ne pouvant résister à la force de leur amour.

Alors bien-sûr, ça faisait toujours un petit quelque chose à Milo de rentrer à la maison. Oui, la Maison. C'était bel et bien ici. Finalement, depuis le début de sa relation amoureuse avec Camus, le scorpion passait peu de temps dans son propre temple. Dès qu'il rentrait de mission, il se précipitait chez son amant et c'était là qu'il se sentait le mieux, y passant le plus clair de son temps. Malheureusement, aujourd'hui, les circonstances étaient différentes. Pas le temps de s'attarder sur toutes ces anecdotes qui bondissaient dans son esprit, tant chaque coin du temple représentait quelque chose à ses yeux.

Le Temple semblait vide, sans vie, triste lui aussi. Il avait la mort dans l'âme, comme Milo en entrant. Car pour la première fois, il pénétrait la maison zodiacale sans aucune joie. C'était étrange, tout était plongé dans le noir complet, comme si la Maison était endeuillée. Comprenait-elle que Milo allait enterrer aujourd'hui son amour pour le Verseau ? Non, impossible, ce n'était qu'une vieille baraque poussiéreuse !

Mais cela ne changeait rien aux intentions du scorpion qui avançait d'un pas décidé. Il allait en finir avec ses sentiments pour Camus. Et pour le moment, il était étonné que sa traversé du temple se passe sans encombre. Venant de Camus, il aurait pensé que le Verseau tenterait quelque chose de fourbe, comme par exemple de piéger sa demeure avec toutes sortes d'instruments de torture. Mais rien de tout cela.

Tout à coup, le Grec sentit un cosmos au centre du dôme et il se méfia le temps d'en identifier la source. L'énergie était glaciale comme le vent de la Sibérie. Milo baissa sa garde.

« Camus ? »

Que faisait le Verseau ici ? Il avait peut-être décidé de l'attendre là et de lui présenter ses excuses avant qu'il ne soit trop tard. Camus avait toujours été du genre raisonnable, alors ce ne serait pas étonnant qu'il ait réalisé son erreur et qu'il vienne essayer de recoller les morceaux. Milo se dirigea donc en position de force vers le coeur de la Maison. Il était en position pour négocier quelque chose. Ok, il n'était pas prêt à passer l'éponge, mais peut-être que si Camus se montrait sexuellement réceptif et convainquant, alors...

« Camus, t'es où bordel ? »

Ce n'était pas le moment de jouer à cache-cache ! Milo scrutait l'environnement sombre, sans y voir la moindre forme de vie, même s'il détectait clairement le cosmos froid caractéristique de son fiancé.

« Arrête de te cacher et viens me lécher les orteils... Peut-être que dans ma grande mansuétude, je te pardonnerai au bout de quelques années d'esclave sexuel. » Sourit-il.

Mais toujours pas de Camus. Depuis quand le Verseau était-il d'humeur aussi joueuse ? Pas d'autre choix que de venir le déloger lui-même dans ce cas... Milo soupira et il enflamma son cosmos, fermant les yeux pour se concentrer et trouver le propriétaire du cosmos de gel. Sauf que brusquement, il sentit une paire de mains glacées se poser sur ses yeux pour l'aveugler temporairement.

« Camus... qu'est-ce que... »

Mais pas le temps de finir. Il faisait aussi noir que dans la cave à vin de Saga là-dedans ! Le Verseau passa devant Milo et le débarrassa immédiatement de son pantalon, sans autre forme de procès. Il attaquait fort et Milo ne s'y attendait pas !

« Qu'est-ce que tu fous ? Je déconnais pour les pieds ! »

Des lèvres glacées se posèrent sur les siennes, avides et une langue inquisitrice se glissa entre elles pour venir sa compagne de jeu. Tout était gelé chez Camus. C'était une des raisons pour lesquelles Milo l'adorait. Quelle étrange sensation que de se faire violer buccalement par un organe aussi glacé. Le scorpion avait surnommé cela le « Kiss Cool » et il pouvait se vanter d'être le seul à bénéficier de l'exclusivité de ce baiser frais.

Cette sensation glacée le tranquillisa immédiatement, comme d'habitude. C'était imparable pour endormir sa vigilance et ses sens. Le Verseau en profita pour ôter le T-shirt du scorpion et il déposa une neige de baisers sur son torse sensible. Milo frissonna. C'était agréable, mais vraiment bizarre. Ses muscles se contractaient tout seuls pour fuir le contact.

Lentement, mais sûrement il perdait pied. Camus avait toujours su comment anesthésier son corps en se servant de son froid. Il trichait. Enfoiré de Verseau !

Camus arriva bientôt à la ceinture abdominale de Scorpion qu'il mordilla affectueusement, avant de prendre en main un certain dard qui ne demandait que cela. Mais qui le regretta bien vite en sentant le blizzard s'abattre cruellement sur lui. Cela fit un mal de chien et Milo recula maladroitement, heurtant durement une colonne derrière lui. Mais son agresseur ne le laissa pas fuir ainsi... Il revint à la charge et s'occupa avec sa bouche de la hampe maltraitée auparavant, sans faire usage du gel, cette fois.

Une façon de demander pardon, sans doute. Le scorpion lâcha un râle de pur plaisir qui fit écho dans le temple. Il glissa une main dans les cheveux de Camus, qui lui semblèrent moins soyeux. Mais qu'importe ! Tout ce qui comptait, c'était l'extase sensoriel que lui apportait le Verseau. Quel dommage qu'il se cache ainsi dans le noir. C'était très excitant, mais à la fois... le scorpion regrettait de ne pouvoir scruter les quelques émotions qui passaient parfois dans les yeux de son amant. Cela rendait Camus encore plus beau quand il dévoilait son côté vulnérable.

Mais bon, Milo n'était pas contre un peu d'innovation, bien au contraire ! Ne pas voir l'auteur de ces caresses scandaleuses décuplait la sensibilité du scorpion, comme Shaka le faisait en gardant continuellement les yeux fermés. Il n'avait qu'une seule envie : que Camus le prenne en bouche, là, maintenant, tout de suite.

Le Verseau tournait tranquillement autour de sa proie et autour du pot, donc, semblant savourer chaque seconde durant lesquelles il faisait monter la pression et la frustration chez sa victime. Ce n'était pas étonnant, Camus avait toujours aimé avoir le contrôle total sur tout. Son esprit appliqué et minutieux détestait les imprévus. Milo ne le comprenait que trop bien, mais chez le Verseau c'était si obsessionnel que cela ne laissait aucune place à l'improvisation ou à la fantaisie.

Camus était frigide.

C'était la seule explication, non ?

Mais cela n'empêchait pas le scorpion de prendre un pied phénoménal. Il n'arrivait pas à croire que le Verseau avait changé d'avis ! C'était comme dans un rêve ! Il leva le regard au plafond... il pouvait presque y voir des étoiles, tant il était sur un petit nuage quand Camus accéda finalement à sa requête...

Hey mais une minute ! C'était une nouvelle technique ça ! Hmmm pas mal... le scorpion gémit franchement, sauf que... même si tout s'embrouillait dans son esprit plus très clair, un doute persistait. Et si cela faisait partie de l'épreuve aussi ? Camus avait dit qu'il l'attendrait au palais du Pope, pas dans son temple. De plus, il n'avait même pas encore affronté Aphrodite, son adversaire le plus redouté. Il était impossible que cela se finisse si vite et ainsi ! Conscient de cela malgré le plaisir évident que la bouche de Camus lui apportait, tel un cocon douillet et frais, Milo le repoussa à contrecoeur...

« A...attend Cam'... C'est quoi l'embrouille ? »

Pas de réponse.

« Dis quelque chose... » L'encouragea t-il.

Mais toujours rien. Et il revint à la charge, se collant nu contre Milo cette fois. Le scorpion avait facilement capté le froissement des vêtements du Verseau tombant au sol. Et son corps était à présent blottit contre le sien. Malheureusement cette fois, la graine du doute avait germé dans la tête de Milo.

Un doute affreux.

Il était trop tard, malgré cette tentante diversion. Le français venait de jouer sa dernière carte.

Et si...?

Fronçant des sourcils, mais attirant bien Camus contre lui, Milo dégaina l'Aiguille Ecarlate et il la planta sans scrupule dans l'épaule de son amant qui poussa un cri d'agonie pure.

Et surprise, cette voix n'était pas celle de son Roi des Glaces.

Mais celle du Prince...

Le sourire sur les lèvres de Milo s'étira. Il avait vu juste, son intuition légendaire l'avait encore une fois sauvé.

« Putain Hyoga... t'as presque failli m'avoir. »

L'autre resta silencieux.

« C'est bon, je t'ai reconnu... t'as perdu ta langue à force de jouer avec mon dard ou quoi ? »

Le blond soupira et alla allumer la lumière. Il faisait nuit noire dehors. Pas étonnant que Milo n'ait rien vu, malgré les fenêtres. Pendant ce temps, Milo le reluqua sous toutes les coutures. Il n'y avait aucune étoile ce soir, certes, mais la lune était pleine, constata t-il en s'attardant sur le fessier rebondi du futur Saint des Glaces.

« T'as grandi on dirait. »

« C'est normal, non ? Je ne suis plus un enfant... » Fit-il, lassé.

« Je vois ça. » Répondit Milo en se léchant les babines sans même s'en cacher.

« Arrête de me mater comme ça, on dirait un vieux pervers. »

« Vieux, peut-être pas. Mais pervers, quand tu veux ! »

« Et tu ne nies même pas en plus... Pas étonnant que mon Maître soit si fâché contre toi. Si seulement tu étais plus discret... »

« Je n'y peux rien si je vis au milieu d'un harem de beaux mecs ! Même les apprentis sont magnifiques ! »

« Evidemment, c'est de ta faute... »

Il soupira et ramassa ses vêtements, mais entre temps le scorpion avait comblé la distance les séparant la vitesse de la lumière et il lui attrapa le bras.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Vous. Vous tous, vous êtes une tentation de tous les instants pour moi. Alors oui, c'est de votre faute, pas de la mienne. »

« Arrête. Tu draguerais n'importe quoi, même une colonne avec une jupe ! Maintenant, lâche-moi. »

Milo glissa son index et son majeur sous le menton du blond et le força à relever la tête, avant de l'embrasser passionnément.

« C'est fou... tu as vraiment le même goût que Camus... pas étonnant que je me sois planté... »

« Continue à te trouver des excuses... Tu es décidément super fort pour ça... »

Le Grec lui lécha la jugulaire, descendant doucement le long de sa nuque qu'il mordilla et suça doucement.

« Qu'est-ce que tu fais à la fin ? » S'agaça mollement le Russe.

« J'attends que tu me repousses... »

Il poursuivit sa découverte de ce corps ferme et juvénile. Hyoga avait encore la peau douce d'un bébé, c'était très plaisant et surtout de sentir ses réactions. Son souffle s'accélérait. Ses battements de coeur jouaient du tambour dans sa poitrine et il sentait tous ses muscles se tendre. C'était quelque chose que le corps mort en apparence de Camus ne faisait plus, malgré les trésors d'inventivité que Milo déployait pour le ressusciter.

Et c'était plaisant...

« Je le savais... tu me veux tout autant que je te désire. » Sourit-il en sentant la preuve évidente du désir de Hyoga contre son ventre chaud.

« C'est Maître Camus qui m'a demandé de te piéger... »

« C'est très réussi, bravo. Il t'a dit jusqu'où tu devais aller ? »

« Non... mais j'ai comme l'impression que c'est toi qui m'as piégé... »

Il s'abandonnait dans les bras de son aîné. Oui, Milo lui avait toujours plu. Toujours. Il avait été comme un second mentor pour lui... Combien de fois l'avait-il vu en songes, alors qu'il était sur le point de perdre une bataille ? Jusqu'ici, seuls des morts l'incitaient à revenir vivant. Mais depuis qu'il avait rencontré Milo, c'était le chevalier du scorpion sa motivation à survivre. Combien de fois avait-il vu le Grec nu dans ses rêves ? Et en vrai ? Il l'avait souvent surpris en train de faire l'amour à Camus... s'imaginant secrètement à la place du Verseau...

Et son désir le plus fou était en train de se réaliser !

Milo comprenait à présent la présence de Shun dans son temple. Le tendre Andromède avait tenté d'empêcher Milo de lui souffler son petit ami à la blondeur angélique, mais aux courbes diaboliques. Dans un élan d'agressivité, Milo releva une cuisses de Hyoga et la tint à hauteur de sa propre hanche pour dévoiler un angle d'attaque plus propice à une percée future.

Il le tenait bien contre lui et l'embrassait fougueusement. C'était comme avec Camus, avant, il y a longtemps. Quand la passion brûlait encore au sein de leur couple. Mais la routine avait tout détruit entre eux. Ils n'arrivaient plus à communiquer.. Même le sexe était devenu une corvée...

Le cygne poussa un cri de surprise et de plaisir à la fois quand il sentit une hampe de chair affamée dire bonjour à une partie sensible de son anatomie, qui était à présent sans défense et offerte au redoutable scorpion. Milo était pressé. Il avait sauté toutes les étapes, mais ce flot de sensations continu et connu semblait avoir noyé toute sa volonté de faire les choses dans les règles.

Il ressentait une excitation proche de la frénésie, semblable à celle qui avait failli déflorer brutalement Shaka toute à l'heure. Il regarda enfin Hyoga dans les yeux, comme pour le prévenir qu'il allait enfin se couler en lui. Il appuya l'extrémité de son membre avide contre l'entrée du Paradis, mais au moment d'en franchir le seuil, il sentit sa poitrine se serrer douloureusement.

Ce n'était plus Hyoga qu'il avait en face de lui.

Mais Camus lors de leur première fois...

Ils avaient le même regard, la même appréhension teintée de luxure dans les yeux. C'était grâce à cela que Milo avait put le faire finalement, ce jour-là. Cette expression de désir intense l'avait galvanisé et il avait pénétré Camus d'une traite, sans hésiter. Camus était si beau à cet instant. Tout son corps avait répondu d'une seule voix à l'entrée en force de Milo, ne cherchant pas à contrer l'assaut, mais à accueillir plus profondément le scorpion dans ses entrailles de velours.

Malheureusement, la flamme qu'il avait captée dans le regard de Camus au moment de leur première étreinte, il ne l'avait plus jamais vue ensuite. Le Verseau se donnait à lui par devoir conjugal et par habitude... Et lui, venait de moins en moins souvent l'honorer et lui conter fleurette comme il le faisait systématiquement avant. Ils n'avaient plus de temps à se consacrer, plus l'envie surtout...

Qu'est-ce qui avait changé depuis cette fameuse et merveilleuse nuit entre eux ?

C'était Camus. Il s'était mué en un être frigide, dont le cul n'était plus qu'une terre de glace aride et inhospitalière !

Non... c'était lui le seul responsable...

A partir de la seconde où il avait enfin possédé Camus après toutes ces années d'attente enfin récompensées, Milo s'était désintéressé de lui. Il avait eu ce qu'il voulait, alors, il devait passer à une jouet à présent. C'était comme ça. C'était la nature profonde du Scorpion et ses sentiments forts et sincères pour Camus n'avaient fait que retarder l'inévitable... Milo avait bien essayé de remettre du piment dans leur couple, mais sans succès.

Non, ça aussi aussi c'était faux. Il n'avait même pas essayé. C'était Camus qui avait tout tenté. Mais même sous assistance respiratoire, leur couple n'avait pas survécu.

C'était l'unique et macabre vérité.

En un réflexe salvateur, Milo se décolla de Hyoga. L'incompréhension la plus totale se lisait sans mal dans les yeux du Russe.

« Je suis désolé, je ne peux pas... putain, putain, putain ! » Il évita de le regarder, allant chercher ses vêtements comme pour recouvrir un peu de contenance.

Il se dégoûtait à cet instant. Non, il se dégoûtait tout court, depuis déjà des années. Mais il se voilait la face ! Il était le vrai coupable et avait préféré tout foutre sur le dos de Camus, parce que c'était tellement plus simple et que ça évitait une bonne remise en question ! Il avait agi comme un lâche.

Toutes les sensations que Camus ne lui procurait plus, il était allé les chercher en désespoir de cause chez d'autres. Le Verseau, éternellement blessé dans sa dignité et son amour avait passé l'éponge un nombre incalculable de fois, espérant que Milo changerait. Mais avec le temps, Milo n'avait même plus daigné dissimuler ses frasques sexuelles, ni même essayé de mériter le pardon de son grand amour...

« Pardonne-moi Hyoga, mais je dois régler quelque chose avec ton Maître. Merci. Sans toi, je n'aurai jamais réussi à comprendre pourquoi le coeur de Camus s'est transformé en banquise. Tu devrais aller rejoindre Shun, il est inquiet pour toi. Il t'attend dans mon Temple. »

Ne laissant même pas le cygne reprendre ses esprits ou protester, le T-shirt à moitié enfilé, Milo se sauva comme un voleur.

Honteux.


Merci de m'avoir lue !