Si c'était une blague, elle ne faisait pas rire Batman. Les bras croisés, il se tourna vers le Joker :

« Après Blackgate, tu convoites un hôpital-prison qui n'est même pas encore en chantier ?

— Un territoire doit-il être construit pour être convoité ? Pas du tout, Batou. Ouvre les yeux ! Cet asile va devenir un repère de monstres ! »

Des brochettes de malades dangereux et le Joker n'aurait qu'à se servir pour renforcer ses rangs. Avait-il peur de Sionis, Cobblepot, Falcone ? Ou voulait-il diriger son propre freak show avec des difformités mentales plutôt que physiques ?

Comment savoir ce qui se tramait dans un esprit comme le sien ?

« Oh, j'ai déjà dû vous le dire, monsieur Joker, mais cette cravate vous va très bien ! »

Une cravate jaune avait été placée sous le veston vert, apportant une touche de lumière.

Notant que Batman avait regardé en direction son torse, Joker éclata de rire :

« Juste une petite visite à la chapellerie du coin, mais je n'ai pas voulu du chapeau. Par contre, j'ai appris que tu avais flanqué une sacrée frousse au propriétaire ? Tu aurais pu en profiter pour te trouver quelque chose pour ce soir… Bien ! Harley, ma petite, j'aimerais que tu nous laisses seuls.

— Bien sûr… »

Cette réponse sonna étrange : un « bien sûr » peu enthousiaste, mais le docteur réussit à prendre sur elle et elle se leva, hésitant à emporter son verre ou à le laisser. Finalement, elle le vida et le laissa sur le piano.

Une fois les portes fermées, Joker tendit à nouveau le verre de vin à Batman, haussant un sourcil, mais il rencontra encore une fois un refus buté.

« C'est la mort de ton proche qui t'empêche de trinquer ou tu n'aimes pas le rouge ? Tu ne vas pas me dire que tu préfères le champagne ? Non ! La bière ? »

Sans attendre de réponse, il saisit un paquet sur le fauteuil le plus proche et le tendit à Batman. Le rectangle était de petite taille, assez plat. Le papier cadeau était violet rayé de vert — avait-il trouvé un tel emballage ?! —, mais le ruban qui l'enlaçait était d'un noir profond.

Batman ne se risquerait pas à prendre ce paquet sans être sûr qu'il n'était pas dangereux, mais soudain, Joker cacha le cadeau dans son dos.

« Ah-ah, interdiction de scanner ce qu'il y a dedans. Tu gâcherais la surprise !… Tu peux scanner des trucs, avec ton masque, hein ?

— Ouvre-le, alors.

— On peut l'ouvrir ensemble si tu y tiens tant, mais tu te sentiras vraiment ridicule, Batou. »

Le paquet refit surface et le sourire du Joker tremblait presque. Encore quelques secondes et il se mettrait à sautiller sur place.

« Au moins faux pas, Joker, je te jette par la fenêtre. » Avertit Batman en lui prenant le paquet. « Et je n'hésiterais pas.

— J'espère que tu me suivras comme la dernière fois. »

Le ruban fut défait puis oublié sur le sol, suivi du papier déchiré qui révéla…

« … Un portable ?

— Pas n'importe lequel : le mien. Oh non, Batou, n'imagine pas que je t'offre mon portable, j'en ai besoin, mais vas-y, fais le code.

— Je ne connais pas ton code !

— "Sois proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemis", tu n'as jamais entendu ce dicton ? Tu as perdu un être cher ce soir, donc je suppose qu'il ne te reste que des ennemis. Au moins, tu n'es pas seul ! Bref, fais quatre fois le 0. »

Il y eu un silence. Batman retint de justesse un ricanement par le nez : il ne s'attendait pas à une telle simplicité.

Mais était-il vraiment surpris ?

L'écran du portable donna directement sur un échange que Joker avait eu avec Bane moins d'une heure plus tôt.

« J'ai préparé mon filet à chauve-souris et il y a de fortes chances qu'elle soit attrapée. Je garde les 50 millions et tu la tues ? »

« Pourquoi me laisserais-tu la tuer ? »

« Parce que je suis un homme près de ses sous et que tu es une brute. :) »

Bane n'avait pas répondu, alors Joker avait enchaîné en proposant un rendez-vous de lui-même :

« 5h ? Parking de l'Alibi ? »

« Noté. »

Il restait moins de deux heures.

« Je suppose qu'à ce stade, tu n'as aucune suite pour ton plan ?

— L'improvisation est un de mes talents, Batou. Tu as juste à te laisser… » il fit un mouvement leste de la main, « … porté ! »

Batman fixait les doigts, mais ils ne tremblaient même pas.

Il arrivait à son rival de trépigner par moments, mais d'excitation seulement.

Malgré toute son assurance, Joker restait un « jeune » criminel, arrivé à Gotham depuis peu et il avait plongé directement dans les plus hautes sphères criminelles, se confrontant à des quadragénaires qui ne se réveillaient même plus lorsqu'ils entendaient un coup de feu dans leur salon, habitués au danger.

D'ailleurs, quel âge avait cet homme ? Difficile de le deviner dans ce visage abîmé, mais il devait être jeune, Batman en était convaincu, et malgré ce détail, le clown était insensible à la peur.

Alfred l'avait mis en garde, deux ans auparavant, peut-être même avant, à ne jamais confondre folie et courage. Un conseil que son majordome n'avait pas donné par hasard…

Convaincu pendant un court instant qu'il pourrait comprendre le Joker s'il obtenait des réponses, Batman demanda :

« Qui es-tu ?

— Peut-être la dernière personne dans Gotham qui peut te comprendre. » Son sourire sembla devenir plus doux, puis à nouveau hystérique. « Allez, Batou, autant impressionner le grand méchant Bane !

— Qu'est-ce que tu comptes faire ?

— Je vais t'attacher pour lui prouver que je t'ai bien capturé dans mon filet ! » Il insista à nouveau pour le verre. « Bois. Ça te fera du bien.

— Tu sais quelle est la première idée qui me vient en tête. » Ce n'était pas une question. « Je me dis que tu as drogué mon verre pour réellement m'assommer et prouver à Bane que ton plan a fonctionné, peut-être que c'est bien ton plan depuis le début, mais je préfère être conscient au moment où nous irons rencontrer ton ancien collaborateur. »

Joker mima une grimace fatiguée, un soupir, comme triste d'être en compagnie de quelqu'un qui avait si peu de joie de vivre. Épaules affaissées, il déplora ce doute infondé — selon lui :

« Tu penses vraiment que j'aurais imaginé un plan aussi simple ? Pour toi ? Batman ? J'aurais pu tenter le coup avec un des dealers reconverti en truand qui attend en bas, certains sont encore mineurs et encore bien naïfs… Mais pas avec toi. » Il avala la moitié du verre et le tendit à Batman. « Là. On aura bu la même quantité de ce même verre. Pas de petite gorgée pour atténuer un quelconque poison. Ou alors… Tu ne sais plus comment enlever ton masque et tu as peur de l'avouer ? »

Finalement, Batman porta ses mains à sa mâchoire et retira la partie inférieure de son heaume, découvrant sa bouche, son menton, ressemblant à nouveau à l'ancien Batman.

Puis, scellant enfin ce pacte implicite, il saisit le verre et approcha son rebord en évitant celui qui était marqué par le rouge à lèvres. L'alcool était fort, mais réconfortant. Au moins, le Royal Hotel méritait les avis qui vantaient les vins proposés.

« Au passage, concernant le vin rouge, j'ai un faible pour le Maury. »

Joker haussa un sourcil avec une moue dubitative. Il se détourna et se mit à pianoter sur son portable, se cachant de Batman. Après un silence, il s'exclama avec un rire :

« Oh, un vin rouge du sud de la France ! Rien que ça ! J'avais oublié en présence de qui j'étais.

— Tant mieux. »

Tant mieux, car il n'y avait plus de Bruce Wayne. Cet homme était mort avec Alfred.

Quand Batman reposa le verre vide, Joker arracha l'embrasse dorée qui retenait les rideaux, y voyant une corde efficace. Il le montra à son otage, un rictus narquois :

« Tu penses que tu arriveras à t'en défaire si je te piège vraiment ? »

Sans répondre, Batman croisa ses mains dans son dos.

Joker écarta la cape, frôlant l'armure avec le plat de la main, puis, la cordelette fit un premier tour autour des poignets, les serrant l'un contre l'autre. Le second tour fut presque douloureux, plus sec. La longueur permit de faire un troisième et dernier tour. Un nœud serré vint conclure l'attache, bloquant les mains de Batman.

« Ne sois pas tenté de le défaire avant la photo. » Avertit Joker et, sans le prévenir, il lui fit un croche-pied. Poings liés, Batman essaya de se rattraper sur les genoux, mais il fut surpris par un coup de talon dans son omoplate qui l'obligea à tomber au sol de tout son long. Le rire puissant au-dessus de son dos l'assourdissait :

« Joyeux Noël, Batou ! »

Un flash précéda le clic qui confirma que le cliché était pris.

Joker enjamba le corps à terre pour s'affaler sur un fauteuil, croisant ses jambes par-dessus un des accoudoirs. Même d'ici, Batman voyait ses épaules tressauter, emportées par son ricanement.

« Je vais devoir me détacher tout seul ? » Grogna le faux otage — à moins qu'il ne soit vraiment devenu un otage ? Sa joue s'irritait contre le tapis rouge et cette couleur, cette puissance nourrissait une colère lancinante.

« Je sais pas, mon grand… Je n'ai jamais détaché mes victimes, j'ai peur de ne pas savoir comment m'y prendre. » Joker se claqua le genou dans un fou rire. « Libère-toi, va ! Je me ferais un plaisir de t'attacher de nouveau pour notre rencontre avec Bane ! »

L'embrasse était plus résistante que ce à quoi Batman s'était attendu : les fils avaient la couleur de l'or, de même que sa malléabilité. Élastiques, ils ne cédèrent pas immédiatement à la traction des poignets qui essayaient de s'éloigner. Par chance, l'armure protégeait la peau, empêchant les frottements brûlants.

Enfin, la cordelette grinça, attirant l'attention du Joker qui croisa les mains sur son ventre, observant la « fuite » de la chauve-souris. La douceur des menottes céda totalement et le lien tomba, formant un serpent luisant et doré sur le tapis rouge.

« Il faudra quelque chose de plus solide. »

Batman vérifia ses poignets, mais le cordon, trop doux, n'avait rien abîmé de l'armure déjà fatiguée par cette nuit sans fin.

« Bane a déjà répondu ?

— Non. Ne fais pas cette grimace ! Il est pas très bavard, même dans ses messages.

— Je ne m'inquiète pas.

— Tu as une tête à t'inquiéter de tout. »

Tandis que lui avait une tête à se foutre du monde entier.

Joker croisa ses mains derrière sa nuque, renforçant cette attitude, mais quand Batman commença à s'éloigner, il se redressa, curieux :

« Tu repars déjà ?

— Je reviendrai quinze minutes avant l'heure fixée, ce sera suffisant pour m'attacher et nous rendre au My Alibi.

— Je pensais qu'on tuerait le temps en discutant un peu, que tu me raconterais pourquoi tu as quitté ta vie de château pour finir en Dracula de Gotham. Tu arrives à faire la même lippe que Bela Lugosi, tu avais remarqué ? » Ses plaisanteries ne rencontrèrent qu'un silence buté, alors Joker soupira. « Je t'ai vexé ? Oh, je vois : tu ne veux pas discuter avec moi de peur de t'attacher et de renoncer à me tuer ? T'as raison, Batou, quand on débute dans le crime, il vaut mieux être prudent. »

Ces nouvelles moqueries ne le retenaient pas plus, incapables de l'attirer dans un jeu qu'il était le seul à trouver drôle.

Quand Batman quitta le salon rouge, Joker se leva d'un bond et essaya de rattraper l'ombre. Dans le couloir où les lustres étaient éteints, la sentinelle progressait dans le chaos du fou : les piles de paquets cadeaux immenses — certains contenaient des bombes —, les guirlandes qui clignotaient en étoiles éphémères, les douilles de balles qui scintillaient en paillettes au sol et ricochaient comme des clochettes quand elles étaient balayées d'un coup de pied.

Le Noël du Joker.

En incarnant la nuit et la peur, le chevalier noir n'avait pas sa place dans cette fête foraine fantasmagorique, pourtant, sa silhouette imposante parvenait à se déplacer et le Joker en ressentit une certaine satisfaction. Il voyait en Batman un égal et cette démarche sûre lui prouvait ce sentiment.

Après s'être approché des fenêtres du couloir qui donnaient sur l'avenue en contre-bas, Joker posa ses mains sur la vitre glacée, surveillant l'extérieur, jusqu'à ce qu'il aperçût la chauve-souris sortir et s'éloigner de l'hôtel.

Exposé, Batman se retrouva harcelé par les flocons qui s'écroulaient sur Gotham depuis plusieurs jours déjà, à croire que le blanc humide cherchait à engloutir tout ce noir, de ces épaules froides jusqu'à la tête couronnée de pics, de ces pans lisses jusqu'aux bottes solides. Mais il lutta, continuant d'avancer.

Joker comprit alors que Batman se dirigeait vers le Gotham Cinema au coin de la rue, visible depuis le Royal malgré la tempête grâce aux affiches de film immenses. Le clown se mit à rire : dans les villes, les grandes salles sombres des cinémas sont ce qui se rapproche le plus des grottes, un choix peu surprenant pour un homme qui se déguise en chauve-souris !

À cause de la météo, à cause de la nuit de crime, le cinéma aurait dû être fermé, mais les portes s'ouvrirent au moment où Batman les poussa. À croire qu'un employé passionné était resté et était prêt à accueillir quiconque voudrait s'isoler ici.

L'ombre de Batman disparut sous l'imposante façade et Joker resta encore quelques instants, persuadé de pouvoir encore le voir, trompé par la pénombre.


Le hall du cinéma était béni par le même calme que celui d'une église. D'une véritable église, à l'inverse du bâtiment à l'est de Park Row, transformé en planque par Roman Sionis pour son trafic de drogue. Là-bas, les vieilles pierres protégeaient un blasphème, mais après tout, le crime était bien la nouvelle religion de Gotham.

Il n'y avait que dans les cinémas que les gothamites pouvaient se réunir dans le silence, communiant devant un drame ou une comédie.

Et les cinémas, malgré les souvenirs douloureux, étaient des sanctuaires pour Bruce Wayne.

Dans la salle d'accueil, trois affiches sur un mur faisaient face à trois autres, proposant des choix variés pour contenter tous les publics : film noir, romance, drame, comédie musicale sur le thème de Noël, épouvante, film de guerre… Mais les guichets étaient abandonnés, l'entrée était vide.

Grâce à ce silence d'absent, Batman entendit l'écho d'une voix forte. Bien que d'ici, elle semblait se fracturer comme celle d'un spectre. Attiré par ce son, Batman avança vers le fond du hall et se repéra à la puissance du bruit : plus il s'approchait de la salle 2, plus les échos devenaient des sons distincts. Une odeur de sucre caramélisé collait contre les murs grenat, même sur le plafond trop bas qui transformait le couloir en tunnel étriqué.

Batman poussa la porte qui grinça, mais le gémissement fut étouffé par la voix profonde de Vincent Price. À la fois par respect et admiration, Batman s'arrêta sur le seuil de la salle, impressionné par l'allure élégante de cet acteur qu'il adorait depuis son plus jeune âge. Ce visage long, ce regard qui brillait malgré le grain de la pellicule abîmée, et cette voix, ce timbre intemporel.

Bruce n'était pas certain de quel film il s'agissait, mais il avait aperçu, du coin de l'œil, l'affiche de While the city sleeps dans l'entrée, un film de 1956 qu'il n'avait pas revu depuis une éternité…

En entrant dans le Gotham Cinema, Batman avait craint être ramené à cette triste soirée de novembre où il était devenu orphelin, mais sa mémoire ne l'avait pas ramené aussi loin : elle s'était arrêtée aux soirées passées sur un canapé dans le salon, Alfred amenant sur un petit plateau son dessert et lui souhaitant un bon visionnage.

En tant que majordome, Alfred avait veillé à l'éducation du jeune maître et, par un intérêt plus personnel, lui avait transmis cet amour pour le cinéma. Plus exactement, il l'avait ravivé, car Le Signe de Zorro avait bien manqué tuer cette passion après l'assassinat de Martha et Thomas Wayne.

Sur ses conseils, Bruce avait vu toutes les œuvres de Charlie Chaplin, puis, plus âgé, il avait été autorisé à voir celles d'Hitchcock et celles où apparaissaient Peter Cushing et Christopher Lee — comme si des oiseaux ou Frankenstein pouvaient être plus terrifiants que Joe Chill…

Il se souvenait bien de ces moments reposants après le dîner et qui précédaient l'heure d'aller dormir.

La voix gothique de Vincent Price avait hanté plusieurs soirées, la douceur d'Olivia de Havilland avait redonné vie à des centaines de souvenirs avec sa mère. Il avait partagé les mésaventures de James Stewart avec la boule au ventre, Lee Meriwether avait été son premier béguin de star…

Bruce n'avait jamais revu les chorégraphies d'escrime de Tyrone Power qui l'avaient pourtant impressionné au Monarch Theater, et de toute façon, il préférait aujourd'hui l'effroi qu'inspirait Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur ou les personnages retords d'Orson Welles.

Sa soif d'aventures avait laissé place aux enquêtes en noir et blanc, à la tristesse contrastée d'un monde qui ressemblait à Gotham.

Batman regardait les sièges plongés dans la pénombre, mais aucune tête ne dépassait des dossiers ronds. Pourquoi le film était privé de son public ? Le parfum de pop corn hantait toujours la salle comme si les clients venaient de déserter les lieux.

Pouvait-il venir ? S'installer là, comme un simple client ?

Avec un plaisir douloureux, Batman prit place sur un des fauteuils, puis, dans un sursaut, se tourna vers le fond de la salle. Qui projetait ce film ?

Dans le minuscule carré où la lumière jaillissait comme un salut divin, une silhouette sombre pouvait s'apercevoir, mais elle restait parfaitement immobile. Batman en était pourtant sûr : ce n'était pas une illusion.

Finalement, il se réinstalla et reporta son attention sur le film. Il se souvenait vaguement que l'histoire portait sur un tueur en série qui haïssait les femmes et signait chaque meurtre avec un message écrit au rouge à lèvres, devenant le « tueur au rouge à lèvres » dans les médias.

Le chauffage était allumé et soufflait son haleine continue, mais la fatigue — le contre-coup — faisait frissonner Bruce. Alors, de la même façon qu'une chauve-souris, il s'emmitoufla dans sa cape.

Et s'il dormait un peu ? Le rendez-vous au My Alibi semblait prévu pour la décennie prochaine, peut-être même le siècle suivant, trop loin pour l'inquiéter ou l'exciter.

Tout en conservant son heaume pour se protéger, Bruce se laissa bercer par la chaleur et les souvenirs. Bientôt, il sentit les images du film s'embrouiller et il cessa de lutter contre cette fatigue.