Puisque la saison s'y prête et que j'ai quelques chapitres en avance, je poste celui-ci et vous souhaite un joyeux Noël !
L'alarme se mit à vibrer contre son avant-bras, le tirant d'un sommeil trop bref.
Batman ouvrit les yeux sur un écran blanc : le projecteur avait terminé de raconter son histoire.
Ce silence était parfait pour émerger.
Il était 4 heures 40.
Il tâta son torse, rencontrant un trou entamé par une balle qu'il avait reçue plus tôt la nuit. Même avec son costume chauffé, ce trou juste sous le cœur inviterait l'hiver. Il faudrait qu'il change totalement les pièces de son armure, mais seulement une fois qu'il aurait affronté Bane ou ses hommes : une armure intacte aurait pu être suspecte…
Quand il se leva, le siège gémit. Batman leva la tête mais la salle de projection semblait vide : ni silhouette, ni lumière.
Il se débarrassa des courbatures dans ses épaules en s'étirant doucement, puis en faisant quelques mouvements circulaires.
Dans le hall, alors qu'il s'imaginait être seul, Batman fut surpris d'y voir le Joker : il portait un bonnet de Noël et était accoudé au distributeur de boissons, attendant que la machine termine de verser un chocolat chaud. Pour patienter, il faisait voler des cartes d'une main à l'autre. Batman ne le remarqua pas immédiatement, mais le jeu n'était composé que de jokers.
« Rise and shine, Batmoon. » Lança-t-il en voyant la chauve-souris émerger. Son rouge à lèvres, cardinal, rappela à Batman le film qui avait été projeté en salle 2.
« Où est le projectionniste ?
— Quel projectionniste ?
— Quelqu'un projetait While the city sleeps quand je suis rentré. »
Joker haussa les épaules en décrochant la tasse brûlante de la machine.
« J'ai vu personne. »
Pris d'un doute, Batman regarda le bas du pantalon du clown, les manches de son blazer, son cou, mais il n'y avait aucune tache de sang. Aucune récente, en tout cas.
À cause de la tempête de neige, la nuit violette était encore omniprésente dehors, tissant une obscurité lourde. Peut-être que le projectionniste piquait un somme quelque part dans les locaux, planqué dans ce qu'il considérait le seul refuge de la ville ?
« Il me reste encore de la monnaie si tu veux un café, Batou. Ou un thé ? Quelque chose qu'on boit chez la reine d'Angleterre ? »
Batman s'apprêta à refuser mais le Joker fit glisser une pièce dans l'appareil et sélectionna un café :
« Là. Noir comme ton âme et surtout ton costume. »
Sans répondre, Batman prit le gobelet et décrocha la partie inférieure de son masque.
« Et si tu veux du sucre, utilise ça, ça peut faire une cuillère. » Conseilla Joker en tendant un sucre d'orge qu'il accrocha à une des oreilles du heaume. Batman le retira immédiatement avec un grognement.
« Il faudra que tu laisses ton masque comme ça.
— Je sais. Bane pourrait croire que tu as caché quelqu'un d'autre sous mon costume. »
Le café était bien trop chaud et ils ne pouvaient pas prendre leur temps ; Batman posa alors le gobelet sur le guichet derrière lui, des tickets éparpillés faisant office de sous-verre. Ils étaient tous vieux de trois jours.
Joker sortit de la poche de son veston un collier de serrage, un lien plus efficace que l'embrasse dorée que Batman avait réussi à déchirer.
Avec ce serre-câble en plastique, il aurait moins de chance de s'en sortir seul.
« Retourne-toi. »
Contraint de se plier à l'ordre, Batman tourna le dos et ils répétèrent le même numéro que dans le salon rouge. Cette fois, un seul tour suffisait et le plastique, bien plus rigide, ne laissait aucune liberté de mouvement.
« Joue le jeu, Batou, et surtout, fais comme d'habitude : ne parle pas. »
Une pression entre ses épaules lui indiqua qu'il pouvait avancer et sortir du cinéma.
L'aube durant une tempête de neige donnait toujours dans le lugubre : ni or, ni parme, la nuit se faisait coton, filant son indigo menaçant. Batman eut l'étrange tristesse de constater qu'il ne vivait pas un cauchemar : Alfred était bien mort et il se lançait dans une vengeance étrange. Ne pouvait-il vraiment pas tuer Joker d'abord et s'occuper de Bane plus tard ?
Une voiture simple et anonyme était garée à deux mètres du cinéma. Joker ouvrit la portière à l'arrière et poussa Batman à l'intérieur, riant aux éclats. La joue contre le cuir de la banquette, Batman ne pouvait se repérer principalement qu'aux sons, mais le rire du Joker était omniprésent.
La radio s'alluma en même temps que le moteur. Le cuir frémissait, sensible aux ronronnements du véhicule. Une étrange coïncidence voulait que Laughing des The Guess Who commence au moment où la voiture tourna dans l'avenue enneigée.
Il n'y avait personne sur le siège passager, même pas le docteur Quinzel qui était peut-être rentrée chez elle. Le plan n'incluant qu'eux deux, le traître et le faux otage.
« Tu sais, je me disais que je verrais bien un asile dans le manoir Wayne ! C'est un peu plus chic que cette ruine d'Arkham. Qu'est-ce que t'en penses ?
— Une bombe a détruit la moitié du hall. » Marmonna Batman. « Sharp perdra moins de temps à restaurer Arkham que le manoir Wayne.
— Ah bon ? Dommage. L'ironie aurait été… fabuleuse !
— Pourquoi tu fais une telle fixette sur Arkham ?
— Je prévois une longue carrière, Batou, mais je ne suis pas si fou : je sais que je risque d'y passer une ou deux semaines un de ces quatre !
— … En supposant que tu puisses voir l'ouverture de cet asile. »
Le rire du Joker se fit tonitruant, couvrant la radio et le grondeur du moteur.
« Ahahah ! Des menaces ! Continue, Batou ! C'est vraiment excitant quand ça vient de toi ! »
À quoi s'attendait-il ? Il avait tenté d'intimider Joker à plusieurs reprises, alors que ce fou semblait prendre plaisir à garder ses ennemis près de lui, sans la moindre inquiétude.
Soudain, Batman se souvint comment Joker avait écarté les bras lorsque Bane avait fait feu sur le balcon du Royal, comment il avait mélangé mise à mort et mise en scène. Si Batman ne l'avait pas sauvé, Joker n'aurait rien été de plus qu'un mauvais souvenir.
L'espace d'une seconde, Batman envia cette liberté d'esprit, mais il se ressaisit : Joker n'était peut-être pas malheureux, mais il n'était pas heureux pour autant. Rien ne l'atteignait, ni le drame, ni la joie.
La neige s'était remise à tomber avec plus de force et les essuie-glaces luttaient contre les flocons qui menaient l'assaut. Quand les premières notes de guitare de Cold Cold Heart résonnèrent, Joker augmenta le volume et sa voix rejoignit celle de Hank Williams.
Il changea pourtant les paroles et Batman l'entendit chanter :
« You know you need and want to laugh, yet you claim it's not your style. Why do you hide behind that mask? I'm trying to do my part! »
Joker s'esclaffa à nouveau, ravi de son improvisation.
Même lorsque la voiture arriva dans l'étroite allée qui menait au parking du strip-club, il en riait encore.
« Est-ce que tu connais le My Alibi, Batou ?
— Oui.
— Ça m'étonne pas, espèce de coquin.
— Tous les plus grands criminels de la ville se donnent rendez-vous ici. »
Joker s'arrêta au milieu du parking, coupa le contact et s'accouda au siège passager pour se retourner. Même à contre-jour, la couleur de ses cheveux restait vive et l'acide de son sourire persistait :
« Alors bienvenu, camarade ! Tu as ta place parmi les tiens. »
La portière laissa un froid mordant entrer dans la voiture. Batman contracta ses muscles pendant que Joker le tirait hors du véhicule. Sans équilibre, il devait redoubler d'effort pour ne pas plier sous la bourrasque.
La porte du club était ouverte et une danseuse, son rouge à lèvre effacé et son mascara éparpillé en fard, buvait son café sur le seuil. En apercevant Batman, elle suspendit son geste.
« Oh putain de Seigneur de merde. » Lâcha-t-elle. Elle resserra le long manteau autour d'elle et s'éloigna rapidement dans le nightclub, prête à prévenir ses collègues de ne pas sortir même pour une clope.
« Si t'es sage, Batou, on ira leur dire bonjour. » Chuchota Joker pour se moquer.
Il ne restait plus qu'une poignée de secondes avant l'heure fixée, mais ils étaient seuls. Pour patienter, Joker sauta sur le capot de la voiture pour s'y installer, tenant fermement Batman près de lui, sur sa droite.
Les murs autour coupaient un peu le vent, mais il faisait tellement froid que la chauve-souris commençait à se sentir engourdie. Joker avait posé une main sur la corde de serrage, le tenant comme s'il s'agissait d'une laisse. Au cas où cela ne suffirait pas pour le tenir tranquille, le clown avait dégainé un revolver.
« Si tu as peur que je te blesse, Batou, le safe word est Tartempion. Oh, chut ! Voilà nos invités ! Tu n'as même plus le droit de dire Tartempion, maintenant ! »
Six hommes, emmitouflés dans des blousons, venaient de dépasser le grillage à l'entrée du parking, regardant dans leur direction. Tous avaient une carrure de catcheur, le cuir de leur manteau à rude épreuve, mais aucun n'avait la taille spectaculaire de Bane.
« Bane avait trop froid pour sortir ?! » Cria Joker, détachant chaque mot comme si la neige rendait les hommes sourds. Ou débiles.
Aucun n'accorda la moindre attention au clown ; seul Batman les intéressait et ils le mesuraient du regard. L'un des hommes eut un rictus de satisfaction, un autre exprima son contentement en faisant craquer ses doigts tatoués dépassant de mitaines noires et un troisième s'avança, comme pour récupérer le trophée et partir, mais Joker l'avertit en dirigeant l'arme vers lui :
« Hop, hop, vous n'allez pas l'emporter comme ça.
— Bane n'est pas là.
— J'ai remarqué, sinon vous ressembleriez à des nains de jardin à côté de votre boss, maiiiis Bane savait que j'avais le Batman et je ne peux le remettre qu'en mains propres. »
L'un des sbires s'avança, moins intimidé par le revolver que ses collègues. Joker lui rappela le poids de la menace en le visant à son tour :
« Est-ce qu'un peu de plomb te remettrait les idées en place ?! »
Soudain, Joker leva le bras et tira une fois vers la nuit, surprenant les hommes de Bane. Il éclata de rire en soupesant l'arme :
« Voilà ! Plus que cinq balles. Au moins l'un d'entre vous survivra à cette rencontre ! »
L'un des hommes glissa sa main sous son manteau, indiquant qu'il avait également une arme à feu.
Batman remua ses poignets, vérifiant la marge que le clown lui avait laissée, car l'idée d'être ligoté à quelques centimètres d'un aliéné armé n'était pas rassurante… Une pression contre ses reins lui rappela cependant de se tenir tranquille.
L'hiver avait déjà commencé à refroidir le bout du canon de l'arme, mais le cercle était encore chaud quand il se posa contre le côté droit de la mâchoire de Batman.
Surpris, Batman s'apprêta à tirer sur le cordon ou à basculer en arrière avant que la balle ne parte pour lui exploser la tête, mais l'arme ne faisait que lui indiquer un mouvement à suivre : tourner son visage vers la gauche, vers Joker.
Sans comprendre, les six hommes de Bane virent le payaso embrasser son otage masqué. Même pressées contre la bouche statique, les lèvres du Joker ne pouvaient s'empêcher de sourire. Profitant de la surprise générale, celle de Batman incluse, une lame dissimulée dans la manche du Joker rompit le collier de serrage.
Batman n'osa bouger que lorsque Joker s'écarta. Il sentait qu'une marque rouge s'était imprimée, lui barrant les lèvres.
Le clown dirigea à nouveau son revolver vers les visiteurs et tira dans la tête de celui qui s'était trop approché.
Batman plongea en avant et visa une première mâchoire, faisant entrechoquer les dents. À chaque fois que ses gants frappaient, la viande faisait un bruit mat, mais si le coup était plus violent, un craquement s'entendait.
Malgré l'arme en main, Joker opta aussi pour un corps-à-corps : plus malingre, il arrivait à être plus rapide que le chevalier noir. Son poing alourdit par le revolver pouvait assommer en un rien de temps, mais il avait la perversité de faire durer le combat.
Il donna un violent coup de pied sous le genou d'un des combattants, visant les points les plus sensibles — un point commun qu'il partageait avec son allié inattendu.
Dans la lutte, un assaillant sortit un couteau et se rua vers le clown. Il plaqua Joker à la voiture mais, son ennemi esquivant à temps, il manqua son coup et la dent que formait la lame se planta dans le capot. Un de ses collègues, celui qui avait le revolver, lui vint en aide et visa le Joker. Batman intercepta l'intention au moment où la gâchette fut pressée et cogna la tempe du tireur si fort qu'il s'écroula ; la balle perça l'une des roues avant de la voiture plutôt que la poitrine du Joker.
Hormis le mort qui avait le front percé, les autres hommes de Bane étaient toujours vivants. Certes, avec une mâchoire brisée, avec un traumatisme crânien ou avec un genou retourné, mais toujours vivants.
Batman percuta le ventre d'un des types à qui Joker avait fait perdre l'équilibre en frappant sa cuisse d'un revers. La douleur fut telle que la victime cracha un jet de vomi qui éclaboussa le pantalon du Joker. Ce dernier soupira avec une grimace et visa la nuque de l'homme, augmentant le nombre de morts à deux.
« Ils n'ont aucune classe, aucun savoir vivre ! »
Batman sentit du sang sécher sur son menton. Son coude avait délogé trois ou quatre dents d'un opposant avant de le faire basculer par-dessus son épaule ; un filet avait dû s'écouler à ce moment-là. Sa victime essaya de se relever, mais elle reçut une balle en pleine gorge.
Trois.
La moitié du groupe.
Les trois autres hommes se regardèrent et l'un d'entre eux recula, mais Joker interrompit sa fuite en lui tirant dessus. Le corps chaud s'étala dans la neige.
La dernière balle se planta dans la tête de celui qui était juste à côté, sans réelle raison.
Même si le Joker était à court de munitions, il appuya plusieurs fois sur la gâchette en visant le seul rescapé. Il savait que l'arme était vide, mais cette litanie de clics effraya le mercenaire de Bane et le poussa à fuir.
Contrairement à ses collègues, il réussit à s'en sortir vivant.
Le Joker se mit à rire : il lui restait en réalité quatre autres munitions dans la poche de son veston, mais il n'avait jamais eu l'intention de les utiliser. Il voulait qu'un homme reste en vie.
Il récupéra au sol le bonnet de Noël qui était tombé et le repositionna sur sa tête.
« Pourquoi tu ne m'as pas laissé partir avec eux ? » Explosa Batman. « Le plan était que je rencontre Bane !
— Avec les poings liés ? Oh, pardon, Batou, je ne savais pas que tu comptais mourir en fait ! Tu m'avais parlé de tuer Bane, pas d'être tué par Bane !
— Tu m'aurais détaché avant ! »
Joker saisit, sur le capot, le collier qui avait été sectionné.
« Et tu penses que les hommes de Bane n'auraient rien remarqué ? » Cette naïveté le fit mourir de rire et il jeta le lien coupé au sol, le laissant disparaître dans la neige. Sur un nouveau ricanement, Joker nota : « Bane va être furieux. Furieux de chez furieux. Furieux comme tu ne l'auras jamais vu furieux !
— Au point qu'il viendra en personne ?
— Pour toi et pour moi !
— Tu es malade… »
Était-ce vraiment le plan initial ? Mettre en colère Bane ? Lui faire perdre ses moyens ? Malgré ses allures de brute, Bane était un homme intelligent. Et contrairement à ce que Joker affirmait, il pouvait conserver un sang-froid remarquable.
Cela n'expliquait pas…
« Le fait de m'embrasser, c'était quelle partie du plan ?
— Ce n'est pas évident ? » Joker donna un coup de pied dans la roue crevée de la voiture. « Le chaos, la surprise ! Celui qui a survécu ira voir Bane et lui racontera certainement ce détail. Bane va péter les plombs en se demandant ce qui se passe. »
Batman croisa ses bras, fronçant le nez. Comme pour le réconforter, Joker lui tapota l'épaule :
« Je suis désolé de te décevoir, Batou, mais tu n'es pas le premier otage que j'embrasse. Tu demanderas à Harley.
— Le docteur Quinzel ? Ce n'était pas un vrai otage non plus.
— Alors ça vous fait un autre point commun. »
Ils regardèrent le capot lacéré et la roue qui tirait une triste mine. Le Royal Hotel était à une vingtaine de minutes de marche, mais dans cette tempête, ils devraient compter dix minutes supplémentaires.
Joker resserra son manteau en dépassant le grillage, luttant contre une brise qui hantait la ruelle.
« Tu sais quoi, Batou ? Je trouve qu'on fait une équipe de choc. Et si je ne me trompe pas, tu m'as encore sauvé la vie.
— Une rotule en tout cas.
— C'est important. Deux rotules sont nécessaires pour tenir debout.
— Déjà que ton équilibre mental est instable… »
Ils passèrent à côté d'une voiture et les vitres, sombres, eurent un effet miroir. Batman vit son reflet, apercevant la giclée de sang sur son menton, mais son attention fut surtout attirée par la marque de rouge à lèvres. On aurait dit qu'une femme l'avait embrassé passionnément.
Les ruelles de Gotham composaient leur dédale, mais ces longs chemins urbains n'avaient de secret pour eux. Ils n'avaient aucune blessure sérieuse, mais Joker passa son bras au-dessus de celui de Batman pour marcher côte à côte, dans l'intention d'être soutenu.
« Est-ce que tu vas retourner dans ta grotte, Batou ?
— Je te l'ai déjà dit, il y a eu…
— Je parlais du cinéma ! »
Oui, peut-être que c'était son intention. Où pouvait-il aller, après tout ? Au Royal ? Ridicule.
« Quand je pense que ce gars a dégueulassé mon pantalon, c'est incroyable, quand même ! » Il se mit à parler de ses propres plans : de son côté, il avait élu domicile à l'hôtel pour l'instant, occupant toutes les suites du dernier étage. Là-haut, il avait bien l'intention de prendre un bain, peut-être une douche, il hésitait encore. Il était temps de se débarrasser de ce sang et du vomi.
Ils bifurquèrent dans une ruelle où un lampadaire ne se dressait que tous les quinze mètres, rendant la lumière rare.
Plus loin, un chien abandonné, les pattes enfoncées dans la neige, éventrait un sac poubelle, goûtant plus de plastique que de nourriture. Son ventre, creusé par la faim, tremblait de rage, et il tira sur le sac si fort que deux boîtes de conserve bondirent de la déchirure, s'entrechoquant en alarme.
Le bruit ne réussit pas à couvrir les bruits de pas que Batman entendit derrière eux et, quand il se retourna, imité par Joker, il vit cinq hommes masqués. Dans le matin sombre, les têtes semblaient avoir disparu à cause des masques noirs.
Les hommes de Roman Sionis n'eurent pas besoin de se présenter et les cinq mitraillettes se dressèrent pour faire feu.
