18.
Faisant comme si de rien n'était, Aldéran avait poursuivi ses tâches au quotidien, entre les responsabilités administratives de l'AL-99 et des sorties sur le terrain.
Et quand la journée était finie, non désireux de jouer les prolongations, il allait récupérer ses fils – Alguénor à la Petite Ecole et Alyénor dans sa dernière année de Maternelle.
Au penthouse, il retrouvait Ayvanère qui prolongeait ses profilages à domicile.
Ils s'occupaient des deux garçonnets, supervisant les petits devoirs avant de passer dans la cuisine pour préparer à quatre mains le dîner.
Alguénor et Alyénor couchés, ils terminaient la soirée tranquillement.
Et ainsi, les jours passaient les uns après les autres, à une vitesse folle.
Après la pause déjeuner au restaurant de l'avant-dernier étage de l'immeuble abritant les bureaux de l'AL-99, comme à son habitude, Aldéran était venu sur le plateau des Unités pour boire un café avec ses plus proches collaborateurs.
- Est-ce que tu as eu de retour le listing des congés vérifié par les Ressources Humaines ? questionna Soreyn.
- Non, ils le vérifient toujours pour mettre à jour le nombre des heures qu'il vous reste. Tu es pressé ?
- Plutôt, s'excusa le co-Leader de l'Unité Anaconda. La promotion sur le séjour dans les Iles d'Emeraude se termine à 17h ! Mais je ne peux pas réserver sans savoir s'il me reste suffisamment d'heures de congé… Je les ai un peu gaspillées en faisant tant de sorties avec ma petite famille.
- Tu t'es fait plaisir, c'est tout ce qui compte, assura Aldéran.
- Heu, Aldie, si tu m'ouvrais une session sous ton login, je pourrais calculer moi-même car nos accès aux programmes ne prennent pas en compte l'addition des heures supp' !
- On ne touche pas à ma base de données ! siffla Aldéran qui ne plaisantait nullement !
Et se levant, il reposa sa tasse de café encore à moitié pleine sur la table de travail de Soreyn pour regagner son bureau.
- Qu'est-ce qui lui prend ? fit-il, interloqué. Je n'avais pas l'intention de fouiller ses fichiers personnels !
- Ce n'est pas ça, intervint Jarvyl depuis son bureau. Mais sa base de données est complexe, très complexe, et donc extrêmement fragile. Tu pourrais la crasher, sans le vouloir, mais ce serait une catastrophe !
- Non, ce n'est pas compliqué à ce point…
- Je vais te montrer, Soreyn.
- Ah, parce que toi, tu y as accès ? ! râla ce dernier.
- Normal, puisque je remplace notre Colonel lors de ses absences ! Et je dois disposer de toutesles informations.
- C'est vrai…
Soreyn s'était approché de l'ordinateur du Leader de l'Unité Léviathan qui lui avait alors fait défiler toute une série de fichiers, les fenêtres s'ouvrant les unes après les autres, toutes reliées entre elles, en interactivité constante.
- C'est quoi, cette tuerie ? s'étrangla Soreyn.
- C'est la base d'Aldie.
- Qui a créé et organisé cet incroyable imbroglio ? Je ne savais pas nos informaticiens si performants.
- Ce n'est pas un de chez nous. Un ami à lui. Un certain Toshiro Oyama ! C'est lui qui gère la base, qui la sauvegarde automatiquement sur ses postes trois fois par jour !
- Aldéran sous-traite ?
- Cet Oyama semble être son meilleur ami puisqu'aux dires de notre Colonel, il est de tous ses voyages spatiaux !
- Et dans vingt-quatre heure, ils se retrouvent, sourit Soreyn.
A la vue d'Aldéran qui revenait vers lui, il se raidit légèrement.
- Désolé, Aldie, si j'avais su pour ta base, je ne t'aurais jamais demandé…
Aldéran tendit un bout de papier à son ami.
- Ton décompte des heures, je viens de le faire manuellement. J'espère que ce sera suffisant pour tes vacances !
- Merci, Aldie.
Et Aldéran retourna à nouveau à son bureau.
Installé dans un fauteuil, entre les lits de ses fils, Aldéran leur avait lu un conte.
- Maintenant, vous allez sagement dormir ?
- Encore un, papa !
- Non, Alie. Trois, c'est bien suffisant pour ce soir ! Allez, dormez bien, les petits. Demain, vous partez avec votre mère chez vos grands-parents. Moi, je rentrerai dans un mois !
Il se pencha pour embrasser ses enfants, remontant une fois de plus la fine couette sur eux et éteignit la lumière avant de fermer la porte devant laquelle Lense vint veiller.
