Je vous remercie pour tant de reviews pour un seul chapitre ! Oo
Ça y est. Nous marchions en direction de Ka Anor, ce dieu extraterrestre qui dévorait les dieux et les demi-dieux.
Il y a peu, Christopher, Jalil, April et moi avions entièrement disparut du monde réel. Avant, lorsque Senna était encore en vie, nous vivions un peu dans les deux mondes : le monde réel ou l'Ancien Monde et Everworld. Nous étions apparus à Everworld un jour banal, alors que nous nous étions tous retrouvés au lac Michigan, mais un autre « nous » continuait à vivre dans le monde réel, à Chicago. Quand le David d'Everworld s'endormait, son esprit « rejoignait » l'autre et les souvenirs s'ajoutaient au « moi » du monde réel. Cela faisait l'effet d'une mise à jour. Tiens, David, tu es partit te battre avec les Vikings et tu as réussi à échapper à Huitzilopochtli. Tiens, toi, David, tu as eu une mauvaise note en géo. Oui, c'est normal, je n'ai pas eu la force de réviser, j'avais eu peur pour toi, j'ai cru qu'on allait crever.
En tout cas, c'était bizarre.
Et puis, lorsque Senna est morte, nous nous sommes effacés du monde réel. Et maintenant, nous dormons comme tout le monde. C'est bien plus reposant, croyez-moi.
Mais aujourd'hui, l'incroyable s'est produit : d'autres sont arrivés à Everworld. Et ils ne semblent pas venir du même monde que nous. Il faudra qu'ils nous racontent tout cela ce soir, lorsque nous monterons le camp.
Quatre d'entre eux, des adultes, portent une sorte d'uniforme bleu. Le type aux cheveux noirs et aux yeux sombres semble être le plus important des quatre. L'un d'entre eux quatre est une femme, blonde et j'ai réussi à apercevoir une arme à feu à sa ceinture. Les autres ne semblent pas armés. Quoique, le type aux lunettes carrées tripote souvent ses manches. Je dois me faire des idées.
Il y a aussi les trois autres : un grand type en armure, une jeune fille et un gamin blond. C'est bizarre, mais ses pieds font un drôle de bruit quand il marche. Le temps des questions viendra ce soir.
Et puis, les sept autres forment un groupe, à vue d'œil. Ils sont tous vêtus de noirs et ont des yeux violets. Plutôt bizarres. Surtout que les dieux et Goewynne, la reine elfe, ne semblent pas les voir comme des humains. A surveiller.
Mes pensées peuvent vous paraître bizarres. Je réfléchis de façon militaire, c'est vrai. Ça doit être à cause de mon père.
Mais j'ai déjà décidé d'oublier cette autre vie, inutile d'y songer.
¤¤¤
Une fois que le soleil disparaissait à l'horizon, nous décidâmes une halte pour la nuit. Les autres s'étaient installés à part. Les types en bleu et les ados ensemble. Les types en noir dans leur coin, loin du feu. Sauf un. Celui-là discutait avec Christopher, ne cessant de lui poser des questions sur Everworld. On aurait dit que ce monde lui plaisait. On verra bien lorsqu'il rencontrera des dieux moins sympathiques qu'Odin, Thor et Loki, qui d'ailleurs ne veut plus nous tuer, bonne nouvelle. Balder, lui, n'est qu'un demi-dieu. Mais il n'en reste pas moins imposant.
Je m'assis à coté du gamin blond.
- Je vous ai raconté notre histoire. Maintenant, c'est votre tour.
Le blond a ricané.
- Echange équivalent, n'est-ce pas ?
Je fronçai légèrement les sourcils.
- Je m'appelle Edward Elric, voici mon frère, Alphonse, et notre amie d'enfance, Winry.
Edward, Alphonse, Winry. Noté.
- Déjà, avant de commencer… avez-vous entendu parler de l'alchimie ?
Je fis signe à Jalil de venir.
- Pas tellement.
- Moi j'ai déjà lu ça dans les livres. Au Moyen Age, les alchimistes étaient des sortes de chimistes qui espéraient transformer le plomb en or et de fabriquer la pierre philosophale, qui donnerait la vie éternelle. Pourquoi ?
- Dans notre monde, c'est une science très répandue. Et elle ne se limite pas à la transformation du plomb en or ou à la création de la pierre philosophale. Elle se base surtout sur le principe de l'échange équivalent.
- Pour obtenir une chose, continua le type en armure d'une voix étrange, on doit en sacrifier une autre de même valeur. C'est ça, l'échange équivalent. Mais pour cela, il faut tracer un cercle avec des constrictions. Certains alchimistes ayant vu la vérité peuvent faire de l'alchimie rien qu'en frappant dans leur main et … enfin, c'est assez compliqué.
- Vous en êtes capable ?
- Mon frère, oui.
Le blondinet frappa dans ses mains et les posa sur le sol. Une lueur bleutée apparut et en même temps, il semblait sortir un couteau du sol.
- J'ai transformé les composants de la terre pour en faire un couteau que voici. Le sol d'ici est riche en fer, la lame est assez bonne.
Il tendit le couteau à Jalil qui l'inspecta.
- Un magnifique couteau, je dois dire. Mais ça ne devrait pas marcher un truc pareil, selon les lois de la physique…
- C'est comme ici avec la magie, Jalil. C'est vrai, même si tes cours de physique te disent le contraire... Donc, vous êtes alchimiste ?
- Ouais… Alchimiste d'Etat, même.
Devant notre air perplexe, à Jalil et à moi, il s'expliqua.
- Alchimiste à la botte de l'armée. Les types en bleu qui sont là-bas sont des militaires. Le grand avec les cheveux noirs et qui louche sur votre amie April est un alchimiste d'Etat haut gradé.
- Déjà, je ne louche pas sur April. Je suis le colonel Roy Mustang, l'alchimiste de feu.
- Parce qu'en plus, vous avez des spécialités ?
Là, Jalil fronçait vraiment les sourcils. Ça tournait façon magie et il n'aime pas ça : cela ne suis aucune loi de la physique. Mais bon, question magie et phénomènes illogiques, on est un peu habitués. BAE. Bienvenue A Everworld.
- On peut dire ça comme ça. Le colonel ici présent a pour spécialité le contrôle du feu.
- Vous avez une spécialité, vous ?
- Non.
- Vous pratiquez tous l'alchimie ?
- Seulement nous trois.
Le type au nom de Mustang, le gamin et le type en armure. Tous trois alchimistes, deux étant en plus de cela militaires.
Je désignai les types en noir du menton.
- Qui sont ces personnes ?
- Des homonculus.
J'interrogeai Jalil du regard.
- Dans les livres de notre monde, les homoncules sont des êtres crées artificiellement.
- Dans le notre aussi, répondit l'armure. Sauf que dans le notre, les homonculus sont les résultats de transmutations humaines…
Jalil les regardait avec des yeux ronds.
- Vous pouvez créer des êtres humains ?
C'était donc cela, la transmutation humaine. Noté.
- Oui et non, répondit le colonel. Cela est strictement interdit.
- Et de toute façon, ajouta le gamin, ça ne marche pas. L'équivalent d'une vie humaine n'existe pas.
Jalil hocha la tête. Ça devait être assez logique à son goût. Mais quelque chose me paraissait malgré tout illogique, dans tout cela.
- Si l'équivalent d'une vie humaine n'existe pas et rend la transmutation impossible, qui sont ces personnes, alors ?
- Les résultats de transmutations humaines ayant… raté. Et les incarnations des sept péchés capitaux.
Le gamin nous les présenta ensuite du doigt les « homonculus ».
Le type aux longs cheveux verts, que j'avais prit pour une fille se nommait Envy, qui incarnait la jalousie ; le gros s'appelait Gluttony, la gourmandise ; le vieux était Pride, l'orgueil ; la grande… aux proportions… généreuses, Lust, le péché charnel ; celle qui ne se tenait pas droit, Sloth, la paresse ; le gamin, Wrath, la colère et…
- Tiens, Greed a disparut, dit le jeune alchimiste en fronçant les sourcils.
- Greed, intervint Jalil, c'est pas celui qui a fait ami-ami avec Christopher ?
- Si, je crois…
- Dans ce cas, on ne le voit pas à cause d'Odin et Thor. Ils sont juste derrière, en train de boire une bière avec eux.
Des dieux qui boivent gaiement de la bière avec un humain et un type qui ne l'est pas. Ça tournait au ridicule.
Je pris Jalil à part.
- Il reste quoi, comme péché, pour ce Greed ? Il est fou ?
Je ne m'y connaissais pas tellement en religion catholique : je suis juif. Et puis, de toute façon, la religion n'a rien à voir.
- Non, le seul péché qu'il reste est l'avarice.
- D'accord.
La folie ne fait pas partie des péchés. Tant mieux, en un sens.
- Je trouve ça un peu tiré par les cheveux, leur histoire d'alchimie…
- Jalil, notre histoire est encore moins normale.
- Tu marques un point. Bon, allons dormir.
¤¤¤
Le lendemain, la marche s'est passée sans encombre. Nous avons par contre dû nous rendre à l'évidence que tout était prévu, sauf un bateau pour notre début d'armée. Les dieux avaient beau dire que les vikings, s'ils avaient été là, leur en aurait construit un en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, cela ne nous avançait pas.
C'est alors que le pire a survenu : Loki a proposé que l'on passe par l'enfer. D'accord, c'est sa fille qui règne dessus mais…
- Hors de question que j'y remette les pieds !
…j'étais plutôt d'accord avec Christopher.
- Je sais que vous avez déjà dû vous y rendre à deux reprises, mais il s'agit d'un moyen pour avancer plus vite et ainsi arriver chez les vikings…
- Loki, bien que ton argument est valable, je n'ai pas envie de repasser devant mon ancienne prison de glace et je pense que Balder non plus.
- Peut-être, mais avec mon argument et celui d'Odin, elle nous laissera passer sans encombres…
Etait-il sûr de bien connaître sa fille, ce type ? Elle n'était pas du genre à écouter son père, ah ça non.
Mais le pire, c'est que nous sommes quand même descendus en enfer.
¤¤¤
Loki a ouvert un passage vers les enfers, se transformant en un loup géant et se mettant à creuser. L'image de Fenrir, son fils, venu nous aider lors de la bataille en Irlande, mort sous nos yeux criblé de balles, me vint en mémoire. Ce dieu avait-il regretté la mort de son fils ? ... Les dieux avaient-ils tout simplement des sentiments ?
Nous sommes descendus dans le tunnel, à la suite de Loki. Nous avons débouché dans un chemin déjà aménagé. Nous marchions surtout au milieu, n'osant approcher les bords. Après être descendu dans l'antre de Hel à deux reprises, je peux vous assurer que nous avions raison. Pourtant, nous sommes descendus sans encombres. Et nous avons débouché sur différentes salles.
Dans la première, il y avait différents instruments de tortures, semblant fraîchement utilisés, une odeur insupportable de sang me montait au nez.
Et dans la deuxième pièce, il y avait Hel, sur son trône, qui nous dévisageait en pianotant sur le bras du siège.
Son coté droit était d'une beauté à couper le souffle. Sa peau était claire, les membres admirablement dessinés.
Mais son coté gauche était immonde à en vomir et semblait en état de pourriture.
L'association des deux lui était très utile, surtout contre les hommes, partagés entre le désir et le dégoût. En clair ? Nous étions totalement impuissants et j'avais commit une erreur impardonnable : je n'avais pas détourné les yeux, alors que je savais à quoi m'attendre.
- Vous revoilà, père. Puis-je savoir pourquoi osez-vous revenir ici, avec tous ces humains, en plus ? Serait-ce… un cadeau ?
Elle nous jeta un œil intéressé, à nous, les hommes, et un regard noir à April, Winry, Goewynne et la femme en uniforme bleu.
- Désolé de te décevoir, Hel, mais nous sommes juste de passage. Nous voulons rejoindre mon château par une voie courte, c'est pourquoi nous sommes ici…
Loki était le seul homme plein de ses moyens, face à sa fille. Quoi de plus normal, n'est-ce pas ?
- Et pourquoi te laisserai-je passer ?
- Je suis ton père, tout de même. Tu te dois de te soumettre à ma volonté.
- Et si la volonté de ton père ne suffit pas, dit Odin, il faudra te plier à mes ordres.
Je vis les doigts de Hel se crisper. Cela ne lui plaisait apparemment pas. Mais elle nous laissa quand même passer. Enfin, il y a presque eu un problème.
- Et détourne-toi, s'il te plaît. Je n'ai pas envie d'arriver à mon château seul avec les femmes.
Hel a poussé un juron et s'est retournée, non sans adresser un regard noir à son père et je e suis à nouveau sentit maître de moi-même.
Nous nous sommes hâtés derrière Loki, de crainte de nous laisser attraper par sa fille.
Nous sommes passés par un couloir semblable à celui que nous avions emprunté lors de notre première visite. Dire que j'aurais voulu oublier cela.
Nous ne marchions pas sur un sol de terre ou des pavés. Ni même sur une surface gélatineuse ou des squelettes, non. Nous marchions sur des têtes.
Certaines bougeaient encore, d'autres semblaient récemment enterrées. Ces têtes, c'était tout ce qui dépassait de ces gens enterrés. Ils criaient, hurlaient, appelaient à l'aide. Et nous, nous leur marchions dessus.
Seuls les dieux n'en avaient rien à faire.
Ces gens, des vikings non morts de vieillesse ou des humains ayant malencontreusement rencontré Hel.
Si jamais elle remettra un jour la main sur nous, elle nous enterrera parmi eux. Ou alors elle nous réservera un sort encore pire.
Je fermai les yeux. Je ne voulais pas les voir. C'en était trop.
Mais je ne pouvais m'empêcher de les entendre.
Ils appelaient à l'aide, ils demandaient à ce qu'on les délivre.
Ils n'avaient sans doute rien fait de mal.
Mais je leur marchais sur la tête. Inconsciemment, je leur faisais mal. Sans le vouloir, je les blessais encore plus.
Je vacillai et faillit tomber. April me retint par le bras et nous reprîmes notre route. J'avais marché sur un crâne qui avait cédé sous mon poids et il s'en était fallu de peu pour que je tombe sur ces malheureux, sur qui je marchais dessus.
Everworld m'avait plus attiré que le monde réel. Je voulais y rester, c'était vrai. Mais il y avait des endroits que je préférais ne pas revoir.
J'aperçu enfin une lumière au bout du couloir. La sortie. Enfin.
Une bien faible lumière, mais une lumière tout de même.
Comme un seul homme, nous accélérâmes.
Et nous débouchâmes dans le château de Loki.
- Home Sweet Home, dit ce dernier, apparemment très heureux. Ça fait toujours du bien de rentrer chez soit.
- Et j'aimerais que l'on ne s'y éternise pas et que l'on aille rassembler le reste de l'armée, ordonna Odin d'une voix forte.
Ça ne devait pas faire plaisir de retrouver un endroit où l'on s'était retrouvé enfermé pendant longtemps, vu comme Odin regardait Loki.
- Odin a raison, déclara Thor. Sortons. Cela fait longtemps que les guerriers attendent de nous revoir…
¤¤¤
A la vue des trois dieux et du demi-dieu, les vikings interrompirent leurs activités et nous reçurent en héros.
Des héros. Rien que pour avoir libéré deux dieux, un demi et avoir raisonné Loki. Rien de bien extraordinaire, pour quatre adolescents de Chicago, à présent bien entourés…
Et c'est là que Christopher s'est mit à chantonner la Norvégienne. Un Viking près de nous l'a reprise plus fort, bientôt accompagné par tous les autres.
April les accompagna de sa voix légère.
Je me détendis. Rien ne pouvait survenir, rien ne pourrait nous arrêter. Nous réussirons sans problème, avec trois dieux et une armée déjà bien composée.
Combien j'avais tort…
C'est sadique de s'arrêter là...
