Bonsoir à toutes !

Dernier chapitre avant l'épilogue. Au programme : un Milo bourré d'incertitudes, un Poisson vicieux et une piscine.

Enjoy et merci encore pour votre soutien ! C'est grâce à vous que je n'ai pas laissé tombé cette histoire et que je vais enfin la terminer après des années de réflexion et de macération !


Devant lui se dressait majestueusement le dernier temple.

Il le connaissait par coeur. Combien d'heures avait-il passé ici ? Peut-être plus que dans tous les autres temples réunis. Ce qui était un comble puisqu'il comptait le sien et celui de Camus dans ce total.

Il s'avança dans la roserait maléfique. Les roses étaient rouges de sang, elles semblaient repues, mais c'était comme si elles se moquaient de lui tandis qu'il gravissait les marches de la demeure des Poissons. Leur couleur profonde et éclatante rappelait celle des flammes de l'Enfer. Il faisait nuit noire et l'horloge du Sanctuaire scintillait étrangement. Que de chemin parcouru. Il se retourna pour admirer la vue que lui offrait le sommet de la montagne.

Tout en bas, les temples zodiacaux semblaient minuscules et éparpillés. Il était difficile de croire qu'ils constituaient le dernier bastion contre les forces du Mal. Milo était tout de même assez satisfait ! Personne n'aurai cru, et encore moins lui, qu'il serait capable d'arriver aussi loin sans succomber !

Cette épreuve n'avait pas été de tout repos par moment, mais il se sentait indéniablement plus fort à présent et déterminé à aller jusqu'au bout. Il avait pris confiance en lui. Ce serait trop bête de s'arrêter ici et pourtant, ce fut la première chose à laquelle Milo pensa en se présentant devant l'entrée du Temple d'Aphrodite.

Si jusqu'ici sa quête n'avait pas été une partie de plaisir, ici, elle prenait une tournure inédite. On pouvait dire que c'était réellement MAINTENANT qu'il allait devoir faire preuve d'une résolution sans faille.

A côté de ce qui l'attendait sans doute ici, le reste avait été une promenade de santé, si bien qu'il hésita et marqua un temps d'arrêt pour se donner du courage.

Il n'était pas encore trop tard pour rebrousser chemin et abandonner. Il serait plus sage d'abdiquer et de gentiment reconnaître qu'il n'était pas capable d'aller plus loin.

De tous les chevaliers du Sanctuaire avec lesquels Milo avait eu des incartades à caractère sexuel, Aphrodite était son favori. Il était la courtisane la plus dévouée de son harem. Et comme par hasard, il fallait qu'il habite le dernier temple ! Si Aphrodite avait occupé la toute première demeure, l'histoire aurait été réglée avant même d'avoir commencé ! Cela aurait été tellement plus simple ! Milo ne serait pas arrivé jusqu'ici dans la souffrance et les larmes pour finalement devoir perdre honteusement !

Parce qu'il ne faisait nul doute que c'était la défaite qui l'attendait au détour du chemin, alors pourquoi continuer ?

Il ne le savait pas lui-même. Orgueil, fierté, masochisme ou amour pour Camus ?

Il pénétra dans le temple et le traversa en courant le plus vite possible. Heureusement pour lui, cela se passa sans encombre. Il en fut presque soulagé, mais son instinct lui soufflait de se tenir sur ses gardes. Aphrodite n'avait encore rien tenté et connaissant la perfidie du Poisson, Milo aurait tort de crier victoire trop vite.

A présent, l'impressionnante roseraie d'Aphrodite se dressait devant lui, s'étendant à perte de vue jusqu'au Palais du Pope. Nombreux étaient ceux dont le corps en putréfaction avait nourri les fleurs démoniaques. Elles étaient d'une espèce très dangereuse et résistante qui utilisait la chair comme engrais. Et si finalement, c'était ça, l'ultime épreuve ? Aphrodite n'avait même pas besoin d'intervenir. Le poison virulent du parfum des roses carnivores serait bien suffisant pour faire trépasser le courageux Milo.

Et malgré toute sa bonne volonté, sans armure, il se sentait nu comme un ver et ne pouvait rien contre ces ennemis voraces. Pour le moment, elles se tenaient tranquilles et lui offraient même un petit sentier dégagé. Entre suivre ce suspect chemin et se perdre parmi la flore mortelle, Milo fit son choix. Il doutait fort que cette route le mène sain et sauf jusqu'à la sortie, mais il n'avait d'autre option que de le suivre docilement.

Bientôt, il déboucha sur une vaste surface dallée que les roses rouges ne semblaient pas avoir colonisée. Etrangement, Milo ne se souvenait pas de cet endroit. Il lui était arrivé d'aller s'ébattre dans la roseraie avec Aphrodite, mais sans jamais trop s'y enfoncer. En effet, même si le scorpion avait des prédispositions naturelles pour résister au poison, il savait que seul Aphrodite pouvait se targuer de pouvoir se balader nu s'il le souhaitait au milieu des fleurs assassines.

Au beau milieu de cet espace vierge une piscine avait été creusée. Et dans l'eau claire et encore fumante nageait un superbe poisson. Ses vêtements jonchaient astucieusement le sol, laissant deviner qu'il avait plongé dedans dans le plus simple appareil. Milo sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine. La tête lui tournait, sans doute à cause du parfum de ces maudites plantes.

Tout comme ses fleurs favorites, Aphrodite avait des épines. Il sortit de la piscine comme dans un film, magnifique, ses muscles finement dessinés ruisselant d'eau. La lumière des bougies dansait sur sa peau de porcelaine et parfaite. Il souriait et le fixait de ses deux belles perles d'azur. Milo se sentit flancher comme un gamin. Il n'avait qu'une envie, prendre ses jambes à son cou, mais impossible de bouger. L'odeur des fleurs avait-elle déjà paralysé son système nerveux ? Ou alors était-ce une liane qui s'était enroulée à ses chevilles.

Rien de tout cela.

Aphrodite s'approcha de lui de sa démarche chaloupée, balançant les hanches de manière suggestive et Milo n'arrivait pas à regarder ailleurs, hypnotisé par la grâce mortelle de l'occupant du douzième temple. Il aurait adoré avoir le courage de Shiryu en se crevant les yeux, mais esclave de ses sens, il en avait déjà cédé deux au Poisson : la vue et l'odorat.

Alors il s'accrochait comme il le pouvait à ceux qu'il lui restait, mais il savait pertinemment que ce n'était qu'une question de temps avant qu'Aphrodite les lui ôte également.

« Milo, je t'attendais. Tu viens te baigner avec moi ? »

Il passa les bras autour du cou du malheureux scorpion en minaudant sans le quitter de ses prunelles bleutées. Incapable de refuser, le scorpion le suivit comme un chien et Aphrodite le débarrassa de ses vêtements.

Quand exactement ?

Milo ne saurait le dire. Il n'avait rien remarqué jusqu'à ce que l'eau chaude lèche sensuellement sa peau nue. En une brasse souple, Aphrodite combla la distance entre eux... Il avait même prévu le champagne dans un petit seau rempli de glaçons. Il en servit une coupe à Milo et en dégusta une.

Même quand il effectuait une action aussi simple que boire, Aphrodite était la sensualité incarnée. Ses lèvres pleines et brillantes bougeaient de manière envoûtante et Milo se sentait couler. Il était collé au rebord ne semblant pas prêt à s'en éloigner. Nager avec les requins ? Très peu pour lui ! Il savait que s'il s'enfonçait dans la mer, il allait se faire dévorer tout cru. Il avait perdu toute volonté d'essayer de se sauver, mais au moins, il lui restait le bon sens de ne pas aller affronter Aphrodite dans son propre élément.

« Que se passe t-il ? Tu ne parles pas beaucoup ce soir. »

« D'habitude non plus. »

Avec Aphrodite, il n'avait jamais de répartie cinglante à balancer au visage de poupon du poisson. Ils ne parlaient pas beaucoup, laissant leurs corps le faire pour eux.

« C'est vrai. Mais c'est parce que tu as la bouche occupée à autre chose d'ordinaire. »

« Là aussi. » Se défendit-il mollement en vidant sa flûte de champagne.

Aphrodite gloussa. Milo transpirait la terreur. Il était effrayé comme la pauvre sardine qui se serait prise dans les mailles d'un filet de pêcheur. Il ne trouvait plus la sortie, il commençait à manquer d'air et ses jambes en coton ne lui étaient d'aucune utilité pour fuir.

C'était bon, si bon de se repaître de l'angoisse de Milo, lui qui était si doué pour museler ses émotions derrière un masque d'indifférence ou d'ironie. Rares étaient ceux qui avaient eu le privilège de ce pouvoir galvanisant sur le scorpion.

« J'ai très envie de graver pour toujours ce moment dans ma mémoire. Le jour où Milo du Scorpion a perdu sa plus importante bataille. »

Aphrodite ne jouait plus. L'éclat dans ses pupilles avait changé. Un sourire malsain s'étira sur son visage fin et il coinça bien Milo dans le coin gauche de la piscine.

« Fro'... qu'est-ce que tu fous ? » Demanda le Grec avait la même mollesse.

Une main baladeuse vint rapidement répondre à la question de Milo qui se tendit instantanément.

« Je n'arrive pas à croire que tu sois parvenu jusqu'ici. Je devrai te féliciter je suppose, mais au lieu de cela je vais t'achever. » Prévint dangereusement Aphrodite alors que sa main délicate massait une belle épine sous l'eau.

« Arrête ! » Suffoqua Milo.

Aphrodite passait ses journées à prendre soin de ses chères amies fleuries. Il était un expert du toucher et ses ongles parfaitement manucurés rappelaient les piquants de ses roses. Il s'amusa à en user sur le sexe du scorpion, le titillant astucieusement pour l'aider à prendre du volume.

« Sssshhh... détend-toi. Je vais te faire du bien et te soulager de toute la tension que tu as accumulée pendant douze temples. » Promit-il de sa voix sifflante.

Milo n'était pas un très grand lecteur contrairement à Camus, mais pendant un instant il jura avoir entendu la voix reptilienne de Kaa dans « Le Livre de la Jungle » et il se sentait aussi impuissant que Mowgli. Les penchants marqués de Milo pour le masochisme étaient connus d'Aphrodite qui s'attardait sur l'extrémité de la hampe de chair, là où la peau est la plus fine et sensible. Il l'égratigna sans pitié.

Le regard dans le vague comme il basculait la tête en arrière, Milo se laissa faire. Aphrodite maîtrisait l'art de l'amour comme personne. La faute à Arès, qu'il avait servi personnellement pendant des années lors de son règne totalitaire. Le dieu de la guerre avait transformé le séduisant poisson en arme fatale, auquel nul ne pouvait résister.

Blotti contre lui, Aphrodite lui baisait le cou avec ses lèvres collantes et généreuse, cherchant un nerf spécifique pour le stimuler davantage. Quant il le trouva finalement, le poisson le téta comme un nouveau-né, ne lésinant par sur les inspirants bruits de succion qui rappelaient toute autre chose.

« Laisse-toi aller Milo... cela fait presque douze heures que tu te retiens... Je sais que ton corps n'en peut plus et que ton esprit est fatigué. »

Chacun de ses amants avait sa spécialité. DM avait une véritable ventouse à la place de la bouche. Kanon était incroyablement débridé et sauvage. Camus était froid et distant. Aiolia était généreux et chaud. Quant à Aphrodite, c'était bien simple : il excellait dans tous les domaines.

Il s'abandonna alors à la nageoire du poisson, la souillant d'un liquide laiteux qui se répandit dans le bassin. Haletant, le corps sur le point de rompre, Milo se sentait vidé et coupable.

Mais impossible de résister à Aphrodite. Il n'avait jamais pu, jamais su. Avait-il perdu ? Sans doute...

« C'est bon t'as eu ce que tu voulais... Tu as gagné. »

« Non, je n'ai pas encore eu ce que je voulais. Et pas encore gagné. Camus a été formel... Ce n'est pas un petit coup de main qui fera de moi le vainqueur. »

« Hein, quoi ? »

Pourtant, le scorpion aurait juré que toute jouissance de sa part équivalait à une défaite cuisante. Même s'il n'y avait pas de pénétration, il s'agissait bien là d'un acte sexuel et Camus le lui avait interdit. Cependant, Aphrodite semblait sous-entendre le contraire, tandis qu'il le faisait asseoir et qu'il l'enjamba en amazone.

« Aphro... »

« Quoi encore ? Je n'ai pas encore fini je t'ai dit. »

Il avait répondu sèchement, autoritairement et il commença à frotter son bassin contre l'entrejambe de Milo pour ranimer son désir. Il n'en fallait pas beaucoup pour que le scorpion reparte de plus belle, dard en avant. Aphrodite le savait mieux que personne. Il passa les bras autour du cou de Milo, en position pour sauter sur ses genoux le moment venu.

« Non... arrête... »

« Cesse de lutter Milo... Tu sais très bien que tu n'es qu'un obsédé sexuel. Ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer, mais eh... ça me va. Reste comme tu es... Tout est si facile avec toi. Ton corps m'obéit au doigt et à l'oeil. Et j'aime le commander selon mes moindres désirs qu'il est toujours prêt à combler. » Sussura t-il.

Les mouvements de hanches créaient des remous dans la piscine et Aphrodite poursuivait sa danse lascive avec une redoutable efficacité puisque bientôt l'aileron de son requin vint lui caresser la chute de reins. Cela lui arracha un sourire.

« C'est bien... »

Il l'embrassa amoureusement, sans cesser de remuer hypnotiquement. Milo pouvait sentir que les lèvres du poisson étaient enduites d'une substance au goût rappelant celui de la rose. Il était maintenant clair qu'Aphrodite trichait pour mieux le dominer. Il n'était pas étonnant que toutes les forces de Milo ainsi que sa volonté l'aient quitté. Et cela n'avait rien à voir avec du désir.

Petit à petit, il réalisa...

Parfum.

Bougies à la rose.

Gloss à la rose.

Pétales de roses qui flottaient à la surface de la piscine et qu'il attrapa entre ses doigts...

Aphrodite le droguait.

Et de mémoire de Milo, ce n'était pas la première fois. Tout avait commencé ainsi entre eux. Jamais Milo n'avait été spécialement attiré par Aphrodite. C'était même tout le contraire. Certes, il ne pouvait nier que le Poisson avait bien des atouts physiques, mais psychologiquement il était très laid. Milo n'avait pas digéré l'intervention musclée de son confrère sur l'île d'Andromède, quand il avait profité du combat que Milo livrait contre Albior. Aphrodite avait en effet tué froidement le maître de Shun durant l'altercation et en secret, volant la victoire de Milo.

Pourtant, à leur retour à la vie, Milo s'était mystérieusement rapproché du Poisson. Il le détestait toujours aussi cordialement, mais cet entêtant parfum de rose s'était mis à faire partie de son quotidien. Lentement, mais sûrement, le poisson avait ferré sa proie.

Il comprenait pourquoi à présent. Dire qu'il n'avait jamais prêté attention au parfum fleuri qui s'était insinué dans sa vie jusqu'ici. Tout s'expliquait à présent.

« T'es une vraie sirène... sauf que que tu n'ensorcelles pas les hommes avec ton chant, mais avec tes chères roses... »

« Et tu ne le réalises que maintenant ? »

« Mieux vaut tard que jamais. »

« Il est trop tard. »

« Non, il n'est jamais trop tard. »

« Il est trop tard à jamais, Milo... »

Il embrassa à nouveau Milo, espérant dompter ce sursaut de résistance. En vain. Milo l'éjecta violemment à l'autre bout du bassin avec son cosmos. Ce geste désespéré et salvateur ne ferait que reculer l'échéance, Milo le savait. Il s'accrocha au bord et essaya de s'extirper de cet océan de pétales. Il y en avait de plus en plus, non ?

Comment ne les avait-il pas remarqués jusque là ? Sa carcasse tremblait fiévreusement. Il voyait trouble, il se sentait faible comme jamais il ne l'avait été et il retomba lourdement dans le bassin éclaboussant le dallage alentour. C'était à peine s'il avait encore la force de se maintenir la tête hors de l'eau pour pouvoir respirer. De son côté le Poisson éclata d'un rire sonore et mauvais.

« Comme tu es pitoyable, mon pauvre Milo ! Je ne vais faire qu'une bouchée de toi ! Tu es à moi et tu le resteras ! »

Il suffoquait. Il arrivait à peine à respirer comme le poison se diffusait dans ses veines... Mais il retenta de sortir avec l'énergie du désespoir. Milo était pris au piège et son geôlier profita du moment où il lui tourna le dos pour lui planter une rose au niveau des reins. Milo hurla de douleur et se débattit dans l'eau. Aphrodite le rejoignit alors et revint se coller à lui...

« Cesse de bouger... et abdique. Je sais que tu en as envie. »

Il le tourna à nouveau vers lui et le poison faisait son office. Ce serait un miracle s'il ne mourait pas à présent que le bassin se teignait de rouge. Il savait qu'Aphrodite serait le pire. Mais pas à ce point ! Il était prêt à le tuer purement et simplement pour ne pas avoir à le céder à Camus ! Milo en avait connu des amants possessifs, mais jusque là les autres chevaliers avaient sagement accepté les règles du jeux sans chercher à le zigouiller ! Apparemment, Aphrodite n'était pas de ceux qu'on plaquait...

Surtout maintenant que le pots... aux roses avait été découvert. La raison de la dépendance de Milo au poisson ne faisait plus aucun doute à présent.

« Pardonne-moi Camus... »

Il sentait sa dernière heure arrivée. Au moins, il aurait la mort dont il avait toujours rêvée. Une mort agréable en plein acte, puisqu'il sentait le fessier du suédois venir flirter sans gêne avec son dard. Des lianes vinrent l'emprisonner l'étreignant sensuellement de leurs caresses coupantes qui zébrèrent son torse ensanglanté.

« Ahhh Milo ! » Couina Aphrodite comme enfin, il accueillait le scorpion en lui.

Et il n'eut pas le temps de profiter de la sensation enivrante que déjà, un poing vengeur venait s'écraser contre sa joue. De rage, Aphrodite répliqua en giflant Milo.

« Comment oses-tu lever la main sur moi pour me défigurer ! »

L'étreinte se fit plus étouffante.

« Tu vas me le payer, sale arachnide ! »

Là, c'était sûr. Il allait le tuer. Abîmer le visage d'Aphrodite était l'affront suprême. Mais Milo s'en moquait il ne sentait plus rien. Oui, il avait toujours voulu mourir en faisant l'amour. Et il avait toujours pensé que ce serait dans les bras de Camus que son cœur s'arrêterait de battre.

Camus... pour un peu cet enfoiré lui manquerait... C'était pour lui qu'il avait continué sans jamais abandonner.

« Camus... »

« Arrête de penser à lui ! Il t'a abandonné, il se moque de toi... Il ne viendra pas te sauver ! »

Il était condamné...

Mais tout à coup, alors que Milo perdait connaissance sous les vas et viens profonds d'Aphrodite, un cosmos glacé fit irruption dans la roseraie et un vent du nord gela tout sur son passage, n'épargnant que les deux amants dans la piscine.

Aphrodite serra les dents et son beau visage tuméfié se déforma en une grimace agressive. Il lâcha sa proie et recula. Camus en profita pour sortir Milo du bassin, se blessant les mains pour arracher les lianes qui ligotaient son amour. Le scorpion respirait encore faiblement, mais il ne bougeait plus, plongé dans le coma à cause du poison et de l'hémorragie.

« Demon Roses ! » Hurla Aphrodite en lançant une salve sur Camus.

Mais ce dernier les gela sans mal.

« Milo a perdu ! Alors laisse-le moi et va t-en ! »

« Milo est à moi. » Répondit simplement Camus, tandis que son cosmos brillait de manière menaçante. La piscine se recouvrit alors peu à peu d'une épaisse couche de glace.

Terrifié, le poisson nagea à l'autre bout de la piscine, battant le record du 100 mètres olympique et il parvint in extremis à sortir du bassin avant d'être pris dans la glace. Sans demander son reste, il s'enfuit dans la roseraie courant nu et à bout de souffle.

Le Seigneur des Glaces dans toute sa majesté souleva son amant et le prit dans ses bras, le portant jusqu'au Palais du Pope pour le mettre à l'abri et le soigner.

Dans un court laps de temps Milo avait perdu puis regagné Camus, qui s'était décidé à intervenir.

Mais serait-ce suffisant ?